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Seychelles Nature Trail : 22 km de pur bonheur au cœur d’un décor de carte postale

Il existe des courses que l’on coche dans un calendrier. Et puis il y a celles que l’on vit comme une véritable aventure. Le Seychelles Nature Trail, disputé le samedi 16 mai 2026 sur l’île de Mahé, appartient clairement à la seconde catégorie.

Avec ses 22 kilomètres et 1 200 mètres de dénivelé positif, cette épreuve ne se contente pas d’offrir des paysages paradisiaques. Elle propose surtout un parcours exigeant, parfois très technique, qui met les jambes, le cardio et la concentration à rude épreuve.

Pour un coureur davantage habitué à la route qu’aux sentiers les plus engagés, cette course restera comme l’un des plus beaux trails qu’il m’ait été donné de courir.

Un trail au cœur du parc national du Morne Seychellois

Le parcours du Seychelles Nature Trail traverse une partie du parc national du Morne Seychellois, véritable écrin de verdure tropicale. Palmiers endémiques, forêts luxuriantes, blocs de granit, cascades, criques isolées et vues spectaculaires sur l’océan Indien composent un décor exceptionnel.

Dès la conférence de presse d’avant-course, les organisateurs avaient prévenu : deux sections du parcours étaient identifiées en rouge sur la carte, signe de difficultés majeures :

  • du 4e au 6e kilomètre ;
  • du 13e au 17e kilomètre.

Après la course, un constat s’impose : cette signalisation n’avait rien d’exagéré.

Un départ de rêve face à l’océan

Le départ est donné depuis un superbe hôtel installé en bord de mer. Les premiers kilomètres sont presque irréels. Le parcours longe certaines des plages les plus emblématiques de l’archipel. Le sable blanc, les cocotiers et l’eau turquoise offrent un décor digne d’une carte postale. On pourrait presque oublier qu’un trail particulièrement exigeant nous attend. Presque…

Du 4e au 6e kilomètre : une première section extrêmement technique

La première grande difficulté arrive rapidement. Entre le 4e et le 6e kilomètre, le terrain devient brutalement plus engagé. Les sentiers disparaissent parfois au profit de passages où il faut littéralement escalader de gigantesques blocs de granit.

Par endroits, courir est impossible. Marcher est déjà un défi. Les mains deviennent indispensables pour se hisser sur les rochers, trouver des appuis solides et progresser en toute sécurité. Cette portion est sans doute l’une des plus techniques qu’il m’ait été donné de parcourir en course.

Le granit, omniprésent aux Seychelles, donne au parcours un caractère unique. Rien à voir avec les sentiers plus classiques que l’on rencontre sur de nombreux trails européens.

Screenshot

Une crique paradisiaque au ravitaillement du 6e kilomètre

Après cette première bataille avec les rochers, les coureurs découvrent un ravitaillement installé dans une petite crique isolée.

Le contraste est saisissant : quelques minutes auparavant, il fallait escalader des blocs de granit ; quelques instants plus tard, on se retrouve face à une plage idyllique.

C’est probablement l’un des plus beaux ravitaillements que l’on puisse imaginer.

Une ascension à plus de 21 % de moyenne

Les kilomètres suivants sont un peu moins techniques, mais le répit est de courte durée. Une montée de deux kilomètres affiche une pente moyenne de 21 %. Une première partie se déroule sur route, avant de se poursuivre sur un single toujours aussi raide. À ce stade, la progression se fait essentiellement en marchant, mais l’effort reste intense. Le climat tropical ajoute encore à la difficulté : des températures comprises entre 25 et 30 °C, avec une humidité proche de 80 %, rendent chaque montée particulièrement éprouvante.

Ma fierté sur cette partie: j’ai débranché le cerveau, j’ai regardé mes chaussures et j’ai essayé de garder un rythme constant. Résultat: j’ai pu dépasser 12 autres coureurs.

Une immersion totale dans une forêt tropicale

Après cette ascension, le parcours pénètre dans une forêt d’une beauté exceptionnelle. Les grands palmiers endémiques, la végétation dense et les sons de la nature offrent une ambiance presque irréelle. On se croirait parfois dans un décor de film (Jurassic Park entre autres).

Un détail mérite toutefois d’être signalé : certains jeunes palmiers possèdent de longues épines très acérées. Dans les passages techniques, mieux vaut regarder où l’on pose les mains avant de s’agripper.

Mare aux Cochons : un décor hors du temps

Le passage par la Mare aux Cochons constitue l’un des moments forts du parcours. Cette clairière nichée au cœur du parc national offre un cadre magnifique, entouré de collines couvertes d’une végétation luxuriante. C’est aussi le point d’entrée de la seconde section technique.

Du 13e au 17e kilomètre : technique, mais plus fluide

Cette portion était annoncée comme l’une des plus difficiles de la course. Finalement, je l’ai trouvée plus accessible que la première section. Le terrain reste exigeant : racines, blocs de granit, traversées de ruisseaux, petites cascades. Mais les passages sont moins abrupts et la progression plus fluide. Cette partie demande cependant une vigilance constante. Sur ce type de terrain, la lucidité est essentielle. La moindre erreur d’appui peut rapidement coûter cher.

