Archive pour le mot-clef ‘amorti’

Trail et chaussures de trail running

Mardi 8 juin 2010
Pour comprendre ce qu’on attend d’une paire de trail-running, je pense qu’il faut rappeler les spécificités de cette discipline. Je ne suis pas une grande traileuse, je ne cours sérieusement que depuis un an, quatre fois par semaine, et je n’ai participé qu’à des trails compris entre 10 et 15km. Je pense monter en novembre sur un trail de 28 km. Ca sera, d’ailleurs, l’occasion de vous parler des mizuno wave ascend 4 que j’ai gagnées sur la page facebook de wanarun.
J’espère sincèrement que des athlètes viendront commenter cet article pour y apporter quelques précisions.
Pour moi, le trail tel que je le pratique, est une course de montagne, où ça monte, où ça descend, avec du dénivelé donc… parfois un fort dénivelé… où on passe par tous types de terrains, caillasse, rochers, boue,
eau,
herbe, parfois route, forêts feuillues avec branches et letout lors de la même course. Il y a des moments où l’on court, des moments où l’on marche.
Une bonne paire de trails doit donc être POLYVALENTE. Il me paraît dommage de choisir une paire avec de gros crampons qui accrochera bien aux différents types de terrains mais trop lourde pour courir. En même temps, avec une paire trop légère on risque de se blesser, de glisser, de
se tordre le pied en passant sur de la caillasse ou dans la boue. Difficile compromis à trouver.
Donc la chaussure de trail idéale :
- sèche vite,
- accroche bien dans la boue (et en matière de boue je m’y connais maintenant, il y a la boue lisse d’une pluie récente, la boue épaisse et
gluante),
- est équipée d’un pare-pierre efficace sur l’avant du pied pour descendre sans se cogner les orteils (courir avec un ongle en moins, ça fait
mal, j’en sais quelque chose),
- offre un bon maintien de la cheville, le pied ne doit pas trop vriller quand on passe en équilibre,
- a une semelle résistante à l’usure des longues distantes,
- a un système d’amorti (oui oui Fred) qui protège le dos et les articulations des chocs répétés, surtout en descente, surtout quand on court longtemps, longtemps, qui protège les métatarses et la voûte plantaire,
- un renfort pour la pronation de fatigue (oui oui Fred) car on finit par adopter une mauvaise posture suite à la fatigue sur les longues
distances, qu’on soit universel, pronateur ou suppinateur,
- doit permettre de courir… une paire trail running, ce n’est pas une paire de randonnée ;-)
Tout ça pour dire qu’une paire de trail, en plus d’une paire de running, si on sort des sentiers battus, c’est bien utile, tout ça pour dire aussi que tester des chaussures de trail sur de la route ou dans une forêt parisienne lors de la sortie du dimanche, ça ne sert pas à grand chose …
Un vrai test de chaussures de trail devrait se faire sur la durée, par différents temps. Je vous donnerai bientôt mes impressions sur la mizuno wave ascend 4 … mais sachez qu’après avoir été déçue par les Lafuma, je suis toujours à la recherche de la paire de trail idéale. Peut-être les Hoka ?

Chaussures et Blessures … la suite

Samedi 5 juin 2010

Dans l’un de mes articles récents et polémiques sur la mise en cause – par des scientifiques Américains, pas par moi – des chaussures de running classiques à amorti dans l’augmentation de la fréquence et de l’importance des blessures dans le monde de la course à pied amateur, je vous assénais que LA solution miracle était de courir pieds nus ou tout au moins d’opter pour une chaussure dite “minimaliste” (Vibram, Terra Plana ou une chaussure classique mais typée compétition …), de manière à acquérir une foulée sur l’avant du pied, moins traumatisante pour l’organisme. J’étais en train de relire cet article – oui, je suis assez narcissique par moment – lorsque je m’aperçus avec horreur que je n’avais point illustré mon propos par quelque exemple révélateur. Alors, illustrons par deux pathologies fréquentes.

