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Avec la nouvelle Garmin Enduro 4, le constructeur américain poursuit le développement de sa gamme de montres GPS spécialement conçues pour les amateurs d’ultra-endurance. Présentée le 6 octobre 2026, cette nouvelle génération conserve les qualités qui ont fait le succès de l’Enduro 3, notamment une autonomie exceptionnelle, un poids particulièrement contenu et un écran conçu pour être utilisé pendant plusieurs jours sans avoir à rechercher une prise électrique.
Mais à première vue, les changements ne sont pas révolutionnaires. Les deux montres affichent le même poids de 63 grammes, une autonomie annoncée pouvant atteindre 320 heures en utilisation GPS avec recharge solaire et jusqu’à 90 jours en mode montre connectée. Des caractéristiques déjà impressionnantes, mais qui ne constituent donc pas une nouveauté.
Alors pourquoi sortir une Garmin Enduro 4 deux ans après l’Enduro 3 ? Garmin a choisi de faire évoluer l’expérience utilisateur plutôt que de chercher à battre de nouveaux records d’autonomie. Les nouvelles fonctionnalités d’entraînement, l’amélioration de la cartographie et l’arrivée d’un mode destiné aux aventures de plusieurs jours répondent à des besoins très spécifiques.
Pour les coureurs d’ultra-trail, les adeptes des courses de montagne ou les sportifs qui enchaînent les longues journées d’activité, ces évolutions pourraient avoir davantage d’intérêt qu’une poignée d’heures supplémentaires d’autonomie.
Lorsqu’on prépare une course de 100 kilomètres, un ultra-trail de 100 miles ou une épreuve comme la Diagonale des Fous, la question de l’autonomie de sa montre GPS prend une dimension particulière. Contrairement à un marathon où la plupart des modèles actuels peuvent enregistrer l’intégralité de l’épreuve sans difficulté, une course de très longue durée impose de surveiller sa consommation énergétique.
L’activation du GPS multibande, le suivi d’un parcours cartographique, l’utilisation des différents capteurs ou encore l’éclairage de l’écran peuvent avoir une influence significative sur la batterie.
La philosophie de la gamme Enduro consiste justement à proposer une montre capable d’accompagner le sportif sur des durées exceptionnelles, sans le contraindre à désactiver systématiquement les fonctions qui font l’intérêt d’une montre haut de gamme.
La Garmin Enduro 4 poursuit cet objectif en conservant un écran MIP (Memory-in-Pixel) de 1,4 pouce associé à un verre solaire Power Sapphire. Contrairement aux écrans AMOLED que l’on retrouve sur une grande partie des montres connectées récentes, cette technologie privilégie la sobriété énergétique et la lisibilité en extérieur, notamment en plein soleil.
C’est un choix technologique parfaitement cohérent pour une montre destinée à passer plusieurs dizaines d’heures sur les sentiers. L’affichage est moins spectaculaire que celui d’un écran AMOLED, mais il reste visible en permanence sans nécessiter un rétroéclairage continu.
Garmin annonce ainsi jusqu’à 320 heures d’autonomie en mode GPS optimisé avec apport solaire, soit plus de 13 jours d’enregistrement, et jusqu’à 90 jours en mode montre connectée dans les conditions de recharge solaire définies par la marque.
Ces performances doivent cependant être interprétées avec précaution. Les valeurs maximales correspondent à des conditions spécifiques d’ensoleillement, notamment une exposition à 50 000 lux, et ne représentent pas nécessairement l’autonomie obtenue avec tous les systèmes de positionnement activés en permanence.
En montagne, dans une forêt dense, en hiver ou pendant une course qui se déroule en grande partie de nuit, les conditions sont naturellement différentes. De même, un réglage GPS privilégiant la précision maximale ne consommera pas autant d’énergie qu’un mode destiné à prolonger la durée d’enregistrement.
Il faut donc considérer ces 320 heures comme une valeur maximale annoncée par le constructeur, et non comme une garantie pour toutes les utilisations.
L’une des principales évolutions de la Garmin Enduro 4 concerne les modes d’alimentation. Plutôt que de demander à l’utilisateur de modifier individuellement plusieurs paramètres, Garmin introduit des profils énergétiques plus complets.
Le principe consiste à trouver le meilleur compromis entre précision des données, fonctionnalités disponibles et autonomie recherchée.
