Marathon Nice-Cannes : compte-rendu, résultats et photos


 

Lukas Kanda et Alban Chorin, rois de la Côte d’Azur !

Si il n’en reste qu’un, ce sera celui-là ! Lukas Kanda, le Kenyan, réussit donc l’exploit pour sa première tentative sur le distance reine du marathon de descendre sous les 2h10′ et donc du même coup de battre le record du 4ème Marathon Nice-Cannes. Le gaillard, déjà vainqueur cette année de Marevejols-Mende avait tout de même de sérieux atouts à faire valoir: un chrono à 1h01′ sur semi, deux rôles de lièvre sur la même épreuve les deux d’année d’avant. Bref il connaissait son affaire. Il n’avait plus qu’à 28 ans à tenter le grand saut. Et donc, cette année, devant près de 9000 concurrents en individuels, il accélèrera vers le 36ème kilomètre dans un dernier petite radillon à l’entrée de Cannes pour passer au-dessus de la voie ferrée pour se défaire de son dernier compagnon d’échappée, un éthiopien… Il finit donc en 2h08’38 ». La première féminine échoue de peu pour le record. Il s’agit de l’éthiopienne Shumye Te Ame en 2h30’53 »… La meilleure performance réalisée à Nice était de 2h30’27 »… 9000 coureurs et plus de 360 équipes de six coureurs maximum ont donc pris le départ ce matin à 8h sur la promenade des Anglais. Cela fait donc pas loin de 11000 participants. Parmi eux, une nouvelle fois, des prétendants au titre de champion de France de la spécialité. Là c’est Alban Chorin qui sera le plus vaillant avec un très bon chrono de 2h18’53’ à la clef… Aline Camboulives, vice-championne en 2010, complète donc le palmarès… A Cannes, la croisette était noire de monde et ce, durant des heures et des heures après le premier arrivée. Médaille, fruit, tee-shirts, ravitaillements se sont rajoutés donc au magnifique sac offert aux coureurs à l’inscription… La météo était en plus quasi-idéale avec peu de vent, du moins pour le début, et une belle température frôlant les 12 ou 13°C…

Le 4ème chapitre du Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes aura, sans conteste, était l’un des plus aboutis en termes de qualité d’organisation et qualité de compétition proprement. Autant dire que cette année tout le monde avait mis le paquet pour que le rendez-vous azuréen devienne bien vite une référence européenne en la matière et le pari est d’ores et déjà réussi.

10800 inscrits, 2h08’40’’, 26% d’étrangers: ces trois chiffres à eux seuls donnent le tournis. Le deuxième plus grand marathon de France appuie donc sa notoriété dans la hiérarchie nationale…

Le week-end niçois commence forcément toujours par un petit tour sur le village-partenaires. C’est là où l’on retire son précieux dossard et que l’on récupère ainsi tous les cadeaux qui vont avec. Le sac à dos estampillé Marathon Nice-Cannes que l’on retrouve ensuite quasiment sur toutes les épreuves de France et de Navarre, le tee-shirt, les magazines spécialisés réservés spécialement à l’événement (R Mag et Running Mag pour ne pas les citer !) et les tracts pour bien d’autres courses à venir. C’est un peu comme si le coureur faisait son marché et il ne s’y trompe pas. Il aime à trainer dans les allées de cet immense village réservé donc essentiellement à la course à pied. On y croise des copains, on fixe un rendez-vous à la volée, on y règle aussi pas mal d’affaires… Les stands sont constitués à moitié d’équipementiers spécialisés course et à moitié de courses qui font leur promotion. Mais les villes qui ont la chance d’accueillir le parcours de l’épreuve sont aussi très bien représentées. Histoire de faire un peu de promo touristique… même si les Villeneuve Loubet, Juan les Pins ou Cap d’Antibes sont connus dans le monde entier. Le village constitué ainsi d’un immense chapiteau occupe une grande partie des Jardins Albert 1er de la place Massena de Nice. Il a été ouvert le jeudi après-midi et ne fermera ses portes que le samedi soir vers 20h… C’est aussi un des points forts du marathon, même si l’on ne parle pas encore véritablement de course, ni de sueur… La grande attraction du lieu aura été, sans nul doute, le visionnage du parcours 3D, sur grand écran. L’animation est vraiment réussie et permet de visualiser l’effort à venir, au détail près.

