Archive pour le mot-clef ‘pieds nus’

Je reviens de chez le podologue du sport

Lundi 9 août 2010

Je reviens de chez le podologue et la décision n’a pas été facile à prendre…
** suite à tous les articles postés sur les bienfaits de la “course naturelle”, pieds nus ou en minimaliste, aller chez le podologue, me faire faire des semelles sur-mesure, était complètement contradictoire avec cela et le fait d’y aller marquait clairement mon choix…

J’avoue que je suis ravie, emballée, excitée à l’idée de courir dès demain avec mes nouvelles semelles mais avant, je veux vous en dire un peu plus.

Pourquoi aller chez un podologue du sport

Les podologues du sport sont des gars passionnés et passionnants : en général, ils sont eux-mêmes sportifs et comprennent bien de quoi nous parlons. Je me souviens sur la page fan de Facebook, qu’un membre demandait à quel médecin raconter ses petits bobos liés à la course à pied et j’ai bien compris le sens de sa question car souvent on se fait rembarrer par des professionnels de santé incompétents et qui ne comprennent pas notre passion. Bref, ce sont des personnes avec qui on a plein de choses à partager. Votre podologue vous parlera des spécificités de chaque marque, de chaque modèle, des courses de la région et votre podologue s’intéressera à vous !

Les podologues du sport sont équipés : le podologue analysera votre foulée en vous filmant en train de marcher et de courir pieds nus et chaussés sur un tapis de course, il vous fera aussi passer sur des plaques pour analyser tout un tas de choses… comment vous positionner vos pieds, où se situent vos genoux, comment se répartit votre poids sur vos jambes, où sont vos appuis et tellement plus !

Les podologues du sport sont qualifiés : vous êtes blessés ? cela les connait, ils pourront évaluer l’étendue des dégâts, analyser avec vous la cause, vous conseillez sur des étirements spécifiques, vous orientez vers un autre spécialiste si nécessaire.

Votre podologue du sport vous fabriquera une semelle sur-mesure : et quand je dis sur-mesure, c’est sur-mesure. Mon mari par exemple a une pathologie différente de la mienne avec des besoins différents et nos semelles sont complètement différentes, avec des renforts et des matériaux différents. Bien sûr, elles s’adaptent à nos chaussures de running actuelles.

Sur ma semelle de droite par exemple, j’ai un renfort particulier au niveau des métatarses et sur ma semelle de gauche tout un système me permettant de me redresser (compliqué à expliquer et super technique). Le podologue a aussi a sa disposition tout un tas de super matériaux très modernes et très techniques pour absorber les chocs, ou restituer de l’énergie sur l’avant du pied par exemple enfin… moi je suis bluffée !

Si vous avez le temps, cherchez un podologue du sport (je précise bien, pas n’importe quel podologue, mais un podologue du sport), vous apprendrez tout un tas de choses sur votre foulée, même si on croit tout savoir (…) et vous serez alors libre de vous faire faire des semelles ou non.
A titre purement indicatif, j’ai payé mes semelles 120 euros. Cela comprend la première consultation qui a duré plus d’une heure avec analyse de la foulée etc etc, la deuxième consultation pour le moulage, la réalisation des semelles et leur essai. Cela comprend aussi la troisième consultation pour le suivi, voir si je m’y adapte etc etc. Sur ordonnance, elles sont en partie remboursées par la sécu et la mutuelle.
En tapant dans google ‘association des podologues du sport’ vous trouverez chaussure à votre pied lol

Mes semelles

Il s’agit du verso des semelles, elles viennent se mettre à la place des semelles vendues avec vos chaussures.


Vrai Test chaussures de trail Inov-8 Flyroc 310 Premières impressions

Lundi 5 juillet 2010

Depuis mon article de présentation des Inov-8 Flyroc 310 la semaine passée, figurez-vous que j’ai fait du trail ! Si si, je vous assure et ce malgré une certaine aversion – que vous connaissez bien – pour la discipline, aversion dont les trois causes sont : 1) la trop grande rigidité des semelles des chaussures de trail qui m’empêche de développer ma foulée sur l’avant du pied 2) – conséquence du 1 – l’impossibilité de m’entraîner comme je le fais sur route avec un rythme soutenu 3) une musculature pas adaptée à la discipline – je n’ai pas de cuisses de footballeur, co

Après 3 séances d’une heure chacune en Inov-8 Flyroc 310, j’ai radicalement changé d’avis. Enfin, quand je dis radicalement, c’est un peu exagéré évidemment, comme à mon habitude. Je n’en suis pas encore à envisager la possibilité d’éventuellement m’inscrire à l’EcoTrail 2011 mais j’ai pris, pour une fois – et c’est sincère – du plaisir à courir en nature :-) Et pourquoi donc ai-je pris du plaisir ? Tout simplement parce qu’avec ces Flyroc 310, j’ai réussi à courir comme je le fais sur la route ! Et hop, cause 1 et cause 2 évaporées … pour les cuisses, on peut sans doute y remédier si je souhaitais poursuivre dans cette voie.

Conçues dans un esprit “minimaliste” - dixit Inov-8 – tout en restant relativement classiques dans la forme, les Flyroc 310 offrent une semelle remarquablement flexible au niveau des métatarses et c’est cette propriété qui m’a permis de courir sur l’avant du pied alors qu’avec d’autres chaussures de trail, j’ai l’impression de courir avec des sabots tellement la semelle est rigide. D’ailleurs, pour tester le degré de minimalisme de la Flyroc 310, j’ai effectué ma première séance de trail … sur route. Je n’ai pas pulvérisé mon meilleur temps sur 100m – crampons sous la semelle obligent – mais j’ai réalisé une belle séance d’endurance à un petit 13 km/h sans aucun souci. Publicité non mensongère donc : “esprit minimaliste es-tu là ?” “Oui !”.

Comme les Flyroc 310 sont quand même des chaussures de trail et que pour la route, j’ai quand même plus efficace dans mon stock, j’ai effectué mes 2 autres séances en sous-bois et sur chemins caillouteux avec pas mal de dénivelé et c’est là où j’ai été bluffé car sur toutes les portions planes ou en montée, j’ai réussi à développer ma foulée sur l’avant du pied, ce qui m’a permis d’atteindre une vitesse de course très intéressante par rapport à mes précédentes expériences dans le domaine et l’impression que finalement, le trail ce n’est pas que se traîner sur des chemins pas faits pour la course à pied.

