{"id":36667,"date":"2014-02-05T10:06:34","date_gmt":"2014-02-05T09:06:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.wanarun.net\/blog\/?p=36667"},"modified":"2014-02-05T10:06:34","modified_gmt":"2014-02-05T09:06:34","slug":"histoire-aller-retour-doyenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.wanarun.net\/blog\/histoire-aller-retour-doyenne-36667.html","title":{"rendered":"L&rsquo;histoire d&rsquo;un aller retour sur la doyenne"},"content":{"rendered":"<h2>Le Prologue<\/h2>\n<p>Quelle qu\u2019en soit la raison, se rendre \u00e0 Lyon reste toujours une forme de d\u00e9fi pour un St\u00e9phanois. Encore plus \u00e0 5h du matin quand il s&rsquo;agit de rejoindre les participants de la 180. La 180, qu&rsquo;est ce donc ?Tout simplement l\u2019id\u00e9e qui a germ\u00e9e dans l\u2019esprit de quelques coureurs il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e. Cela consiste \u00e0 se rendre \u00e0 Lyon, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9preuve de la Saint\u00e9lyon, d\u2019en effectuer le parcours en sens inverse, sans dossard, ni chrono (un off comme on dit dans le milieu) en compagnie d\u2019une vingtaine d\u2019illumin\u00e9s tri\u00e9s sur le volet par le ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie, un certain Arthur Baldur, Jean Francois dans la vraie vie. A l\u2019issue de cette \u00ab ballade \u00bb, il suffit de prendre le d\u00e9part de la fameuse doyenne (qui f\u00eate son 60 \u00e8me anniversaire) des courses natures, de la terminer et ainsi vous aurez boucl\u00e9 la 180, une sympathique aventure de 150Km. Vous allez me dire, mais pourquoi la 180 et non pas la 150 alors ? Tout simplement parce que le d\u00e9part de la 180 est donn\u00e9e sur la ligne d\u2019arriv\u00e9e de la Saint\u00e9lyon, donc 69, le num\u00e9ro du d\u00e9partement. OK ? Ensuite une arriv\u00e9e \u00e0 Saint Etienne, num\u00e9ro de d\u00e9partement 42 et comme le retour se termine \u00e0 Lyon, on a donc de nouveau le 69! C\u2019est bon, jusque l\u00e0 ? Vous \u00eates toujours en piste? Donc 69+42+69= 180, CQFD!<\/p>\n<p>Alors que nous longeons la raffinerie de Feyzin et que les hautes cuves crachent leur flammes dans la nuit, je me rassure en songeant que mes aventures en course \u00e0 pied les plus m\u00e9morables ont souvent eu une mise en bouche alors que le soleil ne s\u2019\u00e9tait pas encore lev\u00e9. Il est 6h00 quand nous retrouvons les 21 participants, pr\u00e9sentation rapide, je fais partie des novices, certains ont d\u00e9j\u00e0 plusieurs titres de finishers au compteur. J\u2019ai bien lu les diff\u00e9rents compte rendu des \u00e9ditions des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes afin de m\u2019impr\u00e9gner des conditions de ce off, mais cela reste une aventure, avec beaucoup d\u2019interrogations pour un coureur comme moi qui n\u2019a jamais d\u00e9pass\u00e9 les 120 km. Vous admettrez que cela puisse poser questions, notamment, celle de g\u00e9rer le fait d\u2019arriver quasiment chez soi \u00e0 mi parcours, et le refaire quasiment dans la foul\u00e9e en sens inverse de nuit.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un petit briefing d&rsquo;Arthur plus ou moins suivi attentivement nous nous rassemblons pr\u00e8s de la ligne d\u2019arriv\u00e9e, en l&rsquo;occurence celle du d\u00e9part. Oui je sais, il n\u2019est pas toujours facile de suivre cette dualit\u00e9, mais vous allez voir avec le temps, on s\u2019y fait. 6h30, les abords du Palais des Sports sont d\u00e9serts, difficile d\u2019imaginer l\u2019effervescence qui va animer ces lieux dans quelques heures, avec les milliers de coureurs en terminant avec la Saint\u00e9lyon. Pour l\u2019instant les \u00e9changes de conversation entre nous sont rares, chacun semble attendre de s\u2019\u00e9lancer pour chasser les doutes et les questions qui se bousculent face \u00e0 ce d\u00e9fi. Il s\u2019agit plus de regards en coin face \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipement de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre afin de jauger de l\u2019efficacit\u00e9 et de la pertinence du sien.<\/p>\n<p>Une photo de groupe, ou je r\u00e9ussis la prouesse d\u2019en \u00eatre \u00e0 la fois totalement invisible et rep\u00e9rable comme le nez au milieu de la figure, en ayant l&rsquo;id\u00e9e lumineuse de conserver ma lampe frontale allum\u00e9e. Th\u00e9o et une \u00e9quipe de Tout le Sport sont d\u00e9j\u00e0 en train de travailler, leur activit\u00e9 et les \u00e9clairages qui trouent l&rsquo;obscurit\u00e9 ambiante d\u00e9montrent qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement va se d\u00e9rouler ici. Arthur lance le d\u00e9compte, nous voil\u00e0 parti!<\/p>\n<h2>L\u2019aller<\/h2>\n<p>Je me glisse de suite dans la queue du peloton, \u00e9tant \u00e0 priori le doyen du groupe, je vais d\u00e9j\u00e0 essayer de suivre le rythme du groupe avant de faire quelque plan ou projet. Nous sortons du parc de Gerland, puis apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le pont nous voil\u00e0 au c\u0153ur de la ville. On croise quelques rares passants, pas surpris de voir ce groupe bigarr\u00e9 qui d\u00e9ambule au petit trot dans les rues. On ne peut pas dire que nous progressons dans l\u2019anonymat malgr\u00e9 la nuit qui enveloppe toujours Lyon. En effet outre Th\u00e9o et l\u2019\u00e9quipe de France TV, nous sommes escort\u00e9s du d\u00e9nomm\u00e9 \u00abBiscotte\u00bb, bras droit d\u2019Arthur et l\u2019un des animateurs du Lyon Ultra Run (organisateur de la 180), qui assure l&rsquo;ambiance avec la musique de sa voiture. Tout cela ne me trouble pas et apr\u00e8s ces premiers kilom\u00e8tres, je reste concentr\u00e9 sur ma strat\u00e9gie qui est justement de ne pas en avoir. Le seule priorit\u00e9 \u00e9tant d&rsquo;en profiter, de prendre du plaisir, tout en s\u2019\u00e9conomisant au maximum.