10 BONNES raisons de passer / ne pas passer au minimalisme


 

J’ai reçu, il y a quelques jours, un mail de Julie intitulé « 10 bonnes raisons de ne pas passer au minimalisme » se foutant ouvertement du minimalisme et de moi par la même occasion à travers un déluges de critiques toutes plus injustifiées, évidemment, cela va sans dire, les unes que les autres :-).

Bien que je ne sois pas du tout du tout susceptible, j’ai décidé de lui répondre et nous avons échangé quelques messages à ce sujet. Alors, par delà les mers et les océans, deux voies discordantes se font entendre et se répondent. A ma gauche, une Julie sceptique critique, qui porte déjà une première attaque avant même le coup de sifflet de l’arbitre « Je vais la faire simple, rapide mais clair 🙂 … parce que si je suis là, c’est pour faire de la résistance !!! ». A ma droite, un converti – certes très récemment je vous l’accorde – et un peu prosélyte, j’ai nommé Moi. Mesdames, Messieurs, silence s’il vous plaît, le match démarre. Service Julie.

1/ Si vous êtes une fille et que vous aimez vos jambes de gazelle, vous n’avez pas envie de vous retrouver avec les mollets de « Mr Propre »
1/ Si vous êtes un homme et que vous aimez de beaux mollets au jumeau saillant, le minimalisme est plus efficace que la press au gymnase.
EGALITE

2/ Vous avez un minimum de sens critique, vous flairez l’arnaque commerciale et vous ne croyez pas tout ce que vous lisez.
2/ Vous avez un minimum de sens critique et vous voyez bien que courir pieds nus est bien moins cher que courir chaussé.
FAUTE ! Et le minimalisme Mr Fred avec des chaussures à plus de 100 Euros ? AVANTAGE Julie. Fred : « J’ai pas droit à un deuxième service ? ».

3/ Vous faites surtout du trail et vous avez besoin d’une protection conséquente.
3/ Vous faites du trail et vous adorez le vrai contact avec la nature, la course naturelle de l’homme / la femme des bois.
EGALITE
3/ Voyons! Fred, ce n’est pas sérieux ! On ne court pas en minimaliste sur des cailloux pointus, dans les ronces ou les champs de canne, on ne passe pas minimaliste dans la boue après une bonne rincée tropicale. On ne tient pas 35 ou 80 km en minimaliste. Demandez à Fred, votre honneur, s’il a déjà couru un vrai trail.
3/ Personnellement non, car j’abhorre cette discipline, la moindre rupture dans un ruban de macadam me causant des boutons, mais j’ai oüie dire qu’aux USA, certains couraient des ultra pieds nus dans les Rocheuses. Et puis, l’avis de Julie, votre honneur, après tout, on s’en moque un peu non ? Feriez-vous plus confiance en une coureuse débutante qui a disputé deux courses dans sa vie à tout casser, dont un trail tropical, certes, qu’à un gars qui courra bientôt un marathon en moins de 3h et en Vibram ? Et puis, avouez que les champs de canne, ce n’est quand même pas très fréquent à l’UTMB.
EGALITE (et toc !).

4a/ Les Vibram Five Fingers … euh… comment dire… vous avez vu le look ?
4a/ Irrecevable votre honneur. Il n’y a pas que les VFF dans l’univers minimaliste. Et les EVO alors, elles ont quand même plus de gueule que les sempiternelles Azuno ou Nikdas.
AVANTAGE Fred
4a/ Je vous signale de très jolis modèles féminins chez Puma par exemple et courir en « savate », je n’appelle pas ça avoir du style 🙂
4a/ Parce que mettre deux morceaux de caoutchouc rose fluo sur une chaussure ça suffit à la rendre jolie ?
EGALITE
4b/ Et puis, avec les VFF on se fait plein de nouveaux amis sur les courses.
4b/ Nous sommes des gens sérieux ici, concentrés sur nos entrainements, nous ne sommes pas là pour nous faire des amis mais pour progresser !
AVANTAGE Julie

5/ Il n’y a pas assez de revendeurs en France, acheter par correspondance ce n’est pas votre truc.
5/ … P….. ! C’est vrai ce qu’elle dit !
AVANTAGE Julie.

6/ Depuis que vous courez avec vos bonnes vieilles chaussures à amorti puissance10, vous ne vous êtes jamais blessé, alors pourquoi tenter le diable ?
6/ Depuis que vous courer minimaliste, vous vous sentez beaucoup mieux, les récup sont plus faciles, vous pouvez courir plus longtemps car la fatigue est bien moindre.
EGALITE.

7/ Vous ne lisez pas l’anglais.
7/ So what ? Dans quelques jours, grâce à Aurélie, Stef et quelques autres, ce petit détail n’aura plus d’importance.
AVANTAGE Fred suite à cette magnifique anticipation. Le gardien ne pouvait rien faire.

