e-saga de l’été – Episodes 14 et 15/15


 

Grande Soirée Spéciale e-saga aujourd’hui et, en prime time pour achever l’été en beauté : 2 épisodes en un ou un double si vous préférez, comme pour la dernière d’Urgences sur France 2 dimanche dernier. Un grand ouf de soulagement pour certains ! Enfin terminé ! Wanarun va retrouver sa vraie nature ! Pour les autres, espérons que la fin proposée leur plaira, sinon ils peuvent toujours faire comme ce grand amateur de littérature qui, systématiquement ne lit pas les derniers chapitres des ouvrages et imagine sa propre fin idéale pour ne pas être déçu. Tiens, j’ai une meilleure idée : vous pouvez vous-mêmes proposer une autre fin dans la rubrique commentaires. La meilleure proposition recevra un cadeau de la part de Wanarun. Ah ? On me dit que j’aurais dû demander avant à Manu, c’est lui le big boss du site, et que ce n’est pas possible. Désolé. Dans ce cas, la meilleure proposition aura droit uniquement à mes félicitations, ce n’est déjà pas si mal 🙂

Résumé de l’épisode précédent : tout notre petit monde, à l’exception a priori de la mère de Steeve, qui, et de loin, semble continuer à préférer le bridge avec ses copines à la course à pied, tout notre petit monde, donc, revenons à nos moutons, est en train de courir, ou presque, dans le parc. A 20h04, la situation semble très claire. Les positions en course reflètent parfaitement les places sur la grille de départ : Priscilla et Steeve sont au coude à coude, au sens propre comme au sens figuré. Brad suit légèrement derrière avec une tendance subreptice à parfois visiter  les bas-côtés pour disparaître temporairement d’une vue toujours possible. Sharon est sortie de piste dès le premier tour mais reste sur le circuit. Positions figées donc, quand soudain à 20h04 … (pour mémoire, c’est la dernière phrase de l’épisode précédent).

… surgissent, en bout de ligne droite, comme venus de nulle part et en tous les cas bien malvenus, Pat et Matt Dugenou. « M…. ! » est le premier mot qui vient naturellement à l’esprit de Priscilla et avec un M majuscule qui plus est. Impossible de les éviter à moins de réaliser un rapide 180° sur place suivi d’une bonne séquence de VMA bien longue mais après bonjour la réputation que les Dugenou ne manqueraient pas alors de lui faire sur les prochaines courses – courage fuyons … Déjà qu’ils s’étaient bien gargarisés en long, en large et en travers, de leur victoire au dernier Run and Bike, une plaie toujours pas refermée. L’affrontement semble donc inévitable mais il peut sans doute être retardé le temps de fourbir quelques armes.

Ralentissement général donc, à la grande surprise de Steeve qui commençait quand même à tirer la langue et qui, l’espace d’un bref instant, eut l’impression d’avoir des ailes avant qu’il ne se rende compte que c’était le rythme de sa partenaire qui avait baissé. Surprise aussi pour Brad, d’autant qu’ évidemment les quelques secondes nécessaires à ses neurones pour la bonne appréciation du phénomène le rapproche nt dangeureusement du duo et qui ne doit alors son salut qu’à un gros buisson heureusement et judicieusement placé là par un jardinier consciencieux. Surprise aussi pour Sharon, encore toute étonnée de voir les habitants de son buisson doubler brutalement et friser la surpopulation.

Attardons-nous un instant sur ce buisson pour ne pas avoir à y revenir par la suite. Du genre hydrangéa, en pleine floraison, bien entretenu et bien taillé par notre jardinier consciencieux, il offre une cachette idéale, aux yeux des promeneurs, à deux adultes raisonnablement constitués, sans nécessiter de trop grande promiscuité. Oui mais, comme vous le savez si vous avez eu le courage de lire l’ensemble des chapitres de cette e-saga, Brad est plus que raisonnablement constitué, le fruit d’innombrables heures de travail en salle de musculation. Sharon n’est pas spécialement obèse, bien au contraire, c’est une belle et grande brune, très sympa qui plus est, mais dans notre cas d’espèce, la promiscuité n’en devient pas moins une nécessité qui s’impose naturellement.

