It’s Time to Run #2


 

batons «les Bâtons»

En ce dimanche de Pâques, il me faut beaucoup de courage pour m’extirper du lit douillet, enfiler la panoplie du coureur et mettre le nez dehors. Au lieu des cloches c’est une petite bruine qui tombe du ciel et qui m’oblige à mettre un kway dans le sac. Et pour mettre l’ambiance, un bon brouillard qui rappelle les plus sombres heures de l’automne. Bref, c’est bien parce que je ne suis pas sorti hier comme le stipulait mon programme, que me voilà devant chez moi en train de mettre la mécanique en route. Pour donner du piquant à la séance et motiver les troupes je pars avec les bâtons. Mes bons vieux Leki Traveller qui ne m’ont plus accompagné depuis au moins 6 mois. Ah! J’en ai vécu des aventures avec eux, un MDS, une CCC, les Templiers pour ne citer que les plus belles et surtout celles que j’ai terminées. Ma prochaine étape de préparation à la 6666, l’Ardéchois, permet d’utiliser les bâtons après la 1ère heure de course, comme ce sera ma seule épreuve avant cet objectif, il est donc important que je reprenne le contact.

J’attend d’avoir atteint le sentier pour les sortir du sac et les régler. Aucun souci, malgré qu’ils n’aient pas vu le jour depuis longtemps, la fiabilité des Leki n’est plus à démontrer. J’enfile les gants spécifiques sur ma paire de gant de confort, oui, j’ai oublié de signaler qu’en plus de la bruine et du brouillard il faisait froid et j’attaque la première côte. Au rythme du petit trot habituel sur cette montée plutôt technique, je me sens plutôt handicapé avec les bâtons et très vite je choisis finalement de les porter à la main. Ce n’est pas vraiment emballant non plus, je passe donc en mode marche et là ça devient beaucoup plus efficace. Au delà de la technique d’utilisation j’ai plus besoin de retrouver les us et coutumes des bâtons. Cela revient au fil des kilomètres, je retrouve les sensations et le bon usage selon le profil du parcours. En montée, il faut marcher et bien s’appuyer sur les gants (dragonnes) pour soulager les quadris avec les biceps. Sur les parties roulantes, ils peuvent être utilisés si le chemin est large pour ne pas risquer de se les prendre dans les jambes et en descente c’est une bonne aide pour l’équilibre et améliorer l’amorti des appuis.

Des sapins ont été abattu sur le sentier qui longe le barrage et je dois passer à travers le ravin ou franchir la lisière de la forêt pour contourner ces obstacles. Je suis content d’avoir les bâtons car ils me permettent de garder mon équilibre dans ces passages glissant en dévers.. De mes expériences passées avec eux, notamment sur le MDS ou la CCC,  les bâtons peuvent être d’une grande aide, même sur des parties roulantes, en améliorant la propulsion et permettant de conserver un rythme élevé avec moins de fatigue. Par contre si on ne maitrise pas leur utilisation cela devient vite un sérieux handicap et il vaut mieux s’en débarrasser au plus vite ou s’abstenir de les prendre au départ.J’arrive au niveau d’un large chemin roulant et montant, c’est le passage test ou je souhaite vraiment vérifier si vraiment notre couple coureur/bâtons est toujours une réalité. Je démarre prudemment, attentif au planté du bâton,  je  vérifie que le réglage de la taille du bâton est toujours le bon. C’est OK, je n’ai pas grandi ni rapetissé, c’est la hauteur nécessaire (pour info, un réglage à hauteur du coude plié à 90°).Très rapidement je trouve un bon rythme et la bonne gestuelle. Ca déroule  parfaitement, l’impulsion donnée par les bâtons me permet de progresser rapidement et sans effort malgré le dénivelé. La technique est maitrisée et le mouvement des bâtons s’accorde sur le rythme d’Alpha Blondy (oui je sais, j’ai de forts penchants pour la musique Africaine)qui résonne dans les oreilles. C’est l’harmonie parfaite et je peux développer une foulée efficace. La mécanique tourne à plein régime, les (bonnes) sensations affluent  jusqu’au cerveau, ce n’est plus de l’exercice physique, c’est du plaisir! Encore une fois j’ai eu la chance de vivre ces instants que l’on espère toujours ressentir chaque fois que l’on chausse des baskets. Je profite!  Bon, il m’a fallu une bonne heure pour en reprendre la maitrise, mais désormais les Leki sont redevenus mes potes.

C’était un moment magique, It was time to run!

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