Vous aimez courir ? Lui déteste le tennis…


 

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler Tennis… Pas pour vous commenter les matchs des tournois de Stuttgart ou de Rome (encore que je serais curieux de savoir combien de kilomètres font certains joueurs sur terre battue en un match), mais pour vous parler d’un livre qui avait fait parler de lui à sa sortie fin 2009 : Open, de André Agassi.

Quel est l’intérêt de vous en parler ? Déjà pour l’aspect purement littéraire : à partir du moment où ce livre est tombé entre mes mains et que j’en ai lu les premières pages, j’ai été complètement pris par l’histoire, à en oublier mes chaussures de course au fond du placard. Et ce n’est pas simplement parce que j’apprécie le sport en général et que je m’intéresse un minimum au tennis. C’est tout simplement que cette autobiographie d’Agassi, de son enfance à sa retraite, est un régal pour les yeux : riche en aventures, en détails croustillants et/ou surprenants et écrit dans un style simple qui nous emporte du début à la fin. Pour le style, il faut dire qu’Agassi a collaboré avec J. R. Moehringer, vainqueur d’un prix Pulitzer. Ça doit aider !

Ensuite, ce qui surprend dans ce livre, c’est évidemment le rapport d’Agassi au tennis : il le déteste. Et pourtant, il en a fait sa vie. Pour diverses raisons, il s’est battu, il s’est fixé des objectifs d’excellence, il a persévéré même dans les moments difficiles… alors que visiblement il n’y prenait aucun plaisir. Pourquoi ? Je vous laisse découvrir les réponses dans le livre.

Mais la question que je me pose alors (c’est bon Manu j’en arrive enfin à la course à pied ;)) c’est : Peut-il y avoir un cas similaire dans la course à pied ?

La majorité des pratiquants comme vous et moi évoque généralement la notion de plaisir dans la course à pied. Mais qu’en est-il au plus haut niveau ? J’aurai eu tendance à répondre Non, ce n’est pas possible entre autre parce que la course à pied est un sport assez peu rémunérateur  par rapport à d’autres sports. Une comparaison possible parmi bien d’autres : le vainqueur du marathon de Paris 2010 a touché une prime de 50000 euros alors que chaque joueur de l’Olympique Lyonnais a eu une prime de 100000 euros pour avoir éliminé Bordeaux en Ligue des Champions. Mais avec un peu de recul, je ne suis pas certain que mon argument tienne la route : certes le fossé (ou gouffre) avec d’autres sports est énorme, mais 50000 euros représente tout de même pour certains presque toute une vie de travail (salaire annuel moyen en Éthiopie : 796$US pour les femmes et 1316$US pour les hommes).

Donc peut-être que dans certains pays en développement où le sport, la course à pied en particulier, est une réelle opportunité pour faire vivre toute sa famille, on peut trouver des athlètes de haut niveau doués pour la course, s’entrainant extrêmement dur mais haïssant cette discipline…

Difficile en tout cas d’imaginer Haile Gebreselassie révéler qu’il déteste la course à pied. Et pourtant, qui peut en jurer ?

Et vous, pensez vous qu’il y ait des champions n’aimant pas courir ?

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