Running, Trail, Fitness
 
 

Marathon de Tokyo 2026 : entre rêve éveillé et rappel à l’ordre

Manu


 

Je prends enfin le temps de poser des mots sur ce Marathon de Tokyo. Un peu tardivement, sans doute. Mais entre la fatigue post-course et un décalage horaire plus coriace que prévu, il fallait digérer avant d’analyser. Et comme souvent sur marathon, c’est à froid que les enseignements sont les plus intéressants.

Difficile de ne pas commencer par un constat simple : tout était réuni pour vivre une course parfaite.

La météo, d’abord, presque idéale pour performer. Ni trop chaude, ni trop froide, avec cette légère fraîcheur qui accompagne les premiers kilomètres et laisse espérer un chrono solide. Le parcours ensuite, réputé pour être l’un des plus roulants du circuit des World Marathon Majors. À Tokyo, on court vite. Très vite même. Les longues lignes droites, le dénivelé quasi inexistant et une organisation millimétrée créent un terrain de jeu redoutablement efficace pour aller chercher une performance.

Mais réduire ce marathon à ses qualités “chronométriques” serait une erreur. Tokyo est aussi une claque visuelle et émotionnelle. On traverse une ville fascinante, entre modernité et traditions, gratte-ciels et quartiers plus intimistes. Et surtout, il y a cette ambiance. Une foule dense, respectueuse, mais incroyablement présente. Moins démonstrative que sur certains marathons européens, mais profondément engagée.

Et puis, il y avait un élément qui change tout : mes enfants sur le parcours. Leur présence transforme la course. Elle donne un supplément d’âme, une énergie différente. Dans ces moments-là, le marathon dépasse largement le cadre sportif.

Une course maîtrisée… jusqu’au 30e kilomètre

Sur le plan de la gestion, les sensations ont longtemps été excellentes. Le rythme est en place, les jambes répondent, les voyants sont au vert. Le passage au 30e kilomètre valide même un record personnel sur cette distance. Un indicateur fort : la préparation est bonne, la stratégie semble fonctionner.

C’est souvent là que le marathon devient cruel.

Car malgré une volonté claire de bien s’alimenter, la réalité du terrain est toute autre. Sur le papier, tout est maîtrisé : ravitaillement anticipé, produits testés à l’entraînement, plan nutritionnel structuré. Mais dans l’effort, chaque geste devient plus compliqué.

Quand il faut près de trois kilomètres pour réussir à manger une barre ou une compote, le problème n’est plus théorique. Il devient mécanique. Mâcher, avaler, respirer, maintenir l’allure… tout entre en conflit. Résultat : l’apport énergétique devient insuffisant.

Le mur : toujours aussi imprévisible

Et il finit par arriver. Ce fameux mur, que l’on connaît, que l’on anticipe… mais qui surprend toujours.

D’un coup, le réservoir semble vide, je suis l’ombre de moi-même alors que quelques minutes avant tout allé bien. Les jambes deviennent plus lourdes, l’allure se délite, l’effort devient disproportionné. À ce moment-là, ce n’est plus une question de cardio ou de motivation. C’est un déficit énergétique qui se paie immédiatement.

Le contraste est d’autant plus marqué que la première partie de course était fluide, presque facile. C’est souvent le piège des parcours rapides : ils incitent à exploiter pleinement son potentiel… parfois un peu trop tôt.

Au final, je finis juste un peu au dessus de la barre des 10km/h de moyenne (4h11) alors que le rythme des 30 premiers kilomètres devait m’amener vers 3h50 environ… ce n’est que partie remise.

Un axe de progression clair : la nutrition en course

S’il y a un enseignement majeur à tirer de ce marathon, il est sans ambiguïté : la gestion de l’alimentation en course doit devenir une priorité d’entraînement.

Pas seulement en termes de choix de produits, mais surtout en termes de capacité à les consommer efficacement à allure marathon. Cela implique un travail spécifique :

  • habituer l’organisme à s’alimenter en courant, à intensité élevée
  • tester différentes textures (liquide, gels, compotes) pour limiter la contrainte de mastication
  • structurer les prises de manière plus régulière pour éviter les retards d’apport

Car au-delà de la théorie nutritionnelle, il y a une réalité souvent sous-estimée : manger en courant est une compétence.

Une expérience marquante, malgré tout

Au final, difficile de ne pas retenir le positif. Un marathon réussi dans l’ensemble, une expérience forte, un environnement exceptionnel et des bases solides pour progresser encore.

Tokyo reste une course à part. Par son organisation, par son atmosphère, par ce mélange unique entre performance et émotion. Il vient en conclusion d’un voyage de 2 semaines dans le pays du soleil levant. Un pays que j’adore pour tout un tas de raisons.

Le point important c’est que je valide ma 5ème étoile pour les world marathon majors. Il ne me manque plus que le marathon de Boston pour obtenir la fameuse médaille.

Laisser une réponse