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, la cadence me convient tout \u00e0 fait, un trot tranquille sur le plat et des mont\u00e9es en marchant. Jean Fran\u00e7ois soucieux de garder le groupe homog\u00e8ne fait l\u2019ascenseur dans le groupe pour s\u2019assurer que chacun n\u2019\u00e9prouve pas de difficult\u00e9 \u00e0 suivre le rythme. Il en profite pour glisser un petit mot \u00e0 chacun, on sent chez lui une ma\u00eetrise de cet exercice qui me rassure sur le fait que je ne vais pas me retrouver abandonn\u00e9 en rase campagne, d\u00e8s les premi\u00e8res difficult\u00e9s. On atteint les hauteurs de Ste Foy les Lyon, ou se confirme l&rsquo;adage qui dit que \u00ab\u00a0C&rsquo;est beau une ville la nuit\u00a0\u00bb, avec en fond, l\u2019aube qui se l\u00e8ve sur la cha\u00eene des Alpes. D\u00e9couvrir ce genre de panorama est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9compense pour avoir fait l\u2019effort de se lever si t\u00f4t.<\/p>\n<p>Beaunant, on devrait avoir parcouru 5 Km comme annonc\u00e9 dans le Road Book officiel, en fait nous sommes plus pr\u00e8s des 7. D\u2019avoir atteint ce point (dernier ravito de la Saint\u00e9lyon) a vraiment lanc\u00e9 la course, chacun est d\u00e9sormais compl\u00e8tement rentr\u00e9 dans cette 180. Le jour commence \u00e0 se lever, les positions de chacun se mette peu \u00e0 peu en place dans le peloton, des bin\u00f4mes se forment, les conversations et autres \u00e9changes entres coureurs se multiplient. On r\u00e9cup\u00e8re 2 coureurs qui ont eux aussi d\u00e9cid\u00e9 de rallier le d\u00e9part de la Saint\u00e9lyon en courant, ils font le off du off, comme quoi cette folie peut devenir contagieuse. Le soleil est maintenant lev\u00e9, il va nous accompagner toute la journ\u00e9e, en m\u00eame temps qu\u2019il nous r\u00e9chauffe, on profite d&rsquo;une belle lumi\u00e8re. Durant la mont\u00e9e vers Soucieux, on rattrape un groupe de randonneurs, la fiert\u00e9 de d\u00e9montrer notre statut de coureur pousse chacun \u00e0 augmenter la cadence, malgr\u00e9 la c\u00f4te assez rude. Il en va de notre r\u00e9putation.<\/p>\n<p>On d\u00e9couvre au loin les Monts du Lyonnais enneig\u00e9, le spectacle de la campagne sous le soleil. A la faveur des regroupements chacun exprime la chance qu\u2019il a de pouvoir vivre de tels instants et de les partager, la journ\u00e9e va \u00eatre magnifique. Il est 9h30, nous avons parcourus 21km, nous sommes dans les rues du village de Soucieux, notre premi\u00e8re \u00e9tape. C&rsquo;est la queue \u00e0 la boulangerie, la tarte aux pralines locale fait fureur et il y a risque de p\u00e9nurie. Cette pause est la bienvenue, et c&rsquo;est un moment de plaisir de manger des douceurs, tranquillement install\u00e9 sous le soleil. Th\u00e9o qui vient de nous rejoindre, enregistre quelques t\u00e9moignages sur cette premi\u00e8re partie de la course. Les conversations vont bon train, tout le monde semble serein et c\u2019est avec regret qu&rsquo;i faut remettre le sac au bout d\u2019une trentaine de minutes. Il est 10h, direction Ste Catherine!<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres de route, on p\u00e9n\u00e8tre dans le bois de Bouchat. L\u2019ambiance est \u00e0 la bonne humeur et c\u2019est avec enthousiasme que toute la troupe traverse la ferme du Grand Prost, puis s&rsquo;engage dans le passage en for\u00eat avant la descente du bois de la Dame. Les paysages qu\u2019on traverse sous ce soleil radieux, m\u2019encouragent \u00e0 multiplier les plans avec la Go Pro, je mesure la chance de pouvoir profiter de ces moments. St Andr\u00e9 la Cote, le village est paisible et respire la pl\u00e9nitude. On resterait volontiers plus longtemps \u00e0 admirer le panorama fantastique avec la cha\u00eene des Alpes et le Mont Blanc, mais le bois d\u2019Arfeuille et Sainte Catherine nous attendent.<\/p>\n<p>Le Bois d\u2019Arfeuille, un des hauts lieux de l\u2019\u00e9preuve avec quelques passages mythiques, comme celui avec les 2 chaises plastiques,qui nous donnent l\u2019occasion de faire quelques photos. Le groupe progresse \u00e0 un bon rythme, le chemin est d\u00e9gag\u00e9 et plut\u00f4t roulant. Bref, hormis une petite faim qui commence \u00e0 me tenailler ce n\u2019est que du plaisir. Ste Catherine c\u2019est le c\u0153ur de la Saint\u00e9lyon , tout est d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 au niveau des infrastructures du ravitaillement. On s&rsquo;engouffre dans la grande tente et on d\u00e9couvre que \u00e7&rsquo;est No\u00ebl avant l\u2019heure ! Sur une grande table, en lieu et place des produits que l\u2019on trouve habituellement, se dresse un magnifique buffet ! Bon, je ne vous fais pas le descriptif de tout ce qui est propos\u00e9, mais c\u2019est puissance 300 fois ce que vous avez jamais pu avoir de mieux lors d\u2019un ravitaillement. Chaque participant a amen\u00e9 quelque chose et je peux vous assurer que pour certains il se sont d\u00e9fonc\u00e9s (peut \u00eatre m\u00eame plus que pour courir). Il y\u2019a m\u00eame du vin et du champagne! Th\u00e9o, me demande si c\u2019est toujours \u00ab comme cela \u00bb ? Je lui pr\u00e9cise que ce n\u2019est jamais \u00ab comme cela \u00bb et que ce ne le sera jamais plus&#8230;Toute la joyeuse bande fait honneur \u00e0 ce buffet, install\u00e9 et servi avec attention par la famille d\u2019Arthur. L&rsquo;esprit de convivialit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 de mise entre nous devient fraternel avec le partage de cette bonne ch\u00e8re. Mais o\u00f9 tout cela va-t-il nous mener ?