Sur la route de la 6666, 2ème étape: le Monistrail


 

imgres      Il est 8h30, ce dimanche lorsque je rejoins la petite ville de Monistrol à 30 mn de Saint Etienne pour ma 3 ème participation au défi Vellave. Je ne suis pas inscrit sur la distance reine ou s’aligne toutes les pointures, notamment Antoine Guillon, mais sur le Monistrail (23 km). A ce stade de ma préparation, je n’ai ni la «caisse», ni les jambes pour les 50 Km du Défi Vellave. Le ciel est gris au dessus du château ou est donné le départ, mais contrairement aux prévisions, il ne pleut pas. Près de 2600 personnes sont inscrites, réparties entres les coureurs, les marcheurs et les enfants pour cette 7 édition, dont plus de 500 sur le 23 km. C’est ma deuxième épreuve de préparation en vue de la 6666, mon premier objectif de l’année, après la Nuit blanche du Pilat, il y a un mois. Si je suis ravi de retrouver l’excitation de la compétition, j’apprécie surtout que cela se déroule en mode diurne et sans neige. C’est également l’occasion de véritablement tester les Salomon XR Crossmax 2 et d’utiliser pour la première fois le sac Salomon Skin Pro 14l. Ceci étant, vu la distance et la présence de 2 ravitaillements, je pars avec un sac quasiment vide hormis un coupe vent imperméable, un bidon de 500ml avec ma boisson énergétique et mon téléphone. Pour mon équipement, RAS, je porte un maillot technique sous ma veste et pour le bas, un corsaire. Ma  fidèle compagne, la Suunto Ambit au poignet, me voilà fin prêt sur la ligne de départ.

 

Désireux de coller à la stratégie que j’ai décidé d’appliquer en 2013 ( vous savez, les bonnes résolutions de début d’année): un départ tranquille, ne jamais se mettre dans le dur et on voit ce qu’il en est à la fin, je me positionne dans le fond du peloton. 9h47 la meute est lâchée, de suite des commentaires fusent autour de moi: «c’est parti vite»! Un bon avertissement pour se modérer et ne pas s’affoler au vu de tous ces coureurs qui partent comme des fusées. On traverse le village avant d’emprunter au bout d’un gros kilomètre un chemin à travers champs. Je sors le profil de la course de ma poche pour visualiser la première difficulté. Ca se situe au niveau du Km 4, une montée à travers une forêt. Ces premiers instants de course dans la campagne sont vraiment agréables, le chemin est large, roulant, le soleil fait même de timides apparitions, j’en profite pour mettre la musique. J’aborde cette première montée en conservant une allure de trot, si je sens que cela devient difficile je passerai en mode marche. Arrivé au sommet sans avoir puisé dans les réserves, je me lance dans la descente. Le chemin  est sec  et roulant, bien maintenu dans les Salomon qui adhérent parfaitement sur les rares parties boueuses, je peux descendre à bonne allure d’autant que la trace est sans piège. Les appuis se font avec souplesse, j’utilise au maximum les pointes de pieds et les bras pour maintenir un bon équilibre, ce qui permet d’éviter de trop solliciter les quadris. Ce sont de bonnes sensations, rapidité et légèreté, cela me permet de doubler pas mal de concurrents. L’entraînement dans le Pilat avec ses sentiers techniques est en train de payer. Waouh! Avec la musique dans les oreilles c’est un grande dose de plaisir que je m’envoie en dévalant ce chemin.

 

imagesOn ne relâche pas la concentration lorsque l’on retrouve le plat et la fin de la forêt. La course est maintenant bien lancée, le rythme des de coureurs qui m’entourent correspond bien au mien et je commence à me familiariser avec mes compagnons de route. On profite vraiment de l’environnement, les quelques rayons de soleil nous font même oublier le vent de face assez fort et froid. J’apprécie de pouvoir courir en permanence même lorsque le chemin grimpe ou que les passages sont un peu plus techniques, je suis à l’aise, la forme revient doucement. Plus loin le sentier devient monotrace avec un passage en dévers ou l’on se suit en file indienne, souvent en marchant.  Un bouchon se forme alors que l’on doit s’engager dans une descente glissante. Voulant me retenir à une branche, je me griffe la main, ce qui me fait perdre l’équilibre et je chute sur le côté. Plus de peur que de mal, je me relève la main en sang et me lance dans réfléchir dans la pente qui s’achève dans un petit tunnel qui débouche sur les bords de la Loire. Je n’ose pas demander à ceux qui m’accompagnent s’ils ont un mouchoir en papier pour ne pas avoir la honte de montrer que je n’ai même pas songé moi même à en prendre un…. Tout en surveillant d’un oeil ma main et de l’autre le chemin afin de ne pas me prendre  une bonne gamelle je reprends mon rythme sur le chemin redevenu roulant. Km 12,5 c’est le ravito! Un peu d’eau pour me laver la main, un gobelet de coca, 2 pattes de fruit, je remplis d’eau mon bidon qui est quasiment vide (j’ai essayé de conserver une hydratation régulière, avec 2/3 gorgées toutes les 10mn) et je repars en petite foulées.