Minimaliste par sa souplesse, la semelle de la Flyroc 310 n’en assure pas moins une excellente protection du pied. L’accroche est, par ailleurs, parfaite, même en descente sur gravillons. Le chausson est très enveloppant mais laisse au pied une grande liberté de mouvement. A noter que par forte chaleur, il ne cause pas de sudation excessive – bien que pour la première fois depuis des lustres, j’ai dû mettre une paire de chaussettes. Au contraire, il est très respirant tout en étant totalement imperméable. Une fois au pied, la chaussure se laisse complétement oublier tant elle est confortable.

Premières impressions très positives donc, qui demandent à être confirmées. Pour ce faire, je vais d’ailleurs m’entraîner uniquement en trail pendant toute la durée de mon plan 10 km en cours en réalisant mes séances exactement comme je les ferais sur route (VMA, EMA, endurance, SL). La suite au prochain numéro :-)


Le Marathon de Montpellier … PIEDS NUS !!!

Dimanche 4 juillet 2010

Non vous ne rêvez pas ! Vous avez bien lu PIEDS NUS. Le marathon de Montpellier PIEDS NUS !!!

C’est l’exploit que vont tenter de réaliser deux membres de l’équipe de rédaction de Wanarun. Stef et Aurélie.

Ca se passera le 17 octobre 2010. Vous pourrez suivre toute leur préparation sur le blog http://nuspieds.net

J’ai oublié de préciser qu’en plus il s’agit de promouvoir une bonne cause : http://nuspieds.net/blog/index.php/post/2010/07/04/Le-Marathon-de-Montpellier-en-barefoot-pour-France-Choro%C3%AFd%C3%A9r%C3%A9mie

N’hésitez pas à les encourager et surtout à … donner :-)


Interview : LEIF RUSTVOLD coureur d’ultra … barefoot

Samedi 3 juillet 2010

Maintenant que des revues spécialisées francophones telles que Jogging International ou Zatopek ont ouvert leurs portes au barefoot et au minimalisme, je peux me permettre d’en reparler de temps en temps sur Wanarun, n’en déplaise à certains :-)

Aujourd’hui, pas de grandes théories ni d’avis personnel sur le sujet, mais juste une interview. Dans le rôle de l’interviewé, Leif Rustvold, 35 ans, Américain, de Portland (Oregon) coureur, amateur, d’ultra et adepte combiné du barefoot et du minimalisme. Interview réalisée alors que Leif venait de terminer la très difficile Western States 100 (miles pas kilomètres) en … Vibram Five Fingers KSO – qui a dit que les VFF ne permettait pas de courir sur de longues distances ?. Pour les résultats, c’est ici.

Comment vous définiriez-vous ? Barefoot, minimaliste, les deux à la fois ?

Je crois déjà en l’efficacité générale des principes du minimalisme. Ensuite, chaque fois que je le peux, je cours pieds nus. Ce qui est très facile sur route, même pour un ultra et j’ai aussi couru un peu sur des parcours de trail. Mais il faut être réaliste, courir sur des sentiers de montagne sans aucune protection du pied n’a pas de sens. Aussi, en trail, je cours en Vibram Five Fingers.

Avant de vous lancer dans le barefoot, quel était votre vécu d’athlète ?

Je cours régulièrement depuis mon adolescence et de temps à autre il m’arrivait même de courir un marathon. C’est à partir de 2004 que j’ai commencé à aborder la chose de manière plus sérieuse, notamment en matière d’entraînement. Depuis, je dispute chaque année plusieurs ultra-trails. A l’époque, je courais avec des chaussures pronateur amorties que m’avait conseillées un magasin spécialisé.

Quand avez-vous débuté le barefoot ?

Un peu de barefoot dès 2004 mais j’ai réellement démarré le minimalisme en 2007 et le barefoot compétitif en 2009.

Pourquoi avoir fait ce choix ?

J’ai toujours essayé d’appliquer ce que j’avais appris lors de mes études d’anthropologie à la course à pied. Et, convaincu que l’être humain est, à la base, fait pour courir, j’ai examiné dans le détail son évolution au cours des millénaires pour essayer d’améliorer mes performances.  Et si l’être humain est “fait pour courir”, pourquoi a-t-il besoin de chaussures ? J’ai donc décidé de … tester cette théorie par moi-même.

Au début et sur les conseils d’un centre d’entraînement spécialisé, j’ai commencé par une sortie hebdomadaire assez courte pour renforcer pieds et chevilles. Sur ces sorties, que j’appréciais, il m’arrivait, de temps en temps, d’attraper des ampoules ou de ne pas me sentir vraiment en forme alors régulièrement je retournais à mes chaussures, craignant de me blesser avant ma prochaine course. J’ai acheté ma première paire de Vibram, des Sprint, en 2007. Il n’était plus alors question de retourner à mes anciennes chaussures et avec les VFF, j’ai également pu me lancer dans le trail “barefoot-style”.

Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que, d’une part, toutes ces “pré-blessures” tenaces qui me pourrissaient la vie disparaissaient … en même temps que mes chaussures classiques, d’autre part, qu’au final, j’adorais ces nouveaux pieds, plus forts, plus sains et qu’en plus cela n’impactait en rien mes performances, bien au contraire, puisque j’ai établi pas mal de mes personal bests au bout de ma première année en VFF.

Le vrai barefoot m’a toujours tenté mais y consacrer un temps non négligeable alors que je dispute essentiellement des ultra-trails n’a pas de sens. Comme on dit “entraînez-vous comme vous allez courir”. Cependant, en 2009, j’ai déménagé, et je me suis retrouvé un peu loin de mes sentiers d’entraînement, surtout lors de mes sorties courtes. Alors, je me suis mis à courir sur les trottoirs … barefoot et j’ai complètement accroché. Soudain, courir sur route est redevenu passionnant et j’ai même réintégré des courses sur route à mon programme annuel.

Comment avez-vous vécu la transition vers le minimalisme ?

Je suis un chaud partisan d’une transition lente. Soit en mélangeant chaussures classiques et minimalisme. Soit en retournant à la case départ et en réapprenant à courir depuis le début. La clé du succès réside dans une adaptation progressive des tissus du pied et du bas de la jambe. Avant de songer à accroître ses kilométrages, il faut être capable de bien sentir le renforcement de son pied.

