Archive pour la catégorie ‘Littérature’

Les livres sur la course à pied

Mercredi 18 août 2010

Suite à l’une des dernières questions du jour sur notre page Facebook et comme j’ai moi même découvert pas mal d’ouvrage assez intéressant. je me suis qu’il serait bien de partager cette information sur le site et essayer de mettre à jour régulièrement cette liste. Vos commentaires sur les différents livres sont les bienvenus.

Courir de Jean Echenoz

On a dû insister pour qu’Emile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s’arrête plus. Il ne cesse plus d’accélérer. Voici l’homme qui va courir le plus vite sur la Terre.

Born to Run de Christopher McDougall
Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki Murakami
Journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Haruki Murakami se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur ce bipède en quête de vérité qu’est l’homme… Le L avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S’impose alors la nécessité d’une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d’un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d’écrivain. Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l’épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés. Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d’arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est fixée…
La meilleure façon de courir de Carrio Christophe

Vous aimez courir et vous souhaitez vous perfectionner ? Vous craignez la fatigue et les douleurs tendineuses ? Christophe Carrio, sportif de haut niveau, sera votre coach pendant 12 semaines. Dans un premier temps, il vous apprendra à vous échauffer correctement, à trouver la bonne position de course (stabiliser les articulations, rééquilibrer la posture), à bien respirer et à bien récupérer après l’effort grâce à des tests et une multitude de mouvements et d’exercices. Ensuite il vous proposera une méthode d’entraînement inédite avec des séances à thématiques multiples afin d’améliorer l’endurance et la puissance cardiaque pour courir mieux, plus longtemps sans jamais vous faire mal. Vous découvrirez aussi comment : renforcer les muscles du pied, améliorer la souplesse articulaire, avoir une foulée efficace et économique, choisir une bonne paire de chaussures, organiser vos repas en fonction de vos horaires d’entraînement, pratiquer correctement la course à jeun.

Courir longtemps : Les clés pour réussir de Bruno Heubi
La grande course de flanagan de Mac Nab Tom

Sur les traces de Dawa

Jeudi 12 août 2010

Dawa Sherpa fascine ! Il suffit de jeter un oeil sur son palmarès pour s’apercevoir que cet homme est véritablement un coureur de légende. J’ai eu la chance de le rencontrer à l’arrivée du 100km du trail du Verdon en juin dernier. Dawa est très accessible et après plus de 13 heures d’effort il n’a pas hésité à passer de longues minutes à échanger avec les personnes venues le saluer.

Depuis plus d’un un, Joël Doux, éditeur de presse sportive, Luc Beurnaux, journaliste et Jean-François Santoni, réalisateur de films documentaires, suivent les “aventures” de Dawa Sherpa. De ces rencontres un coffret (livre + DVD) “Sur les traces de Dawa” verra le jour prochainement (fin août).


(copie d’écran : endurance-mag.com)

Il est d’ores et déjà possible de le réserver. Vendu au prix de 36 euros, une partie du fruit de la vente ira directement au projet “Ecole monastique de Mera”, projet initié au Népal par Dawa Sherpa.

Tous les renseignements relatifs à ce coffret sont disponible sur le site endurance-mag.com.


Se cultiver en courant, les Livres à Ecouter par AudioLib

Mercredi 23 juin 2010

Je participais récemment à la remise du Prix des Lecteurs de l’Express 2010, prix dont je fus l’un des éminents jurés – si vous ne me croyez pas, regardez donc la photo et la légende accompagnant cet article : http://www.lexpress.fr/culture/livre/david-vann-recoit-le-prix-des-lecteurs-de-l-express_899432.html , un indice pour me reconnaître : je n’ai pas mon T-shirt Wanarun – … euh où en étais-je ? Ah oui, la remise du Prix des Lecteurs de l’Express – prix, soit dit en passant, remis à un excellentissime roman que je vous conseille tous d’acheter : http://www.lexpress.fr/culture/livre/surprise-et-passion-au-prix-des-lecteurs-de-l-express_899839.html -, j’arrive à mon propos rassurez-vous, je ne perds pas le fil.

