40.000 km en courant !


 

40 000 km en courant ! Ca y est il vient de les faire : certains vont se dire « encore un fêlé ! »

 

Bon d’accord, ça fait un tour complet de notre bonne vieille planète, mais ça ne fait jamais que 11 Tours de France cycliste, environ 960 marathons, ou encore 160 fois le parcours du Marathon des Sables et pourtant Patrick alias Chtiquicourt a pris tout son temps !

 

« Rien ne me destinait à une quelconque pratique sportive pendant les 44 premières années de ma vie, et ce fut donc le néant total en la matière; j’ai contracté cette maladie étrange en 2000, à Berlin, où de fréquents déplacements professionnels, conjugués à la cuisine locale, à la bière et à l’inactivité me menaient tout droit vers le quintal. Connaissant mon souhait de me bouger les fesses, certains collègues de l’époque, déjà pratiquants assidus de course à pied, n’ont rien trouvé de mieux que de m’inoculer ce virus, en me convainquant que si d’autres pouvaient le faire, j’en étais capable aussi. Les débuts furent particulièrement laborieux, et en juin 2000, j’étais incapable de parcourir plus d’un kilomètre sans devoir m’arrêter. A force d’obstination, au bout de quelques semaines, j’en arrivais alors à pouvoir courir 5 km, et cela suffisait amplement à mon bonheur. Au fil des sorties, je sentais que ça devenait plus facile, mais je ne cherchais pas à en faire d’avantage, et le second trimestre de l’année 2000 s’écoula de la sorte.

 

Le début d’année étant propice aux bonnes résolutions, je pris alors le 1er janvier 2001 celle de courir un semi-marathon avant la fin 2001: quelle idée j’avais là eue ! A partir de ce moment, j’avais un but pour courir autre que celui de la perte de poids (qui commençait à se faire sentir), et j’ai commencé à noter scrupuleusement tout ce que je faisais : au fur et à mesure des semaines, les distances et le nombre de séances ont augmenté, jusqu’à un certain 14 juillet 2001, où pour la 1ère fois, je passais le cap des 20 km sur une sortie. Comme promis, le 14 octobre 2001, je courrais ma 1ère compétition sur un semi-marathon, à Berlin bien sur, et en étant encouragé par ceux qui m’avaient mis le pied à l’étrier. Cette course fut pour moi une révélation, et dès le soir même, j’annonçai mon intention de remettre ça dès que possible. Comme il me faut des objectifs pour avancer, je m’en fixe un nouveau pour 2002, celui de descendre sous 1h45 sur le semi, et de courir ensuite mon 1er marathon. Le 1er objectif fut atteint le 11 novembre 2002, et la semaine suivante, j’étais inscrit au marathon de Paris 2003.

 

Les course vont ensuite s’enchainer les unes après les autres, avec après chaque arrivée cette question : et au-delà de cette distance, « c’est comment ? », et l’envie d’aller voir plus loin.

 

Après le 1er marathon en 2003 à 47 ans, qui sera suivi par une quinzaine d’autres, ce sera mon tout premier 100 bornes que je vais boucler le 1er mai 2008 à 52 ans. Et déjà, l’envie d’aller encore plus loin se fait sentir, puisque j’annonce mon intention de courir le Marathon des Sables à l’horizon 2010/2011. Progressivement, je découvre également d’autres aspects de la course à pied, avec les trails et les raids, avec l’ultra, toutes ces disciplines où l’esprit de solidarité et de convivialité prime sur celui de compétition. Tout ceci continue à me faire avaler les kilomètres, et après le 10000ème en juillet 2004 (pour les JO d’Athènes), c’est le 25000ème en juillet 2008 (pour les JO de Pékin) : les années olympiques m’inspirent !

 

Après une année 2010 tout en contraste (abandon sur le Raid du Golfe du Morbihan, marathon du Médoc terminé à l’hôpital, mais finisher des 100 km de Millau puis de la SaintéLyon), 2011 va s’avérer être un cru exceptionnel avec mon 1er Marathon des Sables, course dont je rêvais depuis 2004 : la réalité s’est révélée encore plus belle que le rêve, et même s’il m’a fallu aller chercher la médaille avec les dents, je n’ai qu’une envie : y retourner (ce sera pour 2015 pour la 30ème édition) ! Cette épreuve est unique, les rencontres y sont inoubliables, le cadre est superbe, et même les mauvais moments deviennent au fil du temps d’excellents souvenirs. L’appel du désert a produit son effet, conjugué à l’état d’esprit qui règne dans la grande famille du MDS.