<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une telle d\u00e9gustation, tout le monde aspire \u00e0 une bonne sieste, mais Jean Fran\u00e7ois en animateur avis\u00e9 a pr\u00e9vu le coup, et pour garder tout le monde en \u00e9veil, il enfile sa tenue de P\u00e8re No\u00ebl, pour une distribution de cadeaux. Chacun re\u00e7oit un lampe frontale afin d\u2019\u00e9clairer notre route, mais sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0 puisque nous gagnons tous un dossard pour une course et bingo, je tire un des gros lots, un dossard pour l\u2019Ultra Trail du Grand Verbier ! Vous imaginez qu\u2019apr\u00e8s toutes ces \u00e9motions, quand, notre \u00ab routeur \u00bb nous annonce qu\u2019il va falloir y aller, il y a un certain flottement dans les rangs. Ceci \u00e9tant, chacun est bien conscient qu\u2019on ne peut rester l\u00e0, \u00e0 attendre tranquillement la nuit et les concurrents de la Saint\u00e9lyon pour rentrer sur Lyon.<\/p>\n<p>Il est 15h00, cap sur Saint Etienne, via St Christo. C&rsquo;est la partie qui s\u2019annonce la plus difficile, le parcours va \u00eatre enneig\u00e9, verglac\u00e9 et la temp\u00e9rature va chuter avec l\u2019arriv\u00e9e de la nuit. Apr\u00e8s la c\u00f4te du d\u00e9part, c&rsquo;est une partie roulante en sous bois o\u00f9 l\u2019on peut courir \u00e0 un bon rythme. Au bas de la descente de Plein Pot, on effectue une petite halte afin de reformer le groupe, il commence \u00e0 y avoir quelques difficult\u00e9s pour certains \u00e0 suivre le rythme. Plus loin l\u2019organisation de la Saint\u00e9lyon a creus\u00e9 un passage \u00e0 la pelleteuse, c&rsquo;est le premier contact avec la neige et les cong\u00e8res. Nous arrivons sur les cr\u00eates, le froid commence \u00e0 e faire sentir, car m\u00eame si c\u2019est l&rsquo;occasion d&rsquo;un magnifique coucher de soleil, nous perdons sa chaleur. Apr\u00e8s une courte halte au hameau du Moreau, le silence r\u00e8gne sur le groupe, chacun est dans sa bulle attentif, il faut \u00eatre tr\u00e8s prudent car nous rencontrons beaucoup de plaques verglac\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une longue descente bitum\u00e9e, qui chauffe bien les cuisses, la nuit est tomb\u00e9e et chacun allume sa frontale. Le village de St Christo se d\u00e9couvre mais le temps presse, nous sommes en retard sur l&rsquo;horaire, la nuit, le froid, la fatigue et les retardataires, que l\u2019on attend plus ou moins \u00e0 la faveur des regroupements, font monter la tension. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations sur le chemin \u00e0 prendre, nous atteignons enfin Saint Christo. Ce stop qui devait durer 30 mn se fait au pas de course, je r\u00e9cup\u00e8re une banane, un verre d\u2019eau, quelques SMS rapide pour annoncer notre arriv\u00e9e (estim\u00e9e vers 20h30, soit 1h30 de plus que ce qui semblait pr\u00e9vu) et le signal du d\u00e9part est donn\u00e9. Le passage au ravito de Saint Christo, avec les b\u00e9n\u00e9voles d\u00e9j\u00e0 en mode \u00ab Saint\u00e9lyon \u00bb ont chang\u00e9 l\u2019ambiance dans la groupe. Chacun est concentr\u00e9 sur son <a href=\"\/blog\/allure-et-vitesse-la-difference-2324.html\"target=\"_top\" title=\"Allure ou vitesse\" >allure<\/a>, l\u2019\u00e9tat du terrain et la port\u00e9e lumineuse de sa frontale. On passe le col de la Gachet, c\u2019est tr\u00e8s glissant et certains ont mis les cha\u00eenes sur les chaussures. Le Fayet, Albuzy, on d\u00e9couvre les lumi\u00e8res de Saint Etienne, avec notamment un feu d\u2019artifice tir\u00e9 vers le stade Geoffroy Guichard (fallait bien que j\u2019arrive \u00e0 caser ce lieu mythique dans mon compte rendu, surtout avec tous ces lyonnais autour de moi). D\u00e9couvrir ma ville, me donne un surplus d\u2019\u00e9nergie et je d\u00e9vale la pente en attendant avec impatience le retour du bitume qui annonce l\u2019arriv\u00e9e vers Sorbiers.<\/p>\n<p>Tout le monde est press\u00e9 d\u2019en finir, apr\u00e8s la descente de Sorbiers, on traverse le carrefour de la Vaure puis la zone industrielle et on d\u00e9bouche \u00e0 M\u00e9ons. Conciliabule au rond point, je conseille de partir \u00e0 droite pour rejoindre plus vite l\u2019avenue qui nous m\u00e8ne \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e (au d\u00e9part). Certains pensent qu\u2019il est pr\u00e9f\u00e9rable de suivre le fl\u00e9chage de la Saint\u00e9lyon. Oui, certes, mais par mon itin\u00e9raire on va gagner 15 mn. Finalement, je fais scission accompagn\u00e9 d\u2019un membre du groupe. On arrive les premiers (bien entendu) vers 20h30 et on franchit la ligne avec l\u2019\u00e9quipe de Tout le Sport (qui en fait attend Patricia) et Th\u00e9o pour immortaliser cet \u00e9v\u00e8nement historique. Ma ch\u00e8re et tendre est l\u00e0 pour m\u2019accueillir, pas vraiment en h\u00e9ros, mais plut\u00f4t en me signalant que l\u2019on devait arriver beaucoup plus t\u00f4t et que cela fait un moment qu\u2019elle se g\u00e8le \u00e0 m\u2019attendre&#8230; C\u2019est un peu tristounet cette aire de d\u00e9part\/arriv\u00e9e, le DJ fait bien des essais de sono et quelques personnes tra\u00eenent dans le coin, mais on se sent plus \u00e0 quelques heures d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qu\u2019au moment d&rsquo;en c\u00e9l\u00e9brer un. Mon compagnon d\u2019\u00e9chapp\u00e9e d\u00e9cide de rejoindre le Flore car il commence \u00e0 faire froid et finalement je fais de m\u00eame quelques minutes plus tard. Je traverse le hall B et l\u00e0 c\u2019est le choc, des milliers de coureurs, couch\u00e9s, assis, debout, ont envahi l\u2019immense salle. Je zigzague \u00e0 travers des corps allong\u00e9s, endormis ou en pleine concentration, le brouhaha ambiant est impressionnant, mais c\u2019est surtout cette mar\u00e9e humaine qui me frappe. Apr\u00e8s la journ\u00e9e que je viens de vivre le contraste est assez frappant, j\u2019ai bien quitt\u00e9 le cocon de la 180, pour rejoindre le monde plus impitoyable de la Saint\u00e9lyon.