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Marathon de Berlin 2021 : entre record et déception

Manu


 

Il a fallu quelques jours pour que je fasse le bilan de ce premier marathon dans cette nouvelle ère premier près de deux ans après mon dernier marathon à New York. Etrangement je viens de me rendre compte que je n’ai jamais couru de marathon sur route lors d’une année paire. Et si c’était prévu en 2020, malheureusement le Covid a eu raison de cette inscription. Autant dire qu’obtenir un dossard pour le premier grand marathon depuis l’arrêt total des compétitions était un vrai soulagement. J’avais enfin la possibilité de participer à cette grande fête qu’est le marathon de Berlin, le plus rapide du monde. Si le nombre de participants était légèrement inférieur aux autres années (25000 au lieu de 40000), les gens étaient contents de prendre part à cette fête. 

Pour moi, au delà du marathon, c’était aussi l’occasion de passer un week-end entre amis autour d’un objectif commun. C’est aussi l’occasion de rajouter une étoile à mon tableau des 6 majors (New York, Londres, Boston, Chicago, Tokyo et Berlin) et vu la réputation de ce marathon, de tenter d’abaisser un peu ma marque sur marathon. 

J’ai déjà visité Berlin à plusieurs reprises, j’ai déjà fait mon footing dans le TierGarten, le grand parc verdoyant au coeur de Berlin qui accueille le départ et l’arrivée de ce marathon mythique. 

Nous arrivons le vendredi soir, j’ai trouvé un hôtel sympathique à proximité du TierGarten avec un excellent rapport qualité / prix. D’ailleurs j’en profite pour remercier l’espèce de ###### qui a annulé la réservation de l’appartement, que j’avais fait dans un premier temps, une semaine avant notre arrivée sur Berlin car après un petit coup de stress j’ai trouvé mieux et moins cher. 

En me levant samedi, je décide de faire un petit footing de déblocage pour améliorer la circulation sanguine et se détendre les jambes après le voyage. L’occasion de faire un petit aller retour vers la porte de Brandebourg pour repérer la zone de départ et me projeter sur la journée de dimanche.

La journée sera simple : aller chercher nos dossards au Tempelhof (l’ancien aéroport de Berlin), manger et se reposer. Fermé depuis 2008, ce vieil aéroport est devenu un hall d’exposition et un parc où de nombreux berlinois viennent se détendre en famille. Après quelques contrôles (sanitaires et dossards), nous pouvons rentrer dans ce hall majestueux construit après la première guerre mondiale. 

A la différence de Paris, les dossards sont imprimés à la demande, en scannant votre QR code d’inscription, les bénévoles impriment directement votre dossard. Cela a l’avantage de simplifier l’aiguillage des coureurs en fonction de leur numéro de dossard. Et même si le samedi est assez chargé on ne piétine pas des heures pour récupérer le précieux sésame. Autre spécificité, il faut avoir une puce de chronométrage ou la louer auprès de l’organisation. Si vous avez une puce, vous pouvez la référencer dans le système sinon celle fournit par l’organisation sera associé à votre numéro. 

Je ne me souviens pas avoir vu ce type de fonctionnement en France et j’ai pu constaté qu’un certain nombre de coureurs avaient leur propre puce. Nous nous dirigeons peut être vers une réutilisation des puces de chronométrages, qui sont gérés coté chronométreur la plupart du temps mais cela demande de faire l’association puce / dossard lors du retrait de celui-ci.

Maintenant que j’ai tout, il est temps d’aller se reposer à l’hôtel. Le reste de la journée se résumera à une bonne assiette de riz et un gros dodo. J’en profite de ce temps calme pour préparer tout mon matériel pour le lendemain. Ce n’est pas très habituel mais j’ai passé une bonne nuit, c’est plutôt rare avant un marathon.  Je suis réveillé un petit peu avant la sonnerie. Je déjeune tout de suite car nous sommes un peu plus de 3 heures avant l’épreuve j’aurais largement le temps de digérer. 

Une petit douche pour bien réveiller le corps et j’en file un short et un tee-shirt, il va faire beau, il faut rester simple. Un coup de crème anti frottement et nous sommes prêt à partir, il faut une petite vingtaine de minutes à pied pour aller au départ. L’entrée sur le village départ et dans les SAS est fluide, nous sommes dans la troisième vague, je préfère être dans une vague moins rapide et remonter le peloton progressivement. Je double ainsi durant une grande partie de la course à comparer avec ceux qui se surestiment et qui se font doubler tout le long. 

L’ambiance est là, la météo aussi, il fera peut être un peu trop chaud sur la fin du parcours mais je préfère ne pas avoir de pluie… 

Le départ est donné, on passe assez vite sous l’arche de départ et c’est enfin parti. Je suis content de prendre le départ d’un nouveau major. Je décide de partir sur le rythme de mes sorties longues. L’ambiance, l’enjeu, mon cardio semble un peu plus haut mais j’ai de bonnes sensations dès le début. J’essaye de bien caler mon rythme. Le parcours n’est pas complètement plat mais il est assez facile, des grands virages et quelques faux plats mais rien de bloquant.  Je ne me sens pas aussi bien que le jour où j’avais battu mon record et j’ai deux ans de plus alors même si je suis bien parti, je ne m’emballe pas.

Je vise un rythme à 5’20 au kilomètre et j’arrive largement à le tenir sans forcer. Je passe au 28ème kilomètres en 2h30. Je suis dans le timing mais je sens que cela devient de plus en plus dur et je commence à avoir du mal à m’alimenter. Je bois difficilement de l’eau et de la boisson isotonique mais l’estomac bloque. Je prends un gel, un gel que j’ai l’habitude de consommer mais là j’ai un mal fou à le prendre. 

Ca ira un peu près bien jusqu’au 34ème kilomètre et sur les quelques kilomètres restants je vais perdre la quasi totalité de mon avance. Les spectateurs nous encouragent avec notre prénom grâce aux dossards nominatifs  et c’est un plus. Je vais perdre une grosse partie de mon avance sur les derniers kilomètres. Alors que j’étais en avance sur mon record, cette avance commence à fondre… j’ai perdu une minute par kilomètre…Mais l’arrivée approche, je me reprends en me disant que je ne vais pas échouer à quelques secondes de mon record. 

Je me reprend un peu pour finir sur une note positif. Je sais que la dernière ligne droite et longue près d’un kilomètre, je sais qu’après la porte de Brandebourg, il y a encore un beau morceau mais je donne tout ce qu’il me reste et je passe la ligne d’arrivée avec deux minutes de mieux qu’à Paris en 2019 et je repasse encore une fois sous la barre des 4 heures ce qui est la principale satisfaction mais je ne fais pas une course pleine et il manque pas grand chose puisque c’est entre le 35eme et 40eme que je perds le plus de temps. 

Après quelques minutes dans le flou, je prends le temps de réaliser que j’ai battu mon modeste record mais mon record quand même. Mais je m’en veux car je n’ai pas pu garder le rythme que je m’étais fixé et qui avait été confirmé à l’entrainement j’aurais sans doute pu établir un record meilleur mais ce n’est pas la finalité. La véritable finalité c’est de s’être dépassé encore une fois, d’être allé au bout de moi même et d’avoir passé un week-end sympa entre amis.

Berlin est une ville magnifique : mélange de modernité et des vestiges du passé à l’image du Reichstag (le parlement allemand). Une ville marquée par l’histoire du 20ème siècle.

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