Après la remise officielle du Prix à David Vann, verre à la main – d’eau minérale, si si … – je discutais à droite à gauche, lorsque je fus abordé par Manuel S. ci-devant Assistant Marketing et Communication chez Audiolib. En tant que juré, j’avais été présenté au vaste public venu assister à la cérémonie comme runner-blogueur – à moins que cela ne soit l’inverse ?. Cette double particularité avait attiré l’attention de Manuel, lui-même runner mais surtout éditeur de … livres audio.

Mesdames, Messieurs, dépoussiérez vos placards : le livre audio, grâce notamment à Audiolib, n’est plus ce média confidentiel longtemps confiné uniquement au monde de la mal-voyance. Le livre audio est aujourd’hui une autre façon de lire, très répandue dans certains pays. Vous manquez de temps mais paradoxalement vous en perdez dans votre voiture à écouter quelque stupide animateur pour ado pré-pubère de la bande FM, rires en conserve à gogo, alors pourquoi pas un livre audio choisi parmi les romans du moment ?

Mais vous vous doutez bien que si je parle de cela sur Wanarun, ce n’est pas uniquement pour que vous écoutiez des livres audio dans votre voiture mais pour que vous les écoutiez … en courant évidemment ! Et c’est ce que m’a proposé Manuel, me contant son expérience dans le domaine. Il m’a donc proposé de réaliser un essai en me faisant parvenir deux romans : Courir de Jean Echenoz, que je vous avais déjà présenté sur wanarun (durée d’écoute 3h) et Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup (durée d’écoute 14h). Déjà une heure d’Echenoz testée …

Je vous déconseille d’écouter un livre lors de séances techniques de type VMA ou fractionné long. Cela paraît une évidence mais si je ne le dis pas, je suis certain que certains vont m’en parler dans les commentaires :-)    La pratique est à réserver aux séances de récupération ou d’endurance fondamentale.

Détail technique : le livre audio est livré sous forme de CD dans une pochette reprenant la couverture du livre d’origine. Il est vendu à un prix sensiblement équivalent. Les CD sont au format MP3. Leur contenu peut donc aisément être transféré sur tout type de support … embarquable.

Au départ, c’est assez surprenant car le livre, contrairement à de la musique, ne donne pas de rythme à la course. Il faut donc soit bien se connaître, soit suivre sa vitesse au Garmin, pour ne pas trop ralentir. Il faut également faire preuve d’un surcroit d’attention et de vigilance car le livre audio mobilise bien plus de neurones que la musique … Courir en pleine ville avec des rues à traverser n’est pas forcément la meilleure idée pour débuter la running-culture.

Au final, l’expérience s’avère assez plaisante – surtout quand le livre est bon, ce qui est le cas de Courir – Déjà que la course à pied rend plus intelligent (CF le dernier numéro 2009 de la revue ZATOPEK) alors la course à pied associée à la lecture, je ne vous dis pas. Plus sérieusement, pour ceux qui adorent avoir quelque chose entre les oreilles en courant, le livre audio est une excellente alternative à la musique surtout lors de sortie de récup où la voix posée contribue à la relaxation.


Littérature : MILLAU LA LONGUE ROUTE par Thierry GIMENEZ

Lundi 21 juin 2010

J’avoue d’emblée qu’habituellement j’ai beaucoup de mal avec ce type d’ouvrage. Vous avez participé à une compétition, très bien, tant mieux pour vous. Mais, plutôt que d’en limiter la publicité à votre belle-mère, vos collègues de travail et votre jolie voisine, pourquoi diable éprouvez-vous le besoin de coucher votre expérience sur papier et – tenter – d’en faire profiter la terre entière ? Après tout vous n’êtes pas le seul à l’avoir faite cette course ! Et s’il s’agit pour vous d’une catharsis, prenez rendez-vous avec votre psy préférée.