Personnellement, j’ai donc commencé par une sortie tranquille et courte en VFF chaque semaine. J’ai pu rapidement courir une quinzaine de kilomètres sans souci. Par contre, je suis ensuite resté à cette distance maxi pendant plusieurs mois pour que mon corps s’habitue à ces nouvelles sensations. Je n’ai rien changé au reste de mon programme d’entraînement – en chaussure. Ensuite, j’ai réalisé toutes mes sorties courtes en VFF, sachant que le court s’est … allongé au fur et à mesure, jusqu’à … 100 Kmiles (laugh).

Quelle a été votre première compétition minimaliste ?

Peterson Ridge Rumble, en 2008, un 60 Kmiles. Une meilleure perf sur la distance et de super sensations avec mes VFF.

Combien de compétitions depuis ?

35 ultras “minimalistes” et 14 marathons avec ou sans chaussures. J’ai couru 1 ultra et 1 marathon totalement pieds nus ainsi que 4/5 courses plus courtes, tout en poussant un landau avec mes filles dedans.

Sur une compétition, comment faites-vous le choix barefoot ou minimaliste ?

Si c’est faisable pieds nus sans risque, je pars pieds nus. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai réalisé mes meilleures perfs durant ma première année minimaliste. Aujourd’hui, avec des enfants en bas-âge, je n’ai plus le temps de travailler ma vitesse aussi je me fixe des objectifs minimalistes que j’essaie d’atteindre.

L’entraînement ?

Difficile en ce moment avec les enfants et le boulot. J’essaie de placer mes sorties courtes dans la semaine, parfois pour me déplacer dans le cadre de mes activités. J’essaie aussi de disputer une course par mois, marathon ou ultra et réalise une ou deux autres sorties longues les week-ends. En matière de cross-training, je fais également du renforcement musculaire et du mono-cycle.

Est-ce que votre conception du barefoot, s’accompagne d’une philosophie de vie ?

Comme je l’ai déjà signalé, je suis très influencé par mes études en anthropologie. En matière d’alimentation, par exemple, j’ai également étudié l’évolution pour optimiser ma façon de manger et bien avant qu’on parle de régime paléo, j’avais déjà élaboré mon propre régime alimentaire. En matière de renforcement musculaire, je ne vais jamais en salle de musculation, tout est basé sur des mouvements naturels, de l’équilibre …

Le barefoot est-il un phénomène de mode tiré par le succès de Born to Run ?

Il y a clairement en ce moment un engouement passager qui va aller en s’essoufflant sous sa forme actuelle mais tant les résultats scientifiques qui tombent régulièrement, qu’une meilleure réceptivité du grand public, me laissent à penser que le minimalisme n’est pas prêt de s’éteindre. Mon idée est que les grands équipementiers vont en adopter les principes et mettre sur le marché des modèles qui rendent au pied sa liberté. Pour ma part, je suis le mouvement actuel et essaie, autant que faire se peut, de dispenser quelques conseils pour bien débuter et éviter les blessures.

Est-ce que vous pensez que le barefoot / minimalisme s’adresse à tout le monde ?

J’ai vu des gens qui n’arrivaient pas à courir confortablement en chaussures, être métamorphosés en … coureurs après les avoir ôtées. D’ailleurs, je ne vois aucune raison pour démarrer la course à pied en chaussures. Si vous pouvez les éviter, évitez-les.

Cela dit, je porte une attention toute particulière aux expériences des uns et des autres pour voir comment les corps réagissent. Cette approche anthropologique me donne à penser que la vaste majorité des runners pourraient courir sans chaussures. Bien entendu, certaines blessures, certains malformations, certaines conditions font que pour quelques uns, utiliser leur corps comme à l’origine de l’humanité, demeurera impossible. Mais toutes les études scientifiques récentes tendent à prouver que pour les autres, il n’y a pas de souci.

Une question qui n’est pas de saison, le barefoot en hiver ?

Courir pieds nus renforce non seulement le pied mais également nos sensations et notre capacité à courir sur tous types de surface sans inconfort. Bien que le thermomètre ne descende pas longtemps en-dessous de zéro dans l’Oregon, il m’est arrivé de courir pieds nus en hiver. Je cours dans la neige avec mes Vibram. Je fais attention, cela va de soi, pour éviter les blessures mais je ne crains pas le froid.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs désireux de se lancer dans le barefoot ?

Mettez-vous dans la peau d’un explorateur. Ecoutez votre corps. Progressez lentement, intelligemment, en faisant attention. Soyez prêts à renoncer au cas où. Et surtout, faîtes-vous plaisir !


Vrai Test ZOOT ULTRA SPEED – Le bilan

Mercredi 30 juin 2010

Le temps est venu de dresser un bilan aussi définitif qu’exhaustif – si tant est que cela soit possible – de ces ZOOT ULTRA SPEED. En matière d’exhaustivité, vous aviez déjà été bien servis dans mon article précédent mais, confusément, vous aviez bien senti qu’il manquait quelque chose à cette exhaustivité. Le é final ? le té final ? voire le ité final ? Et ce petit quelque chose, je l’ai dégoté pour vous : une séance de VMA sur piste et une sortie longue de 2h30 en plein cagnard avec deux petits quarts d’heure à 15 km/h, histoire de …

Le concept de chaussure sans lacet me branche toujours autant et son aspect pratique ne doit pas le confiner au monde du triathlon. D’ailleurs, comme je l’ai déjà écrit précédemment, on peut courir avec des chaussures “dites” de triathlon. Quelle stupidité ces étiquettes …

La preuve qu’on peut courir : sur ma séance de VMA sur piste (3×400 + 3×300 + 4×200 + 6×100), j’atteins des vitesses largement comparables à ce que j’obtiens habituellement en adizero ou en Vibram (pour les 100m), puisque mon 400 le plus lent est à 18.4 km/h. Ce qui signifie clairement que la relative faible épaisseur de la semelle, sa souplesse et sa “platitude” – ne serait-ce pas plutôt planéité ? – accompagnent parfaitement une foulée VMA sur l’avant du pied. Le fait que le pied ait un peu plus de liberté – conséquence de l’absence de lacet – que d’habitude, ne perturbe en rien le dynamisme de la foulée.

