Terrible !



 

pastourelle-trail-2013-2Arcbouté comme jamais, j’ai la tête dans le sentier. J’ai l’impression que je pourrais presque brouter l’herbe devant moi tellement je suis courbé. Une main sur chaque cuisse, je progresse lamentablement dans cette montée. Terrible. La sueur coule à flots sur mon front. Chaque pas est une petite souffrance infligée à mon corps. Mes mains tirent vers le haut mes jambes pour faciliter l’ascension. Vieillard de la montagne qui se traine encore vers les hauteurs célestes. Je ne cours plus. Je marche. Je suis seul dans ma tête. Les pensées défilent. J’entends les voix tout en haut. Non ce n’est pas le paradis ! Ni l’enfer d’ailleurs ! Ce sont les bénévoles qui tiennent le point de contrôle. Le calvaire est presque terminé. Pourtant la chaleur est accablante. Je sais qu’il va falloir relancer. L’arrivée est encore loin. Ne plus marcher. Courir. Ne plus marcher… J’attends le déclic dans ma tête. L’énergie qui viendra d’on ne sait où. Ce petit moment crucial où il faut repartir. « Allez après ce caillou là sur la route, il faut que je m’y remette. Il le faut !! » Et pourquoi ce caillou là ? Pourquoi pas cette branche plus loin ? Je ne le saurais jamais. Mon esprit décide pour moi. Je le laisse faire. J’en ai assez de gérer mes muscles qui ne répondent plus aussi bien. Et ça repart !
Mais pour combien de temps ? Trois, quatre ou sept bornes ? Pourquoi un peu plus tard je vais me remettre à marcher ? Parce que j’ai raté un appui et ça m’a déstabilisé ? Parce qu’un coureur est revenu sur moi et ça m’a foutu un coup au moral ? Parce que c’est le ravito et que j’aimerais bien y rester ? Parce que tout simplement, j’ai baissé les bras et j’ai capitulé…
On a tous des moments durs, des défaillances. Il faut aller au bout. Coûte que coûte. Je vais aller au bout… Parce que j’aime ça. Parce que dans la vie, il faut repousser ses limites. Parce que la vie vaut le coup pour ça justement… Qui sommes-nous finalement pauvres coureurs, appelés traileurs, pour pouvoir choisir quand bon nous semble de nous infliger les pires souffrances ?
Je suis maso, certes, mais je me soigne en continuant à suivre ma thérapie préférée : la pratique du trail bien sûr !!

Laisser une réponse