Archive pour le mot-clef ‘ultra’

Vrai Test Chaussures de Trail Inov-8 Flyroc 310 – CONCLUSION

Lundi 12 juillet 2010

Chose promise, chose due … Dans mon article précédent , j’avais écrit que je transposerais mon plan d’entraînement route en cours (en l’occurrence le plan 306 du site athlete-endurance.com) et que je réaliserais toutes les séances dans la vallonnée forêt de Saint Cucufa, Inov-8 Flyroc 310 aux pieds en lieu et place de mes Vibram. Et bien, c’est ce que j’ai fait … et même plus, le tout sous des chaleurs écrasantes (36°C).

Une petite séance de VMA pour commencer : 12×200m sur un sentier très sinueux en faux-plat, sol mi-dur, mi-sablonneux et très sec. Résultat : une vitesse de 17,9 km/h sur les fractionnés, très légèrement inférieure à ce que je réalise sur route avec mes Vibram, mes adizero ou mes Zoot. Excellentes sensations grâce au système Meta-Flex qui permet à la semelle de se plier complètement au niveau des métatarses (voir photo ci-contre). Cette souplesse de la semelle, me permet de courir sur l’avant du pied comme je le fais habituellement et donc, en VMA, de bien griffer le sol, même sur les parties molles du sentier où les crampons situés sous la semelle évitent de “patiner”. Excellent maintien du pied et pas de torsion de la cheville en passant sur des racines.

Une séance d’endurance fondamentale d’une heure pour continuer, sur tous types de chemins : sol dur, sol sablonneux, cailloux, gravillons, macadam … secs et avec pas mal de montées / descentes. J’ai bien apprécié la relative légèreté de la chaussure, la souplesse de la semelle toujours évidemment ainsi que l’excellente accroche en montée et en descente.

Une séance de fractionné long (6×3 minutes à 90% de VMA avec 1′30 de récup) assez difficile compte tenu de la chaleur et du parcours – très fourni en dénivelées successives sur la fin. Là encore, j’ai apprécié la souplesse de la semelle qui, contrairement à la vaste majorité des chaussures de trail présentes sur le marché, permet de courir sur l’avant/milieu du pied et donc d’offrir un dynamisme exceptionnel à la Flyroc 310 lors des séances techniques rapides.

Et pour terminer la semaine en beauté, une sortie longue matinale de 2h30. Je peux vous dire que, maintenant, plus aucun sentier de St Cucufa ne m’est inconnu. Je ne reviens pas sur la souplesse de la semelle, la légèreté de la chaussure, l’excellente accroche, le très bon maintien du pied et la liberté qui lui est offerte dans le chausson. Juste un petit mot pour vous dire que, malgré la chaleur, mes pieds n’ont subi ni échauffement particulier ni sudation excessive. Les Flyroc 310 sont le modèle longue distance de la gamme Inov-8, ceci explique sans doute cela.

Une petite anecdote avant de conclure : comme il n’a pas plu cette semaine et que je voulais, malgré tout, tester l’étanchéité de la chaussure, je l’ai trempée abondamment au tuyau d’arrosage. Et bien, mes pieds sont restés quasiment au sec.

Je vais vous faire un aveu : l’Inov-8 Flyroc 310 m’a fait – presque – apprécié le trail ! Alors que jusqu’à présent, tous les essais que j’avais pu faire ne m’avaient pas franchement convaincu (les semelles beaucoup trop raides !), j’ai trouvé ici chaussures à mon pied et surtout à ma foulée (foulétus minimalistus sur l’avant du pied). Ces Inov-8 Flyroc 310 ont tout pour – me – plaire : légèreté, souplesse de la semelle au niveau des métatarses, confort, dynamisme, dimensionnement pour les sorties longues … Je les recommande donc vivement !


Vrai Test chaussures de trail Inov-8 Flyroc 310 Premières impressions

Lundi 5 juillet 2010

Depuis mon article de présentation des Inov-8 Flyroc 310 la semaine passée, figurez-vous que j’ai fait du trail ! Si si, je vous assure et ce malgré une certaine aversion – que vous connaissez bien – pour la discipline, aversion dont les trois causes sont : 1) la trop grande rigidité des semelles des chaussures de trail qui m’empêche de développer ma foulée sur l’avant du pied 2) – conséquence du 1 – l’impossibilité de m’entraîner comme je le fais sur route avec un rythme soutenu 3) une musculature pas adaptée à la discipline – je n’ai pas de cuisses de footballeur, co

Après 3 séances d’une heure chacune en Inov-8 Flyroc 310, j’ai radicalement changé d’avis. Enfin, quand je dis radicalement, c’est un peu exagéré évidemment, comme à mon habitude. Je n’en suis pas encore à envisager la possibilité d’éventuellement m’inscrire à l’EcoTrail 2011 mais j’ai pris, pour une fois – et c’est sincère – du plaisir à courir en nature :-) Et pourquoi donc ai-je pris du plaisir ? Tout simplement parce qu’avec ces Flyroc 310, j’ai réussi à courir comme je le fais sur la route ! Et hop, cause 1 et cause 2 évaporées … pour les cuisses, on peut sans doute y remédier si je souhaitais poursuivre dans cette voie.