J’en entends déjà dire “Fred est en train de tourner casaque et d’abandonner sa quête du minimalisme absolu”. Et bien oui et non. En fait, avec ces ZOOT ULTRA SPEED, j’ai eu une révélation – enfin, j’exagère un peu évidemment. Ce n’est pas tant la chaussure qui fait le minimalisme que la foulée, à condition que la chaussure permette de courir sur l’avant du pied et de bien sentir le sol. Et c’est le cas de ces ZOOT ULTRA SPEED. Elles ne se prétendent pas du tout barefoot-compatibles ou minimalistes mais la semelle est tellement bien conçue qu’elle convient parfaitement à l’apprenti-minimaliste que se veut être votre serviteur.

On m’avait mis en garde contre les chaussures de triathlon qu’on chausse pieds nus “Tu vas voir, tu vas attraper des ampoules au bout d’une heure de course …”. Et bien, c’est faux, archi faux ! J’ai fait une sortie longue de 2h30 en plein soleil (28°C), pieds nus dans mes ZOOT et bien je n’ai ni transpiré abondamment des pieds – malgré la couleur noire du chausson -, ni attrapé le moindre début d’amorce d’ampoules, ni même subi un quelconque vague échauffement sous le pied. Comme quoi, ceux qui parlent sans savoir …

Vous l’aurez compris, pas la peine de vous faire un dessin, je suis vraiment conquis par ces chaussures. Certes développées pour le triathlon, elles sont parfaitement adaptées à la pratique du seul running. Qui plus est, elles présentent un compromis dynamisme / confort imbattable. Que demande le peuple ?

PS : pour ceux qui n’auraient pas suivi, les liens vers les deux articles précédents :

http://www.wanarun.net/blog/vrai-test-zoot-ultra-speed-une-semaine-dentrainement-6671.html

http://www.wanarun.net/blog/vrai-test-zoot-6503.html


Vrai Test ZOOT ULTRA SPEED Une semaine d’entraînement

Samedi 19 juin 2010

Une semaine d’entraînement et déjà quelques intéressants et enrichissants kilomètres parcourus avec ces ZOOT ULTRA SPEED. Comme je sais que vous êtes friands de détails croustillants, je vous en sers quelques uns sur un plateau : une unique séance de VMA sur route (24 minutes de 30/30 Cf photo), deux séances d’EMA (10′/5′/5′ à 95% de VMA sur route et 6×4′ à 90% de VMA sur piste), deux séances d’endurance fondamentale (45′ et 1h15).

Evacuons – et vous allez voir que c’est le terme approprié – tout de suite LE gros point négatif de ces chaussures. Dans mon premier article, je vous ai vanté les mérites supposés du système de draînage – les trous dans la semelle – en vous expliquant que cela permettait d’avoir les pieds au sec dans toutes les conditions. Bien ! Sauf que ce système fonctionne … dans les deux sens. Dans certaines circonstances, au passage d’une zone humide, un amoncellement de feuilles après une forte pluie par exemple, la semelle se comporte comme une ventouse et propulse de l’eau sur vos doigts de pied qui ne réclamaient pas forcément ce raffraîchissement. Le phénomène ne dure évidemment pas car le système de draînage, cette fois-ci vers l’extérieur, fonctionne à merveille. Peut-être que les designers de ZOOT devraient s’inspirer de la nature, en particulier des poissons, qui disposent d’opercules de façon à ce que l’eau dont ils extraient leur oxygène ne circule que dans un seul sens.

Etant parfois à mes heures perdues un grand enfant, je ne me lasse pas d’essayer de battre mon record d’enfilage d’ULTRA SPEED. J’en suis à moins de 3 secondes pour la paire complète, départ arrêté. Pas mal non ? Plus sérieusement : suis-je perturbé par l’absence de lacet donc de réglage de la chaussure ? Paradoxalement non ! Ayant un pied plus fort que l’autre, je passe parfois de très longues minutes à ajuster mes serrages de lacets pour avoir “exactement la même sensation des deux côtés”. Je suis même capable de m’arrêter 3 fois dans une course pour effectuer un “dernier” réglage. Autant dire qu’avec les ULTRA SPEED, ce n’était pas gagné d’avance. De fait, lorsque je les enfile, je sens que mon pied droit flotte un peu plus que le gauche mais – c’est sans doute purement psychique – comme je ne peux rien y faire, je n’y pense plus et cela ne me perturbe pas.

Ai-je été contraint de nager et de faire du vélo avant de courir en ULTRA SPEED ? La réponse est non. Je confirme donc qu’on peut courir avec des “chaussures de triathlon” (sic). Il fallait le dire non ? Comme certains ont l’air d’en douter …

Les ULTRA SPEED sont extrêmement confortables, de vraies pantoufles. Autant dire que sur des séances de type Endurance Fondamentale (70% de VMA), c’est un régal. Et ce, que l’on court sur l’avant du pied comme moi ou sur le talon (je le sais, je me suis forcé à le faire). Bien que le différentiel de hauteur pointe / talon soit limité et qu’il en aille de même pour la hauteur d’amorti, les ULTRA SPEED restent des chaussures “traditionnelles” qui n’entrent pas dans la catégorie des minimalistes. Par contre et c’est intéressant, l’avant de la semelle très souple permet une bonne attaque avant/milieu très proche d’une EVO, le “contact” réel avec le sol en moins. De la phrase précédente, les plus vifs d’entre vous auront déjà déduit la suivante : les ULTRA SPEED sont très efficaces en VMA puisque l’attaque avant/milieu est favorisée par le design et la souplesse de la semelle.

Là où ces chaussures pêchent un peu, mais comme beaucoup d’autres d’ailleurs, c’est en EMA (allures comprises entre 90 et 95% de VMA) où l’attaque sur l’avant est évidemment moins franche compte tenu de la vitesse et où l’ULTRA SPEED manque peut-être un peu de ressort, compte tenu de l’accent mis sur le confort.

J’ai oublié de préciser que j’ai effectué toutes ces séances pieds nus. La chaussure est conçue pour : pas de coutures intérieures, semelle traitée … Je n’ai pas constaté d’échauffement particulier de la plante des pieds. Cela dit, il n’a pas fait exceptionnellement chaud ces derniers jours et je n’ai pas non plus poussé mes sorties au-delà d’1h15. Ce point mérite donc une petite étude complémentaire. Bien entendu, on peut également courir avec des chaussettes.

