Grand Raid de la réunion 2014 : reportage



 

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Une édition hors‐norme !

Mais qu’est‐ce qui a bien poussé, Robert Chicaud, organisateur en chef de la Diagonale des Fous, a insisté de la sorte, la veille de l’épreuve lors de la conférence de presse, sur le bulletin météo du week‐end ? Peut‐être le fait que le secrétaire de l’association Grand raid n’est autre que Marc Lévy qui travaille justement à Météo France ! Allez savoir ! En tout cas, les prévisions étaient toutes unanimes : un week‐end de beau soleil juste perturbé par quelques ondées mais sans plus. Bref rarement les conditions sur le Grand Raid de la Réunion auront été aussi difficiles, aussi extrêmes. Avec une première partie passée sous des trombes d’eau, dans l’humidité, dans le froid et une deuxième, plus ou moins selon évidemment la vitesse d’évolution de chacun sur le parcours, très chaude, voire caniculaire. On remercie donc au passage Météo France et on salue donc le nombre, une nouvelle fois, hyper élevé des abandons. Un record absolu avec 48% mais tout de même très proche des années précédentes. Sur 2200 partants, on dénombre 1150 finishers… en gros. Il est vrai, souligneront certains, que cette année, comble de malchance ou de chance (selon le moral du coureur !), le parcours aura été rallongé au tout dernier moment à cause d’un éboulis malencontreux dans la montée du Taïbit qui, même nettoyé depuis, n’aura permis un passage sécurisé des raideurs du moment. Et le tracé 2014 s’en est trouvé rallongé de 9 km avec surtout un dénivelé positif total frôlant du même coup les 10000m. De loin, comme ça, sur un papier, ça ne parle pas beaucoup, mais une fois sur le terrain, ça fait toute la différence. 172 km ce n’est pas la même chose que 163 km. Quoiqu’on en dise !

Malgré tout, un homme, un seul, va se jouer, à priori, sans aucun mal, de toutes les difficultés, il s’agit bien évidemment de François D’Haene. Ce dernier, fort de ses victoires à l’Ultra Trail du Mont Fuji et surtout à l’Ultra Trail du Mont Blanc cette année, n’a laissé aucune place au suspense. Il est parti dès le piton Textor, soit vers le 30ème kilomètre et ne sera plus jamais revu. Pas le moindre coup de bambou. Des petits moments plus durs que d’autres, comme il le confiait volontiers à l’arrivée, mais jamais plus. Il ne cessera d’augmenter son avance et finira avec plus d’une heure sur le second, Ludovic Pommeret, qui lui avait déjà terminé deuxième en 2009. François termine son périple en 24h25’. Juste un peu plus que lors de sa victoire de 2013 avec donc des kilomètres en plus pourtant. Il devient également le premier champion du monde des Ultra Trails, même si ce titre, on se l’accorde, ne veut pas forcément dire grand‐chose. La course, comme on a pris l’habitude depuis quelques années, a vu très rapidement bon nombre de favoris, jeter l’éponge pour diverses raisons, très rapidement. La première à mettre le clignotant n’est autre que Marcelle Puy, maintes fois lauréate et grandissime favorite. Une douleur au mollet qui est revenu et tchao ! Même constat pour des garçons comme Julien Chorier deux fois vainqueur ici même ou Xavier Thévenard, vainqueur de l’UTMB en 2013, sans parler du local Freddy Thevenin qui avait finit deuxième l’an passé et dont tout un peuple était prêt à le supporter de plus belle. Chez les féminines, Nathalie Mauclair a pris sa revanche sur 2013. Elle s’impose après avoir, elle aussi, fait cavalier seul. Elle gagne en 31h27’ en prenant la 19ème place au général. Juliette Blanchet garde sa deuxième place mais en étant obligée quasiment de sprinter tant le retour d’Uxue Frailé semblait à un moment inéluctable. Sur les autres distances, Trail de Bourbon (93km) et Trail des Mascareignes (67km), on note les victoires respectivement de Jannick Sery et Estelle Carret et de Jeannick Boyer et Claire Nédelec. 1600 coureurs étaient inscrits à chacune de ses épreuves, qui n’ont rien, d’annexes !

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