Priscilla a donc ralenti, ce qui n’est pas son habitude et se demande quelle attitude adopter face à ces fringants Dugenou dont elle devine de loin le sourire mielleux et entend déjà les remarques acerbes qui surgiront derrière d’inévitables paroles de circonstances. « Tiens, Priscilla, tu t’entraînes ce soir ? Tu n’aurais pas un peu grossi ? Tu as changé de partenaire ? … et patati et patata. » Le pire serait, évidemment, qu’ils s’incrustent et s’entraînent avec elle. Une idée lui vient à l’esprit. Elle pourrait s’arrêter, embrasser Steeve langoureusement, le temps que les Dugenou passent. Ils n’oseraient quand même pas s’arrêter et attendre ? Bof, pas géniale comme idée. Et en plus, cela pourrait donner quelque espoir mal conçu à l’autre pseudo-runner. Plus que 50 mètres …

Un détour par notre buisson où il se passe bien des choses que l’auteur ne peut passer sous silence. Après quelques instants d’embarassement réciproque bien compréhensibles, les langues commencent à se délier. « Euh ! Bjour » dit Brad. « Euh ! Bonjour » répond Sharon. « Fait beau ce soir non ? » dit Brad. « Oui, pas mal, ils avaient annoncé de la pluie mais ça tient » répond Sharon. « Ah ouais » dit Brad. « Oui » répond Sharon. Un dialogue entâmé donc sur les chapeaux de roue. « Il est bien taillé ce buisson, vous ne trouvez pas ? » dit … Sharon (je vous ai eu !). « Ah ouais » répond Brad.

Plus que 50 m donc entre le duo Priscilla / Steeve et les Dugenou et toujours pas de positionnement stratégique clairement défini. Le baiser langoureux, abandonné. Simuler un lacet défait ? Pas beaucoup mieux.

« Le buisson ! Le buisson ! » Patience, j’y arrive. Visiblement, à retourner voir Priscilla pour rien, on a loupé pas mal de phases et de phrases du dialogue car en tendant bien l’oreille on en est maintenant à « Finalement, on pourrait peut-être quitter ce buisson et aller dîner quelque part non ? » alors qu’on en était resté précédemment au temps et aux compétences du jardinier … Chose dite, chose faite et nos deux seconds rôles de se lever et de s’en aller discrètement pour voguer vers d’autres aventures.

La rencontre entre Priscilla et les Dugenou est maintenant inévitable. « Matt, tu as vu ? C’est Priscillaaaaaa ! », là c’est Pat qui parle évidemment. « Ah oui, tu as raison ma chérie », là c’est Matt. « Bonsoir Priscilla. Tu t’entraînes ce soaaar ? », là c’est en choeur. « Oui ». « Tiens, je ne connais pas ton nouveau partenaire ? Tu ne cours plus avec Brad ? ». « Non ». « Tu ne nous le présentes pas ? ». « Steeve ». « Nous, c’est Pat et Matt Dugenou, Priscilla a dû vous parler de nous ? non ? ». Steeve, qui peine à reprendre son souffle, a à peine le temps de prononcer « A vrai dire … », que la réponse à cette question toute rhétorique fuse : « Nous sommes les derniers vainqueurs du Run and Bike de … devant Priscilla et Brad ».

Priscilla, verte de rage, reprend alors la parole « Il faut qu’on y aille là, Steeve, on a une grosse séance ce soir. » « On peut s’entraîner avec vous ? ».  « XXXXXX – censuré » pense Priscilla mais ne le dit pas. Steeve, qui voit là, une possible occasion de rendre son calvaire peut-être un peu plus supportable, on se sait jamais, acquiesce. « Alors, vous avez quoi au menu ? » minaude Pat. « 14x200m en VMA, 5×6 minutes au seuil, 5×10 minutes à 85% de la VMA ». Un regard Dugenoutien échangé puis « Bon, alors on va vous laisser car nous on fait juste un petit footing de récupération, on se voit dimanche sur le 10 ? ». « Oui ». Et les Dugenou de poursuivre leur chemin très satisfaits de cette rencontre.