<\/p>\n<p>Avant de pouvoir rentrer dans la salle de restaurant je dois faire la queue jusqu\u2019\u00e0 un un clown (oui un gars qui est d\u00e9guis\u00e9 en clown) et qui emp\u00eache quiconque d\u2019aller plus loin tant que celui ci ne sera pas inscrit en bonne et due forme \u00e0 la pasta party. Hol\u00e0! Je viens de faire 75 Km, en compagnie de 20 personnes avec qui on a partag\u00e9s des moments intenses, dans un environnement magnifique, et l\u00e0 je n\u2019ai ni la t\u00eate, ni les jambes pr\u00eats pour ce type de servitude. Apr\u00e8s avoir n\u00e9goci\u00e9 avec le clown, je peux enfin passer et l\u00e0 je d\u00e9couvre que le restaurant est envahie par une multitude de gens. Nouveau choc, moi qui croyais que l\u2019on serait simplement entre nous. Apr\u00e8s un rapide tour de la salle ou les personnes attabl\u00e9s me d\u00e9visagent, genre: \u00ab C\u2019est qui lui? D\u00e9j\u00e0 tout \u00e9quip\u00e9 (je n\u2019ai quitt\u00e9 ni gants, ni bonnet, ni le sac&#8230;) ? C\u2019est vrai que j\u2019ai plus l\u2019allure de celui qui a termin\u00e9 la course que de celui qui se pr\u00e9pare \u00e0 en prendre le d\u00e9part?\u00bb. Sans plus r\u00e9fl\u00e9chir je d\u00e9cide d\u2019activer le plan B, c\u2019est \u00e0 dire passer par chez moi. Arthur et les autres arrivent \u00e0 leur tour, je r\u00e9cup\u00e9rer mon dossard, le superbe livre et je m\u2019\u00e9chappe.<\/p>\n<h2>Le retour<\/h2>\n<p>5 mn de voiture plus tard, me voil\u00e0 \u00e0 la maison, passage sous la douche et apr\u00e8s avoir mang\u00e9 un plat de p\u00e2tes que nous a pr\u00e9par\u00e9 V\u00e9ronique (Th\u00e9o est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 par la case \u00abMaison\u00bb), au calme dans mon lit, je m\u2019octroie\u00a0 20 mn de sieste. J\u2019en profite pour recharger ma montre, mon t\u00e9l\u00e9phone, la batterie de la Go Pro et vider la carte m\u00e9moire. Il me reste 1h30 que je vais passer dans mon canap\u00e9, devant l\u2019\u00e9lection de Miss France, certes, on peut discuter de la pertinence du choix du programme TV (qui en l\u2019occurrence n\u2019est pas le mien), mais il se r\u00e9v\u00e8le d\u2019une efficacit\u00e9 garantie pour la r\u00e9cup\u00e9ration. Je tente d\u2019effacer au maximum les traces de cette premi\u00e8re partie de la course, de mettre de c\u00f4t\u00e9 toutes les \u00e9motions, les ressentis, les efforts. Je dois me conditionner sur le fait que tout d\u00e9marre maintenant, que tout ce qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 durant cette journ\u00e9e doit \u00eatre rang\u00e9 et oubli\u00e9. Physiquement \u00e7a va, il n&rsquo;y a pas de lassitude, ni de douleurs musculaires et je n\u2019ai pas de traumatismes, je respire profond\u00e9ment pour \u00e9vacuer toutes les tensions ou le stress, il faut que je me pr\u00e9sente au d\u00e9part aussi frais que possible, physiquement et mentalement.<\/p>\n<p>23h00, je me change compl\u00e8tement et adapte ma tenue aux conditions de la Saint\u00e9lyon et de ce que j&rsquo;ai pu constater durant la journ\u00e9e. Retour \u00e0 la Plaine Achille ou je d\u00e9pose mon sac \u00e0 la consigne, un flot de coureurs s\u2019\u00e9coule du hall B, on se laisse porter avec V\u00e9ronique par cette vague qui se dirige vers le d\u00e9part. Cette pause \u00e0 la maison a \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique, j\u2019ai pu recharger les accus, je suis d\u00e9tendu, serein, sans stress. C\u2019est dommage de n\u2018avoir pas pu partager ce moment avec mes partenaires, mais avec l\u2019agitation qu\u2019il y avait au Flore, je ne crois pas que cela aurait \u00e9t\u00e9 convivial et dans l\u2019esprit de ce que l\u2019on a v\u00e9cu aujourd&rsquo;hui. J\u2019essaye de voir si je ne retrouve pas quelqu&rsquo;un, gr\u00e2ce au sticker que l\u2019on a coll\u00e9 sur notre sac, mais dans cette foule de plus de 7000 coureurs ce serait vraiment un miracle de tomber sur un des 20 participants. Je quitte V\u00e9ronique pour p\u00e9n\u00e9trer dans le sas de d\u00e9part et je me glisse jusqu\u2019au milieu de l\u2019avenue, avec tout ce monde serr\u00e9 les uns contre les autres, il ne fait pas froid du tout.<\/p>\n<p>H-10 mn, je papote avec mes voisins qui font la Saint\u00e9lyon pour la premi\u00e8re fois. Ils me demandent ce que signifie l\u2019autocollant 180? Je n\u2019ai pas l\u2019impression que mes explications les convainquent, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un gars derri\u00e8re moi s\u2019exclame: \u00bb bravo! Tu fais partie de ces 20 fous furieux ?\u00bb Ils me regardent alors diff\u00e9remment&#8230;H-5 mn, la tension monte d\u2019un cran, mais blotti au milieu de cette mar\u00e9e de coureurs, je suis dans ma bulle, calme, d\u00e9tendu, serein et d\u00e9termin\u00e9. Je regarde \u00e0 droite, \u00e0 gauche, derri\u00e8re, la foule tr\u00e9pigne, les frontales s\u2019allument, les regards sont inquiets ou concentr\u00e9s. Chacun ressent la sensation jubilatoire d&rsquo;en \u00eatre, de participer \u00e0 l\u2019aventure, quand on participe \u00e0 ces manifestations c\u2019est pour vivre ces instants, ou l\u2019on se sent vivant, avec toute cette \u00e9nergie qui bouillonne en nous. Ce sont des moments forts, rares, qu\u2019il faut savourer m\u00eame si bien sur il va falloir les parcourir ces 75 Km, affronter le froid, le verglas, les longues parties bitum\u00e9es, la foule des coureurs (ce qui peut devenir un probl\u00e8me avec les embouteillages), les chutes. Arthur souhaite 100% de finishers et Th\u00e9o et son \u00e9quipe sont l\u00e0 pour le film, il est donc impossible que je n\u2019aille pas au bout. Etrangement, plut\u00f4t que de m\u2019inqui\u00e9ter sur la fatigue et les difficult\u00e9s \u00e0 venir, le fait d\u2019avoir parcouru le trajet dans la journ\u00e9e me donne plut\u00f4t un sentiment de confiance. Je l\u2019ai fait en 12h avec plaisir et sans dommage, pourquoi le retour ne se passerait il pas dans les m\u00eames conditions? 