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De l’autre côté du miroir



 

Ne voyez pas dans ce titre, un article d’anticipation sur l’avenir de la course à pied,… Pour remettre les choses dans leur contexte, dimanche matin, j’avais deux choix : courir le semi-marathon de Nancy ou pas… Même si la forme revient tout doucement, j’aurais pu tenter de courir le semi à l’expérience et sans objectif. J’aurais couru juste parce que je savais que ma fille était au dernier ravitaillement pour distribuer des bouteilles d’eau et encourager les coureurs à quelques hectomètres de l’arrivée.

La veille, le parcours était verglacé et enneigé, j’avoue que je me voyais mal courir sur route dans ces conditions. J’ai préféré faire une sortie trail sur le plateau entre potes. J’ai eu tort sur l’état de la route, le travail des équipes techniques durant la journée du samedi et le dégel amorcé depuis ont permis de proposer un parcours en relativement bon état si on prend en compte que c’était l’apocalypse la veille.

Il faut dire que la météo nous a gâté dans les deux cas. Je suis donc parti assez tôt pour faire une sortie d’une heure trente et rejoindre ensuite les bénévoles au 19ème kilomètre du semi-marathon. 

Me voilà donc de l’autre côté du miroir, en tant que bénévole dans une course, nous avons préparé les bananes en morceaux et placé les bouteilles. Les organisateurs avaient annoncé près de 2000 inscrits, il y aura finalement 1968 coureurs qui passeront la ligne d’arrivée. J’avais peur d’un gros afflux soudain et le flux fut continu et assez régulier. Nous avons pu encourager tout le monde et donner de l’eau aux assoiffés.

J’ai été surpris par l’état de certains coureurs qui étaient vraiment blancs, plus que je ne l’aurais pensé. Il faut dire qu’il y a fait chaud et que tout le monde avait peur du froid, la plupart étaient chaudement habillés. Il n’est jamais simple en cette fin d’hiver de trouver les bonnes couches à mettre.

Nous avons attendu les derniers coureurs qui marchaient devant la voiture-balai et nous avons rangé le surplus de bouteilles. Nous avons aussi ramassé les bouteilles vides sur quelques centaines de mètres pour faciliter le travail des agents.

Un moment sympathique dans le milieu de la course à pied, cela permet de transposer un peu son état en fin de course, le fait de ne pas être capable de prendre une bouteille, d’être incapable de sortir deux mots de suite, de viser la bouteille dans la main d’un bénévole et de la fixer du regard pour ne pas la rater. D’être parfois très frais et d’autres fois complètement dans le cirage.

Je pense qu’on a eu la chance d’être sur le dernier ravitaillement et dans ce cas, les émotions sont démultipliées par rapport aux premiers et les échanges bien différents avec des mercis qu’on sent très sincères et des regards qui suffisent parfois. C’est une expérience enrichissante que je vous conseille si vous n’avez jamais eu l’occasion de le faire.

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