Le trail des cîmes à l’île Maurice (pour le plaisir des yeux et des cuisses)

J’ai couru le week end dernier le trail des Cîmes à l’île Maurice… enfin courir, c’est beaucoup dire… ce trail tombait pile poil dans mon plan d’entrainement comme préparation au Ferney Trail 28km qui se tiendra en octobre, toujours à Maurice, après une longue coupure de près de 3 mois suite à un problème de tendinite et d’aponévrosite plantairee.
J’ai effectué ce trail en mode rando avec des amis. De notre part, nous avons un peu piccolé la veille 😉 mais pas trop 😉 et nous avons réussi l’exploit le lendemain matin, à arriver en retard, à manquer le départ et à nous perdre dès le début :-)) Si bien que nous avons parcouru ces 10km… en pas moins de 5h 😉 Mais d’autres ont été plus sérieux, dont Philippe qui s’est attelé au 20km. Il en a écrit un beau compte-rendu que je souhaite vous faire partager.
Dans quelques jours, je vous présenterai plus longtemps le trail-running à Maurice, histoire de vous donner envie de venir nous voir… si les seules photos ne suffisent pas 😉

Mais chut Julie, et place à Philippe :

Trail des Cimes 
Le CR de Philippe:

« Réveil un peu mouvementé ce samedi 4 septembre 2010. A l’instar de James Cook qui découvrit la Nouvelle Calédonie un jour comme celui-là, toute la famille se lève pour partir à la découverte du Trail des Cîmes, toutes proportions gardées :). Enfants un peu grimaçant à l’idée de se lever à la même heure qu’un jour d’école, mais les voilà d’attaque. Je vous rassure, l’évocation de l’exploit de James Cook n’y est pour rien. Si vous êtes face à cette situation, essayez autre chose (récompense en tout genre par exemple).

Donc 20Km de trail à partir du parking des Gorges de Rivière Noire pour les coureurs et 10Km en partant à mi-chemin, depuis le restaurant de Chamarel, pour les marcheurs. Direction la Prairie, au sud du Morne, 6 sommets plus loin et en tout 2050 mètre de dénivelé positif et 2175 de dénivelé négatif !
Côté familial, cela donne la répartition suivante : je vais courir pendant que ma femme s’engage dans la randonnée avec mes trois enfants âgés de 12 ans. J’imaginais les rejoindre au bout de 3h30 à partir du départ donné à 7h pour tous, à savoir vers 10h30. Ca ne s’est pas tout à fait passé comme prévu…

Mais reprenons le déroulement depuis le début, côté trail.

Le départ est donné à 7h09 à ma montre après les explications d’usage, prodiguées par Yan, pour ne pas se perdre en chemin : marques rouges jusqu’à Chamarel, puis vert et enfin rose. 
Philippe La Hausse prend la traditionnelle photo du groupe d’une trentaine de coureur. Yan rassure ceux qui ne connaissent pas le tracé qu’il restera en fermeture du groupe. Et nous voilà parti tranquillement. Moment que j’apprécie particulièrement depuis que j’ai rejoints la ligue. Cela me donne l’occasion de courir avec les meilleurs pendant quelques bonnes minutes, moi qui débute et qui me retrouve le plus clair de mon temps isolé dans le peloton étiré des derniers ! Donc Vishal est là, pas longtemps, mais j’ai pu l’apercevoir un peu, Jenny Smith également et tous les autres que je ne connais pas encore par leur nom.

Le groupe reste un peu formé jusqu’à la première corde placée environ 20mn après le départ, où un petit embouteillage se créer.
Ensuite, Vishal n’y tient plus et malgré son sac de 10Kg force un peu l’allure et distend le groupe par aimantation irrésistible…Je suis rattraper successivement à plusieurs reprise par quelques coureurs expérimentés qui s’arrêtent régulièrement pour prendre des photos.
Ne reste plus qu’un groupe d’une dizaine de coureur à gravir l’ascension du premier pic de la journée : le pic de Black River. Plusieurs profils se dessinent : les plus prudent, et les plus fatigués, marquent le pas et ralentissent un peu, d’autres gèrent l’effort et ne se pressent pas dans la montée. Quelques retardataires nous croiseront dans le marécage juste avant le sommet.