La TFL ou Tendinite du Fascia Lata ou Syndrome de l’Essuie-Glace : douleur au niveau de la face externe du genou lors de la flexion pendant la course. Si l’on creuse, sans a priori, la littérature sur le sujet, on se rend compte que la douleur n’apparaît que lorsque la flexion du genou dépasse un certain angle. Que conseillent les médecins à ceux qui, malgré cette pathologie, voudraient continuer à s’entraîner ? Je vous le donne en mille : courir avec une foulée plus courte et plus fréquente pour éviter justement que le genou ne fléchisse trop. Rappelez-vous ce que je vous ai dis lors de mes tests VFF ou EVO : en barefoot / minimaliste, la foulée est beaucoup plus courte et beaucoup plus fréquente, dans un ratio 60 / 90 et même dans les cotes (dont l’abus est souvent l’une des premières causes de la TFL), la foulée “minimaliste” limite la flexion du genou. Vous me rétorquerez bien évidemment que les chaussures n’ont rien à voir dans l’affaire et qu’il suffit de raccourcir sa foulée avec des chaussures classiques. Un bon point pour vous. Maintenant, essayez d’être dynamique, efficace, en courant sur l’avant du pied avec une chaussure qui n’est pas prévue pour, ne dispose pas de suffisamment de flexion au niveau de la semelle, a un talon de 3 cm de haut qu’il est impossible de ne pas poser … Point pour moi. Egalité :-)

La Tendinite du Tendon d’Achille est clairement causée par un talon de chaussure trop haut associé à une foulée sur le talon. Leur combinaison empêche le tendon de se contracter / s’étirer naturellement et graduellement comme il est censé le faire. Que se passe-t-il en réalité ? Lors de l’impact, lourd sur le talon – quelle que soit la sensation d’amorti que vous pensez ressentir – le tendon est brutalement compressé (jusqu’à 10 fois votre poids de corps à l’impact …) puis tout à coup violemment étiré, deux mouvements anti-naturels au possible. Une foulée sur l’avant du pied, associée à un talon de très faible épaisseur, voire sans amorti puisqu’on ne le pose quasiment pas – ou alors en douceur – en foulée minimaliste, laisse au tendon sa liberté naturelle de mouvement : aucune compression brutale et une extension tranquille et progressive.

Ce ne sont ici que deux exemples parmi d’autres. Je pourrais m’étendre encore très longuement sur le sujet. Alors oui, c’est un article partisan, j’assume et espère qu’il sera commenté par les tenants de l’Opposition :-)

Par contre, si je suis maintenant un farouche convaincu du running minimaliste, je voudrais quand même exprimer ici quelque mise en garde : non je ne vous préconise pas de jeter vos chaussures et de vous lancer dès demain dans un ultra pieds nus, non je ne vous incite pas à acheter des VFF ou des EVO – je n’ai pas encore eu le temps de négocier mon pourcentage, attendez quelques jours :-)     – car le barefoot / minimalisme ne s’improvise pas et attaqué dès le départ avec trop d’enthousiasme il peut, lui-même, être source de pathologies, comme toute pratique nouvelle intensive à laquelle le corps n’est pas habitué.

Il ne faut surtout pas suivre mon exemple, car je suis un garçon excessif et pour aller de blanc à noir, je fais tout de suite le grand saut plutôt que de balayer les nuances de gris … Je vous conseille donc d’y aller très progressivement, non seulement dans la pratique, mais également dans l’achat de chaussures.
1) si vous souffrez déjà de pathologies récurrentes liées à la pratique du running, consultez votre médecin, podologue, ostéo … et demandez lui son avis. Je vous ai parlé de deux pathologies seulement, d’autres n’ont sans doute aucune chance d’être corrigées par une modification de la foulée.
2) commencez par quelques minutes pieds nus sur une piste d’athlé pour “sentir le truc”
3) si vous achetez des VFF, des EVO ou même toute autre chaussure plus ou moins minimaliste (Nike Free, Saucony Kinvara …), allez-y là aussi mollo : quelques minutes au début au cours d’une séance, pas plus.


Pourquoi les chaussures de running sont mauvaises pour votre pied

Lundi 17 mai 2010

Oui, je suis un provocateur, vous le savez bien. Mais là, ce n’est pas moi qui le dit … pour une fois. C’est Christopher McDougall dans Born to Run, sans doute le meilleur livre écrit à ce jour sur la course à pied et accessoirement la Bible du barefoot aux USA – ne cherchez pas de version Française, le livre n’est pas encore traduit, dommage !