Pour une course courte, une séance de fractionné ou un entraînement technique en montagne, le sportif pourra privilégier un mode offrant un suivi particulièrement précis. À l’inverse, sur une aventure de plusieurs jours, il pourra choisir une configuration donnant davantage de place à l’autonomie.
Cette approche devrait faciliter la préparation d’une course comme l’UTMB, où les conditions et les besoins évoluent au fil des heures. Sur certaines portions, la qualité de la trace GPS et les informations de navigation sont essentielles. Sur d’autres, notamment lorsque le parcours est parfaitement balisé, on peut souhaiter économiser davantage de batterie.
Ce qui est intéressant, c’est que Garmin cherche à rendre ces choix plus accessibles. Une montre disposant d’une batterie exceptionnelle n’est réellement efficace que si son utilisateur comprend comment exploiter cette réserve d’énergie.
L’Enduro 3 proposait déjà de nombreux réglages d’alimentation. Il ne s’agit donc pas de l’apparition de l’économie d’énergie chez Garmin, mais d’une évolution de la manière de gérer les différents compromis.
Reste à évaluer, lors d’un véritable test terrain, la simplicité de ces profils et surtout l’autonomie obtenue avec les configurations les plus utiles pour un traileur.
L’autre évolution importante concerne les données d’entraînement et plus particulièrement la façon dont Garmin prend en compte le dénivelé.
Sur route, l’allure constitue un indicateur relativement simple à exploiter. Un coureur capable de maintenir une vitesse de 12 km/h sait qu’il évolue autour de 5 minutes au kilomètre. Mais lorsqu’on commence à courir sur des sentiers de montagne, cette référence devient beaucoup moins pertinente.
Une montée à 15 % peut imposer de marcher alors que quelques minutes plus tard, une descente roulante permettra d’accélérer considérablement. Pourtant, dans les deux cas, la dépense énergétique et l’intensité musculaire ne sont pas nécessairement proportionnelles à la vitesse affichée.
Garmin proposait déjà sur l’Enduro 3 l’allure ajustée à la pente, une donnée qui cherche à traduire l’effort réalisé sur un terrain incliné en une allure équivalente sur le plat.
L’Enduro 4 va un peu plus loin avec des objectifs d’entraînement basés sur l’allure ajustée à la pente. Cette évolution doit permettre de construire et de suivre des séances en tenant compte du relief.
Prenons l’exemple d’un coureur qui prépare un trail de montagne et souhaite travailler à une intensité constante sur une succession de montées et de descentes. Avec un objectif reposant uniquement sur l’allure réelle, la séance devient difficile à suivre : il faut continuellement adapter les consignes à la topographie.
Avec la nouvelle approche, la montre pourra s’appuyer sur une allure équivalente tenant compte de la pente. Cela permet de mieux respecter l’intention de la séance, indépendamment des variations de vitesse imposées par le terrain.
Garmin introduit également une allure roulante ajustée à la pente, destinée à fournir une information plus représentative de l’effort au fil du parcours.
Il faudra naturellement vérifier la pertinence de ces indications sur des terrains techniques. Une pente de 10 % sur une piste forestière parfaitement régulière ne représente pas le même effort qu’une pente identique sur un pierrier instable. L’adhérence, la technicité et la fatigue musculaire restent des paramètres difficiles à résumer dans une seule métrique.
Néanmoins, pour les pratiquants de trail qui utilisent régulièrement les données de leur montre afin de structurer leurs entraînements, cette évolution mérite une attention particulière.
Depuis plusieurs générations, Garmin développe la fonction Stamina, dont l’objectif est d’estimer en temps réel la capacité du sportif à poursuivre son effort.
Cette fonctionnalité ne mesure évidemment pas directement une quantité d’énergie disponible dans l’organisme. Elle repose sur une modélisation utilisant notamment les données physiologiques et l’historique d’entraînement.
Sur l’Enduro 4, Garmin enrichit cet outil avec deux nouvelles représentations : les zones de Stamina et la courbe de Stamina.
Les zones de Stamina doivent faciliter l’interprétation de l’effort en indiquant plus clairement son impact sur la réserve d’endurance estimée. La courbe de Stamina apporte une dimension supplémentaire en permettant de visualiser l’évolution de cette capacité en fonction de la condition physique et des entraînements réalisés.