5-4-3-2-1-0. Ca y\u2019est c\u2019est parti pour cette 60\u00e8me \u00e9dition de la Saint\u00e9lyon, ma 5\u00e8me participation et ma 1\u00e8re en mode Aller-Retour<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9norme masse des participants s\u2019\u00e9branle et apr\u00e8s 3mn de pi\u00e9tinements, surtout pass\u00e9 \u00e0 \u00e9viter les sacs poubelles, je passe sous l\u2019arche. Je me cale sur un petit rythme d\u2019environ 10 km\/h, j\u2019ai oubli\u00e9 ma montre et je fais \u00e7a au feeling, le but \u00e9tant de courir sans produire d\u2019effort. Impressionnant cette foule qui a envahi la rue et les trottoirs, je me fais doubler constamment et m\u00eame si je ne vois les gens que de dos, je me rends bien compte, dans leur tenue ou leur l\u2019allure, de l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 des participants. Des grands, des petits, des maigres, des gros (oui, oui, aussi), des (tr\u00e8s) jeunes, des (tr\u00e8s) vieux, certains sont carr\u00e9ment en tenue de sprinter avec short et tee shirt (peut \u00eatre ont-ils pr\u00e9vu de s\u2019arr\u00eater \u00e0 Sorbiers) alors que d\u2019autres sont \u00e9quip\u00e9s comme s\u2019ils partaient en exp\u00e9dition pour l\u2019Himalaya. Ca cause, \u00e7a s\u2019interpelle, \u00e7a se bouscule, bref c\u2019est\u00a0 une joyeuse pagaille jusqu\u2019au carrefour de la Vaure ou la premi\u00e8re grimpette calme un peu les ardeurs. Il est 0h48 sur mon t\u00e9l\u00e9phone, tr\u00e8s correct comme temps car j\u2019ai du me faire d\u00e9passer par au moins 3000 concurrents, sans \u00eatre mont\u00e9 dans les tours.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du chemin, je d\u00e9passe un attroupement cr\u00e9\u00e9 par tous ceux qui installent leurs cha\u00eenes, pour faire de m\u00eame, quelques m\u00e8tres plus loin, tranquillement. Albuzy, Fayet, retour sur la route, puis une nouvelle section qui passe par le hameau de La Thiolli\u00e8re, c&rsquo;est l\u00e0 que je me fais doubler par un \u00ab 180 \u00bb. On \u00e9change quelques mots et je le laisse partir devant, on se reverra, j\u2019esp\u00e8re, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e ? La course est fluide, l&rsquo;allure de ceux qui m&rsquo;entourent correspond plus ou moins \u00e0 mon rythme et je ne suis pas g\u00ean\u00e9 pas des ralentissements ou des bouchons. Tout serait parfait si ce n&rsquo;est certains concurrents (es) qui s\u2019interpellent \u00e0 tout bout de champ, notamment une certaine Sylvie qui motive sa coll\u00e8gue Nathalie avec force hurlements. C\u2019est clair (ou plut\u00f4t c\u2019est sombre vu qu\u2019il fait nuit noire) que l\u2019ambiance n\u2019a \u00e0 voir avec ce qu&rsquo;on a v\u00e9cu durant la journ\u00e9e et je ne suis plus l\u00e0 pour profiter du paysage, m\u00eame si c\u2019est sympa de d\u00e9couvrir ce long serpentin de lucioles dans la nuit. Apr\u00e8s le passage au Col de la Gachet, c\u2019est l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 St Christo, il est 2h30, pile poil ce que j\u2019avais estim\u00e9 !<\/p>\n<p>L\u2019avantage d\u2019\u00eatre en queue de peloton, c\u2019est qu\u2019il y a moins de monde et je ne suis pas oblig\u00e9 de me battre pour acc\u00e9der aux tables de ravitaillement. Un th\u00e9, quelques g\u00e2teaux et je d\u00e9marre ce qui sera mon fil rouge des ravitos : les madeleines (j\u2019adore). Apr\u00e8s avoir refais le plein d\u2019eau de ma gourde (je n\u2019ai pas assez bu&#8230;) je repars. Arriv\u00e9 sur la cr\u00eate, la bise souffle, mais bien prot\u00e9g\u00e9 par mon \u00e9quipement je ne souffre pas du froid et suis vraiment \u00e9tonn\u00e9 par la puissance de ma frontale Ferei. Au moment de doubler un gars, celui-ci me lance \u00ab C\u2019est sur que c\u2019est plus facile quand on fait la course de jour \u00bb. Courir avec cette de visibilit\u00e9 permet de progresser sans appr\u00e9hension et sans trop d&rsquo;efforts de concentration, c\u2019est un vrai confort et une belle \u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie autant physique que mentale. Passage au Moreau, avec un coup d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019\u00e9table qui nous a abrit\u00e9 en fin d\u2019apr\u00e8s midi avant d&rsquo;attaquer la mont\u00e9e goudronn\u00e9e. Un peu plus loin, je tombe sur les groupe de \u00ab Courir pour des Pommes \u00bb, install\u00e9 sur les hauteurs de la course ou ils ont fait un grand feu, pour encourager les coureurs. Une photo avec \u00ab le fou qui fait la 180 \u00bb et direction\u00a0 la descente de \u00ab Plein Pot \u00bb que j\u2019aborde avec prudence vu que c\u2019est tout verglac\u00e9. Les appuis sont bons et finalement \u00e7a passe tranquille, je double m\u00eame plusieurs coureurs qui avancent \u00e0 tr\u00e8s petits pas.<\/p>\n<p>Retour au goudron, apr\u00e8s les 2 petites descentes (qui l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e9tait devenu un vrai bourbier) me voil\u00e0 \u00e0 Ste Catherine, il est 5h00 et si Paris s\u2019\u00e9veille, ici tout le monde est d\u00e9j\u00e0 bien d\u2019aplomb pour accueillir les concurrents. Je viens de d\u00e9passer les 100 km (105), je suis content d&rsquo;\u00eatre arriv\u00e9 jusqu&rsquo;ici, en forme et sans d\u00e9g\u00e2t. J&rsquo;avale une soupe, bois un coca, quelques madeleines, branche la batterie double dur\u00e9e sur la frontale et direction la sortie. Un frisson me parcourt tout le corps lorsque je sors de la tente du ravito de Ste Catherine. Il est du autant au froid, qu\u2019au souvenir de mon arr\u00eat ici l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, raviv\u00e9 par la vision d&rsquo;un petit groupe de coureurs, emmitoufl\u00e9 dans des couvertures de survie, attendant le bus. Travers\u00e9e du village et on grimpe au dessus de Riverie. Je cherche \u00e0 progresser sur un rythme le plus\u00a0 \u00e9conomique possible, car je commence \u00e0 sentir quelques tiraillements au niveau des m\u00e9nisques. La route du hameau de Br\u00fble Fer, puis c\u2019est la travers\u00e9e de la Bulli\u00e8re, avant la descente du Bois d\u2019Arfeuille. Mauvaise surprise, c&rsquo;est boueux et verglac\u00e9! Je commen\u00e7ais \u00e0 regretter de n\u2019avoir pas remis les chaines, mais l\u00e0 j&rsquo;h\u00e9site vraiment ? Finalement je me lance, les Hoka, plut\u00f4t savonnettes dans ce genre de conditions, s&rsquo;en sortent plut\u00f4t pas mal. Je double m\u00eame un concurrent et r\u00e9alise qu\u2019il s\u2019agit de Patricia, elle est en compagnie de Nicolas et ne semble pas au mieux. Elle vient de chuter et termine cette descente prudemment, je suis content de retrouver des coureurs de la \u00ab180\u00bb, on va pouvoir prolonger notre aventure ensemble.