Sur ces entrefaites apparaît la mère de Steeve qui a visiblement délaissé un peu plus tôt que d’habitude ses copines de bridge – mauvaise perdante ?. N’y voyez surtout pas de combines entre une mère et son fils, le parc est simplement le chemin le plus court pour aller du club de bridge à la maison, lorsqu’il est ouvert. Apercevant son Steeve chéri, elle ne peut s’empêcher de s’approcher de lui, du couple sportif qu’il forme avec la Superbe. « Bonsoir, ah ! Vous devez être la fameuse Priscilla, non ? ».

Cette dernière est en train de friser l’exaspération, entre ce boulet qu’elle doit traîner jusqu’à ce qu’il lâche enfin prise (il a tenu 4 minutes quand même pour l’instant, elle aurait pensé moins), les Dugenou qui lui ont définitivement pourri la soirée et maintenant, il ne manquait plus que cela, la mère du boulet qui va bientôt lui demander si elle sait repasser et faire la cuisine. Pitié !!! Il faut quand même qu’elle s’entraîne Priscilla ! Elle a un blason à sérieusement redorer.

Aussi lance-t-elle sans plus attendre son premier 200 m VMA plantant là Steeve et sa mère qui en restent tous les deux coi, Steeve le premier d’ailleurs, avec comme seule perspective pour le reste de la soirée un débat sans doute très animé, autour d’une bonne salade de tofu à l’effeuillée de betterave sur lit de wakame, sur les choix peu judicieux du fiston en matière d’élément féminin.

FIN ?

Non pas encore car c’est sans compter sur les surprenantes capacités d’une mère blessée, surtout lorsqu’elle est nourrie aux algues et autres spécialités bizarroïdes biologiques. Alors certes, elle ignore ce que VMA veut dire mais jamais on aura vu 200 m aussi rapide sur ce bout de ligne droite et jamais Priscilla n’aura vu une adversaire revenir aussi vite sur elle et surtout lui asséner une bonne paire de claques retentissantes suivie d’un tournage de talon d’une surprenante rapidité et d’un retour aussi rapide que l’aller. « Mon garçon, on rentre à la maison, maintenant ».

FIN

Remerciements : à tous ceux qui ont eu le courage de lire cette e-saga, en entier ou partiellement, à tous ceux qui ont commenté ou critiqué ainsi qu’à Claudine et Mauricette, les animatrices d’un estival après-midi atelier d’écriture à Bagnères de Luchon (promesse tenue).

5 commentaires sur “e-saga de l’été – Episodes 14 et 15/15”


Posté par Carole Le 28 août 2009 à 22:13

Ah, quel final ! Le meilleur épisode de la série ! Bravo ! En plus, l’écriture est n’est plus du tout poussive comme sur certains épisodes précédents, on te sent plus léger, plus en verve, c’est peut-être une vocation qui démarre !

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Posté par fredbros Le 28 août 2009 à 22:21

Ou alors c’est que j’avais hâte d’en finir 🙂 J’ai fait accélérer tout le monde 🙂

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Posté par silverbiker Le 29 août 2009 à 13:24

YES ! elle s’est pris une taloche ! De manières un peu poussive, certe, mais elle l’a mangé sa claque ! Quant à Steeve, il est vraiment désespérant, c’est malheureux pour un héros.

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Posté par fredbros Le 29 août 2009 à 14:33

Elle les méritait bien ces claques non ?

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Posté par Niña Le 29 août 2009 à 18:15

Morale de l’histoire : Un garçon (aussi grand fût-il) aura toujours besoin de sa maman 🙂

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