C’est donc avec cet a priori plus que négatif que je me suis lancé dans la lecture de MILLAU LA LONGUE ROUTE de Thierry Gimenez, après que l’auteur m’en ait envoyé un exemplaire. En plus et je l’avoue là encore volontiers, je n’éprouve pas de grandes affinités pour les ultras. Ma distance, LA distance, c’est le marathon, avec toute la symbolique historique et les légendes qu’il véhicule. Les 100km, pfff ! Bref, Thierry, mais vous ne le saviez sans doute pas, c’est en de biens mauvaises mains que vous aviez remis le fruit d’heures interminables de travail.

Sachez Thierry que, finalement, vous avez bien fait ! Vous avez, en effet, réussi, non seulement, à capter mon attention, mais aussi, à m’intéresser. Certes, vous ne m’avez pas convaincu de m’inscrire à la prochaine édition des 100 km de Millau, courir 10, 12, 14h alors que ma seule ambition dans la vie est de courir en moins de 3h, ne sera jamais ma tasse de thé, même si à la lecture de votre livre, je comprends mieux ce qu’on peut ressentir dans ce type d’épreuves. Mais, votre but, de toute façon n’était pas de faire du prosélytisme.

J’ai d’abord aimé votre langue. Des mots simples, une lecture fluide et vous avez parfaitement évité l’écueil du “je fais-ci, après je fais-ça et ensuite ceci-celà”, qui est le risque inhérent à ce genre de récit. J’ai aussi aimé la construction de l’ouvrage : à la fois linéaire comme les kilomètres qui défilent mais aussi sinueuse comme les méandres du parcours où les pensées diverses et variées qui ont le temps de s’entrechoquer dans votre cerveau pendant ces 13 heures – pardon 12h 59 minutes et 4 secondes) seul, ou presque, face à votre destin. Vos réflexions sur la vie, sur le monde tel qu’il fut, tel qu’il est et tel qu’il sera, dans leur spontanéité, petites touches de peinture éparses sur le canevas kilométrique du récit, donnent à votre roman – ça y est, j’ai lâché le morceau ! – une âme que la sécheresse d’une simple litanie de minutes ou de mètres n’aurait pas éveillée.

Roman … Je suis certain que vous allez me reprocher ce mot car pour vous, Thierry, MILLAU LA LONGUE ROUTE, n’est pas un roman mais une histoire vraie, celui de vos 100km de Millau 2009. Surtout, ne voyez pas dans le mot roman un quelconque caractère réducteur ou péjoratif. J’y vois plutôt une marque de reconnaissance. Reconnaissance pour votre manière d’écrire, car votre livre “se lit” et aucun de vos kilomètres ne m’a rebuté. Reconnaissance aussi pour la cohérence que vous avez donné à l’ensemble. Une bien belle aventure que vous nous avez contée avec une grande modestie. Certes vous vous mettez en avant car vous êtes, bien entendu, le héros mais vos “seconds rôles” – les hommes, les femmes, les lieux … – jouent eux aussi une belle partition qui contribue à l’harmonie de l’ensemble.

A tous mes lecteurs : je vous encourage vivement à lire MILLAU LA LONGUE ROUTE que vous pourrez vous procurer par correspondance sur le blog de Thierry Gimenez http://thierrygimenez.unblog.fr/ au prix de 16 Euros + frais de port ou, si vous habitez près de Montpellier, dans la boutique Temps Course.


Un petit guide pratique pour apprendre le running barefoot

Jeudi 10 juin 2010

Loin de toute polémique dogmatique et sans aucune velléité de prosélytisme, voici un petit guide bien pratique pour qui serait tenté par le running barefoot, qu’il s’agisse d’en faire 10 minutes par semaine à l’issue d’une séance de VMA ou de disputer dans le plus simple appareil – pédestre – le Marathon des Sables.

Levons tout de suite deux “ambiguités” : 1) ce livre est certes écrit dans la langue de Shakespeare mais tant par son style simple et bourré d’humour, que par sa brièveté, il est d’une lecture aisée pour tout un chacun disposant de connaissances scolaires de l’Anglais, nul besoin d’avoir 965 points au TOEIC, même si cela aide :-) oui, c’est mon score. 2) “barefoot” est un abus de langage, sauf avis contraire, car est barefoot toute forme de course à pied dite minimaliste.