Mon bilan personnel après cette première semaine déjà bien complète : j’adore le concept de chaussure sans lacet. C’est franchement … le pied :-) et j’aime le confort de ces ULTRA SPEED, confort qui n’entrave ni mes perfomances (j’ai comparé mes temps / distances sur la VMA et l’EMA par rapport à d’autres séances en Vibram, en adizero, en Newton, en EVO) ni ma foulée sur l’avant du pied. C’est donc une chaussure dont j’aurais tendance à recommander l’achat, tout en sachant que je ne l’ai pas encore testée sur une sortie de plus de deux heures et que je ne sais pas si je peux me projeter sur un marathon avec elles.


Le maxi-duel des minimalistes : VIBRAM vs TERRA PLANA

Mercredi 16 juin 2010

Le voilà ! L’article que vous attendiez tous avec impatience : LE DUEL DES MINIMALISTES, Vibram Five Fingers contre Terra Plana EVO.

Je pourrais vous la jouer simple, ouvrir l’enveloppe que vient de me remettre Maître Dugenou et vous annoncer, après vous avoir regardé 20 secondes avec des yeux bovins, “Et le gagnant est …”, re 20 secondes avec des yeux bovins : “XXXXX”. Mais, vous savez que la simplicité et moi faisons deux et qu’une telle approche ne saurait refléter que mon avis personnel, ce dont vous n’avez strictement que faire. Je vous le donnerai quand même, mais à la fin.

J’ai donc préféré dresser un palmarès par catégorie. En espérant que chacun y trouvera eau vive pour alimenter le moulin de sa réflexion. Et si à Cannes, on remet des palmes, ici, nous remettrons des Orteils (de pied).

Orteil du développement durable : Terra Plana EVO. Sans conteste ! 50% de matériaux recyclés dans sa composition.

Orteil de la distribution en magasin dans notre merveilleux héxagone : pas de vainqueur pour l’instant, mais avec un léger avantage à l’EVO qui sera au moins distribuée dans les magasins – certes typés “sportswear” – qui vendent déjà les autres modèles, non sportifs, de la gamme. On notera la grande frilosité – ou la grosse pression des équipementiers “classiques” – des magasins spécialisés.

Orteil de l’e-distribution : Vibram car distribuée par un site Français. A noter quand même que les commandes passées sur le site institutionnel de Terra Plana, basé en Grande Bretagne, sont livrées rapidement.

Orteil du prix : Vibram sans opposition. La KSO qui est l’un des modèles les plus chers chez VFF est à 110 Euros là où l’EVO est plutôt aux alentours des 140 Euros.

Orteil de l’originalité : Vibram évidemment. Aucun risque de passer inaperçu avec des VFF aux pieds “dis maman, le Monsieur, il parle notre langue ?”, “Papa, tu crois qu’il est méchant ?”.

Orteil de l’adaptation à votre pointure et à votre morphologie de pied : Terra Plana EVO. Vibram manque de demi-pointures et de modèles adaptés aux pieds grecs. En offrant la place qu’il mérite à leur second orteil, les porteurs de cette particularité de la nature voient leurs autres orteils perdus dans la chaussure, ce qui ne va pas sans causer quelque échauffement cutané à la longue.

Orteil de la polyvalence : Terra Plana EVO, là aussi sans trop d’opposition. L’aspect esthétique de la chaussure a été particulièrement soigné et elle peut être portée partout et dans toutes les situations, même au bureau, si tant est que votre code vestimentaire ce ne soit pas costume gris, chemise blanche et cravate unie bleu marine.

Orteil de la facilité à enfiler : Terra Plana EVO, mais je ne vous surprends guère :-)    Même après plusieurs semaines, je ne sais pas rentrer du premier coup tous mes orteils dans le bon trou sur mes VFF :-)

Orteil du confort : Terra Plana EVO, surtout si vous laissez la semelle de propreté que personnellement j’ai enlevée pour être plus dans l’esprit barefoot.

Orteil du “ressenti barefoot” (i.e. : quelle chaussure offre la sensation la plus proche de la course pieds nus) : Terra Plana EVO sans sa semelle de propreté. Vous êtes surpris ? Pour moi, il n’y a rien d’étonnant car, j’avais tout de suite mis en évidence sur la Vibram Five Fingers KSO l’épaisseur trop importante et la trop grande raideur de la zone d’impact.

Orteil de l’évacuation calorique : léger avantage à l’EVO mais sous de fortes chaleurs aucun des deux modèles ne se distingue réellement par ses capacités à chasser la chaleur.

Orteil de l’échauffement minimum sous le pied : Terra Plana EVO qui se comporte comme une chaussure classique alors que sur de longues distances, la plante de pied s’échauffe en VFF. Faut-il y voir un lien avec la non adaptabilité au pied Grec ?

Orteil du nombre d’ampoules après les premières séances parce qu’on n’est pas habitué : Terra Plana EVO deux seulement au-dessus de mes deuxièmes orteils contre 6 pour les VFF : 2x(1 sous la plante, 1 sur l’avant des petits orteils, 1 sur l’avant des 4e orteils), la faute évidemment à la non adaptation au pied Grec.

Orteil de la chaussure offrant le meilleur positionnement morphologique en course pour un apprenti barefooter : Vibram parce qu’en KSO, on ne peut pas poser le talon en courant vu l’absence totale d’amorti alors que l’EVO présente un léger amorti. Avec la VFF KSO, on est donc “obligé” de courir sur l’avant-milieu du pied et le corps se positionne naturellement.

Orteil de la VMA sur piste : Vibram sans conteste. Sur 100m, j’ai pulvérisé mon record … parce que pour griffer, il n’y a pas mieux que la VFF.

Orteil de la VMA sur route : Terra Plana EVO. Sans doute l’habitude de faire de la VMA sur route avec des chaussures “classiques” (Newton, adizero).

Orteil de l’Endurance Maximale Aérobie : Vibram. Plus on court vite – mais pas à 100% VMA sur route paradoxalement -, plus on est à l’aise en Vibram car la course rapide a naturellement tendance à s’effectuer sur l’avant du pied.

Orteil de l’Endurance Fondamentale : Terra Plana EVO. A vitesse réduite, j’avoue ne pas être à l’aise en VFF où je dois “forcer” le mouvement alors qu’en EVO ma foulée naturelle sur l’avant trouve … chaussure à son pied.