Conçues dans un esprit “minimaliste” - dixit Inov-8 – tout en restant relativement classiques dans la forme, les Flyroc 310 offrent une semelle remarquablement flexible au niveau des métatarses et c’est cette propriété qui m’a permis de courir sur l’avant du pied alors qu’avec d’autres chaussures de trail, j’ai l’impression de courir avec des sabots tellement la semelle est rigide. D’ailleurs, pour tester le degré de minimalisme de la Flyroc 310, j’ai effectué ma première séance de trail … sur route. Je n’ai pas pulvérisé mon meilleur temps sur 100m – crampons sous la semelle obligent – mais j’ai réalisé une belle séance d’endurance à un petit 13 km/h sans aucun souci. Publicité non mensongère donc : “esprit minimaliste es-tu là ?” “Oui !”.

Comme les Flyroc 310 sont quand même des chaussures de trail et que pour la route, j’ai quand même plus efficace dans mon stock, j’ai effectué mes 2 autres séances en sous-bois et sur chemins caillouteux avec pas mal de dénivelé et c’est là où j’ai été bluffé car sur toutes les portions planes ou en montée, j’ai réussi à développer ma foulée sur l’avant du pied, ce qui m’a permis d’atteindre une vitesse de course très intéressante par rapport à mes précédentes expériences dans le domaine et l’impression que finalement, le trail ce n’est pas que se traîner sur des chemins pas faits pour la course à pied.

Minimaliste par sa souplesse, la semelle de la Flyroc 310 n’en assure pas moins une excellente protection du pied. L’accroche est, par ailleurs, parfaite, même en descente sur gravillons. Le chausson est très enveloppant mais laisse au pied une grande liberté de mouvement. A noter que par forte chaleur, il ne cause pas de sudation excessive – bien que pour la première fois depuis des lustres, j’ai dû mettre une paire de chaussettes. Au contraire, il est très respirant tout en étant totalement imperméable. Une fois au pied, la chaussure se laisse complétement oublier tant elle est confortable.

Premières impressions très positives donc, qui demandent à être confirmées. Pour ce faire, je vais d’ailleurs m’entraîner uniquement en trail pendant toute la durée de mon plan 10 km en cours en réalisant mes séances exactement comme je les ferais sur route (VMA, EMA, endurance, SL). La suite au prochain numéro :-)


Interview : LEIF RUSTVOLD coureur d’ultra … barefoot

Samedi 3 juillet 2010

Maintenant que des revues spécialisées francophones telles que Jogging International ou Zatopek ont ouvert leurs portes au barefoot et au minimalisme, je peux me permettre d’en reparler de temps en temps sur Wanarun, n’en déplaise à certains :-)

Aujourd’hui, pas de grandes théories ni d’avis personnel sur le sujet, mais juste une interview. Dans le rôle de l’interviewé, Leif Rustvold, 35 ans, Américain, de Portland (Oregon) coureur, amateur, d’ultra et adepte combiné du barefoot et du minimalisme. Interview réalisée alors que Leif venait de terminer la très difficile Western States 100 (miles pas kilomètres) en … Vibram Five Fingers KSO – qui a dit que les VFF ne permettait pas de courir sur de longues distances ?. Pour les résultats, c’est ici.

Comment vous définiriez-vous ? Barefoot, minimaliste, les deux à la fois ?

Je crois déjà en l’efficacité générale des principes du minimalisme. Ensuite, chaque fois que je le peux, je cours pieds nus. Ce qui est très facile sur route, même pour un ultra et j’ai aussi couru un peu sur des parcours de trail. Mais il faut être réaliste, courir sur des sentiers de montagne sans aucune protection du pied n’a pas de sens. Aussi, en trail, je cours en Vibram Five Fingers.

Avant de vous lancer dans le barefoot, quel était votre vécu d’athlète ?

Je cours régulièrement depuis mon adolescence et de temps à autre il m’arrivait même de courir un marathon. C’est à partir de 2004 que j’ai commencé à aborder la chose de manière plus sérieuse, notamment en matière d’entraînement. Depuis, je dispute chaque année plusieurs ultra-trails. A l’époque, je courais avec des chaussures pronateur amorties que m’avait conseillées un magasin spécialisé.

Quand avez-vous débuté le barefoot ?

Un peu de barefoot dès 2004 mais j’ai réellement démarré le minimalisme en 2007 et le barefoot compétitif en 2009.

Pourquoi avoir fait ce choix ?

J’ai toujours essayé d’appliquer ce que j’avais appris lors de mes études d’anthropologie à la course à pied. Et, convaincu que l’être humain est, à la base, fait pour courir, j’ai examiné dans le détail son évolution au cours des millénaires pour essayer d’améliorer mes performances.  Et si l’être humain est “fait pour courir”, pourquoi a-t-il besoin de chaussures ? J’ai donc décidé de … tester cette théorie par moi-même.

Au début et sur les conseils d’un centre d’entraînement spécialisé, j’ai commencé par une sortie hebdomadaire assez courte pour renforcer pieds et chevilles. Sur ces sorties, que j’appréciais, il m’arrivait, de temps en temps, d’attraper des ampoules ou de ne pas me sentir vraiment en forme alors régulièrement je retournais à mes chaussures, craignant de me blesser avant ma prochaine course. J’ai acheté ma première paire de Vibram, des Sprint, en 2007. Il n’était plus alors question de retourner à mes anciennes chaussures et avec les VFF, j’ai également pu me lancer dans le trail “barefoot-style”.

Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que, d’une part, toutes ces “pré-blessures” tenaces qui me pourrissaient la vie disparaissaient … en même temps que mes chaussures classiques, d’autre part, qu’au final, j’adorais ces nouveaux pieds, plus forts, plus sains et qu’en plus cela n’impactait en rien mes performances, bien au contraire, puisque j’ai établi pas mal de mes personal bests au bout de ma première année en VFF.

Le vrai barefoot m’a toujours tenté mais y consacrer un temps non négligeable alors que je dispute essentiellement des ultra-trails n’a pas de sens. Comme on dit “entraînez-vous comme vous allez courir”. Cependant, en 2009, j’ai déménagé, et je me suis retrouvé un peu loin de mes sentiers d’entraînement, surtout lors de mes sorties courtes. Alors, je me suis mis à courir sur les trottoirs … barefoot et j’ai complètement accroché. Soudain, courir sur route est redevenu passionnant et j’ai même réintégré des courses sur route à mon programme annuel.

Comment avez-vous vécu la transition vers le minimalisme ?

Je suis un chaud partisan d’une transition lente. Soit en mélangeant chaussures classiques et minimalisme. Soit en retournant à la case départ et en réapprenant à courir depuis le début. La clé du succès réside dans une adaptation progressive des tissus du pied et du bas de la jambe. Avant de songer à accroître ses kilométrages, il faut être capable de bien sentir le renforcement de son pied.

Personnellement, j’ai donc commencé par une sortie tranquille et courte en VFF chaque semaine. J’ai pu rapidement courir une quinzaine de kilomètres sans souci. Par contre, je suis ensuite resté à cette distance maxi pendant plusieurs mois pour que mon corps s’habitue à ces nouvelles sensations. Je n’ai rien changé au reste de mon programme d’entraînement – en chaussure. Ensuite, j’ai réalisé toutes mes sorties courtes en VFF, sachant que le court s’est … allongé au fur et à mesure, jusqu’à … 100 Kmiles (laugh).

Quelle a été votre première compétition minimaliste ?

Peterson Ridge Rumble, en 2008, un 60 Kmiles. Une meilleure perf sur la distance et de super sensations avec mes VFF.

Combien de compétitions depuis ?

35 ultras “minimalistes” et 14 marathons avec ou sans chaussures. J’ai couru 1 ultra et 1 marathon totalement pieds nus ainsi que 4/5 courses plus courtes, tout en poussant un landau avec mes filles dedans.

Sur une compétition, comment faites-vous le choix barefoot ou minimaliste ?

Si c’est faisable pieds nus sans risque, je pars pieds nus. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai réalisé mes meilleures perfs durant ma première année minimaliste. Aujourd’hui, avec des enfants en bas-âge, je n’ai plus le temps de travailler ma vitesse aussi je me fixe des objectifs minimalistes que j’essaie d’atteindre.

L’entraînement ?

Difficile en ce moment avec les enfants et le boulot. J’essaie de placer mes sorties courtes dans la semaine, parfois pour me déplacer dans le cadre de mes activités. J’essaie aussi de disputer une course par mois, marathon ou ultra et réalise une ou deux autres sorties longues les week-ends. En matière de cross-training, je fais également du renforcement musculaire et du mono-cycle.

Est-ce que votre conception du barefoot, s’accompagne d’une philosophie de vie ?

Comme je l’ai déjà signalé, je suis très influencé par mes études en anthropologie. En matière d’alimentation, par exemple, j’ai également étudié l’évolution pour optimiser ma façon de manger et bien avant qu’on parle de régime paléo, j’avais déjà élaboré mon propre régime alimentaire. En matière de renforcement musculaire, je ne vais jamais en salle de musculation, tout est basé sur des mouvements naturels, de l’équilibre …

Le barefoot est-il un phénomène de mode tiré par le succès de Born to Run ?

Il y a clairement en ce moment un engouement passager qui va aller en s’essoufflant sous sa forme actuelle mais tant les résultats scientifiques qui tombent régulièrement, qu’une meilleure réceptivité du grand public, me laissent à penser que le minimalisme n’est pas prêt de s’éteindre. Mon idée est que les grands équipementiers vont en adopter les principes et mettre sur le marché des modèles qui rendent au pied sa liberté. Pour ma part, je suis le mouvement actuel et essaie, autant que faire se peut, de dispenser quelques conseils pour bien débuter et éviter les blessures.

Est-ce que vous pensez que le barefoot / minimalisme s’adresse à tout le monde ?

J’ai vu des gens qui n’arrivaient pas à courir confortablement en chaussures, être métamorphosés en … coureurs après les avoir ôtées. D’ailleurs, je ne vois aucune raison pour démarrer la course à pied en chaussures. Si vous pouvez les éviter, évitez-les.

Cela dit, je porte une attention toute particulière aux expériences des uns et des autres pour voir comment les corps réagissent. Cette approche anthropologique me donne à penser que la vaste majorité des runners pourraient courir sans chaussures. Bien entendu, certaines blessures, certains malformations, certaines conditions font que pour quelques uns, utiliser leur corps comme à l’origine de l’humanité, demeurera impossible. Mais toutes les études scientifiques récentes tendent à prouver que pour les autres, il n’y a pas de souci.

