De l’art de réussir sa photo-souvenir du marathon

Lors d’un marathon d’envergure comme celui de Paris, il est une chose importante qu’il ne faut pas négliger et qui ne doit laisser place  aucune improvisation, bien au contraire. L’entraînement ? Non, vous n’y êtes pas. La tenue ? Non, cherchez encore. Le ravitaillement ? Que nenni. Quoi alors ? Réussir sa photo-souvenir évidemment ! La photo officielle, bien entendu, réalisée par la société Maindru et vendue au prix unitaire de 15 Euros ou par pack de 4 au prix de 39 Euros. A ce tarif là, il s’agit de ne pas afficher : mine de déterré, grimace de souffrance, air halluciné … Quatre chances vous sont offertes tout le long du parcours. Il s’agit de ne pas les gâcher. Quelques conseils …

Avant l’épreuve, je vous suggère d’intégrer quelques exercices simples à votre plan marathon. Un peu de PPG pour commencer : en statique, devant un miroir et dans la tenue avec laquelle vous allez courir l’épreuve, vérifiez la coordination des couleurs, vérifiez également que celles-ci ne jurent pas avec votre teint de pêche. Travaillez votre sourire et assurez-vous que vous savez nouer votre bandana correctement. Travaillez également sur la posture : redressez-vous, dégagez les épaules et essayez diverses attitudes : levée du pouce, levée d’un bras poing fermé à la Hines, levée des deux bras à la cycliste … choisissez une, deux, trois voire quatre attitudes que vous adopterez lors de la course devant les points photo. Attention, pensez à être capable de maintenir l’attitude plusieurs secondes sans crispation car il n’est pas évident de savoir à quelle distance les photographes vont déclencher.

En dynamique, lors de vos sorties longues, apprenez à relever le buste et dégagez les épaules tout en courant et continuez à travailler vos attitudes. Un exercice de fractionné simple : courir 6×10 secondes avec les bras levés (pour ceux qui ont choisi l’attitude cycliste) ou courir 6×10 secondes avec le sourire dentifrice-dents-blanches ou celui du du ravi du village (pour ceux qui préfère le look « c’est pas si dur que cela finalement le marathon »). Apprenez également à réagir à un signal. Demandez à un camarade de club ou d’entraînement, de vous donner un « top photo » à tout moment possible et essayer de trouver immédiatement la pose qui convient. Ces séances sont à reproduire une fois par semaine.

Il faut aussi apprendre à se recoiffer tout en courant et en ayant les cheveux bien gluants de sueur. Attention, c’est un art difficile à maîtriser. S’il ne fait pas assez chaud pendant votre plan marathon, n’hésitez pas à utiliser de l’huile d’olive bio première pression à froid pour simuler une sudation abondante.

Le jour de la course, il est temps de mettre en pratique votre entraînement mais les choses ne sont pas si simples que cela … Quelques astuces : le positionnement des photographes est indiqué sur le plan de l’épreuve. Mémorisez-le, afin d’être prêt. Si la mémoire vous fait défaut, pas de souci, la proximité des photographes est signalée un peu à l’avance par l’un de leurs collègues qui vous en informe par la voix. C’est maintenant que tout se joue. Ralentissez légèrement et jetez un oeil aux personnes qui vous entourent. S’il vous est possible de vous dégager de toute concurrence, n’hésitez pas, faîtes-le, quelques pas à gauche ou quelques pas à droite pour être l’unique objet de la photo. S’il y a décidément trop de monde, rapprochez-vous des plus photogéniques car, comme de toute façon, vous ne serez pas seul sur la photo, autant n’y voir figurer que des personnes ne dépareillant pas avec votre beauté naturelle. A environ 30 mètres des photographes, prenez votre pose et conservez-là jusqu’à ce que vous ayez dépassé la grappe de pigistes paparazzi. Attention à la dernière photo avenue Foch, les stigmates des 42 km ne sont pas évidents à masquer alors forcez un peu votre talent d’acteur.

Vous voilà maintenant tous armés pour l’édition … 2012 🙂 Allez ! A vos miroirs !

PS : à l’attention de mes esprits chagrins préférés. Cet article se veut empreint d’humour et de second degré … il n’a pas pour objet de faire l’éloge photogénique de ma modeste personne 🙂