8/ Il n’y a pas encore assez de recul pour se faire une vraie idée quant aux conséquences du running minimalisme et l’expérience d’Aurélie vous fout les jetons.
8/ Il n’y a jamais eu d’étude sur le rapport entre les chaussures à amorti et les blessures. 50% des runners sont blessés chaque année, d’où ça vient, hein ? d’où ça vient ?
EGALITE

9/ Vous courez sur le talon… et alors ?
9/ Vous courez sur l’avant du pied et les chaussures à amorti vous empêchent de développer votre superbe et efficace foulée.
EGALITE

10/ aidez moi à trouver encore une bonne raison !
10/ J’en ai plein d’autres pour mais dans ce cas je prendrais – haut – la main mais comme je suis un garçon galant et très fair play, je préfère conclure sur cette égalité parfaite 🙂   enfin, je dis cela mais je n’ai pas recompté …

Dernier rebondissement dans cette partie acharnée : comme je suis particulièrement galant et fair-play ce weekend, je vais offrir la victoire sur un plateau à Julie en me tirant moi-même une balle dans le pied 🙂   Un argument pour ne pas passer au minimalisme : cela nécessite un apprentissage relativement long (compter 6 mois si on en croit Jason Robillard dont je vous ai présenté le livre récemment) – sauf pour les frappés comme moi qui se lancent dans le truc bille en tête. Cette phase d’apprentissage peut être très frustrante pour les habitués des longues chevauchées ou des performances en compétition.

5 commentaires sur “10 BONNES raisons de passer / ne pas passer au minimalisme”


Posté par arle Le 19 juin 2010 à 11:49

^^ rafraichissant sinon minimaliste ou pas l’important c’est se faire plaisir ( se sentire bien dans ses basket) en courant que ce soit minimaliste ou pas. Pour ma part j’alterne en fonction des exos , des distances et de ma forme entre mes mizuno , newton et evo . Mais bon courir minimaliste est un long apprentissage ( comme le dit si bien fred) qui si il n’est pas bien entrepris peut être lourd de conséquence. Sinon je pencherais pour fred car bon phillipides n’a pas eu la chance de courir avec des amortis puissance 10 et pourtant cela ne l’a pas empêcher de faire son métier de  » coursier ». Des fois je me dis que les amortis sont juste la pour compenser notre mauvaises foulées. Pourquoi je me prendrais la tête à avoir une foulée plus légère moins traumatisante quand mes équipementiers me promette de me proteéger avec les amortis :p. pour résumer et je me répète l’important et se sentir bien dans ses baskets ^^.

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Posté par Vincent Le 19 juin 2010 à 12:35

Bonjour, Pour moi le principal intérêt de la course minimaliste est d’améliorer sa foulée. Dans mon cas, pas dans une optique de performance, mais plutôt pour un plus grand plaisir de course. La course sur route est désormais un plaisir pour moi en Evo/VFF ou pieds nus, alors que, paradoxalement, je la trouvais douloureuse/cassante en chaussures de course avec amorti. Par ailleurs, il y a des degrés dans le minimalisme, depuis le barefoot jusqu’à des chaussures, y compris trail, avec peu d’amorti. Le trail, voir expériences ailleurs de Bipedy, est tout à fait possible avec des chaussures basses, et peu d’amorti, ou même (dans mon cas) en VFF voire, sur terrain facile, pieds nus.

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Posté par Olivier91 Le 21 juin 2010 à 15:53

Hello, Vraiment très sympa et très bien écrit 😉 Mais sur le fond, je ne vois pas l’intérêt de cette « attaque » en règle contre la course pieds nus ou minimaliste : Que les coureurs chaussés continuent ainsi, que les autres le fasse pieds nus ou presque, et que chacun y trouve son plaisir ; Je n’y vois aucune raison d' »entrer en résistance » 😉 Car je rejoins Vincent, c’est bien de PLAISIR qu’il s’agit en définitive ; Je cours « complètement » pieds nus depuis quelques temps, non pas parce que c’est à la mode (tu parles d’une mode, on doit représenter moins de 0,5% des coureurs !), mais parce que le contact direct avec le sol et la « nouvelle » foulée que ça m’a permis de développer, légère et économique, m’ont tout simplement fait découvrir le plaisir de courir, et la sensation jubilatoire de retrouver un mouvement naturel… Quant à la durée de l’apprentissage, c’est le revers de notre société chaussée : Si on vivait davantage pieds nus, cet apprentissage irait de soi ; Et quelle satisfaction de se réapproprier petit à petit cette factulé innée ! A+

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Posté par Tom Le 25 juin 2010 à 10:51

Merci @ fredbros pour ce nouvel article franchement fendard… qui donne quand même envie d’essayer le minimalisme, égalité ou pas à la fin du match ! Du coup, j’ai commandé pour mon anniversaire qui approche dangereusement une paire d’Asics Piranha, chaussures d’une centaine de grammes hyper plates et sans amorti, histoire de débuter mon apprentissage. Le début d’une nouvelle aventure ?

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Posté par Max Le 28 juillet 2016 à 8:43

Bonjour, merci pour ce débat plein d’humour en 10 rounds. Je me permet de mettre en relation ce nouveau courant, dit « minimaliste », avec la surface anti-physiologique que c’est le macadam. Personnellement, étant plus jeune, je me suis massacré dos et genoux en compétition sur route ave des chaussures tres légères, performantes, avec zéro amortie. Et c’est là que je soupçonné un peu la démarche mode- marketing de ces nouvelles VF, d’ailleurs, tres coûteuses.. Puisque les chaussures de compétition ont toujours été minimalistes. Non seulement nous n’avons rien inventé, mais on profite des assez récentes théories de la biomecanique pour créer des produits d’appel. Pour ce qui concerne la foulée, en appui talon, ou vers l’avant du pieds, il est fort possible qu’on a ete influencés dans nos postures par des chaussures excessivement protectrices. Cela étant, plusieurs études incitent à la prudence. Pas question de changer de foulée, de chaussures, du jour au lendemain. Sous peine de nous faire plus de mal que de bien. Par contre, s’il y a une chose a faire, pour tous, est peut être celle d’abandonner le macadam. Le corps humain n’a jamais été fait pour y courir. Et l’essor du trail dans la nature prouve aussi cette tendance

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