<\/p>\n<p>La remont\u00e9e du Bois d\u2019Arfeuille regroupe les coureurs, \u00e7a bouchonne un peu, on patauge dans la boue, mais pas de trace de verglas. J&rsquo;ai droit \u00e0 quelques remarques sur la puissance de ma lampe,\u00a0 je fais m\u00eame un petit argumentaire aupr\u00e8s d\u2019un gars, qui pleure sa mis\u00e8re, avec sa bougie. Mes genoux me laissent en paix dans les mont\u00e9es, j&rsquo;en profite pour d\u00e9passer quelques concurrents, A St Andr\u00e9 la Cote on fait un petit stop ou l&rsquo;on admire les premi\u00e8res lueurs de l\u2019aube qui commencent \u00e0 \u00e9clairer la chaine des Alpes. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de remette les cha\u00eenes, beaucoup de passages ou l\u2019on est pass\u00e9 sans encombres hier, risquent avec le froid d\u2019\u00eatre gel\u00e9es. Durant la descente \u00e0 travers la for\u00eat pour rejoindre St Genoux, les douleurs dans les genoux deviennent tr\u00e8s p\u00e9nible, j\u2019essaye\u00a0 au mieux de prendre mes appuis sur les talons pour les soulager. On arrive enfin au ravito de St Genoux, il est 7h45, 114 Km effectu\u00e9s, le jour est maintenant lev\u00e9. Th\u00e9, madeleines, Coca et un Doliprane, car j\u2019ai peur de ne pouvoir continuer si je ne prends pas d&rsquo;anti douleur. On retrouve Arthur et Bernard dans le ravito, le groupe des 180 s&rsquo;\u00e9toffe et l&rsquo;on repart en leur compagnie, direction Soucieux.<\/p>\n<p>C\u2019est sympa de s\u2019\u00eatre retrouv\u00e9, au del\u00e0 du plaisir d\u2019\u00eatre ensemble, cela me donne un coup de boost. en me rassurant sur le fait que je suis dans le rythme, car \u00e0 priori ce sont tous des coureurs ayant un niveau\u00a0 sup\u00e9rieur au mien. Ceci dit, rapidement je me retrouve d\u00e9croch\u00e9, la douleur aux genoux m&rsquo;oblige \u00e0 marcher. J\u2019en profite pour faire tourner la Go Pro, je l\u2019ai un peu laiss\u00e9e tomber durant la nuit et avec la belle lumi\u00e8re du matin sur la campagne, le soleil qui se l\u00e8ve, tout cela devrait donner quelques plans, qui j\u2019esp\u00e8re devraient plaire \u00e0 Th\u00e9o. Le Doliprane commence \u00e0 faire effet et je peux m\u2019engager \u00e0 un bon rythme et sans appr\u00e9hension dans la descente du bois de la Gorge, mais c&rsquo;est en remontant vers le Boulard, que je me prend 2 gamelles successives! Je suis un peu secou\u00e9, mais apr\u00e8s une gorg\u00e9e d\u2019eau et une profonde inspiration, je relance la machine.<\/p>\n<p>Pass\u00e9 le hameau du Boulard, c\u2019est la descente du bois de la Dame que je d\u00e9vale \u00e0 un bon rythme d&rsquo;autant que maintenant il fait compl\u00e8tement jour.\u00a0 Au bout de quelques m\u00e8tres dans la remont\u00e9e, vlan !Un s\u00e9rieux coup de pompe ! Plusieurs gars que j\u2019ai doubl\u00e9 dans la descente me reprennent et je n\u2019arrive que difficilement \u00e0 rester dans leur sillage. C&rsquo;est typique de l&rsquo;ultra cette alternance de moments difficiles et euphoriques, il me faut g\u00e9rer ce passage en allant chercher au fond de moi les ressources mentales pour d\u00e9passer cette envie de l\u00e2cher. D\u2019\u00eatre dans l\u2019introspection ne m\u2019emp\u00eache pas d\u2019avancer,et petit \u00e0 petit, je r\u00e9cup\u00e8re un peu d&rsquo;\u00e9nergie et j\u2019arrive \u00e0 me remettre au trop lors de la travers\u00e9e de la route. Ca y\u2019est la machine est relanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la travers\u00e9e dans la for\u00eat, c&rsquo;est la ferme du Grand Prost. Il reste le bois du Bouchat, la route jusqu\u2019\u00e0 Soucieux et une fois arriv\u00e9 \u00e0 Soucieux et bien je serais arriv\u00e9 \u00e0 Soucieux! Non, \u00e7a ne sera pas fini, mais l\u00e0 bas, je ferais le point. Le point de quoi? je ne sais pas, mais c\u2019est toujours bien de se fixer des \u00e9tapes. J\u2019ai toujours fonctionn\u00e9 comme cela sur les ultras : CP apr\u00e8s CP, ravito apr\u00e8s ravito, ne jamais globaliser la course, toujours l&rsquo;appr\u00e9hender section apr\u00e8s section. Une fois sorti du bois du Bouchat, je d\u00e9roule \u00e0 une bonne allure vers Soucieux, il fait beau, le paysage est superbe, quel plaisir de participer \u00e0 cette \u00e9preuve, c\u2019est avec la banane, que j\u2019arrive \u00e0 Soucieux. Il est 9h53, j\u2019ai boucl\u00e9 130 Km. Je retrouve Arthur, Bernard, Nicolas, mais aussi William et Jean Pierre. Patricia arrive peu apr\u00e8s, elle nous fait un petit p\u00e9tage de plombs et se retrouve en pleurs, allong\u00e9e par terre. Arthur la prend en main (au figur\u00e9) et lui explique qu\u2019il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;elle l\u00e2che l\u2019affaire. Ceci \u00e9tant, il va falloir se bouger car il est 10h, la barri\u00e8re horaire \u00e0 Soucieux est \u00e0 11h et si l\u2019on traine un peu trop on va se retrouver hors d\u00e9lai, tant pis pour le break que je pensais faire ici, je d\u00e9cide de prendre la foul\u00e9e de JP et William. Il ne faut pas trop r\u00e9fl\u00e9chir, c&rsquo;est bien connu, plus on s\u2019incruste quelque part, plus il est difficile d\u2019en partir.