Et si on chantait ?



 

Ah au fait je ne vous ai pas raconté. L’autre jour lors de l’épreuve de nuit.

On était tous au départ, serrés les uns comme les autres. Et là le public qui scande : « allumez le feu, allumez le feu ! » Du coup deux des organisateurs déclenchent leur fusée et on est lâchés aussitôt dans une ambiance surréaliste. Ca part très vite et je me retrouve avec un pote. Je vois qu’il se détache alors, je lui lance : « Ne me quitte pas, ne me quitte pas. » Il se retourne un peu étonné. Et il me répond. « Je marche seul, sans témoin, sans personne ! » Et il me plante là. Je sens le désarroi qui monte. Je me retrouve tout seul et je tente un : « reviens moi je t’en supplie, je t’en supplie… » Que dalle ! Il est déjà loin. Je fais ainsi quelques kilomètres et je sens un gars revenir sur moi. Il essaye de me doubler et me lâche : « on dirait que ça te gène de marcher dans la boue, on dirait que ça te gène… » J’ai pas eu le temps de lui répondre :;«va là-haut siffler sur la colline pour voir si j’y suis… » que je glisse et je m’étale par terre. « Je me relève et je le bouscule, comme d’habitude… »

Du coup, il était un peu énervé et je me suis retrouvé de nouveau seul. Au loin j’aperçois une petite fille sur le bord du sentier qui crie : « papa, papa où t’es ? » Je m’approche en essayant de pas l’effrayer et je lui demande si elle a perdu ses parents. Elle me répond : « je fais rien que des bêtises, des bêtises quand je suis toute seule. » Je la rassure et je sors mon portable du camelbag. Je lui explique que j’avais noté le numéro des organisateurs et qu’ils vont venir la chercher. Je compose le numéro devant elle. « Allo, vous voulez parler à ma maman, c’est le Monsieur de la dernière fois ? » Zut, je me suis trompé de numéro. J’aurais dû faire gaffe. Là un groupe de traileuses déboulent vers nous. « Elles sont belles, belles, belles comme le jour ! » Sauf qu’on est en pleine nuit. Je les laisse s’occuper de la petite et je continue. Je croise un mec affalé sur le bas-côté qui marmonne comme une litanie. «La nuit, je mens… je prends des trains ! » Je lui demande si ça va ? Il a l’air au bout du rouleau.

Je ne suis pas au mieux non plus. Je deviens comme un « zombie, je suis un zombie… » Et ce parcours qui n’en finit avec tous ces « petits trous, encore des petits trous » que l’on ne voit pas forcément bien à la frontale. Bref je passe enfin la ligne. Fourbu mais heureux. Et là j’ai ma copine qui déboule : « Rémy, c’est fini et dire que c’était le trail de nos premiers amours ! »

Bref les boules, ah ah !!

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