Sur la Route de la 6666: 1ère étape La Nuit Blanche du Pilat

 

17h30. Un magnifique coucher de soleil illumine le village du Bessat lorsque je me présente au retrait des dossards. Nous sommes près de 1000 concurrents à participer à cette 4 ème édition, organisée par l’association »sang pour sang »,  les inscriptions étant d’ailleurs closes depuis le début de la semaine. Cette course est organisée pour aider les patients atteints de la maladie du lymphome. C’est mon premier dossard de l’année, l’occasion de voir si la forme revient doucement après 5 semaines de reprise plus ou moins chaotique à cause notamment de la météo et d’une grippe qui m’a même fait douter de ma participation à cette épreuve. C’est l’opportunité également de tester les nouvelles chaussures Salomon XR Crossmax 2.

De fortes chutes de neige (60 cm) fraîchement tombées ont recouvert la forêt et la boucle de l’épreuve. Je m’interroge sur l’utilité des chaînes ? Il y a 15 jours je suis venu sur faire une sortie sur le parcours et je n’ai pas trop souffert d’un manque d’adhérence. Ceci étant, ce jour là, j’avais pratiquement fait la trace, ce qui ne sera pas le cas aujourd’hui. Finalement je laisse tomber car je ne souhaite pas prendre le départ équipé avec les chaînes, et je ne pourrais pas les transporter car j’ai choisi de courir en mode léger, sans sac. Je transporte simplement mon bidon « simple hydratation », découvert il y a peu, que je peux glisser dans la poche de mon coupe vent.

18h30. Tout le monde se presse vers l’aire de départ, au pied de l’ancien tremplin de saut à ski. Bien que la nuit ne soit pas encore tombée, les frontales sont allumées. Je me glisse près de la ligne de départ afin d’éviter le bouchon lors de l’entrée dans la forêt. C’est parti ! Après un tour du stade d’entraînement au ski de fond, la meute des lucioles attaque la première montée. Déjà beaucoup de coureurs m’ont doublé car ne voulant prendre aucun risque, je suis très attentif à mes appuis et je progresse lentement. La neige est profonde et l’on s’enfonce parfois jusqu’au mollet. Je ne suis pas du tout dans le rythme des coureurs qui m’entourent et je sens une pression plus ou moins insistante dans mon dos. J’ai le souvenir de l’année dernière, ou pour doubler il fallait sortir de la trace. Mais dans ce cas, les appuis sont encore plus instables et hasardeux. Au sommet d’un faux plat, c’est même la chute d’un concurrent, qui a pourtant tenté de se rattraper en s’appuyant sur moi. C’est la rançon du succès, nous sommes très (trop ?) nombreux. Il me faut 5 bon km et la première vraie descente pour trouver mon rythme. Je cours à allure régulière tout en  étant très attentif à ma pose de pieds. C’est une recherche permanente d’appuis stables. La stratégie de mettre ses pas dans ceux des coureurs précédents est une erreur, car très vite on peut se retrouver en décalage et le risque d’un appui qui se dérobe ou d’un pied qui s’enfonce profondément. Il est impossible de faire sa propre trace car toute la largeur du chemin est déjà labourée par des centaines de pieds. Des images de chantiers boueux ou des vastes zones de sable mou s’affichent dans mon esprit…

Courir (en plus la nuit) dans la neige nécessite vraiment une technique particulière. On peut affirmer que le trail blanc est une discipline en soi. Je crois que l’on peut  vraiment considérer que ces 14 km correspondent à une bonne vingtaine sur un trail classique. La somme d’effort à fournir est  beaucoup plus importante, notamment au niveau des cuisses. A cela s’ajoute la fatigue, due à l’attention et à la concentration pour bien choisir où l’on pose les pieds. Dans les descentes, il est crucial d’avoir une bonne souplesse corporelle et une habileté à vite choisir sa pose de pied afin de bien appréhender le terrain, d’ou l’importance de la lampe frontale. Je me rends compte que des participants profitent d’une luminosité incroyable. Même si je n’ai pas à me plaindre de la qualité d’éclairage de ma frontale, je suis ravi de pouvoir profiter de la lumière fournie par les phares longue portée de certains…