<\/p>\n<p>JP et William sont sur une strat\u00e9gie de 5 \u00e0 6, comprenez 5 mn \u00e0 6 km\/h suivi de 5 mn en marche \u00abrapide\u00bb, d&rsquo;apr\u00e8s leurs calculs, cela devrait nous amener \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e vers 13h30. Tr\u00e8s rapidement William a du mal \u00e0 suivre, ils nous propose de le laisser continuer seul, mais c\u2019est hors de question: \u00ab\u00a0Tu vas en chier mon gars, mais on va te trainer jusqu\u2019au bout s\u2019il le faut\u00a0\u00bb. Mes douleurs dans les genoux se sont r\u00e9veill\u00e9s et je souffre le martyr dans la descente vers le Garon, mais pas question de ralentir le rythme. Tour \u00e0 tour avec JP nous prenons les relais pour imprimer la cadence et haranguons William pour qu&rsquo;il ne renonce pas. Remont\u00e9e du Garon, travers\u00e9e de Chaponost, il est dimanche matin et les gens en sortant de chez eux, d\u00e9couvrent tous ces pauvres h\u00e8res, le regard hallucin\u00e9 \u00e0 la d\u00e9marche pas vraiment ssur\u00e9e.Tout le monde ne tient plus qu&rsquo;au mental, les jambes ne sont plus qu&rsquo;une m\u00e9canique branch\u00e9e sur un cerveau qui n&rsquo;\u00e0 qu&rsquo;un leitmotiv: rejoindre le Palais des Sports. Chacun avec son mantra perso : nous avec JP et William, on fait le d\u00e9compte de la distance, en hurlant \u00e0 chaque km parcourus, le nombre restant. Peu avant le parc du Boulard, Arthur, Nicolas et Patricia nous rejoignent, notre regroupement interpelle les concurrents qui nous entourent. Cela devient m\u00eame de la stupeur quand ils comprennent dans quelle aventure on est engag\u00e9e.<\/p>\n<p>Arthur donne le rythme et l\u2019on d\u00e9vale la descente de Chaponost, je serre les dents, la douleur dans les genoux est terrible, mais il n\u2019est pas question que je sois l\u00e2ch\u00e9. Je regrette un peu de laisser JP et William, mais en restant au contact d&rsquo;Arthur, en plus de l&rsquo;assurance de rejoindre l&rsquo;arriv\u00e9e en temps et en heure, il y a un sentiment de fiert\u00e9 de pouvoir arriver en leur compagnie, notamment Arthur grand maitre de cette 180. Les sensations se bousculent, la souffrance physique se m\u00eale \u00e0 la joie de savoir que je vais en terminer et \u00e0 celle de partager ces derniers kilom\u00e8tres avec mes trois partenaires. Nous sommes \u00e0 Beaunant, un panneau annonce le ravito \u00e0 500 m alors qu\u2019il se trouve \u00e0 50 (pour une fois que c\u2019est dans ce sens&#8230;). C\u2019est le dernier ravitaillement, il reste moins de 10Km normalement, il est 12h15, 140 Km ont \u00e9t\u00e9 parcourus. J\u2019ai la dalle, je mange un peu de tout ce qui me tombe sous la main :saucisson, jambon, pain, madeleines, p\u00e2tes de fruit. Un b\u00e9n\u00e9vole m&rsquo;encourage :\u00a0\u00bbAllez! Pas question d\u2019arr\u00eater ici\u00bb. Je ne r\u00e9pond pas, mais il voit dans mon regard qu\u2019il n\u2019en est pas question. Mes 3 comp\u00e8res ont d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 le ravito, nous sommes pr\u00eats \u00e0 affronter la mont\u00e9e de l&rsquo;aqueduc.<\/p>\n<p>Il est hors de question de subir la mont\u00e9e, sinon cela va \u00eatre un calvaire et je me lance dans l&rsquo;ascension les yeux riv\u00e9s sur le bout de mes chaussures, les mains sur les cuisses. Inspiration, expiration, je n\u2019ai pas les b\u00e2tons mais j&rsquo;adopte la m\u00eame gestuelle et technique que pour grimper un col. J&rsquo;oublie l\u2019environnement, je n&rsquo;\u00e9coute pas les douleurs, concentr\u00e9 sur une seule chose, avancer, un pas apr\u00e8s l&rsquo;autre en maintenant la cadence. Quand je sens que la pente s\u2019adoucit, je l\u00e8ve enfin les yeux et aper\u00e7oit un \u00abStop\u00bb \u00e0 une trentaine de m\u00e8tres, voil\u00e0 c&rsquo;est mon objectif. Il y a de la satisfaction quand j\u2019atteins le panneau, certes j\u2019ai le souffle un peu court, mais je ne suis pas explos\u00e9 et n\u2019ai pas les cuisses t\u00e9tanis\u00e9es par l\u2019effort. D\u00e9sormais il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 se laisser glisser jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e. Arthur prend la direction des op\u00e9rations, je me cale en queue de notre petit groupe, afin de r\u00e9cup\u00e9rer. Je reconnais plus ou moins les passages que l\u2019on a emprunt\u00e9s hier matin, ceci dit l&rsquo;heure n&rsquo;est pas au tourisme, mais plut\u00f4t \u00e0 ne pas \u00eatre d\u00e9croch\u00e9.On traverse un square, puis c&rsquo;est un encha\u00eenement de rues et le panneau des 5 Km. Quoi? Encore 5 Km??!!!\u00a0 Le manque de lucidit\u00e9 commence \u00e0 se faire sentir, la perception du temps et de la distance parcourue deviennent tr\u00e8s al\u00e9atoire. Ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9current sur la fin des Ultras, les centaines de m\u00e8tres qui durent des kilom\u00e8tres, les minutes \u00e0 100 secondes&#8230;<\/p>\n<p>Voil\u00e0 enfin les escaliers du Grapillon, mais pas le temps de profiter de le vue, on se lance dans la descente. M\u00eame strat\u00e9gie que pour la mont\u00e9e de l\u2019aqueduc, ne pas r\u00e9fl\u00e9chir, on verra une fois en bas. C\u2019est parti, marche apr\u00e8s marche \u00e0 bonne allure, sans temps mort. J\u2019utilise la balustrade pour l\u2019\u00e9quilibre, appui sur les talons et les Hoka font le reste. Quelle b\u00e9n\u00e9diction ces chaussures, je ne ressens quasiment pas l\u2019impact et je d\u00e9vale les escaliers \u00e0 un rythme qui me surprend moi m\u00eame. Je suis concentr\u00e9 \u00e0 bloc, les yeux riv\u00e9s sur mes pieds afin de ne pas rater une marche, je distingue du coin de l\u2019\u0153il quelques coureurs qui descendent en crabe, visiblement ils souffrent le martyr. Le doliprane pris \u00e0 Beaunant doit faire effet car malgr\u00e9 la douleur dans les genoux je garde la cadence et prends m\u00eame du plaisir.