Pour un ultra-traileur, l’intérêt est évident sur le papier. L’une des principales difficultés des courses longues consiste à trouver une intensité suffisamment élevée pour avancer efficacement, mais suffisamment raisonnable pour éviter de compromettre la fin de course.
Partir trop vite sur les premiers kilomètres reste l’une des erreurs classiques en ultra-trail. Le problème est d’autant plus difficile à identifier que les sensations peuvent être excellentes pendant plusieurs heures.
Une donnée permettant de mettre en perspective l’intensité de l’effort et les capacités du coureur peut contribuer à mieux gérer cette phase.
Pour autant, il serait dangereux de considérer Stamina comme une prédiction infaillible de la fatigue. Sur une épreuve de 20 ou 30 heures, de nombreux facteurs interviennent : nutrition, hydratation, sommeil, conditions météorologiques, douleurs musculaires ou problèmes digestifs.
Aucune montre ne peut encore intégrer parfaitement toutes ces variables.
Ces nouvelles représentations pourraient donc constituer des indicateurs complémentaires intéressants, sans remplacer les sensations et l’expérience du coureur.
La cartographie fait partie des fonctionnalités qui justifient l’achat d’une montre GPS haut de gamme. Lorsque l’on court sur un parcours inconnu, elle permet de vérifier rapidement sa position, de suivre une trace et d’anticiper les changements de direction.
Mais la présence de cartes détaillées ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir les consulter facilement sur un écran de seulement 1,4 pouce.
Avec l’Enduro 4, Garmin annonce une augmentation de 50 % de la mémoire vive par rapport à l’Enduro 3 et l’intégration d’un nouveau moteur cartographique.
Le constructeur promet ainsi un déplacement sur les cartes jusqu’à 30 % plus rapide.
Cette amélioration peut paraître relativement secondaire lorsqu’on consulte les caractéristiques techniques, mais elle pourrait être particulièrement perceptible en utilisation réelle.
Lorsqu’on souhaite examiner une portion de parcours, se déplacer sur une carte ou rechercher une bifurcation, la fluidité de l’interface joue un rôle important. Une navigation lente devient rapidement pénible, notamment lorsque l’on doit manipuler la montre avec des doigts froids ou sous la pluie.
Garmin ajoute également une nouvelle vue en perspective qui doit améliorer la représentation du terrain et permettre de mieux anticiper l’itinéraire.
Cette évolution intéressera particulièrement les coureurs habitués aux environnements montagneux. Comprendre où se situe une montée, reconnaître un changement de vallée ou apprécier l’organisation générale d’un parcours représente un véritable avantage.
L’Enduro 3 disposait déjà de fonctions très complètes : cartes TopoActive, navigation sur itinéraire, NextFork pour identifier les prochaines intersections ou encore ClimbPro pour analyser les ascensions.
La nouvelle génération ne transforme donc pas radicalement les possibilités de navigation. Elle cherche surtout à rendre leur utilisation plus agréable et plus rapide.
C’est une distinction importante, car une montre GPS utilisée pendant plusieurs années doit être jugée autant sur son ergonomie que sur le nombre de fonctionnalités annoncées.
Une autre nouveauté originale apparaît avec Garmin Epic, un système permettant de regrouper plusieurs activités réalisées sur une période pouvant s’étendre sur plusieurs jours, semaines ou mois.
L’idée est de dépasser la logique traditionnelle de l’enregistrement d’une activité sportive.
Habituellement, chaque sortie possède son propre fichier et ses propres statistiques dans Garmin Connect. Lorsqu’on réalise une randonnée itinérante ou une aventure sportive sur plusieurs jours, l’ensemble se retrouve découpé en différentes activités indépendantes.
Garmin Epic permet de les rassembler dans une expérience commune, avec les données de performance, les informations de santé et la possibilité d’ajouter des photographies.
On peut imaginer son utilisation lors d’une traversée des Alpes, d’un voyage à vélo, d’une randonnée de plusieurs semaines ou d’un défi consistant à enchaîner plusieurs étapes de course à pied.
L’intérêt n’est pas seulement statistique. Il s’agit également de conserver une trace cohérente de l’aventure et de pouvoir partager l’ensemble avec ses proches.
Pour les pratiquants d’ultra-endurance, cette fonction répond à une réalité : toutes les aventures ne prennent pas la forme d’une compétition avec un départ et une arrivée.
Certaines s’organisent sur plusieurs jours, avec des phases d’activité, de repos, de déplacement et parfois des disciplines différentes.