Jason Robillard habite à Grand Rapids (Michigan) – curieusement, il se trouve que j’y ai vécu quelques semaines dans ma jeunesse – enseignant de son état, athlète de “bas-niveau” comme il l’écrit lui-même, il pratique le barefoot depuis de nombreuses années et dispute maintenant régulièrement marathons ou ultras.

Le succès littéraire de “Born to Run” a soudainement lancé des milliers d’émules du Caballo Blanco ou de Barefoot Ted sur les routes Américaines, souvent dans la confusion et l’impréparation la plus totale, avec des conséquences parfois désastreuses. Face à ce phénomène, Jason a souhaité mettre à disposition du plus grand nombre son expérience très positive du barefoot. Par l’intermédiaire d’une université virtuelle : http://barefootrunninguniversity.com/ puis par la parution, à compte d’auteur, de The Running Barefoot Book, le livre dont je suis en train de vous entretenir.

J’ai dit court tout à l’heure : 50 pages. Mais 50 pages vraiment passionnantes. Jason propose une méthode très progressive d’apprentissage du barefoot car avant de courir un marathon pieds nus, il faut d’abord apprendre à … vivre pieds nus, puis à marcher pieds nus, puis seulement à commencer à courotter pieds nus … Et le tout ne se fait pas en une semaine mais en plusieurs mois ! Pour vous aider à y arriver, Jason explique simplement les grands principes – il y en a – , les commente et surtout propose des exercices d’application faciles à réaliser et d’une efficacité redoutable – compte tenu de son mode de parution à compte d’auteur, le livre manque d’illustrations mais ce manque est largement compensé par la clareté des explications.

Vous pensiez qu’il fallait développer de la corne sous le pied pour devenir un barefooter accompli ? Et bien vous n’aviez rien compris, c’est une peau de bébé ultra-sensible qu’il vous faut. Saviez-vous qu’en barefoot, on ne pose pas le pied mais qu’on le … lève ? Saviez-vous qu’en barefoot, le sol, on … l’embrasse ? Saviez-vous que pour bien courir en Vibram, il faut d’abord apprendre à courir pieds nus ? etc etc etc … Non ? Et bien, achetez donc The Running Barefoot Book ! Sur Amazon, c’est ici.


Les Vibram sont-elles “Born to Run”compatibles ?

Mardi 18 mai 2010

Un ptit dernier (article) pour la route sur le sujet “Born to Run”. Les Vibram Five Fingers sont-elles Born to Run compatibles ? Voilà un sujet passionnant non ?

Je résume Born to Run pour ceux qui n’auraient pas lu mon article d’hier : les hommes sont des coureurs nés si tant est qu’ils courent pieds nus ou presque, sur l’avant du pied et plus spécialement en endurance qu’en vitesse.

Et la réponse à la question (de la compatibilité des Vibram à ce mode de course) est : oui … et non.

Oui, parce qu’en Vibram, on est obligé de courir sur l’avant du pied. Oui, parce qu’en Vibram, il vaut mieux faire de l’endurance que de la vitesse (j’ai essayé tôt ce matin des séquences à 90% de VMA, sur route, et ce n’est pas si facile que cela).

Non, parce qu’il est précisé dans Born to Run, que l’avant du pied est un super amortisseur intelligent capable de prouesses qu’aucune semelle ne peut approcher (c’est une région très innervée donc avec une capacité de réaction ultra-rapide). Or la zone d’impact des Vibram est particulièrement “dure” et certes on court bien sur l’avant du pied mais on perd cette capacité d’élasticité, de réaction, d’adaptation à la charge que procure le contact direct (ou celui d’une simple semelle de type sandale).

Courir en Vibram, ce n’est donc pas courir réellement pieds nus, courir tel que la nature nous aurait créé (si on en croit le livre évidemment). C’est une “autre façon” de courir, au même titre qu’en Newton. Qu’on ne s’y trompe donc pas ! Il est d’ailleurs dommage que la logique des concepteurs n’ait pas été poussée jusqu’au bout, notamment en assouplissant et en affinant cette fameuse zone d’impact.