J’ai prévu de vous parler plus longuement de ce bouquin, lorsque je l’aurai fini, d’ici mercredi. Mais hier soir, entre les pages 171 et 185, j’ai trouvé ce qui suit … basé sur de nombreuses études scientifiques.

1) les chaussures de running ne vous font ni courir plus vite, ni vous font éviter les blessures, bien au contraire. Le pied, trop protégé, ne sent plus le sol et l’attaque du talon est traumatisante pour l’ensemble de la jambe.

2) Plus une chaussure est sophistiquée et amortie, plus le risque de blessure à terme est élevé. Compte tenu qu’en courant, on absorbe 12 fois le poids de son corps à chaque foulée, “l’amorti” n’apporte aucune réelle différence en matière d’impact et comme il fait courir sur le talon etc etc etc

3) Votre pied est complexe. Le faire courir dans un cocon affaiblit sa structure et entraîne à terme des blessures.

Intéressant tout cela … more to come, stay tuned.

Et pour ajouter un peu d’eau au moulin de “Born to Run”, un papier récent du département des sciences de l’Université d’Harvard (http://harvardscience.harvard.edu/foundations/articles/barefoot-running-easier-feet-running-shoes) tend à prouver, à partir de 3 études, que ceux qui courent pieds évitent effectivement les blessures car ils utilisent le pied et la jambe tels qu’ils ont été conçus par plusieurs millénaires d’évolution … Le fait de courir sur l’avant du pied supprime complétement les effets d’impact car cette zone est prévue pour cela, contrairement au talon. Le pied nu est capable d’un amortissement nettement supérieur à celui d’un pied chaussé et trop amorti. Je vous invite à visualiser les vidéos citées. Elles sont très intéressantes.  L’étude en question a été en partie sponsorisée par Vibram, il fallait l’écrire, ce recours à un financement privé d’une société “impliquée” dans le débat est très courant aux USA.


Vrai Test NEWTON RUNNING – Premières impressions

Samedi 30 janvier 2010

Ca y est ! Je viens de courir en NEWTON RUNNING ! Et j’ai déjà un avis sur ces chaussures. Mais faisons durer un peu le suspense avec trois petites disgressions, que le lecteur pressé pourra aisément shunter.

Disgression numéro 1 – je précise, pour ceux qui ne veulent pas les lire – : pourquoi suis-je le cobaye idéal pour ce test ? Malgré un poids plume ramené à ma taille habituelle (65 kg pour 1m85) et une foulée ample, je suis “lourd” quand je cours et ai tendance à taper du talon. Donc, si les NEWTON RUNNING ont un vrai effet, je devrais le sentir.

Disgression numéro 2 : une image valant mieux qu’un long discours, jetez donc un oeil à la photo ci-dessous.

A gauche, l’avant d’une semelle “classique” – celle de mes Saucony en l’occurence. A droite, la semelle Newton. On distingue bien les 4 “patins” – j’ai décidé de les appeler comme cela – magiques qui sont censés vous amener à courir sur l’avant-pied et a être donc plus performant.

Disgression numéro 3 : à l’occasion, essayez, dans votre salon, les couloirs du bureau, une piste d’athlé ou tout autre endroit que vous jugerez pertinent de courir pieds nus. Vous verrez immédiatement que, ce faisant, vous ne posez pas les talons. Et bien c’est ce mouvement naturel que les NEWTON RUNNING sont censées vous aider à accomplir.

Revenons à nos moutons. J’ai donc couru hier soir en NEWTON RUNNING. Après les avoir montrées à tous mes coéquipiers de l’AC CELLOIS - qui, je le rappelle, cherche toujours un sponsor, ne serait-ce que pour les maillots des marathoniens – discuté un quart d’heure des mérites-sur-le-papier de la bête, m’être fait charrié sur le fait que j’allais enfin ne plus être en queue de peloton, j’ai pu courir … en Saucony pour commencer, suivant en cela les recommandations de Sir Isaac (Newton) pour la première utilisation : “One mile or so”, pas plus. Considérant qu’un échauffement de 25 minutes sur route dépassait allégrement le one mile or so, j’ai laissé les NEWTON au vestiaire.