Garmin Epic doit permettre de mieux représenter cette continuité.
Il faudra néanmoins voir comment cette fonctionnalité s’intègre dans Garmin Connect et quelles possibilités elle offre en matière d’analyse. Elle semble avant tout pensée pour le suivi global et le partage d’une aventure plutôt que pour remplacer les outils classiques d’analyse des entraînements.
Sur le plan esthétique, Garmin ne prend pas de risque avec l’Enduro 4. Le boîtier conserve son diamètre de 51 mm, une dimension imposante mais cohérente avec la volonté d’intégrer une batterie offrant une autonomie particulièrement importante.
Le constructeur annonce toujours un poids de 63 grammes, ce qui reste remarquable pour une montre de ce gabarit.
Cette légèreté s’explique notamment par l’utilisation d’un boîtier en polymère renforcé de fibres, associé à une lunette en titane. Le verre Power Sapphire apporte une résistance accrue aux rayures tout en intégrant la technologie de recharge solaire.
Pour les longues distances, le poids est loin d’être un détail. Une montre portée pendant 30 heures, parfois avec un sac, des bâtons et plusieurs couches de vêtements, doit se faire oublier autant que possible.
L’autre nouveauté concerne le bracelet ComfortFit en nylon, présenté comme plus agréable à porter pendant les activités prolongées et capable de mieux gérer l’humidité.
Le confort d’un bracelet est un élément parfois sous-estimé. Lors d’une course particulièrement longue, les frottements répétés, la transpiration et les changements de volume du poignet peuvent rendre certaines attaches désagréables.
Le nouveau bracelet est compatible avec le système QuickFit, ce qui facilite son remplacement.
La Garmin Enduro 4 conserve par ailleurs une lampe torche LED avec éclairage blanc et rouge, ainsi qu’une résistance à l’eau de 10 ATM.
La lampe torche, déjà présente sur l’Enduro 3, reste une fonction pratique. Elle peut rendre service pour retrouver du matériel dans un sac, se déplacer dans un environnement sombre ou effectuer une petite manipulation sans sortir sa lampe frontale.
Pour autant, elle ne remplace évidemment pas un éclairage spécialement conçu pour courir toute une nuit sur des sentiers techniques.
Enfin, l’espace de stockage passe à 64 Go, contre 32 Go sur la génération précédente. Cette capacité supplémentaire permettra de conserver davantage de cartes et de musique directement sur la montre, sans avoir à supprimer régulièrement des contenus.
C’est évidemment la principale question que peuvent se poser les utilisateurs de l’Enduro 3. Avec un intervalle d’environ deux ans entre les générations, Garmin propose-t-il suffisamment de nouveautés pour justifier un changement ?
Voici les principales différences annoncées.
| Caractéristique | Garmin Enduro 3 | Garmin Enduro 4 |
|---|---|---|
| Date de lancement | Août 2024 | Octobre 2026 |
| Diamètre du boîtier | 51 mm | 51 mm |
| Poids annoncé | 63 g | 63 g |
| Écran | MIP 1,4 pouce | MIP 1,4 pouce |
| Verre solaire | Power Sapphire | Power Sapphire |
| Autonomie GPS maximale avec solaire | 320 h | 320 h |
| Autonomie montre maximale avec solaire | 90 jours | 90 jours |
| Stockage | 32 Go | 64 Go |
| Mémoire vive | – | +50 % |
| Cartographie | TopoActive | Nouveau moteur, déplacement jusqu’à 30 % plus rapide |
| Vue cartographique en perspective | Non annoncée | Oui |
| Allure ajustée à la pente | Oui | Oui, avec nouveaux objectifs et allure roulante |
| Stamina | Suivi en temps réel | Zones et courbe enrichies |
| Garmin Epic | Non | Oui |
| Gestion d’alimentation | Modes et réglages existants | Profils avancés |
| Bracelet fourni | UltraFit nylon | ComfortFit nylon QuickFit |
| Lampe LED | Oui | Oui |
| Étanchéité | 10 ATM | 10 ATM |
| Prix public au lancement | 899,99 € | 899,99 € |
Comparatif basé sur les caractéristiques et annonces officielles de Garmin. Les autonomies maximales annoncées supposent des conditions spécifiques d’utilisation et d’ensoleillement. La disponibilité future de certaines fonctions sur d’anciens modèles reste à confirmer.