Mais le samedi soir est aussi réservé, comme à l’accoutumée, au stock de glucides et de sucres lents. Et à Nice ou à Cannes, les restos qui jouent le jeu ne manquent pas. Le marathon est aujourd’hui bien entré dans les mœurs. Aussi quand on flâne sur la Promenade des Anglais avant de planter sa fourchette dans un bon plat de pâtes du côté du Vieux Nice, on comprend forcément pourquoi cette épreuve a la côte. Nice attire les touristes a pareille époque de l’année, c’est une évidence. Et ce n’est pas un hasard, si cette année, presqu’un tiers des concurrents sont des étrangers. Il y a bien évidemment les Italiens qui viennent en voisins, mais il y aussi les Anglais, les Danois et même les Marocains qui remplissent les avions. Vive le low-cost, les frontières s’ouvrent à tous. Le marathon Nice-Cannes prend des accents d’internationalisation. Et c’est tant mieux ainsi. Il n’y a guère que Paris, du coup, qui puisse maintenir la comparaison. Même le petit avion de Toulouse, par exemple, la veille, est plein de coureurs et accompagnateurs qui viennent tenter l’aventure d’un 42km.

A cette période de l’année, en fin de mois de novembre, on ne peut guère être déçu de la météo de ce côté-là de la France. C’est un des rares endroits où les températures promettent encore d’être agréables. Le coureur-voyageur ne s’y trompe pas. C’est comme un petit goût de vacances qui l’aime à retrouver. Et puis n’oublions pas de parler aussi du parcours. C’est un des points forts de l’organisation. On le dit et on le répète depuis le début, il a de quoi faire fantasmer et rêver. Départ à Nice sur la Promenade pour une quinzaine de kilomètres hyper plats, larges à souhaits… On peut d’entrée se libérer sur l’une des plus belles avenues du monde. Passage dans des villes prestigieuses ou des stars et fortunes de France et d’ailleurs ont élu domicile. La mer est toujours à portée de vue, même si l’on n’a guère le temps de l’admirer. L’arrivée sur la Croisette est tout aussi mythique. Cannes s’est paré de ses plus beaux atouts et tout le front de mer est fermé, cadenassé, pour faire la part belle aux marathoniens. Comment rêver de mieux ? Juste en espérant que la météo soit vraiment du côté du coureur ? Et bien ce fut le cas. Pas de vent, ou si peu, du moins pendant les trois premières heures, une température avoisinant les 10° C, que demander de plus ? Sur le parcours, on a bien pu apercevoir les stigmates de ma tempête qui est passé par là deux semaines auparavant, mais tout cela fait désormais partie de l’histoire ancienne. Ouf, le marathon est passé à travers. Encore une fois !

Mais place maintenant à la course. Le départ est donc donné à 8h précises pour 8000 individuels qui ont retiré finalement leur dossard et près de 360 équipes de six coureurs maximum (parfois il n’y aura que trois ou quatre coureurs pour former un team !). Cela représente tout de même un peloton énorme de plus de 9000 partants sur la Promenade. Il faut plus de 6’ au dernier pour passer la ligne, alors que les premiers, Kenyans et Ethiopiens en tête donc, ont déjà parcouru deux kilomètres.

Cette année, une nouvelle fois, l’épreuve est le support des championnats de France de la spécialité. Mais la date un peu reculée dans l’année (la faute au G20 donc !) n’a pas motivé les foules. Environ 300 coureurs seulement sont là par le biais des qualifications et sur le paier guère de tête d’affiche. Seul Benasser fait office de favori chez les hommes, mais il avouera un peu plus tard souffrir d’une mauvaise grippe. Bref il sera reprendre dans les derniers kilomètres par un Alban Chorin, tout heureux donc, de réaliser d’un seul coup deux de ses objectifs de toujours. «Passer sous les 2h20’ et un titre, c’est le comble du bonheur pour moi. Je peux quasiment arrêter la course à pied après cela. C’est le carton plein… »