Retour au stade pour les 6 x 1000m à 15 km/h du jour. Je décide de courir le premier en NEWTON RUNNING. Trois bonnes surprises en les enfilant : 1) elles sont très confortables. On sent bien un “truc” sous l’avant-pied mais rien de bien méchant contrairement à ce que je pensais 2) je serre mes lacets du premier coup ! Ce qui chez moi relève de l’ exploit ; en général, pour être serré de la même façon des deux côtés, je m’y reprends une bonne dizaine de fois. 3) on marche sans problème avec, pas d’effet “chaussure de vélo”, les “patins” ne gênent pas.

Et c’est donc parti pour un 1000m rapide mais sans plus (15 à l’heure, c’est pas la mort) et avouons-le, j’ai, beaucoup de mal à trouver mes marques. Au début, je garde mon ample et lourde foulée habituelle, je sens un tiraillement dans les mollets, preuve qu’il y a bien “quelquechose” avec ces chaussures, mais ce n’est pas franchement ça. En même temps, je cours au bon rythme, alors …  Au bout de 994m, je me souviens enfin de ce que m’a dit Laurent, l’importateur français : raccourcir sa foulée et courir le plus naturellement possible. Les 6 derniers mètres ne sont malheureusement pas suffisants pour mettre en application la théorie.

“On r’met ça ?” … 1000m + 1000m faisant vaguement one mile or so, j’en reprends pour un tour. Et là, miracle, en respectant les consignes, je sens que je commence à ne plus poser le talon et à être plus aérien. Ca commence à bien me plaire cette affaire et en plus ça tire moins dans les mollets … Mais, c’est surtout quand je reprends mes autres chaussures pour terminer la séance que je me rends compte de l’effet NEWTON RUNNING. Tout à coup, je me sens franchement lourd, hippopotamesque, j’ai l’impression de ne plus avancer, je me traîne, je n’ai plus de “ressort” … Et de fait, je perds environ 0,5 km/h sur les runs.

Faisant alors fi des consignes – pardon Sir Isaac – bravant les interdits, je décide de rechausser les NEWTON RUNNING sur le dernier 1000 et là, j’ai littéralement l’impression de voler ! Une sensation fabuleuse ! Je n’ai jamais été aussi bien sur cette distance. Je suis enfin aérien … Preuve de coach à l’appui : Cyril – the boss – me déclarant “pour une fois, tu as l’air d’un coureur !” – ie traduction : ton talon ne touche plus le sol. Je me permets même, une petite folie, en anticipation de ma séance VMA de mardi, une petite pointe sur quelques mètres et là, honnêtement, je pense que je vais faire des ravages … la sensation de facilité ! Waow !!! Je devrais atomiser mes meilleures perfs sur 400.

Et évidemment - non, je n’ai pas oublié - la question que vous vous posez tous : as-tu mal aux mollets ce matin ? Et bien, à dire vrai, non. D’ailleurs, le tiraillement dont je parlais sur le premier 1000, ne s’est plus manifesté dès que j’ai eu trouvé la bonne foulée. Je me dois de préciser cependant que toutes mes 4 séances de muscu hebdo comportent des squats finis sur la pointe des pieds qui font bien bosser les mollets, donc de ce côté-là, je ne suis peut-être pas représentatif.

Vous l’aurez compris, je suis déjà conquis … mais mais mais, ne nous enthousiasmons pas trop vite quand même. Mon objectif est de courir le Marathon de Paris avec ces chaussures. Il me reste donc encore beaucoup de choses à voir, notamment sur des distances nettement supérieures aux 1000m (pour la VMA, avant même d’avoir fait la séance de 12×300m de la semaine prochaine, je ne me fais pas de souci). Je commence donc à les tester en endurance dès dimanche sur ma sortie longue (2h) du weekend … sur le premier ou le dernier quart d’heure, à moins que … je ne tente le diable, allez savoir … Rendez-vous sur ce même site lundi matin.




Articles précédents

Derniers commentaires

Les mots-clefs