À la lecture de ce tableau, le constat est assez clair : l’Enduro 4 ne constitue pas une rupture technologique.
Garmin a conservé la plupart des caractéristiques matérielles qui faisaient déjà de l’Enduro 3 une excellente montre pour l’ultra-endurance.
La principale évolution matérielle concerne les performances de la cartographie, avec davantage de mémoire vive et un espace de stockage doublé.
Les autres nouveautés se concentrent essentiellement sur l’expérience logicielle, avec des données d’entraînement enrichies et de nouvelles possibilités pour suivre ses aventures.
Cette orientation soulève naturellement une question : certaines de ces fonctionnalités pourraient-elles arriver sur l’Enduro 3 par l’intermédiaire de mises à jour ?
Garmin n’a pas précisé dans son communiqué lesquelles pourraient éventuellement être proposées sur les anciens modèles. Il serait donc prématuré de présenter toutes les nouveautés logicielles comme définitivement exclusives à l’Enduro 4.
Si la gamme Enduro s’adresse principalement aux sportifs d’endurance, elle reste une montre multisport capable d’accompagner de nombreuses disciplines.
Garmin annonce plus de 100 profils d’activité, avec de nouvelles fonctionnalités concernant notamment l’aviron et le rucking, une pratique consistant à marcher ou à effectuer un effort en portant un sac lesté.
Pour l’aviron, la marque introduit des métriques spécifiques comme la VO2 Max et la courbe de puissance.
Pour le rucking, il devient possible d’adapter le poids du sac pendant l’activité et d’utiliser des objectifs prenant notamment en compte les calories dépensées.
Ces évolutions montrent que Garmin ne limite pas ses ambitions au trail. La marque cherche également à accompagner les sportifs qui construisent leur préparation physique autour de disciplines complémentaires.
Pour un traileur, les séances de randonnée avec charge, le vélo ou le renforcement musculaire peuvent d’ailleurs représenter des composantes importantes de l’entraînement.
Mais l’intérêt principal reste de pouvoir centraliser ses différentes activités et leurs données au sein d’un même écosystème.
À l’heure où les écrans AMOLED se généralisent sur les montres GPS haut de gamme, le maintien d’un écran MIP sur l’Enduro 4 mérite d’être souligné.
Les écrans AMOLED offrent des contrastes élevés, des couleurs plus éclatantes et une présentation particulièrement flatteuse des cartes et des interfaces.
En contrepartie, leur consommation énergétique peut devenir plus importante, notamment lorsque l’affichage reste activé en permanence.
Garmin fait donc un choix assumé : sur l’Enduro, la priorité reste l’autonomie.
L’écran MIP présente aussi l’avantage d’être particulièrement adapté aux environnements lumineux. Plus la lumière extérieure est importante, plus cette technologie transflective peut tirer parti de l’éclairage ambiant.
Cela ne signifie pas qu’un écran AMOLED soit incompatible avec l’ultra-trail. De nombreuses montres utilisant cette technologie disposent désormais d’une autonomie largement suffisante pour la plupart des courses.
Mais pour celui qui cherche à maximiser la durée d’enregistrement et à limiter les contraintes énergétiques, le MIP conserve des arguments solides.
La Garmin Enduro 4 apparaît ainsi comme une montre développée autour d’un usage précis, plutôt que comme un modèle cherchant à proposer l’écran le plus spectaculaire possible.
La question mérite d’être posée, car la gamme Garmin comprend plusieurs montres haut de gamme capables de répondre aux besoins des traileurs et des athlètes d’endurance.
La famille Fenix privilégie une approche particulièrement polyvalente, avec différentes configurations et des équipements qui varient selon les versions.
L’Enduro conserve une philosophie beaucoup plus ciblée. Elle s’adresse avant tout aux sportifs pour lesquels l’autonomie, la légèreté relative et la capacité à enregistrer de très longues activités représentent des critères déterminants.
Pour un coureur qui prépare essentiellement des marathons, quelques trails de 30 à 50 kilomètres et des séances d’entraînement régulières, les capacités de l’Enduro 4 peuvent sembler largement surdimensionnées.
À l’inverse, un sportif qui participe régulièrement à des épreuves de 100 miles, enchaîne les longues randonnées ou pratique des aventures en autonomie sur plusieurs jours trouvera davantage de sens dans cette gamme.
