Humeur et parti pris….



 

Amis coureurs, voici le premier billet d’une série que j’espère longue. A l’occasion d’une séance ou d’une sortie qui serviront de cadre, je vous livrerais une humeur, un sentiment, une émotion, un coup de coeur, de gueule. Un avis qui ne sera pas forcément avisé et sans forcément toute l’objectivité qui devrait être de mise. Bref avec la volonté d’avoir un parti pris et qui peut être sujet à polémique.

 

 

#1 La réussite de l’objectif ne doit pas tuer le plaisir!

 

Sortie du Dimanche 13 Janvier

 Play list:

Stand By Me/Playing For Change Awa Adounia /Terakaft/

Yellow Brick Road/Angus et Julia Stone/Résonnances/Constance Ambiot/Say Goodbye/Norah Jones/ Le vent nous portera/ Noir Désir/

Make it Up /Damian Marley/ Infected/David Shaw and The Beat/

Matériel/Equipement:

Haut; 1ère couche Mara Thoni/ Veste Salomon

Bas: 3/4 Raidlight

Chaussures: Hoka Mafate (V1)

Météo:

Ciel: Couvert/Brouillard

Température: tout juste positive

Ambiance: petit crachin limite pluie /neige/

Parcours

Lieu: Rochetaillée-Pilat

Terrain: Chemin boueux et trempé

Timing: 10h41/Durée:1h34

Distance:13,65 km/D+:303

Nouvelle année, nouveau projet et objectifs. J’ai choisi cette année de participer à la Trans’Aq (inscription validée) et l’UTMB (en attente de tirage au sort). Bien que ce soit 2 épreuves que je vais découvrir (après un avant gout amer cette été), mes souhaits pour ces 2 épreuves sont avant tout d’y prendre du plaisir. Normal, me direz vous, si l’on s’inscrit à des épreuves, quelles qu’elles soient, ce n’est pas dans l’idée d’y vivre un cauchemar ou que le déroulement de la course n’en soit qu’un long calvaire. Certes, mais trop souvent l’objectif, même avoué en toute humilité, d’être finisher nous amène à des comportements ou des situations ou le plaisir qu’on devrait prendre durant l’épreuve n’est plus qu’un lointain idéal.

Ou se loge le plaisir, lorsque la réussite de l’objectif (au minimum terminer la course) oblige à affronter des conditions météo dantesques qui transforme la pratique de son sport favori en un pensum effroyable dans des conditions extrêmes? Comment parler de bien être quand, gelé ou écrasé par la chaleur, votre organisme vous supplie d’arrêter ce traitement? Comment parler de contentement, quand vos jambes ou vos pieds martyrisés par un parcours hors norme ne sont plus que douleurs? Alors bien sur, on peut dire que, justement, c’est cette souffrance, cette détermination à surpasser ses limites , cette volonté à aller au delà de la douleur, bref avoir un « mental », qui procure cette jouissance et cette joie. Que le bonheur de franchir la ligne d’arrivée est encore plus fort quand il y a eu auparavant ces moments de galère ou l’on a violenté son corps et son esprit.

La passion pour la CAP peut elle justifier de tous ces désagréments pour être assouvie? Ne doit on pas se contenter simplement de profiter des moments de plaisir, quitte à mettre le clignotant quand les galères prennent le dessus sur le bien être? Bien sur, certains diront qu’il suffit de rester en marge de toute compétition et de ne pratiquer que dans une optique de loisir, afin de pouvoir dire stop dès que le plaisir est absent. Oui, mais cette jouissance n’est pas comparable, après avoir traversé des conditions apocalyptiques ou lors de la sortie du mardi soir dans le parc voisin. Pourtant dans les 2 cas, il s’agissait bien de pratique de la course à pied…

Il est donc nécessaire de savoir quantifier le plaisir que nous prenons lors de ces épreuves. Avoir conscience lorsque celui ci est totalement absent ,et qu’il en sera ainsi jusqu’au bout, qu’il est donc plus judicieux d’arrêter les frais avant que le corps ou le cerveau, voir les deux, traumatisés, refusent de continuer à vous accompagner (blessure grave) ou n’est plus la volonté (dégout) pour une prochaine aventure. La motivation pour réussir une performance ou d’atteindre un objectif ne doit pas supplanter le plaisir reçu. Pratiquer son sport, même au niveau passionnel, doit offrir une dose de bien être autant sur le plan mental que physique. Détruire son corps, voyager dans les limbes de son cerveau, à la recherche d’un dépassement de soi ou de ses limites, même si cela constitue une expérience intéressante ne constitue pas une source de plaisir. Les souffrances et les douleurs supportées par cette détermination à atteindre l’objectif ne peuvent pas supplanter le plaisir ressenti durant la durée de l’épreuve. En clair, il vaut mieux abandonner que de de vouloir  franchir la ligne d’arrivée en ayant vécu un calvaire durant toute la course. Que vaut la fierté d’être finisher, au delà du fait que l’ entourage peut vous prendre pour un héros, dans ces conditions?

Le maitre mot de cette année sera donc: plaisir, que ce soit pour une sortie comme pour une compétition.Terminer restera l’objectif, mais cela ne sera une réussite que si le sentiment d’en «avoir profité» aura accompagné l’épreuve. Franchir une ligne d’arrivée sans avoir ressenti et partagé (autre sujet très important à débattre ) du plaisir? Il restera toujours une frustration! Notre passion ne consiste pas à empiler les tee shirts de finishers, mais plutôt à s’y épanouir à travers sa pratique.

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