Une question qui n’est pas de saison, le barefoot en hiver ?

Courir pieds nus renforce non seulement le pied mais également nos sensations et notre capacité à courir sur tous types de surface sans inconfort. Bien que le thermomètre ne descende pas longtemps en-dessous de zéro dans l’Oregon, il m’est arrivé de courir pieds nus en hiver. Je cours dans la neige avec mes Vibram. Je fais attention, cela va de soi, pour éviter les blessures mais je ne crains pas le froid.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs désireux de se lancer dans le barefoot ?

Mettez-vous dans la peau d’un explorateur. Ecoutez votre corps. Progressez lentement, intelligemment, en faisant attention. Soyez prêts à renoncer au cas où. Et surtout, faîtes-vous plaisir !


Vrai Test Chaussure Trail INOV-8 FlyRoc 310 – Présentation

Lundi 28 juin 2010

J’en entends déjà dire, connaissant mes rapports difficiles avec le trail : “encore du caviar pour un caniche” :-)   Sauf que le dit caniche – d’ailleurs, l’espèce en général, je peux en témoigner – est têtu et qu’il a décrété qu’il finirait par prendre goût à la chose tout-terrain. Alors pourquoi pas avec ces Flyroc 310 d’Inov-8 ? Je tiens d’ailleurs à remercier Raidlight, qui distribue la marque en France, pour ce nouvel essai de conversion.

Un petit mot sur Inov-8 (http://www.inov-8.com) pour commencer. Cet équipementier sportif Anglais s’est spécialisé, depuis sa création, dans l’outdoor, ce qui signifie, en ce qui concerne les chaussures, une attirance quasi exclusive pour le trail avec un nombre de modèles impressionnant : mixtes, trail court, trail long, ultra … (voir ici.)

Inov-8 s’est également clairement positionné sur le créneau de la légèreté : le mot “minimalisme” n’est pas explicitement évoqué, mais il est intéressant de noter l’encart “Still not sure about barefoot ?” sur la homepage du site web :-) Contrairement aux autres équipementiers, Inov-8 accepte le débat en proposant des solutions “intermédiaires” entre le tout amorti et le nu-pied absolu. Cela dit, les solutions retenues par Inov-8 sont assez éloignées de celles de Vibram ou de Terra Plana. Le travail porte plutôt sur la légèreté (bis), la liberté de mouvement du pied, la souplesse et la réponse de la semelle, tout en assurant un confort et une protection maximale au trailer. Un beau challenge !

Mais revenons au modèle que je vais tester : la Flyroc 310. Le modèle longue distance de la gamme – devrais-je déjà songer à m’inscrire à l’EcoTrail 2011 ?. Je ne vais pas entrer dans le détail du détail technique dès ce premier article mais, j’ai noté deux points particulièrement intéressants pour le runner minimaliste que j’essaie de devenir :

META-FLEX : une “zone de pli” de la semelle au niveau des métatarses qui permet, pour ceux que cela intéresse, une attaque de l’avant du pied et pour les autres un déroulé complet.

MET-CRADLE : une protection des métatarses pour les longues distances.

Du point de vue esthétique, cette Flyroc 310 est particulièrement réussie. Une dominante de gris pour la partie extérieure (la photo n’est pas flatteuse, l’harmonie de couleurs est plus réussie que cela en réalité) et un bleu profond pour l’intérieur ainsi que le nylon qui assure le serrage parfait et robuste des lacets.

La semelle – je ne reviens pas sur META-FLEX – présente des crans de 6-7 mm de hauteur régulièrement répartis. Ces crans sont de forme parallélépipédique, sans différentiation de pente avant / arrière, donc pas d’accroche préférentielle.

En statique, la chaussure est très enveloppante et confortable. L’arrière du chausson est souple tout en assurant un bon maintien – aucun risque d’ampoule donc. Le pied trouve naturellement sa place dans le chausson et – miracle – il peut bouger. Le système META-FLEX fonctionne à merveille. Pointe posée au sol, on peut plier la semelle en soulevant le pied quasiment à 90°. Remarquable de souplesse comparé à d’autres modèles de trail que j’ai déjà pu tester. La première impression est donc très favorable.

Je vais essayer de passer deux séances de trail cette semaine pour vous donner rapidement mes premières impressions en dynamique d’ici vendredi.


Littérature : MILLAU LA LONGUE ROUTE par Thierry GIMENEZ

Lundi 21 juin 2010

J’avoue d’emblée qu’habituellement j’ai beaucoup de mal avec ce type d’ouvrage. Vous avez participé à une compétition, très bien, tant mieux pour vous. Mais, plutôt que d’en limiter la publicité à votre belle-mère, vos collègues de travail et votre jolie voisine, pourquoi diable éprouvez-vous le besoin de coucher votre expérience sur papier et – tenter – d’en faire profiter la terre entière ? Après tout vous n’êtes pas le seul à l’avoir faite cette course ! Et s’il s’agit pour vous d’une catharsis, prenez rendez-vous avec votre psy préférée.

