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Allure marathon : comment trouver et tenir le bon rythme sur 42,195 km ?

Manu


 

Lorsque les coureurs préparent leur premier marathon, ils se focalisent souvent sur la distance. Pourtant, une autre notion est tout aussi importante : l’allure marathon.

Chaque année, des milliers de participants voient leur objectif s’envoler non pas à cause d’un manque d’entraînement, mais parce qu’ils sont partis trop vite. À l’inverse, une allure marathon correctement définie permet de maximiser ses chances de réussir sa course et d’atteindre son objectif chronométrique.

Mais comment déterminer cette fameuse allure ? Est-elle identique pour tous les coureurs ? Et comment apprendre à la tenir pendant plus de 42 kilomètres ?

allure marathon

Qu’appelle-t-on l’allure marathon ?

L’allure spécifique marathon correspond à la vitesse moyenne que vous êtes capable de maintenir pendant l’intégralité d’un marathon.

Elle s’exprime généralement en minutes par kilomètre. Par exemple, un coureur qui vise un marathon en 4 heures devra courir à une allure moyenne d’environ 5 minutes et 41 secondes par kilomètre.

Cette allure représente un équilibre délicat entre vitesse et endurance. Elle doit être suffisamment rapide pour atteindre l’objectif visé, mais suffisamment prudente pour être maintenue pendant plusieurs heures.

Contrairement à ce que pensent de nombreux débutants, l’allure marathon n’est pas une allure confortable. Elle nécessite un entraînement spécifique et une bonne gestion de l’effort.

Pourquoi l’allure marathon est-elle si importante ?

Sur 10 kilomètres ou même sur semi-marathon, il est parfois possible de compenser un départ trop rapide grâce à sa fraîcheur physique. Sur marathon, la sanction arrive presque toujours.

Le fameux « mur du marathon » est souvent la conséquence d’une allure mal maîtrisée durant la première partie de la course. Quelques secondes trop rapides par kilomètre peuvent sembler insignifiantes au départ, mais elles finissent par coûter très cher après le 30e kilomètre.

L’allure 42km permet justement d’éviter cette erreur classique. Elle sert de repère tout au long de la préparation et constitue le fil conducteur de la stratégie de course.

Comment calculer son allure marathon ?

La méthode la plus simple consiste à partir d’un objectif chronométrique.

Voici quelques allures marathon de référence :

Objectif marathonAllure moyenne
3h004’16/km
3h154’37/km
3h304’58/km
3h455’20/km
4h005’41/km
4h306’24/km
5h007’07/km

Ces valeurs donnent un premier repère, mais elles ne suffisent pas à déterminer votre véritable allure marathon.

L’objectif doit rester cohérent avec votre niveau d’entraînement, votre expérience et vos performances récentes.

L’erreur de partir de son allure semi-marathon

Beaucoup de coureurs commettent la même erreur : extrapoler directement leur allure semi-marathon.

Or, un marathon ne correspond pas à deux semi-marathons consécutifs. La fatigue musculaire, la déplétion glycogénique et les contraintes mentales rendent l’exercice beaucoup plus complexe.

Pour la plupart des coureurs amateurs, l’allure est généralement comprise entre 15 et 30 secondes par kilomètre plus lente que l’allure semi-marathon.

Plus la distance augmente, plus l’endurance devient déterminante.

Comment s’entraîner à l’allure marathon ?

L’allure marathon ne s’improvise pas le jour de la course. Elle doit être travaillée régulièrement durant la préparation.

C’est précisément l’objectif des séances spécifiques marathon. Elles permettent au corps d’apprendre à courir longtemps à l’intensité cible tout en améliorant l’économie de course.

Au fil des semaines, cette allure devient plus naturelle. Le coureur apprend à reconnaître les sensations associées, à gérer son effort et à ajuster son alimentation en fonction de cette intensité.

Cette familiarisation joue souvent un rôle déterminant le jour J.

L’allure 42 km est-elle identique pour tous ?

Non, car elle dépend de nombreux facteurs.

La température, le profil du parcours, le vent ou encore le niveau de fatigue accumulé durant la préparation peuvent modifier l’allure réellement tenable le jour de la course.

Un marathon plat comme Berlin ou Valence ne se court pas au même rythme qu’un marathon plus vallonné comme New York ou certaines épreuves françaises.

C’est pourquoi il est souvent préférable de raisonner en effort global plutôt qu’en vitesse absolue.

Le piège des premiers kilomètres

L’ambiance du départ, l’adrénaline et la fraîcheur physique poussent souvent les coureurs à courir plus vite que prévu.

Pourtant, les meilleurs marathoniens du monde eux-mêmes adoptent une stratégie extrêmement maîtrisée durant les premiers kilomètres.

La réussite d’un marathon repose davantage sur la patience que sur l’enthousiasme. Les secondes gagnées dans la première partie de course se paient souvent au prix fort dans les derniers kilomètres.

Peut-on accélérer en fin de marathon ?

Le scénario idéal est celui du « negative split », c’est-à-dire courir la seconde moitié du marathon légèrement plus vite que la première.

Cette stratégie est utilisée par de nombreux champions et constitue souvent le signe d’une gestion optimale de l’effort.

Chez les coureurs amateurs, elle reste difficile à mettre en œuvre mais représente un excellent indicateur : si vous êtes capable d’accélérer après le 30e kilomètre, c’est probablement que votre allure marathon était bien calibrée.

Trouver son allure marathon : un équilibre entre ambition et réalisme

L’allure marathon est probablement l’une des notions les plus importantes de la préparation. Elle conditionne l’entraînement, la stratégie de course et, bien souvent, le résultat final.

Choisir une allure trop prudente peut générer des regrets. Choisir une allure trop ambitieuse conduit fréquemment à l’abandon de l’objectif initial.

Entre ces deux extrêmes se trouve l’allure idéale pour un marathon : celle qui permet d’exploiter pleinement son potentiel tout en conservant suffisamment d’énergie pour franchir la ligne d’arrivée dans les meilleures conditions.

Car sur marathon, plus encore que sur toute autre distance, la réussite appartient souvent aux coureurs qui savent gérer leur effort plutôt qu’à ceux qui cherchent à aller vite dès le départ.

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