Le choix dépend donc moins du niveau sportif que des contraintes réelles de la pratique.
Une montre capable de tenir 320 heures n’est pas nécessairement meilleure pour tous les utilisateurs. Elle répond simplement à des besoins différents.
C’est sans doute la question la plus délicate, car la Garmin Enduro 3 reste, en 2026, une montre GPS particulièrement performante.
Elle dispose déjà d’une autonomie remarquable, d’une cartographie complète, de nombreuses données physiologiques et de fonctions spécialement adaptées à la pratique de l’ultra-trail.
Pour un utilisateur satisfait de son Enduro 3, les arguments en faveur du remplacement ne sont donc pas évidents.
La navigation plus rapide représente certainement le progrès le plus tangible. Les nouvelles métriques d’allure ajustée à la pente et les évolutions de Stamina pourraient également intéresser les sportifs qui exploitent intensivement leurs données d’entraînement.
En revanche, celui qui recherche principalement une autonomie exceptionnelle ne gagnera pas davantage d’heures en passant à l’Enduro 4, du moins si l’on compare les valeurs maximales annoncées par Garmin.
Pour un nouvel acheteur, le raisonnement est différent. À prix comparable, la nouvelle génération présente naturellement l’avantage d’une cartographie modernisée, d’une mémoire plus importante et de fonctionnalités supplémentaires.
Toutefois, si l’Enduro 3 bénéficie de réductions commerciales importantes, elle pourrait conserver un excellent rapport entre fonctionnalités et prix.
Il sera donc intéressant de surveiller son positionnement tarifaire dans les prochains mois.
La Garmin Enduro 4 est commercialisée en France depuis le 6 octobre 2026 au prix public conseillé de 899,99 euros.
C’est exactement le même tarif de lancement que celui annoncé pour l’Enduro 3 en août 2024.
Dans un marché où les montres GPS haut de gamme dépassent régulièrement plusieurs centaines d’euros, Garmin a donc choisi de maintenir le prix de cette gamme spécialisée.
Cela reste naturellement un investissement conséquent, surtout pour les coureurs qui ne participent qu’occasionnellement à des épreuves de longue distance.
À ce niveau de prix, on est en droit d’attendre une montre durable, performante et capable d’être utilisée pendant plusieurs saisons.
L’intérêt de l’Enduro 4 ne se mesure donc pas uniquement à ses caractéristiques techniques lors de sa sortie, mais également à la qualité de son suivi logiciel, à sa fiabilité et à sa capacité à rester pertinente dans le temps.
Avec la Garmin Enduro 4, le constructeur poursuit une stratégie assez logique : améliorer les fonctionnalités d’une montre dont les fondamentaux étaient déjà particulièrement solides.
L’Enduro 3 avait marqué une étape importante dans la gamme avec son autonomie exceptionnelle et son poids contenu. Deux ans plus tard, Garmin ne cherche pas à révolutionner cette formule.
La nouvelle génération se concentre sur les domaines dans lesquels les utilisateurs peuvent réellement percevoir une différence : la fluidité de la navigation, l’exploitation des données d’entraînement et la gestion de la consommation énergétique.
L’arrivée de Garmin Epic apporte également une dimension intéressante pour ceux qui envisagent l’endurance au-delà de la compétition traditionnelle.
On peut toutefois regretter l’absence de progression sur les chiffres d’autonomie, alors qu’il s’agit historiquement de l’argument central de la gamme. Il faudra également attendre des essais indépendants pour déterminer les gains réels des nouveaux modes d’alimentation.
La montre semble surtout intéressante pour les sportifs qui souhaitent s’équiper d’un modèle dédié aux longues distances et qui accordent une grande importance à la cartographie.
Pour les possesseurs d’une Enduro 3, le changement ne paraît pas indispensable. Pour les nouveaux acheteurs, l’Enduro 4 constitue une évolution cohérente, à condition d’avoir réellement besoin des capacités d’une montre spécialisée dans l’ultra-endurance.
Et finalement, c’est peut-être la meilleure façon de juger cette nouvelle Garmin : plutôt que de chercher à multiplier les innovations spectaculaires, elle tente de rendre plus agréable et plus efficace l’utilisation quotidienne d’une montre déjà très aboutie.
Reste maintenant à vérifier sur les sentiers si ces améliorations se traduisent véritablement par un meilleur confort d’utilisation et une gestion plus pertinente des efforts de très longue durée.