C’est donc avec cet a priori plus que négatif que je me suis lancé dans la lecture de MILLAU LA LONGUE ROUTE de Thierry Gimenez, après que l’auteur m’en ait envoyé un exemplaire. En plus et je l’avoue là encore volontiers, je n’éprouve pas de grandes affinités pour les ultras. Ma distance, LA distance, c’est le marathon, avec toute la symbolique historique et les légendes qu’il véhicule. Les 100km, pfff ! Bref, Thierry, mais vous ne le saviez sans doute pas, c’est en de biens mauvaises mains que vous aviez remis le fruit d’heures interminables de travail.

Sachez Thierry que, finalement, vous avez bien fait ! Vous avez, en effet, réussi, non seulement, à capter mon attention, mais aussi, à m’intéresser. Certes, vous ne m’avez pas convaincu de m’inscrire à la prochaine édition des 100 km de Millau, courir 10, 12, 14h alors que ma seule ambition dans la vie est de courir en moins de 3h, ne sera jamais ma tasse de thé, même si à la lecture de votre livre, je comprends mieux ce qu’on peut ressentir dans ce type d’épreuves. Mais, votre but, de toute façon n’était pas de faire du prosélytisme.

J’ai d’abord aimé votre langue. Des mots simples, une lecture fluide et vous avez parfaitement évité l’écueil du “je fais-ci, après je fais-ça et ensuite ceci-celà”, qui est le risque inhérent à ce genre de récit. J’ai aussi aimé la construction de l’ouvrage : à la fois linéaire comme les kilomètres qui défilent mais aussi sinueuse comme les méandres du parcours où les pensées diverses et variées qui ont le temps de s’entrechoquer dans votre cerveau pendant ces 13 heures – pardon 12h 59 minutes et 4 secondes) seul, ou presque, face à votre destin. Vos réflexions sur la vie, sur le monde tel qu’il fut, tel qu’il est et tel qu’il sera, dans leur spontanéité, petites touches de peinture éparses sur le canevas kilométrique du récit, donnent à votre roman – ça y est, j’ai lâché le morceau ! – une âme que la sécheresse d’une simple litanie de minutes ou de mètres n’aurait pas éveillée.

Roman … Je suis certain que vous allez me reprocher ce mot car pour vous, Thierry, MILLAU LA LONGUE ROUTE, n’est pas un roman mais une histoire vraie, celui de vos 100km de Millau 2009. Surtout, ne voyez pas dans le mot roman un quelconque caractère réducteur ou péjoratif. J’y vois plutôt une marque de reconnaissance. Reconnaissance pour votre manière d’écrire, car votre livre “se lit” et aucun de vos kilomètres ne m’a rebuté. Reconnaissance aussi pour la cohérence que vous avez donné à l’ensemble. Une bien belle aventure que vous nous avez contée avec une grande modestie. Certes vous vous mettez en avant car vous êtes, bien entendu, le héros mais vos “seconds rôles” – les hommes, les femmes, les lieux … – jouent eux aussi une belle partition qui contribue à l’harmonie de l’ensemble.

A tous mes lecteurs : je vous encourage vivement à lire MILLAU LA LONGUE ROUTE que vous pourrez vous procurer par correspondance sur le blog de Thierry Gimenez http://thierrygimenez.unblog.fr/ au prix de 16 Euros + frais de port ou, si vous habitez près de Montpellier, dans la boutique Temps Course.


Vrai Test ZOOT ULTRA SPEED Une semaine d’entraînement

Samedi 19 juin 2010

Une semaine d’entraînement et déjà quelques intéressants et enrichissants kilomètres parcourus avec ces ZOOT ULTRA SPEED. Comme je sais que vous êtes friands de détails croustillants, je vous en sers quelques uns sur un plateau : une unique séance de VMA sur route (24 minutes de 30/30 Cf photo), deux séances d’EMA (10′/5′/5′ à 95% de VMA sur route et 6×4′ à 90% de VMA sur piste), deux séances d’endurance fondamentale (45′ et 1h15).

Evacuons – et vous allez voir que c’est le terme approprié – tout de suite LE gros point négatif de ces chaussures. Dans mon premier article, je vous ai vanté les mérites supposés du système de draînage – les trous dans la semelle – en vous expliquant que cela permettait d’avoir les pieds au sec dans toutes les conditions. Bien ! Sauf que ce système fonctionne … dans les deux sens. Dans certaines circonstances, au passage d’une zone humide, un amoncellement de feuilles après une forte pluie par exemple, la semelle se comporte comme une ventouse et propulse de l’eau sur vos doigts de pied qui ne réclamaient pas forcément ce raffraîchissement. Le phénomène ne dure évidemment pas car le système de draînage, cette fois-ci vers l’extérieur, fonctionne à merveille. Peut-être que les designers de ZOOT devraient s’inspirer de la nature, en particulier des poissons, qui disposent d’opercules de façon à ce que l’eau dont ils extraient leur oxygène ne circule que dans un seul sens.

Etant parfois à mes heures perdues un grand enfant, je ne me lasse pas d’essayer de battre mon record d’enfilage d’ULTRA SPEED. J’en suis à moins de 3 secondes pour la paire complète, départ arrêté. Pas mal non ? Plus sérieusement : suis-je perturbé par l’absence de lacet donc de réglage de la chaussure ? Paradoxalement non ! Ayant un pied plus fort que l’autre, je passe parfois de très longues minutes à ajuster mes serrages de lacets pour avoir “exactement la même sensation des deux côtés”. Je suis même capable de m’arrêter 3 fois dans une course pour effectuer un “dernier” réglage. Autant dire qu’avec les ULTRA SPEED, ce n’était pas gagné d’avance. De fait, lorsque je les enfile, je sens que mon pied droit flotte un peu plus que le gauche mais – c’est sans doute purement psychique – comme je ne peux rien y faire, je n’y pense plus et cela ne me perturbe pas.