Le sentier Thomassin pour conclure en beauté

Après un retour sur la route principale, le parcours emprunte le sentier Thomassin. Cette dernière section reste technique mais permet davantage de relances. Le terrain est plus roulant, même si l’attention reste de mise jusqu’à la ligne d’arrivée. J’ai même pu accélérer dans le dernier kilomètre, preuve que les jambes répondaient encore bien.

22 km en plus de 4 heures : un trail qui ne se juge pas au chrono

Au final, les 22 kilomètres sont bouclés en un peu plus de quatre heures. Une moyenne modeste sur le papier, mais totalement représentative de la difficulté du parcours. Sur un tel terrain, le chrono devient secondaire. L’essentiel est ailleurs : gérer son effort, rester concentré et profiter pleinement de l’expérience.

Une stratégie nutrition improvisée… mais efficace

Avant le départ, je n’avais pas prévu de plan nutritionnel très précis. Sur le papier, 22 kilomètres peuvent sembler relativement courts. Mais lorsqu’ils se transforment en plus de quatre heures d’effort sous une chaleur tropicale, les besoins énergétiques changent complètement. J’avais emporté mes produits habituels : compotes, gels et quelques réserves personnelles. En pratique, j’ai surtout consommé… du Coca-Cola.

Dès le premier ravitaillement, c’est ce dont j’avais envie. J’en ai repris à chaque arrêt, en complément de l’eau et des fruits proposés par l’organisation.

Résultat :

  • aucun problème digestif ;
  • une énergie stable tout au long de la course ;
  • aucune sensation de coup de mou ;
  • une lucidité préservée jusqu’à l’arrivée.

Dans ce type de trail très technique, conserver de la concentration est aussi important que maintenir son niveau énergétique.

Une organisation exemplaire

L’organisation du Seychelles Nature Trail mérite d’être saluée. Les ravitaillements étaient parfaitement placés, les bénévoles toujours souriants et attentifs, et les équipes du parc national omniprésentes pour veiller à la sécurité des participants. À chaque poste, la même question revenait : « Everything okay ? Ca va ? ». Dans des conditions chaudes et humides, cette attention permanente est particulièrement appréciable.

L’accueil seychellois, une réputation méritée

Je tiens également à remercier l’équipe de l’Avani+ Barbarons Seychelles Resort, qui accueillait les participants.

Comme souvent aux Seychelles, l’hospitalité a été remarquable. Le personnel de l’hôtel, tout comme les habitants rencontrés sur place, s’est montré d’une grande gentillesse. On sent une réelle volonté de faire découvrir le meilleur de l’archipel et de laisser aux visiteurs une image inoubliable du pays.

Mon verdict sur le Seychelles Nature Trail

Le Seychelles Nature Trail est bien plus qu’une simple course. C’est une aventure sportive intense, une immersion au cœur d’une nature spectaculaire et une occasion unique de découvrir une autre facette des Seychelles, loin des seules plages paradisiaques. Le parcours est exigeant, parfois très technique, mais chaque difficulté est récompensée par des paysages à couper le souffle. Sans hésiter, je le classe parmi les plus beaux trails que j’ai eu la chance de courir.

Pourquoi participer au Seychelles Nature Trail ?

Si vous aimez :

  • les parcours techniques ;
  • les paysages exceptionnels ;
  • les ambiances chaleureuses ;
  • les expériences hors du commun ;

alors cette course mérite clairement une place sur votre liste. Les Seychelles ne se résument pas à leurs plages de rêve. L’archipel offre également un formidable terrain de jeu pour les passionnés de trail et de randonnée. Et le Seychelles Nature Trail en est probablement la plus belle démonstration.

Au-delà de la course, ce séjour aux Seychelles a été une formidable invitation à découvrir un pays à part. Perdu au milieu de l’océan Indien, loin des grands centres du monde, l’archipel possède une identité forte, façonnée par une nature exceptionnelle et une culture métissée particulièrement attachante.

Les Seychelles, ce sont bien sûr des paysages de carte postale, mais aussi des trésors naturels uniques. La vanille, la noix de coco et l’incontournable coco de mer de la Vallée de Mai, surnommée « coco fesse » en raison de sa forme si particulière, rappellent à quel point cet archipel abrite une biodiversité hors du commun. Cette graine, la plus grosse du monde, est devenue l’un des symboles du pays.

Mais ce qui marque le plus, ce sont les rencontres. Lors de mon séjour, j’ai eu la chance de croiser des personnes d’une grande gentillesse et d’une authenticité rare. En donnant un cours de judo dans un petit club de l’île de Praslin, j’ai découvert la passion et l’engagement de Christian et Needy, qui font vivre leur structure avec beaucoup de cœur et très peu de moyens. J’ai également eu la chance d’être accompagné par des guides passionnés comme Vincent, Andreas et Médina, qui ont su partager avec enthousiasme leur amour des Seychelles.

On mesure aussi combien ce petit État insulaire, dépendant en grande partie du tourisme, peut être fragilisé par les tensions internationales, notamment les conflits au Moyen-Orient qui ont un impact direct sur la fréquentation touristique et donc sur l’économie locale.

Je tiens enfin à remercier chaleureusement toutes les équipes de l’Office du tourisme des Seychelles, dont le professionnalisme et la disponibilité ont largement contribué à faire de ce voyage une expérience inoubliable. Grâce à eux, j’ai découvert bien plus qu’une destination de rêve : un pays authentique, accueillant et profondément attachant.

Un voyage que je n’oublierai pas de sitôt.