Une petite vidéo montrant les Vibram en situation réelle conduites par un superbe athlète (i.e. moi évidemment) et en plus cette vidéo est passée aux actus de BFM : cliquer ici http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/fivefingers-la-basket-en-forme-de-gant-360591/

Et pour vraiment tout savoir sur les Vibram five fingers (ou 5 fingers ou fivefingers, comme vous voulez), cliquez sur les liens suivants :


Born To Run – La Bible du Barefoot ? CR de lecture

Mardi 18 mai 2010

Mais pourquoi diable le livre de Christopher McDougall n’existe-il pas de traduction Française de cet ouvrage ? Tout les runners devraient pouvoir le lire, même ceux que la langue de Shakespeare n’inspire pas ! Non pas parce que c’est, quelque part, une apologie de la course pieds nus, mais parce que c’est, tout simplement, l’une des plus beaux hommages rendus à notre sport favori.

Born to Run n’est pas un roman mais se lit comme tel, tellement il est passionnant. Il part un peu dans tous les sens parfois, sans pour autant perdre la trame du récit, ce qui pourra dérouter certains lecteurs. Ce type de structure est assez classique du journalisme à l’Américaine : un fil rouge qui sous-tend le tout ponctué d’une multitude de récits annexes aux vertus d’exemple ou de pédagogie.

S’il fallait résumer le fil rouge de Born to Run en trois phrases : un journaliste Américain qui accumulent blessures de running sur blessures de running part à la rencontre d’une tribu indienne Mexicaine, les Tarahumara (pour en savoir plus : vidéo) qui, malgré une hygiène de vie particulière, aucun entraînement, est réputée pour compter en son sein de formidables coureurs d’ultra … en sandales. Parvenu au Mexique, après quelques péripéties, il fait la connaissance du Caballo Blanco (le Cheval Blanc, voir son site), un Américain singulier qui vit, tel un fantôme, depuis des années dans une hutte, passe sa vie à courir et décide après la visite du journaliste d’organiser un ultratrail entre les Tarahumara et quelques uns des meilleurs ultrafondus Américains (le Copper Canyons Ultra est né … voir ici les photos de la première édition). Ne répondent à l’appel qu’une poignée de runners dont Scott Jurek (2e aux championnat du monde des 24h la semaine dernière ), Barefoot Ted, l’un des chantres du nu-pieds aux USA ou le couple Billy and Jenn.

Voilà pour le fil rouge qui, en soi, comporte déjà toute la substance d’un formidable récit d’aventure épique. Mais ce qui fait le réel charme du livre, ce sont les nombreuses “disgressions”. Elles sont de plusieurs types :
- des portraits de coureurs, d’entraîneurs ou de scientifiques : le fantastique Scott Jurek, aussi discret que talentueux, Ann Trason, la femme qui a failli remporter un ultra 100 (miles) au nez et à la barbe de ses adversaires masculins ou encore, parmi tant d’autres, Joe Vigil, un coach hors du commun …
- des histoires passionnantes d’ultra 100 (miles) : la victoire de Jurek lors de sa première Badwater , le combat d’Ann Trason contre les Tarahumaras lors de la Leadville 100
- des récits ludiques de découvertes scientifiques majeures sur les bienfaits de la course pieds nus d’un point de vue biomécanique, l’impact négatif des chaussures de running actuelles en matière de blessure, la pré-disposition de l’homo sapiens à la course à pied … On dirait que seuls les scientifiques Américains sont capables de s’amuser tout en cherchant. Saviez-vous, par exemple, qu’un homme peut courir plus vite – en moyenne, sur une grande distance – qu’une antilope et donc en faire son repas ?