Ai-je été contraint de nager et de faire du vélo avant de courir en ULTRA SPEED ? La réponse est non. Je confirme donc qu’on peut courir avec des “chaussures de triathlon” (sic). Il fallait le dire non ? Comme certains ont l’air d’en douter …

Les ULTRA SPEED sont extrêmement confortables, de vraies pantoufles. Autant dire que sur des séances de type Endurance Fondamentale (70% de VMA), c’est un régal. Et ce, que l’on court sur l’avant du pied comme moi ou sur le talon (je le sais, je me suis forcé à le faire). Bien que le différentiel de hauteur pointe / talon soit limité et qu’il en aille de même pour la hauteur d’amorti, les ULTRA SPEED restent des chaussures “traditionnelles” qui n’entrent pas dans la catégorie des minimalistes. Par contre et c’est intéressant, l’avant de la semelle très souple permet une bonne attaque avant/milieu très proche d’une EVO, le “contact” réel avec le sol en moins. De la phrase précédente, les plus vifs d’entre vous auront déjà déduit la suivante : les ULTRA SPEED sont très efficaces en VMA puisque l’attaque avant/milieu est favorisée par le design et la souplesse de la semelle.

Là où ces chaussures pêchent un peu, mais comme beaucoup d’autres d’ailleurs, c’est en EMA (allures comprises entre 90 et 95% de VMA) où l’attaque sur l’avant est évidemment moins franche compte tenu de la vitesse et où l’ULTRA SPEED manque peut-être un peu de ressort, compte tenu de l’accent mis sur le confort.

J’ai oublié de préciser que j’ai effectué toutes ces séances pieds nus. La chaussure est conçue pour : pas de coutures intérieures, semelle traitée … Je n’ai pas constaté d’échauffement particulier de la plante des pieds. Cela dit, il n’a pas fait exceptionnellement chaud ces derniers jours et je n’ai pas non plus poussé mes sorties au-delà d’1h15. Ce point mérite donc une petite étude complémentaire. Bien entendu, on peut également courir avec des chaussettes.

Mon bilan personnel après cette première semaine déjà bien complète : j’adore le concept de chaussure sans lacet. C’est franchement … le pied :-) et j’aime le confort de ces ULTRA SPEED, confort qui n’entrave ni mes perfomances (j’ai comparé mes temps / distances sur la VMA et l’EMA par rapport à d’autres séances en Vibram, en adizero, en Newton, en EVO) ni ma foulée sur l’avant du pied. C’est donc une chaussure dont j’aurais tendance à recommander l’achat, tout en sachant que je ne l’ai pas encore testée sur une sortie de plus de deux heures et que je ne sais pas si je peux me projeter sur un marathon avec elles.


Appel à contribution … la vôtre

Vendredi 28 mai 2010

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, honorables visiteurs de notre humble site … WE WANT YOU !!! C’est clair ???

Plus sérieusement, ce site, comme vous le savez, a une vocation communautaire à la base, même si certains peuvent penser qu’il s’agit de mon blog personnel vu le nombre d’articles quotidiens que j’y écris et mon omniprésence – omnipotence ?

Bref, vous avez, quand même, le droit de venir vous y exprimer :

- en commentant les articles : que vous soyiez POUR ou franchement CONTRE – surtout si vous êtes contre car cela enrichit le débat.

- en donnant votre avis sur les chaussures présentes dans notre base de données.

- en nous posant des questions, en nous proposant des sujets à traiter … par l’intermédiaire du formulaire de contact ou en m’écrivant directement : fredbros@wanarun.net

- en nous racontant une expérience ou une course qui vous tient particulièrement à coeur, un exploit, un échec … même procédure (formulaire de contact ou en m’écrivant).

N’hésitez pas sinon … sinon … sinon … Je ne vous parle plus que de barefoot, de running minimaliste, de Vibram … Ca vous apprendra !


Born To Run – La Bible du Barefoot ? CR de lecture

Mardi 18 mai 2010

Mais pourquoi diable le livre de Christopher McDougall n’existe-il pas de traduction Française de cet ouvrage ? Tout les runners devraient pouvoir le lire, même ceux que la langue de Shakespeare n’inspire pas ! Non pas parce que c’est, quelque part, une apologie de la course pieds nus, mais parce que c’est, tout simplement, l’une des plus beaux hommages rendus à notre sport favori.

Born to Run n’est pas un roman mais se lit comme tel, tellement il est passionnant. Il part un peu dans tous les sens parfois, sans pour autant perdre la trame du récit, ce qui pourra dérouter certains lecteurs. Ce type de structure est assez classique du journalisme à l’Américaine : un fil rouge qui sous-tend le tout ponctué d’une multitude de récits annexes aux vertus d’exemple ou de pédagogie.

