Un rêve en blanc !



 

randonnees-raquettes-3Surtout rester concentré. Prendre la bonne décision. Au bon moment. La neige a tout recouvert. On ne sait plus à quoi s’attendre. Cela fait partie du jeu. Il faut s’y résoudre. D’emblée on hésite. Le départ se fait sur route. Les roues des voitures qui se sont aventurées ici dans le début de matinée ont laissé deux traces brunes bien visibles de chaque côté de la chaussée. Le choix ?

Passer dedans et comme la neige a déjà bien fondu, on s’en met déjà plein les pieds. Passer sur les côtés, sur les trottoirs ou au beau milieu de la route. La neige est plus épaisse. On glisse moins, on patauge moins. C’est la bonne décision. Du moins on peut le croire. Même si du coup, on déroule moins bien la foulée. Cela ne «rend» pas aussi bien. Et puis arrive la forêt. Première de la liste. C’est fou comme il peut y avoir des tas de petits bois tout autour de Balma en banlieue de Toulouse. Les veinards ! Pas nous. Pas maintenant.

La première descente et déjà ça glisse de tous les côtés. Le choix ? Passer au milieu sur une petite sente boueuse et glissante en espérant que cela adhère un peu en allant plus vite. Passer sur les bas-côtés s’il y a de la place et chercher la neige tant qu’on peut. Là on ne glisse pas. Ou moins. Devant moi ça dérape déjà. Un homme à terre ! Un homme à terre ! Il se relève aussitôt en rigolant. C’est la grande valse du blanc… Surtout rester concentré. Je prends l’option du milieu. Je prie pour qu’en allant plus vite, la chaussure reste moins de temps au contact du sol. Pas assez longtemps pour s’échapper sous moi… Tout semble être une gestion d’équilibristes. Les skieurs doivent être d’excellents traileurs !

Plus loin le sentier se rétrécit encore. Il disparait même pour laisser place à un petit ruisseau… Et au milieu coule une rivière ! On cherche sa voie. Chacun cherche sa voie dans la vie. Quelques rubalises nous indiquent que c’est par là. Heureusement car il n’y a plus rien, plus personne. Là il n’y a plus le choix. Juste la vigilance. Il faut à la fois baisser la tête pour éviter les branches qui sous le poids de la neige semblent être encore plus basses que d’habitude et à la fois lever les jambes pour éviter des troncs et branches qui barrent le passage. C’est épique.
Où est ma machette pour me frayer le chemin ? Pas le choix. Inutile d’aller chercher un passage à droite ou à gauche ou plus loin. Il faut se mouiller. Et pas qu’un peu ! Dans certains trails, on nous prévient gentiment : « attention aujourd’hui vous allez devoir traverser une rivière à gué, faites gaffe ! » Là il ne s’agit pas de ça. Impossible d’imaginer retirer ses chaussures pour les remettre plus loin. Le sentier est devenu ruisseau. Et ça dure, et ça dure. Les pieds gèlent bientôt. « Et si il fallait m’amputer ensuite ? » Je ne ressens plus rien en bas du corps. Il n’y a plus de chaussures, plus de pieds, juste deux appuis qui me permettent d’avancer encore. Plus loin sur le dur, les sensations reviennent doucement.

Comme un retour à la vie. La sensation est agréable. J’en vois un peu plus loin qui marchent parce qu’ils sont transis par la froid de l’eau gelée… « Malheureux, il faut courir… toujours courir… C’est une question de vie ou de mort ! » En tout cas, ils ne prennent plus leur pied ! Moi je prends les miens à mon coup et retrouvent mes sensations. Je me retrouve avec mes choix. Dans une longue bosse. La boue est prédominante. Passer sur les côtés pour rechercher la neige mon alliée pour le coup, cela ne fait aucun doute. Les chaussures accrochent mieux. Tant pis si il faut passer d’un côté ou de l’autre du chemin sans arrêt. Au milieu ça glisse trop. Un pas en avant et deux en arrière…

Ce Trail du Pastel ne peut se résumer à une simple épreuve dans la neige, aussi rare que cela puisse paraître si proche de Toulouse. Non le Trail du Pastel en 2013, c’était l’aventure avec un grand A. Celle où chaque choix a permis d’avancer un peu mieux. Et moi j’ai adoré et je n’oublierai pas de si tôt !

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