<\/p>\n<p>Au pied de ces quelques centaines de marches, direction le quai de Sa\u00f4ne, on croise le panneau 3 Km avant de s\u2019engager sur le pont de la Mulati\u00e8re. J\u2019envoie un SMS \u00e0 Th\u00e9o pour le pr\u00e9venir de notre arriv\u00e9e, dans 3 Km&#8230; Le pont Pasteur ou l&rsquo;on croise pas mal de promeneurs, indiff\u00e9rents \u00e0 notre passage, puis la rive droite avec le panneau des 2 Km. Th\u00e9o est l\u00e0, je suis content de le retrouver et puis il y a un peu de fiert\u00e9 \u00e0 lui montrer, \u00e0 ce jeune sportif, ce que son vieux p\u00e8re peut encore r\u00e9aliser. Il fait quelques images et recueille mes premi\u00e8res impressions, malgr\u00e9 la fatigue j\u2019essaye d&rsquo;y r\u00e9pondre intelligemment. Arthur acc\u00e9l\u00e8re alors que nous p\u00e9n\u00e9trons dans le parc, pas question de terminer au ralenti. Le plaisir illumine le visage de mes compagnons. Sans avoir besoin de l&rsquo;exprimer chacun de nous est conscient de la valeur de ces moments. On l\u2019a fait! Mon t\u00e9l\u00e9phone n\u2018arr\u00eate pas de bipper, les amis, la famille, tous m\u2019envoient des messages de f\u00e9licitations. Le panneau du dernier kilom\u00e8tre! Cela signifie 149 Km de parcourus! Difficile de r\u00e9aliser dans l&rsquo;instant, toutes ces \u00e9motions me d\u00e9passent, c\u2019est vraiment un moment tr\u00e8s fort. On double quelques concurrents \u00e0 la peine, le contraste avec nous 4 est saisissant, l&rsquo;adr\u00e9naline et l&rsquo;intensit\u00e9 des \u00e9motions que l&rsquo;on ressent nous procurent une telle \u00e9nergie, qu&rsquo;on semble voler jusque \u00e0 la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e.<\/p>\n<h2>L&rsquo;arriv\u00e9e<\/h2>\n<p>Une longue ligne droite, le panneau des 150 derniers m\u00e8tres, un virage \u00e0 gauche et au bout c&rsquo;est l\u2019arche d\u2019arriv\u00e9e. 75, 50, 25, 10m, nous finissons main dans la main, il est 13h35, nous avons termin\u00e9 la 180. Avant de passer la ligne, Biscotte et le p\u00e8re de Jean Fran\u00e7ois nous remettent les maillots de finishers,Th\u00e9o et l&rsquo;\u00e9quipe de Tout le Sport de France 3 sont l\u00e0 !Incroyable ! Franchir la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e, ensemble, avec le maillot de finisher sur le dos avec la t\u00e9l\u00e9vision ! Waouh ! C&rsquo;est magique! Il reste encore quelques m\u00e8tres pour rejoindre l\u2019arriv\u00e9e officielle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Palais des Sports, nous les effectuons, main dans la main et c&rsquo;est sous l&rsquo;ovation des quelques 100000 spectateurs (j\u2019exag\u00e8re juste un peu) que nous p\u00e9n\u00e9trons dans le Palais des Sports. Nous sommes accueilli au micro, comme des vainqueurs, par Michel Sorine, grand ma\u00eetre de la Saint\u00e9lyon. C\u2019est \u00e9norme, je n\u2019aurais jamais imagin\u00e9 une aussi belle arriv\u00e9e, l\u00e0, j\u2019avoue que j\u2019ai un peu la gorge nou\u00e9e, les yeux humides.<\/p>\n<p>Je n\u2019arrive pas \u00e0 quitter l\u2019aire d\u2019arriv\u00e9e, des concurrents de la Saint\u00e9lyon qui en terminent nous f\u00e9licitent, certains nous regardent d\u2019un air un peu incr\u00e9dule. Je finis par me diriger vers un stand ou je r\u00e9cup\u00e8re le maillot de finisher de la Saint\u00e9lyon, que je range illico dans mon sac, il a beaucoup de valeur, mais en comparaison avec celui que j\u2019ai sur le dos il n\u2019y pas photo. A propos de photo, on pose pour celle du groupe des \u00ab finishers \u00bb avec nos amis d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9s. Il est difficile de se s\u00e9parer, ces moments partag\u00e9s, autant dans l\u2019effort physique que dans\u00a0 les \u00e9changes humains, ont cr\u00e9\u00e9 un lien qu&rsquo;il est difficile de briser. Un instant aussi fort que cette arriv\u00e9e, \u00e0 l\u2019issue d\u2019une telle aventure restera un souvenir inoubliable. En sortant de l&rsquo;aire d&rsquo;arriv\u00e9e un jeune gars m\u2019interpelle et me demande comment il est possible de r\u00e9ussir une telle \u00ab\u00a0performance\u00a0\u00bb (surtout pour un vieux comme moi, doit il penser)? Pas vraiment pr\u00eat pour une analyse \u00e0 froid, je lui r\u00e9ponds:\u00a0\u00bb Ben, il suffit d\u2019y croire, si on a d\u00e9j\u00e0 fait la partie aller, apr\u00e8s il suffit d&rsquo;encha\u00eener sans trop r\u00e9fl\u00e9chir, avec le retour\u00a0\u00bb. Finalement, je d\u00e9laisse les nouilles chinoises du repas d&rsquo;apr\u00e8s course (je r\u00eavais de quelque chose de plus consistant &#8230;) pour retourner saluer mes compagnons avant de rentrer. Cela me fait bizarre\u00a0 de leur dire au revoir, depuis plus de 30 heures nous avons tout partag\u00e9 et maintenant chacun repart de son c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un passage au Mac Do (plus en ad\u00e9quation avec nos envies gustatives) , nous voil\u00e0 avec Th\u00e9o de retour sur l\u2019autoroute en direction de Saint Etienne. C\u2019est une autre \u00e9preuve qui nous attend, je n\u2019ai pas eu d\u2019envie de dormir durant toute cette nuit, mais cela me tombe dessus et je n\u2019arrive plus \u00e0 garder les yeux ouverts. Th\u00e9o est \u00e9puis\u00e9 lui aussi, il n\u2019a pas couru mais il bosse depuis 30h non stop, il va malgr\u00e9 tout nous ramener \u00e0 bon port. C&rsquo;est en repassant devant la raffinerie de Feyzin que je prends conscience que depuis notre passage ici, hier matin,\u00a0 j&rsquo;ai boucl\u00e9e la 180 et que comme j&rsquo;y avais song\u00e9, j&rsquo;ai vraiment v\u00e9cu encore une fois une aventure incroyable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<a href=\"https:\/\/www.wanarun.net\/blog\/histoire-aller-retour-doyenne-36667.html\"><img width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.wanarun.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/wanarun-saintelyon-0311-150x150.jpg\" class=\"alignleft tfe wp-post-image\" alt=\"\" loading=\"lazy\" srcset=\"https:\/\/www.wanarun.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/wanarun-saintelyon-0311-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.wanarun.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/wanarun-saintelyon-0311-100x100.jpg 100w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><p>Le Prologue Quelle qu\u2019en soit la raison, se rendre \u00e0 Lyon reste toujours une forme de d\u00e9fi pour un St\u00e9phanois. 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