S’il fallait résumer le fil rouge de Born to Run en trois phrases : un journaliste Américain qui accumulent blessures de running sur blessures de running part à la rencontre d’une tribu indienne Mexicaine, les Tarahumara (pour en savoir plus : vidéo) qui, malgré une hygiène de vie particulière, aucun entraînement, est réputée pour compter en son sein de formidables coureurs d’ultra … en sandales. Parvenu au Mexique, après quelques péripéties, il fait la connaissance du Caballo Blanco (le Cheval Blanc, voir son site), un Américain singulier qui vit, tel un fantôme, depuis des années dans une hutte, passe sa vie à courir et décide après la visite du journaliste d’organiser un ultratrail entre les Tarahumara et quelques uns des meilleurs ultrafondus Américains (le Copper Canyons Ultra est né … voir ici les photos de la première édition). Ne répondent à l’appel qu’une poignée de runners dont Scott Jurek (2e aux championnat du monde des 24h la semaine dernière ), Barefoot Ted, l’un des chantres du nu-pieds aux USA ou le couple Billy and Jenn.

Voilà pour le fil rouge qui, en soi, comporte déjà toute la substance d’un formidable récit d’aventure épique. Mais ce qui fait le réel charme du livre, ce sont les nombreuses “disgressions”. Elles sont de plusieurs types :
- des portraits de coureurs, d’entraîneurs ou de scientifiques : le fantastique Scott Jurek, aussi discret que talentueux, Ann Trason, la femme qui a failli remporter un ultra 100 (miles) au nez et à la barbe de ses adversaires masculins ou encore, parmi tant d’autres, Joe Vigil, un coach hors du commun …
- des histoires passionnantes d’ultra 100 (miles) : la victoire de Jurek lors de sa première Badwater , le combat d’Ann Trason contre les Tarahumaras lors de la Leadville 100
- des récits ludiques de découvertes scientifiques majeures sur les bienfaits de la course pieds nus d’un point de vue biomécanique, l’impact négatif des chaussures de running actuelles en matière de blessure, la pré-disposition de l’homo sapiens à la course à pied … On dirait que seuls les scientifiques Américains sont capables de s’amuser tout en cherchant. Saviez-vous, par exemple, qu’un homme peut courir plus vite – en moyenne, sur une grande distance – qu’une antilope et donc en faire son repas ?

Aux USA, ce livre est devenu la Bible du barefoot running (courir pieds nus), est-ce justifié ? Oui à 100%, après l’avoir lu on n’a plus envie de chausser toutes ces chaussures à amorti super variable contrôlé par microprocesseur. Mais ce serait dommage de ne réduire Born to Run qu’à cela car le récit – les récits – sont à couper le souffle pour qui aime vraiment la course à pied.

P.S. : le livre est en vente sur amazon.


Chi Running et vous

Dimanche 18 avril 2010

Si vous passez à la loupe chaque article de Wanarun, que vous prenez le temps de le commenter ici ou sur notre page Facebook, alors vous êtes évidemment un(e) champion(ne) ou en passe de le devenir … ou pas finalement. Peu importe, en fait, du moment que vous prenez plaisir à courir :-)

Cela dit, vous scrutez quand même toutes les infos, afin d’améliorer votre foulée et galoper comme  la gazelle qui sommeille en vous ,  alors, sûrement  un jour vous vous  êtes dit , comment être efficace sur mes pieds ? Que le sol me le rende bien – non ce n’est pas une pub ? En vous fatiguant moins ;-)

L’info ne date pas d’hier, mais plutôt de 2007 , où gars nommé Danny Dreyer, un Ultramarathonien Américain et pratiquant du Tai Chi se focalise d’abord sur l’efficacité et la relaxation, en portant l’emphase sur la forme plutôt que le conditionnement; la forme du coureur est plus importante que sa vitesse.

Les coureurs ayant par le passé subi des blessures ou ayant dû abandonner la pratique de la course à pied à cause d’une blessure affirment qu’ils ont pu revenir à la pratique par la technique du ChiRunning. Une étude récente de l’Université de West Virginia aux États-Unis confirme que les étudiants du ChiRunning peuvent se prémunir de blessures récurrentes en employant la méthode du ChiRunning

Si ca c’est pas le l’info !!! de plus si vous etes “ zen “ , vous évitez l’ulcère ;-) , et vos jambes de gazelle , musclées en bêton forgé !!!!!

Suivant de nombreuses années de pratique de la course à pied, Danny Dreyer se mit à étudier le TaiChi avec le maître George Xu à San Francisco. Des années de pratique du TaiChi lui ont permis de combiner les techniques issues du TaiChi avec sa pratique de la course à pied, en particulier le scanning du corps et l’alignement correct.

La technique !!!!!

1. Des exercices de relaxation du corps similaires au Chi Gong avant la course à pied.

2. L’alignement du corps en colonne verticale.

3. Un port du corps penché vers l’avant pendant la course de sorte que le coureur soit tiré par la

gravitation.

4. L’atterrissage à chaque pas sur la plante du pied.

5. L’ouverture de la foulée vers l’arrière.

6. La minimisation du mouvement de bras et la prévention des bras de croiser la ligne centrale du corps.

7. Le maintien d’une cadence de course fixée de bout en bout de la course (utilisation d’un métronome).

8. L’accélération et la décélération en changeant la longueur de la foulée, non la cadence.

9. La relaxation du corps, en particulier les extrémités basses.

10. Le scanning du corps afin d’éliminer l’inconfort, la tension, ou la douleur.

11. L’accent mis sur la forme pour le maintien de l’alignement.

Pourquoi cela est interessant ?