Pendant quelques kilomètres même Alban se paiera le luxe de rester dans la foulée de l’armada africaine. Le rythme est donné d’entrée par le lièvre de service James Theuri. Il emmène donc dans son sillage un petit paquet d’une quinzaine de gars. Tous les favoris sont bien sûr présents. Il passe en 1h04’. C’est pile poil dans le timing. Puis il s’écarte donc pendant les quelques kilomètres qui suivent, entre le 22 et le 26ème, c’est un peu l’affolement. Personne ne semble vouloir prendre la course à son compte. Les kilomètres défilent donc à 3’06’’, 3’07’’… Le record semble s’envoler du coup. Les 2h10’17’’ d’Adelo Roba, l’Ethiopien, vont tenir bon, deux ans après, même si le parcours, admettons-là tout de même, n’est plus tout à fait le même. Mais à ce moment là, Hailu Shume et Moses Kurgat ; tentent tour à tour leur chance. Le rythme s’accélère. S’accroche qui peut ! Le groupe diminue considérablement. Il n’y a plus que quatre garçons devant. Lukas Kanda et Lema Feyasa tiennent bon… Après les petites montées vers Cap Antibes et Juan les Pins, tout devient encore plus clair. Luka Kandas, le roi des côtes, vainqueur cette année de Marvejols-Mende et titulaire d’un record à 1h01’01’’ est le plus à l’aise. Son gabarit, plus léger, plus petit aussi, lui permet de passer les difficultés beaucoup plus facilement que ses concurrents. Au kilomètre 35, juste avant de passer par-dessus la voie ferrée, Moses Kurgat craque. Ils ne sont plus que deux dès lors et Luka appuie encore sur le champignon. Pour sa première tentative sur la distance, après deux rôles de lièvre de luxe sur les deux dernières éditions, il va donc réussir l’incroyable : remporter le Nice-Cannes en moins de 2h10’. 2h08’40’’ pour être précis. Record explosé. Heilu et Moses, deux et troisièmes, sont aussi en dessous des 2h10’. C’est donc aller très, très vite sur la fin de parcours… peut-être un léger vent dans le dos n’y est pas étranger… la première féminine, Te Amé Shumye n’est pas si loin. L’Ethiopienne s’est défaite de ses compatriotes, il y a un petit moment déjà. L’écart est fait depuis longtemps et elle termine seule, en 2h30’53’’. Très près finalement du record de la course, détenue toujours donc par Radiya Roba depuis l’an passé en 2h30’27’’… Sûrement que si elle avait été à la bagarre en fin de course ? On le saura jamais… Mais la bonne surprise arrive juste après, car la Française Aline Camboulives, dans un excellent chrono de 2h38’42’’ a bien failli prendre la dernière marche du podium. Elle finit sous les talons de Tolla Tesfaye, la troisième éthiopienne du jour. Mais elle se console largement avec un beau titre de championne de France de la discipline, elle qui avait terminé deuxième en 2010. On notera ensuite dans le désordre que François Holzerny, premier régional rentre dans le Top 20 avec un beau 2h23’ à hauteur quasiment de son record personnel après deux saisons un peu plus « délicates ». Il est donc médaille de bronze des Frances. Que Christian Estrosi, député maire de Nice, finit une nouvelle fois son marathon fétiche, en un peu plus de 4h30’ et que l’équipe composé, entre autres, de Stéphane Diagana, Marc Raquil et Yohan Diniz passe sous la barre des 3h… Bref tout fut vraiment parfait sur cette 4ème édition du marathon Nice-Cannes. Les coureurs pouvaient tranquillement profiter des stands de ravitaillement et se gaver de fruits au passage, après avoir reçu médailles, tee-shirt et autres cadeaux… La côre retrouvait, quand à elle, son allure normale, comme si de rien n’était !

Seuls les corps et les jambes de quelques 10000 courageux se souviendront encore de ce périple hors-norme en terre azuréenne. On en rendemande ! Si vous ne savez pas où aller courir le 4 novembre 2012 ? Pensez-y !

 

 

 

 

Un commentaire sur “Marathon Nice-Cannes : compte-rendu, résultats et photos”


Posté par olivercourse Le 15 décembre 2011 à 22:59

Très bel article, très bien écrit. Pour celles ou ceux qui cherchent des photos vous en trouverez un millier environ sur ce blog dédier notamment au marathon Nice Cannes: http://olivercourse-photos-marathon-nice-cannes.over-blog.com/article-marathon-nice-cannes-2011-sous-le-soleil-89389507.html Amitié sportives à tous

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