Au Km 8, au niveau du Pont Souvignet, je fais une  courte halte pour boire un verre d’eau et laisser royalement la dernière pâte de fruit au coureur devant moi. Avec mon bidon, que je peux garder à la main, j’ai profité d’une bonne hydratation. J’attaque la remontée (3 km) à un bon rythme de marche… Ayant moins besoin d’attention, j’en profite pour faire un premier petit constat sur les chaussures Salomon. Ce n’est que la 3 ème fois que je les porte, mais systématiquement sur la neige et plutôt en version profonde. Déjà, la confirmation qu’elles protègent bien car je n’ai pas du tout les pieds mouillés bien que je me sois plusieurs fois enfoncé profondément dans la poudreuse. Bonne accroche également car aucune glissade même si ces quelques sorties n’ont pas vraiment été effectuées sur des zones verglacées. Un très bon point sur le maintien et la stabilité, dans ces conditions de course la cheville peut très vite « partir » et je me sens vraiment bien maintenu par la chaussure que ce soit au niveau de la cheville, du talon, comme de l’avant pied. La chaussure est étroite et manque un peu de confort mais cela donne le sentiment de bien envelopper et maintenir le pied. L’amorti est correct, il tape un peu au niveau du talon  surtout sur le bitume. Même si ce ne sont que des premières impressions, on réalise que l’on a affaire à une chaussure qui vous protége efficacement le pied face à tous les aléas que l’on peut rencontrer en trail.

Je sors de ces considérations matérielles car on arrive sur un faux plat montant et j’en profite pour repasser en mode course. Je me sens bien car après avoir eu du mal à trouver mon allure, je suis désormais dans un rythme tout en aisance. Malgré ma grippe de début de semaine, j’ai de bonnes sensations dans les jambes et au niveau respiratoire. Je remonte des concurrents, je connais bien le parcours, il ne reste plus que 2 km. Je reste très vigilant sur les appuis et j’arrive à garder une bonne allure. Un coup d’œil au chrono me confirme que je suis malgré tout bien loin de mon temps de l’année dernière. Je devrais mettre près de 30 mn de plus qu’en 2012… Logique, la difficulté sur cette édition est beaucoup plus importante. J’arrive sur une portion empruntée à l’aller, le chemin est littéralement dévasté par le passage des coureurs. Je garde un rythme de course pour la dernière grimpette et je pique un sprint dès que l’on rejoint la route. Je reste quand même prudent car c’est tout verglacé ! J’ai bien du remonter 50 coureurs lorsque je franchis la ligne d’arrivée en 2h02’ (pile poil 30 mn de plus que l’année précédente). C’est une satisfaction car tout d’abord, je termine, ce qui n’était pas gagné étant donné qu’en début de semaine je ne savais même pas si j’allais commencer. Ensuite j’ai pris beaucoup de plaisir à courir la nuit dans ces bois que je connais bien. Enfin, avoir couru avec de bonnes sensations, sans me blesser, ni ressentir de douleurs m’a rassuré sur la forme qui revient doucement et m’a motivé pour continuer ma préparation pour mon objectif de fin mai (6666 Occitane). Un petit tour au buffet pour un bon thé chaud et quelques morceaux de pain d’épice, quelques mots avec mes voisins qui confirment que cette édition était beaucoup plus difficile que les précédentes et que c’est tout un art et une technique que de performer dans de telles conditions et je regagne vite la chaleur de la maison. Prochaine étape le 17 mars, le Défi Vellave.

 

 Fiche Technique de la Course :

16 février 2013: 4 ème édition de « La Nuit Blanche du Pilat » Le Bessat (42) Trail blanc nocturne de 14 km- départ à 18h30

Nuit avec un ciel clair, température en dessous de zéro, temps froid et sec. 40 à 60 cm de neige brassée par des milliers de pieds.

 

Classement masculin

 1er CELLE Stéphane 01:02:07  

 1er RUF Fabien 01:02:07 

 3ème BEAUFILS Bruno : 01:04 :01

 

 

Classement féminin

1ère NEUMANN-RYSTOW Myriam 01 :33 :39

2ème : JOUBERT Marion 01 :35 :01

3ème RAJOT Julie : 1 :35 :22

 

Fiche Technique Test matériel

Salomon XR Crossmax 2

Les plus: protection, imperméabilité, maintien, stabilité.

Les moins: amorti talon, confort

Bidon « Simple Hydratation »

Les plus: prise en main, légèreté, transport et rangement.

Les moins: pipette parfois dure à ouvrir