Orteil de la chaussure minimaliste que les podologues ne vouent pas aux gémonies : l’EVO car les podologues estiment dans leur grande majorité que courir avec des orteils séparés n’est pas recommandé. Je ne ferai pas de commentaire, n’ayant pas les compétences idoines pour ce faire.

Orteil de la meilleure chaussure pour se lancer dans le running minimaliste : je vais faire une réponse de Normand. Ca dépend. Ca dépend 1) de votre foulée actuelle 2) de la place que vous voulez accorder au minimalisme au sein de votre entraînement.
Si votre foulée actuelle est une foulée “talon”, les EVO seront sans doute plus adaptées dans un premier temps (en alternance avec des séances de piste pieds nus), vous les utiliserez tranquillement sur des séances d’endurance en conservant vos chaussures actuelles pour les séances techniques. Si, par contre, vous courrez déjà sur l’avant du pied et que vous voulez progresser en vitesse, c’est sans doute plus la VFF KSO qu’il vous faut.

Ai-je été assez exhaustif ? Aurais-je oublié une catégorie ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à me le faire savoir !

J’ai évidemment gardé le meilleur pour la fin : MON AVIS PERSONNEL … En fait, c’est plutôt un rêve que je forme. Le rêve d’une chaussure idéale qui prendrait le meilleur des deux modèles. Personnellement, j’aime le concept Vibram des orteils séparés mais je déteste sa semelle trop dure et trop raide alors que la semelle de l’EVO est d’une rare souplesse et permet réellement de dialoguer avec la route. J’aime également le matériau qui couvre le pied sur l’EVO, matériau qui serait pas mal sur une VFF. Vous l’aurez compris, chacune des deux concurrentes possèdent des qualités et des défauts et, à mon sens, n’ont pas la même vocation.

J’envisage de courir le Marathon Seine et Eure (17/10) en Vibram – tout ça pour avoir ma photo dans le journal évidemment – mais au vu de mes Orteils – ceux de l’article – , je ne suis pas certain qu’elles soient les plus adaptées à la chose.

Une petite vidéo montrant les Vibram en situation réelle : cliquer ici http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/fivefingers-la-basket-en-forme-de-gant-360591/

Et pour tout savoir sur les Vibram :


Comment j’ai jeté mes semelles aux orties

Dimanche 13 juin 2010

Selon la minutieuse comptabilité de mon logiciel préféré, c’est exactement 97 kilomètres que j’ai parcourus nus pieds. 97 kilomètres c’est peu mais c’est déjà beaucoup et à ce terme, j’ai cru utile de détailler par quel cheminement j’en suis arrivée à ne plus chausser mes runnings qu’à contrecœur.

Au commencement, il y avait le néant : je n’avais aucun avis sur la question. Curieuse de nature, je ne méprisais pas ceux qui couraient nus pieds pas plus que je ne ressentais d’attirance particulière pour cette pratique qui me semblait totalement étrange… Et puis au cours de ma préparation marathon (ci-devant détaillée au sein de la marathon’ac) il m’est apparu évident que ma foulée méritait, par l’ampleur de ses défauts, de tenter de remédier à ceux-ci. C’est dans cette optique et parce que je disposais d’un tapis de course que j’ai fait mes premiers pas sans chaussures. Sans celui que j’appelle mon tapis volant, il est vraisemblable que, jamais au grand jamais, je n’aurais ôté mes chaussettes pour exposer ma blanche et fragile plante de pieds à la rigueur de la rue !

Courir nus pieds même sur un tapis est une expérience très déroutante pour les “Toutantalon” dont je suis… La première évidence c’est qu’il est impossible, même avec l’amorti du tapis, d’attaquer par le talon, c’est physiologiquement impossible, et même si depuis des années, j’enfonce allégrement mon talon dans le sol, ce mouvement disparaît instantanément ; nus pieds, sans difficulté ni attention particulière, je pose l’avant pied d’abord !

M’est venue ensuite le constat qu’il était nécessaire de contrôler son équilibre latéral, équilibre dont on perd totalement le sens en courant avec des chaussures, enfin et c’est sans doute le plus saisissant, j’ai ressenti une joie animale et intense à courir nus pieds. Je ne m’attendais pas franchement à cela et explique certainement pourquoi la suite est une exhortation à la prudence.

La suite c’est la blessure. Et même si d’après mon médecin celle-ci ne s’explique pas par ma nouvelle pratique, je sais bien qu’elle en est le résultat. Sans entrer dans les détails (qui ont par ailleurs été relatés en d’autres endroits), j’indiquerai que mon enthousiasme a été si grand que j’ai totalement et brutalement changé de foulée en plein milieu d’une préparation marathon : je faisais alors toutes mes séances de VMA nus pieds sur tapis et les autres sorties en extérieur avec mes adidas (à l’exception deux petits 50 mètres totalement nus pieds en ville qui ne m’avaient pas convaincue de poursuivre l’expérience). Je dois avouer que j’apportais bien plus de soin à suivre à la lettre mon plan d’entraînement qu’à écouter la douleur de mes vieux os…

Un beau jour, en revenant d’une sortie de 21 bornes, j’ai senti l’un deux bouger sous mon lacet : c’était l’articulation du Lisfranc qui venait de lâcher et de se fissurer “façon Faille de San Andreas” (la métaphore est de mon radiologue…). L’IRM mettait également en évidence des lésions d’hyperpression sous l’avant pied qui bien que sans gravité à ce stade, démontraient que je n’y étais pas aller de “main” morte… Aucun médecin n’a rapporté cette fissure stricto sensu à la course nus pieds (à l’inverse des lésions d’hyperpression). A rebours, je suis pourtant tout à fait persuadée qu’elle en est le résultat, serait-il indirect : la modification radicale de ma foulée au beau milieu d’une préparation marathon et la sollicitation totalement modifiée des articulations de mon pied droit est évidemment à l’origine de cette blessure. De surcroît, j’avais le nez dans le guidon et j’ai négligé les signes d’alerte manifestes : la douleur au premier chef. La sanction a été sévère, je crois que que la blessure m’a mille fois moins fait souffrir que de devoir abandonner tout espoir de prendre le départ du MDP…