 

Une autre idée me trottait en tête également depuis un certain temps ; aller jouer au hamster sur un circuit pendant 24h00 ; c’est chose faite depuis le mois de juin de cette année, où pour la 1ère fois, j’ai aussi involontairement couru 10h00 d’affilée sous la pluie ; du coup, me voilà circadien à 55 ans ! Pour fêter dignement cet événement, dans la foulée, le 14 juillet 2012, je passe le cap des 40000 km depuis le 1er janvier 2001, et c’est encore une année olympique !

 

Et comme je n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin, les projets se bousculent : me lancer dans les raids longs, avec pour commencer le Grand Trail du Nord en octobre 2012 (150 km), et en ligne de mire pour 2013/2015 2 courses en particulier que j’aimerais accrocher à mon tableau de chasse : le Grand Raid de la Réunion (Diagonale des Fous), et bien sûr l’UTMB. Il y aura aussi des courses sur circuit de 48h00, 72h00 voire 6 jours, et d’autres parmi toutes ces courses d’ultra qui ont lieu actuellement aux 4 coins de l’hexagone et d’ailleurs.

 

Sans m’en rendre compte, courir est devenu aujourd’hui pour moi aussi naturel que manger, boire ou dormir : c’est une composante essentielle de ma vie au même titre que l’activité professionnelle, et une source d’équilibre personnel ; je sais pertinemment que je ne gagnerais jamais aucune course (sauf à être seul au départ), mais pour moi l’important n’est pas là : faire un bon temps s’il s’agit d’une course jusqu’au marathon, et simplement terminer pour les épreuves d’ultra ; je me dis toujours que j’ai réussi une compétition quand j’y ai pris du plaisir, que je la termine en bonne condition physique, et que j’ai envie d’y revenir : le seul problème que ça me pose, c’est que je n’aurais pas assez d’une vie pour les refaire toutes.

 

Si ma perception de la course à pied a évolué au fur et à mesure des années, un aspect essentiel à mes yeux est demeuré dans ma manière de la pratiquer : la simplicité ! De plus en plus souvent, quelqu’un a une innovation à vendre dans le domaine de l’équipement, de l’alimentation, des chaussures, du textile, etc. Beaucoup ont flairé la poule aux œufs d’or et essaient de profiter de l’essor de la pratique de la course à pied ; je refuse personnellement cette dérive, comptant plutôt sur le travail lors des sorties d’entrainement et l’écoute attentive de mon corps pour réussir mes compétitions plutôt que l’utilisation d’artifices aussi divers que variés susceptibles de fausser les sensations ressenties ; l’organisme, même très bien préparé, a ses limites naturelles, et courir, c’est aussi savoir les accepter. Cela ne m’empêche pas pour autant de prêter une attention toute particulière aux chaussures (adaptées au type de sortie ou de compétition) ainsi qu’à l’alimentation, ayant un système digestif plutôt capricieux. Cette simplicité m’a plutôt réussi jusqu’à présent avec 1 seule blessure (tendinite en 2008 qui est entièrement de ma faute pour ne pas avoir voulu écouter le médecin), et 2 ampoules (dont 1 sur le MDS, ça fait donc une bonne moyenne !) »

 

Avec de bons pneus, et un carburant adapté, le voilà reparti pour un tour ; en ligne de mire dans le viseur, il y a en 2016, pour les JO de Rio, le 60000ème km (et la 3ème ampoule ?) pour ses 60 ans, avec cette devise en tête : « Courir plus pour vieillir moins ». Et comme une passion se partage, la suite de l’aventure sera à découvrir sur www.chtiquicourt.fr

 

Merci Patrick et ne change rien !

 

2 commentaires sur “40.000 km en courant !”


Posté par frank Le 17 août 2012 à 11:29

Bravo à toi Patrick et à bientôt sur une piste ou un chemin Frank

Répondre


Posté par Steeve Le 23 août 2012 à 19:49

Superbe parcours !! Tu es un bel exemple a suivre et un beau palmares avec des courses magnifiques 🙂 J’espère en faire autant.

Répondre


Laisser une réponse