La Barkley quelques mois après…

Rémy (qui écrit de temps en temps sur notre site) a eu l’honneur de recevoir un mail de Laz pour participer à la fameuse course : la Barkley. Malheureusement il n’a pas fini comme un grand nombre de coureurs… Je n’ai pas voulu lui sauter dessus à son retour en France et je voulais surtout attendre quelques temps pour qu’il prenne un peu de recul sur cette course.

1/ Qu’est que cela te fait de ne pas avoir fini cette course ?
Il y a deux choses dans cette notion d’arrêt. Tout d’abord le fait que quasiment personne  n’arrive au bout (12 depuis presque 40 ans d’existence), j’étais forcément parti en me disant que j’allais stopper à un moment. Donc il n’y a pas sur cette épreuve de notion d’abandon mais plutôt de volonté d’aller le plus loin possible. Ensuite j’ai tout de même, pour être franc, ce petit sentiment de ne pas avoir fait aussi bien que j’espérais. Je m’étais fixé trois tours et je n’en ai fait qu’un. Deux gars seulement en ont fait trois cette année. C’est quand même très dur !

2/ Qu’est ce que cette expérience t’a apporté ? Qu’est-ce que cela a changé en toi ?

profondément rien, je pense. J’y suis parti en pleine conscience de ce qui m’attendait, de ce que j’y allais chercher. Et c’est le plus le côté aventure, mystère qui m’a attiré et là j’ai été grandement servi. Cela aura été une étape intéressante de ma vie de coureur et j’ai forcément plein d’images en moi qui trottent dans me tête. C’est juste ma vie qui continue finalement et tous ceux qui sont proches de moi le prennent de la même manière. Je suis exactement le même qu’avant!
3/ Qu’est ce que cela a changé dans ton rapport à la course à pied ?
dans mon rapport à la course à pied, je dirais juste que c’est un autre monde. Totalement. Cela m’a remis un peu le pied à l’étrier pour faire des entrainements plus longs mais comme je le répète souvent, ce n’est plus trop une course mais bien une grande aventure. Là-bas les participants marchent plutôt qu’ils ne courent et puis il y a d’autres notions qui entrent en ligne de compte comme l’orientation ou encore la survie. Bref c’est loin de toutes les courses ou trails auxquels je participe tous les week-ends !
4/ Est-ce que tu es prêt à y retourner ? dans quel but ?
Quand tu y as participé une première fois, tu es privilégié pour y retourner. C’est un des principes de Laz, l’emblématique organisateur. Donc il y a des chances que je sois sur la liste dès l’année prochaine. Moi cela me plairait bien pour essayer donc de boucler enfin trois tours. De connaitre l’endroit, de visualiser le parc où se déroule l’épreuve, de voir certains lieux précis où il y a les livres, cela change pas mal de choses. Je pense qu’il ne faut pas que j’attende aussi trop d’années pour y revenir car certains souvenirs vont s’effacer et puis il y aussi la dose d’entrainement à se farcir et avec l’âge c’est de moins en moins évident. Le but est de faire mieux, juste un peu mieux et puis ensuite je passe la main !
5/ Que faut-il faire pour finir selon toi ? quelles capacités sont nécessaires ?
Pour terminer la Barkley, il faut, je pense, regrouper plusieurs qualités à la fois. Il faut être un super coureur d’ultra, quelqu’un capable de terminer par exemple des 24h ou des Ultra trail connus dans les premiers (je dis ça car celui qui a réussi à terminer deux fois la Barkley est un champion de ce type justement) mais aussi quelqu’un capable de se débrouiller tout seul pendant des heures et des heures sans voir personne et enfin quelqu’un qui se débrouille bien en orientation. Mais attention pas en orientation classique comme on en voit sur des compétitions, non, en orientation façon Laz. Et ça change tout. Bref il faut forcément quelqu’un qui y soit déjà allé au moins une fois au préalable.
6/ quels conseils tu donnerais à un virgin ?
Pour un Virgin, le mieux est d’essayer de suivre quelqu’un sur un ou deux tours. Mais bon les deux derniers Français qui y sont allés avant moi n’ont pas réussi à valider ne serait-ce qu’un tour, donc il faut aussi ne pas trainer. Donc il n’y a pas vraiment de conseil adéquate. C’est juste un truc de fou !