Une fois les béquilles tombées et la douleur envolée, je n’avais pourtant envie que d’une seule chose : recommencer à cavaler… et sans chaussures ! Courir sur tapis me faisant l’effet de cavaler dans une roue façon hamster, je me suis évidemment tournée vers les Vibram ! Sans même avoir repris le temps d’enfiler mes adidas me voilà donc chaussée de rose fluo à découvrir la dureté du pavé parisien. Doucement et précautionneusement. Avec des sensations assez proches que de celles que j’avais ressenties nus pieds. Et puis un jour, la faute à une ampoule, j’ai enlevé mes Vibram et j’ai continué nus pieds… Un moment particulier où j’ai réalisé qu’il m’était bien plus agréable de courir nus pieds qu’en vibram – différences que je détaillerai dans un billet ultérieur. Désormais, je ne chausse celles-ci que pour aller courir en forêt (j’envie Steph dont la plante des pieds supporte tous les terrains !). Je continue à être très prudente et demeure attentive tant aux lésions d’hyperpression qu’aux douleurs osseuses, levant le pied à la moindre alerte. Pourtant s’il est quelque chose qui m’est particulièrement pénible, c’est… de remettre des chaussures !

En prenant un peu de recul par rapport à mon cheminement, j’en ai tiré quelques enseignements :

- Les pieds et les mollets sont les deux parties du corps qui vous font mesurer combien courir nus pieds est différent de courir chaussé de running. Je n’ai pas évoqué cet aspect mais en courant nus pieds, c’est le mollet qui fait le travail de l’amorti, qui contrôle l’appui “en douceur” et je peux vous avouer que j’ai eu plus mal aux mollets en débutant la course nus pieds qu’après mon premier marathon ! Douleurs que je retrouve d’ailleurs depuis ma reprise, preuve s’il en est que je n’avais pas fini mon adaptation. Je cours désormais avec des manchons de compression, le temps que cela se tasse (lors de ma prépa marathon, 10 jours avaient suffit mais je sais bien combien rien n’est jamais immuable et dépend de chacun).

- Etudes scientifiques ou non, en ce qui me concerne je sais parfaitement que les chocs sont bien moindres en courant nus pieds qu’avec des runnings. Je le sais d’autant mieux qu’âgée de 43 ans et mère de trois enfants nés par voie basse, je souffre comme nombre de mes coreligionnaires de troubles du périnée. Troubles qui, en dépit de séances de rééducation périnéales, m’empoisonnaient l’existence ou plus exactement ma vie de coureuse puisque c’est uniquement en pratiquant ce sport que j’avais à en souffrir. Depuis que je cours nus pieds… et bien je suis définitivement guérie ! — en réalité, je n’ai plus à encaisser les chocs de mes sévères talonnades…

- J’ai retrouvé un confort dans la vie que j’avais perdu depuis des années ! : Et oui, depuis des lustres je ne supportais plus de marcher nus pieds, je n’étais “bien” que juchée sur des talons, je glissais des semelles dans toutes mes chaussures de ville, dans mes chaussures de rando et dans mes runnings évidemment. En l’absence de ces orthèses je marchais sur la pointe des pieds avec la sensation que ma voûte s’écrasait contre le sol. Et bien tout cela appartient au passé ! Mes pieds ont retrouvé un tonus et une cambrure qui changent mon quotidien. Je remarche avec des tongs et je peux attendre debout sans passer d’un pied sur l’autre pour soulager l’impression désagréable que m’enfoncer dans le sol ! Qu’il s’agisse de statique ou de posture, je suis guérie aussi !

- En contrepartie, j’ai aussi un pied un peu plus épais, si je n’ai pas changé de pointure, je sens qu’ils sont plus à l’étroit dans mes chaussures et je vois des muscles saillants, là où j’ignorais auparavant qu’ils s’en trouvaient !

- Courir nus pieds vous fait dépendre davantage votre environnement et donc d’être plus proche de lui aussi. On est obligé de courir en confiance (et les rues de paris le sont dans leur immense majorité !) On regarde le sol beaucoup, et puis on commence à oublier de regarder. Souvent maintenant je me rappelle à l’ordre pour prendre garde au verre ou au mégot mal éteint. Cependant, si je lève le nez c’est aussi parce qu’en 97 kilomètres je n’ai eu aucune mauvaise expérience à déplorer (ce qui ne signifie pas non plus que je doive cesser d’être attentive).

- S’élancer la plante à nue, c’est aussi retrouver des sensations anciennes : jouer à la marelle entre les pavés, sauter dans les flaques, glisser à n’en plus finir sur un revêtement que la pluie fait patinoire, sentir la boue s’enfouir entre les orteils… et puis le brûlant du macadam trop noir, le froid du petit matin et bientôt de l’automne. Celui de l’hiver sera trop froid, il me faudra alors rechausser, cela je le sais déjà. Alors peut-être je reprendrais mes Vibram…


Vrai Test Chaussures ZOOT ULTRA SPEED Présentation

Samedi 12 juin 2010

Je sais, je sais, j’ai écrit un jour qu’il faudrait me payer pour que je remette des chaussures. Je vais donc gâcher quelques lignes d’article à devoir me justifier :-) Faisons bref : outre le fait qu’il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai plus de ton eau, je vais me réfugier derrière la maxime préférée de nos hommes politiques “cette phrase a été extraite de son contexte” et je ne ferai pas d’autre commentaire. Je précise, à toutes fins utiles, que, dans le cadre de cet essai, je n’ai pas été payé :-) En fait, il se trouve que dans ma vie antérieure de runner non-minimaliste, j’ai toujours eu une tendresse particulière pour la marque ZOOT : rien que le nom déjà et puis l’histoire et la jeunesse à tous les sens du terme de la marque mais surtout l’originalité de sa gamme, mais je n’avais pas eu l’occasion d’essayer sur une longue durée l’un ou l’autre des modèles. L’occasion m’étant offerte, je la saisis !

J’en entends déjà me dire, oui mais ZOOT, c’est une marque de chaussures de triathlon. Certes … Mais une fois que nos amis triathlètes ont fini de se laver – bizarre qu’ils commencent par ça non ? :-)   – et de s’être un peu dérouillé les jambes en pédalant, ne doivent-ils pas se livrer à une activité que nous connaissons bien sur Wanarun, à savoir la course à pied ? Et pour ce faire, ils utilisent … des chaussures. Si si. Et si un triathlète peut courir avec des chaussures dites de triathlète, parfois même il lui arrive de faire 42,195 km avec, pourquoi est-ce qu’un runner pur ne pourrait pas courir avec ces mêmes chaussures ? Vous avez encore quelque chose à dire après cette démonstration d’une rare pertinence ?