Aux USA, ce livre est devenu la Bible du barefoot running (courir pieds nus), est-ce justifié ? Oui à 100%, après l’avoir lu on n’a plus envie de chausser toutes ces chaussures à amorti super variable contrôlé par microprocesseur. Mais ce serait dommage de ne réduire Born to Run qu’à cela car le récit – les récits – sont à couper le souffle pour qui aime vraiment la course à pied.

P.S. : le livre est en vente sur amazon.


Pourquoi les chaussures de running sont mauvaises pour votre pied

Lundi 17 mai 2010

Oui, je suis un provocateur, vous le savez bien. Mais là, ce n’est pas moi qui le dit … pour une fois. C’est Christopher McDougall dans Born to Run, sans doute le meilleur livre écrit à ce jour sur la course à pied et accessoirement la Bible du barefoot aux USA – ne cherchez pas de version Française, le livre n’est pas encore traduit, dommage !

J’ai prévu de vous parler plus longuement de ce bouquin, lorsque je l’aurai fini, d’ici mercredi. Mais hier soir, entre les pages 171 et 185, j’ai trouvé ce qui suit … basé sur de nombreuses études scientifiques.

1) les chaussures de running ne vous font ni courir plus vite, ni vous font éviter les blessures, bien au contraire. Le pied, trop protégé, ne sent plus le sol et l’attaque du talon est traumatisante pour l’ensemble de la jambe.

2) Plus une chaussure est sophistiquée et amortie, plus le risque de blessure à terme est élevé. Compte tenu qu’en courant, on absorbe 12 fois le poids de son corps à chaque foulée, “l’amorti” n’apporte aucune réelle différence en matière d’impact et comme il fait courir sur le talon etc etc etc

3) Votre pied est complexe. Le faire courir dans un cocon affaiblit sa structure et entraîne à terme des blessures.

Intéressant tout cela … more to come, stay tuned.

Et pour ajouter un peu d’eau au moulin de “Born to Run”, un papier récent du département des sciences de l’Université d’Harvard (http://harvardscience.harvard.edu/foundations/articles/barefoot-running-easier-feet-running-shoes) tend à prouver, à partir de 3 études, que ceux qui courent pieds évitent effectivement les blessures car ils utilisent le pied et la jambe tels qu’ils ont été conçus par plusieurs millénaires d’évolution … Le fait de courir sur l’avant du pied supprime complétement les effets d’impact car cette zone est prévue pour cela, contrairement au talon. Le pied nu est capable d’un amortissement nettement supérieur à celui d’un pied chaussé et trop amorti. Je vous invite à visualiser les vidéos citées. Elles sont très intéressantes.  L’étude en question a été en partie sponsorisée par Vibram, il fallait l’écrire, ce recours à un financement privé d’une société “impliquée” dans le débat est très courant aux USA.


Vous aimez courir ? Lui déteste le tennis…

Mercredi 28 avril 2010

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler Tennis… Pas pour vous commenter les matchs des tournois de Stuttgart ou de Rome (encore que je serais curieux de savoir combien de kilomètres font certains joueurs sur terre battue en un match), mais pour vous parler d’un livre qui avait fait parler de lui à sa sortie fin 2009 : Open, de André Agassi.

Quel est l’intérêt de vous en parler ? Déjà pour l’aspect purement littéraire : à partir du moment où ce livre est tombé entre mes mains et que j’en ai lu les premières pages, j’ai été complètement pris par l’histoire, à en oublier mes chaussures de course au fond du placard. Et ce n’est pas simplement parce que j’apprécie le sport en général et que je m’intéresse un minimum au tennis. C’est tout simplement que cette autobiographie d’Agassi, de son enfance à sa retraite, est un régal pour les yeux : riche en aventures, en détails croustillants et/ou surprenants et écrit dans un style simple qui nous emporte du début à la fin. Pour le style, il faut dire qu’Agassi a collaboré avec J. R. Moehringer, vainqueur d’un prix Pulitzer. Ça doit aider !

Ensuite, ce qui surprend dans ce livre, c’est évidemment le rapport d’Agassi au tennis : il le déteste. Et pourtant, il en a fait sa vie. Pour diverses raisons, il s’est battu, il s’est fixé des objectifs d’excellence, il a persévéré même dans les moments difficiles… alors que visiblement il n’y prenait aucun plaisir. Pourquoi ? Je vous laisse découvrir les réponses dans le livre.