On essai d’éviter le bain de boue mais ça ne dure pas longtemps. Après la pataugeoire, une vue splendide au sommet. Soleil radieux. De la haut la vue sur Marre Longue et Marre aux Vacoas est époustouflante. On est quelques uns à prendre des photos. Avant d’entamer la descente bien glissante vers Chamarel. Une première chaîne, un virage serré à droite, un sentier bien étroit où mieux vaut éviter de glisser, encore quelques chaînes et cordes et on attaque un sentier bien roulant, le plus vite possible vers Chamarel. Histoire de se délier les jambes. 
En chemin, je rencontre Serge, participant de l’Iron Man 15 jours avant (3,8km de natation, 180 de vélo, 42Km de marathon pour finir). J’essai de comprendre comment on peut réaliser cela mais je renonce !




On cause un peu pendant l’ascension de piton Canot, on rencontre Pascal en chemin. On blague un peu histoire d’oublier la fatigue de la première période. Soudain Serge a disparu devant. Je réalise soudain l’écart qui me sépare des Iron Man…
Assez dur ce premier pic après 2h de course. Le soleil commence à chauffer. Ensuite on perçoit la montagne la porte et là il faut puiser un peu dans le mental pour aborder la montée un peu vertigineuse par endroit.
Vers la montée du Fouge, Yan me dépasse en me donnant les bons conseils au bon moment : ne pas oublier de se ravitailler en eau et surtout barres de céréales. C’est vrai qu’on a tendance à ne pas prendre le temps de manger pour arriver plus vite. Erreur du débutant…Il restait en effet prêt de 6 km à courir.
A l’issue du piton du Fouge, je me perds. Un peu d’impatience, j’interprète mal le balisage, et hop je pars dans la mauvaise direction.

Résultat : 2,3Km de plus dans les jambes (dont 120m environ de dénivelé + et -, et 30mn de perdu !). Merci au téléphone portable et à Yan d’avoir très vite compris où je m’étais fourvoyé pour me remettre sur les bons rails.
Revenu à l’embranchement j’attaque la dernière partie : Piton la Prairie. Dernier sommet avant une longue descente qui serpente jusqu’à la mer. 
Après le piton, deux échelles de bois permettent de passer les grillages pour rejoindre le chemin forestier. Là, nouvelle hésitation sur le balisage. Pas deux fois la même erreur. Je m’arrête et cherche tranquillement tout en me ravitaillant. Surprise, moi qui croyait être bon dernier, David, from switzerland et en vacance du côté de Bellemare, arrive en courant tranquille. Présentations, fatigue oublié, on repart en se racontant notre vie jusqu’au dernier km environ. Sur le chemin on rencontre les derniers randonneurs. Frédérique, Béatrice, plus trois ou quatre personnes qui ont hâte de finir. La fatigue est là ! Au dernier km je rattrape ma fille Juliette qui espérait toujours que je la rejoigne comme je lui avais promis. Paris tenu ! Même si c’était à 800m de l’arrivée…
Les dernières foulées se font dans l’herbe douce. La route nous sépare des derniers 5m…Où nous attendent les organisateurs avec les applaudissements. Au bord du lagon. Chrono : 5h19.
Avouons-le, la convivialité de l’arrivée efface très vite toute fatigue et laisse place aux commentaires enthousiastes des uns et des autres. Les bouteilles d’eau et de Coca-Cola, ainsi que les sandwiches mis à disposition par l’organisation sont souverains ! Une grosse partie de la troupe est déjà repartie. Toute la famille est réunis, le taxi est là (chacun s’est organisé pour rentrer). Un gros merci aux organisateurs et nous repartons vers un bain de mer à la Baie de Tamarin après l’étirement.
Le temps a permis d’admirer tous les points de vue vraiment époustouflant. Les couleurs des Gorges et des lagons vus de là-haut justifient largement l’effort…

Merci pour ce beau parcours et vivement le prochain (qui sera aussi une découverte pour moi).

A bientôt,
Philippe
 »