Deux mots sur ZOOT avant de vous parler des ULTRA SPEED. La marque a été créée en 1983 à … Hawaii, plus exactement à Kona par Christal Nylin. C’est en observant les participants à l’IronMan perdre de précieuses secondes à se changer entre chaque épreuve, que cette jeune femme s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire … c’est ainsi que naquit ZOOT, l’esprit ZOOT : toute une gamme de textiles, accessoires et chaussures destinés à faciliter la vie du triathlète. La marque est présente sur notre territoire depuis 1993 et importée par un ancien cycliste de haut-niveau, Sean Van Court.

Parlons un peu des HYPER SPEED maintenant. Un petit jeu pour commencer. Regardez bien la photo et dites-moi ce qui manque ? Tic tac tic tac … buzzer ! “Les lacets Julien” ! Bonne réponse ! Et oui, les Hyper Speed sont des chaussures sans lacets. Pourquoi donc se dit celui qui n’a pas lu le paragraphe précédent ? Et bien, pour les enlever et les mettre plus vite ! Et le fait est que c’est tout à fait vrai. J’ai déjà fait l’essai 10 fois – quel gamin ce Fred … – Ces chaussures s’enfilent avec une facilité déconcertante. Et il paraît, mais je n’ai pas encore testé, que même avec les pieds mouillés, ça le fait.

Le petit malin se dit lui, oui mais s’il n’y a pas de lacet, cela doit faire bizarre, bouger, on ne peut pas la régler comme on veut. Et bien, il n’y a pas besoin de réglage. Cette chaussure, une fois enfilée est une vraie pantoufle. Elle épouse parfaitement la forme du pied et on est super super bien dedans. Bien entendu, je n’ai pas encore couru avec, ça sera pour la semaine prochaine et on verra si mon enthousiasme statique se transforme en enthousiasme dynamique.

Celui qui me cherche va me dire que ce ne sont pas des chaussures minimalistes. Bon, j’avoue. Cela dit, d’une part, la semelle n’est pas très épaisse, d’autre part le différentiel hauteur talon / pointe n’est pas lui non plus très élevé. Ce modèle se rapproche clairement d’une chaussure typée compétition comme la adizero adios. En plus, elle est évidemment conçue – rappelez-vous nous sommes un peu dans le monde du triathlon – pour être utilisée … pieds nus ! Le chausson ne présente en effet aucune couture. Qui plus est, on peut même la porter pieds nus et … mouillés car un astucieux système de drainage permet d’évacuer l’eau par des trous disséminés sous la semelle. Et je n’en ai pas fini avec celui qui me cherche au sujet du minimalisme. La semelle est clairement conçue pour une foulée du milieu du pied.

Vous voulez en savoir plus, avant que je ne démarre réellement mon Vrai Test (vous connaissez la musique : VMA, EMA, endurance …). Et bien, regardez les vidéos sur le site de Zoot Sports : http://zootsports.com/innovation/footwear


Un petit guide pratique pour apprendre le running barefoot

Jeudi 10 juin 2010

Loin de toute polémique dogmatique et sans aucune velléité de prosélytisme, voici un petit guide bien pratique pour qui serait tenté par le running barefoot, qu’il s’agisse d’en faire 10 minutes par semaine à l’issue d’une séance de VMA ou de disputer dans le plus simple appareil – pédestre – le Marathon des Sables.

Levons tout de suite deux “ambiguités” : 1) ce livre est certes écrit dans la langue de Shakespeare mais tant par son style simple et bourré d’humour, que par sa brièveté, il est d’une lecture aisée pour tout un chacun disposant de connaissances scolaires de l’Anglais, nul besoin d’avoir 965 points au TOEIC, même si cela aide :-) oui, c’est mon score. 2) “barefoot” est un abus de langage, sauf avis contraire, car est barefoot toute forme de course à pied dite minimaliste.

Jason Robillard habite à Grand Rapids (Michigan) – curieusement, il se trouve que j’y ai vécu quelques semaines dans ma jeunesse – enseignant de son état, athlète de “bas-niveau” comme il l’écrit lui-même, il pratique le barefoot depuis de nombreuses années et dispute maintenant régulièrement marathons ou ultras.

Le succès littéraire de “Born to Run” a soudainement lancé des milliers d’émules du Caballo Blanco ou de Barefoot Ted sur les routes Américaines, souvent dans la confusion et l’impréparation la plus totale, avec des conséquences parfois désastreuses. Face à ce phénomène, Jason a souhaité mettre à disposition du plus grand nombre son expérience très positive du barefoot. Par l’intermédiaire d’une université virtuelle : http://barefootrunninguniversity.com/ puis par la parution, à compte d’auteur, de The Running Barefoot Book, le livre dont je suis en train de vous entretenir.

J’ai dit court tout à l’heure : 50 pages. Mais 50 pages vraiment passionnantes. Jason propose une méthode très progressive d’apprentissage du barefoot car avant de courir un marathon pieds nus, il faut d’abord apprendre à … vivre pieds nus, puis à marcher pieds nus, puis seulement à commencer à courotter pieds nus … Et le tout ne se fait pas en une semaine mais en plusieurs mois ! Pour vous aider à y arriver, Jason explique simplement les grands principes – il y en a – , les commente et surtout propose des exercices d’application faciles à réaliser et d’une efficacité redoutable – compte tenu de son mode de parution à compte d’auteur, le livre manque d’illustrations mais ce manque est largement compensé par la clareté des explications.

Vous pensiez qu’il fallait développer de la corne sous le pied pour devenir un barefooter accompli ? Et bien vous n’aviez rien compris, c’est une peau de bébé ultra-sensible qu’il vous faut. Saviez-vous qu’en barefoot, on ne pose pas le pied mais qu’on le … lève ? Saviez-vous qu’en barefoot, le sol, on … l’embrasse ? Saviez-vous que pour bien courir en Vibram, il faut d’abord apprendre à courir pieds nus ? etc etc etc … Non ? Et bien, achetez donc The Running Barefoot Book ! Sur Amazon, c’est ici.




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