Mais la question que je me pose alors (c’est bon Manu j’en arrive enfin à la course à pied ;) ) c’est : Peut-il y avoir un cas similaire dans la course à pied ?

La majorité des pratiquants comme vous et moi évoque généralement la notion de plaisir dans la course à pied. Mais qu’en est-il au plus haut niveau ? J’aurai eu tendance à répondre Non, ce n’est pas possible entre autre parce que la course à pied est un sport assez peu rémunérateur  par rapport à d’autres sports. Une comparaison possible parmi bien d’autres : le vainqueur du marathon de Paris 2010 a touché une prime de 50000 euros alors que chaque joueur de l’Olympique Lyonnais a eu une prime de 100000 euros pour avoir éliminé Bordeaux en Ligue des Champions. Mais avec un peu de recul, je ne suis pas certain que mon argument tienne la route : certes le fossé (ou gouffre) avec d’autres sports est énorme, mais 50000 euros représente tout de même pour certains presque toute une vie de travail (salaire annuel moyen en Éthiopie : 796$US pour les femmes et 1316$US pour les hommes).

Donc peut-être que dans certains pays en développement où le sport, la course à pied en particulier, est une réelle opportunité pour faire vivre toute sa famille, on peut trouver des athlètes de haut niveau doués pour la course, s’entrainant extrêmement dur mais haïssant cette discipline…

Difficile en tout cas d’imaginer Haile Gebreselassie révéler qu’il déteste la course à pied. Et pourtant, qui peut en jurer ?

Et vous, pensez vous qu’il y ait des champions n’aimant pas courir ?


Livre : Gérer la Pression en Compétition

Vendredi 26 février 2010

Regardez-moi bien dans les yeux et répondez-moi franchement. Vous n’avez jamais eu “la pression” – le trac, le stres, la boule au ventre, une envie pressante … – à l’approche ou pendant une compétition sur laquelle vous fondiez de grands espoirs ? Non ? Vous en êtes bien certain ? Peut-être plus maintenant avec votre immense expérience des grands rendez-vous, mais avant ? Ca commence à vous rappeler quelque chose ?

Comment “oublier” cette pression ou comment l’utiliser à bon escient ? C’est à ces questions que répond Marylène Pia, sophrologue du sport (www.marylenepia-formation.com) dans “Gérer la Pression en Compétition” récemment paru aux Editions Amphora (www.ed-amphora.fr). Ouvrage dont je viens d’achever la “lecture”. Pourquoi des guillemets à “lecture” ? Parce que ce livre, au format classeur très pratique, inclut un CD d’exercices, base de … plans d’entraînement à la gestion de la pression. Et oui, on ne sort pas des “plans d’entraînement”, décidément.

Dans une première partie théorique, l’auteur, après avoir précisé ce qu’est justement cette pression et quelles sont ses manifestations, justifie le propos du livre : il FAUT gérer la pression. La deuxième partie insiste sur le “mental” avec cette idée force que si on ne peut pas changer une situation, on peut changer le regard qu’on y porte.

Puis viennent de nombreuses fiches très bien décrites et simples à mettre en oeuvre “sur le terrain” présentant des techniques respiratoires, de relaxation, de visualisation … contribuant à la gestion de la pression. Le CD audio sert de support à ces techniques.

Enfin, la dernière partie est consacrée à l’aspect stratégique : comment combiner ces techniques pour gérer la pression avant, pendant et après une compétition ? Et ce, en fonction du profil et des réponses physiques ou physiques de tout un chacun. L’auteur offre enfin les clés pour bâtir son propre programme d’entraînement sur 6 semaines.

Je n’ai pas l’impression d’être spécialement stressé avant une compétition mais j’ai commencé à mettre en oeuvre certaines des techniques présentées et j’en ressens déjà un certain bien-être. Un livre que je vous conseille donc vivement.




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