Si comme moi , vous detestez cracher vos poumons a chaque séance de VMA

Le chi running est fait pour vous ???

Il s’oppose au No Pain, No Gain (pas de bénéfice sans douleur)

( c’est plutot pour des coureus l’ultra ? non ? )

Et NON !!

Catherina McKiernan gagnante des marathons de Londres, Berlin et Amsterdam

Des qu’il y a une étude medicale fondée , les fabricants , sont a l’ecoute !!! c’est le cas de New balance avec la MF800.

alors ça vous parle ?

(source wikipedia)


Chaussures Trail – Vrai Test COLUMBIA Ravenous – Premières Impressions

Vendredi 16 avril 2010

Chose promise, chose due : je me suis mis au trail :-)

Bon, ne nous enflammons pas … 5 jours après le Marathon de Paris, je ne me sens pas encore franchement apte à postuler pour le prochain UTMB, néanmoins, trois petites sorties nature de récup m’ont déjà permis de me faire une idée de la discipline et des Columbia Ravenous.

Avant de parler des chaussures, parlons un peu de moi :-) Jusqu’à présent, mon expérience du trail s’était limitée à quelques tours du Parc Monceau et pour l’ultra à celui des Tuileries. Pour mes 3 sorties (45′, 1h, 1h), j’ai choisi un terrain de jeu un peu plus … difficile : la forêt de la Malmaison (a.k.a. St Cucufa). J’avoue franchement que ces premiers kilomètres m’ont totalement déboussolé. Votre analyse Docteur ? Perte de vos repères spacio-temporels mon jeune ami …

Exactement ! Perte totale de mes repères spatio-temporels. L’espace tout d’abord : courir sur des sentiers étroits entouré d’arbres avec l’obligation de regarder “où on court” pour éviter de traîtres ornières n’a rien à voir avec ma pratique de la route. Le parcours également : ça monte, ça descend, ça remonte et ça redescend … P….. ! Ca n’arrête jamais ? La solitude aussi surprend. Non pas qu’à 5h du matin la semaine, il y ait grand monde sur les trottoirs de ma banlieue, mais lumières, bruits de la ville, livreurs et automobilistes créent une “ambiance”. Là, je me retrouve tout seul – pas à 5h évidemment, il fait nuit – avec les bruits de la nature comme seuls compagnons. Vraiment bizarre au départ.

Le temps, celui du chrono, est aussi un élément perturbateur. Sur la route, j’évalue tout de suite – même sans mon Garmin, ça c’est pour les mauvaises langues – à quelle vitesse je cours, combien de temps il va me falloir pour arriver à tel endroit etc etc etc … Mon rythme est d’une régularité métronomique, alors que là, compte tenu du parcours, la notion de rythme n’est pas du tout la même et pour moi qui base tous mes entraînements sur le pourcentage de VMA, il va me falloir un sacré temps d’adaptation !

Allez, arrêtons là cette disgression personnelle – je pourrais encore en écrire plusieurs pages – pour évoquer mes premières impressions des Columbia Ravenous

Pour rejoindre la forêt de la Malmaison, je dois parcourir 500m sur route. 500m qui m’ont plongé dans un véritable abîme de perplexité. Moi, qui sortais de 700km en Newton, j’ai eu tout à coup l’impression de me retrouver au Service National en train de courir en rangers – oui, je suis vieux, à mon époque le SN existait encore. L’image est un peu exagérée évidemment, c’est juste pour dire que j’ai trouvé les chaussures “pataudes” sur cette surface, surtout que j’essayais, bien entendu, de courir avec ma foulée habituelle sur la pointe, ce qui suppose une semelle très très souple … Evidemment, ce n’est pas le cas – comparé aux Newton, je reviendrai par la suite sur cet aspect souplesse. Dans quelle galère venais-je de me lancer ?

Et puis sont arrivés les premiers mètres de terre et là, le jour et la nuit ! Les Ravenous se sont faites complètement oublier. Légères, super confortables, protégeant bien le pied des aspérités de la surface, dynamiques … Un régal ! Sans déconner. Je me suis vite laissé griser et ma prudence de Sioux initiale sur ces nouveaux sentiers de la guerre s’est évanouie.

La semelle … On y revient : souple – non, je ne me contredis pas, j’ai juste quitté le bitûme depuis – et épousant de manière très astucieuse le sol : tantôt le suivant, tantôt le gommant pour que le pied ait toujours le meilleur appui possible. Et quelle accroche ! Tant en montée qu’en descente, aucun risque de glissage. L’amorti, je n’en parle même pas, si vous avez prévu un concours de comptage de cailloux, vous avez perdu d’avance.

Côté confort, le chausson est une vraie pantoufle. Seul défaut, mais ma dernière référence en tête étant la très aérée Newton, il tient un peu chaud. Il va falloir que je trouve une autre paire de chaussettes. Compte tenu de la météo, je n’ai pas pu tester l’imperméabilité …

Evidemment, ce ne sont là que toutes premières impressions après trois petites sorties pépère et sur sol sec et dur. Pas de quoi porter un jugement définitif  ! Mais, promis, chaque semaine, une de mes séances d’entraînement sera consacrée à la “Nature” et aux Ravenous, je continuerai donc très régulièrement à vous en entretenir.




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