 

Ayant désormais bien identifié mes concurrents, je me suis rendu compte que j’arrivais à prendre un peu d’avance sur eux dans les montées et dans les descentes, mais que j’étais rejoins dans les traversées plus roulantes. Je tente d’élever un peu mon rythme sur ces parties planes afin de garder plus ou moins en visuel mes compagnons et pouvoir refaire mon retard quand ça grimpe ou lors des descentes. C’est mon ¼ heure stratégie, c’est cela quand on n’a pas les qualités physiques, il faut compenser avec la tête. C’est plutôt rassurant aussi, cela démontre que ma lucidité est encore intacte parce que sinon je commence à sentir de la fatigue dans les jambes. C’est vrai que cela fait longtemps que je n’ai pas conservé une telle constance de course malgré le dénivelé .Un coup d’œil à la fiche du profil m’informe que l’on est sur la longue partie, plutôt montante en sous bois, avant une descente à découvert qui va nous amener au niveau du Km 20 ou se situe la dernière difficulté avant l’arrivée. Le parcours reste  toujours roulant et accompagné de la musique, je progresse, à ce qui pour moi est une bonne allure, au travers de cette forêt. Mince, mon dossard se détache et je suis obligé de m’arrêter pour l’épingler. Quelques concurrents profitent de cette  mésaventure pour me doubler et je dois m’employer dans la descente à la sortie du bois pour retrouver mon rang. Ce n’est pas parce que je me bats pour la 300 ème place que je dois lâcher l’affaire. Nous sommes sur une partie du parcours que je reconnais des éditions précédentes et je profite d’une montée avant un hameau pour reprendre quelques connaissances qui avaient profité de mon petit arrêt. Un passage sur la route, puis un nouveau chemin et voilà le 2ème ravito. Je ne m’attarde pas, un verre de coca, 2 morceaux de pain d’épice que je grignote tout en trottinant.

 

imgres-1De suite on se retrouve sur un sentier monotrace où il n’est pas toujours possible de courir. Nous sommes de nouveau sous les arbres, le chemin est en dévers et même si c’est plutôt sec, les appuis sont fuyants. Je commence à avoir les muscles des cuisses et des mollets douloureux, c’est un signe avant coureur car à 2 km de l’arrivée, je ressens une crampe brutale dans le mollet gauche qui m’oblige à m’arrêter. Je suis surpris car c’est une douleur que je n’ai plus subie depuis de longs mois, voire des années, depuis que je porte des boosters. Pourtant je me suis bien hydraté, cela doit venir de mon rythme dans les descentes. En fait et je l’apprendrais plus tard de la bouche de mon coach (qui forcément sais tout), cela provient du fait d’avoir quasiment couru en permanence dans les montées… !!! Je bois quelques gorgées et repars en marchant tout en essayant d’assouplir le mollet. Bon, on va oublier la stratégie qui consistait à remonter le petit groupe à quelques dizaines de mètres devant et on va se débrouiller pour terminer au mieux cette course. Je finis par me remettre à trottiner doucement  car la trace reste assez compliquée avec des passages où je dois utiliser les mains. Au détour d’un virage je vois le concurrent aux cheveux blancs (et donc à priori de ma catégorie) que je piste depuis plusieurs kilomètres, qui marche lui aussi. Cela me donne un coup de fouet pour relancer mais je suis de nouveau fauché par une crampe, cette fois à l’autre mollet (le droit) !! Ca va, j’ai saisi le message, je reste en mode marche pour faire disparaître la douleur et j’essaye de garder mon client en visuel. 2 ou 3 concurrents me rejoignent , me dépassent et je finis par me mettre dans les pas d’une fille (c’est toujours plus motivant) qui trottine. Elle me ramène tranquillement au niveau de « cheveux blancs » que je double tranquillement collé aux basques de ma partenaire. Nous venons de rejoindre la route en bas du village de Monistrol. Il ne reste plus que 300m de course dont 150m de montée pour rejoindre l’arrivée, je déconnecte le cerveau et enclenche un petit rythme tranquille de course dès le bas de la côte. Je passe la concurrente qui m’a relancé sans un regard (j’ai le cerveau débranché, je vous rappelle) et sans faiblir je reprends ainsi une demi douzaine de concurrents qui terminent cette côte en marchant et j’arrive en vue de la banderole d’arrivée. Comme à mon habitude, quand mes moyens me le permettent, je pique un sprint et je double ainsi encore 3/4 coureurs.Le dernier se prend au jeu, il s’accroche et nous terminons ensemble avec la banane en 2h48’. Arrivé dans la salle du château ou se trouve le ravitaillement final je profite de ces instants toujours exceptionnels ou se mêlent la délivrance d’avoir franchi la ligne, le soulagement que l’effort soit terminé et la satisfaction d’avoir réalisé une course en ayant donné tout ce que l’on avait. Le temps, le classement sont accessoires et c’est à travers les regards des autres concurrents qui récupèrent, se désaltèrent ou mangent que s’installe cette fierté d’être allé au bout de l’épreuve. Plus tard en rejoignant ma voiture, longeant l’arrivée ou en terminent d’autres coureurs, je prends conscience du plaisir important que j’ai pris durant cette épreuve. L’organisation, l’ambiance, le parcours, la météo, les sensations ressenties durant la course ont permis de faire de ce Défi Vellave un très bon moment de sport. Rendez vous pour la 8 ème édition.

 

Prochaine étape : Trail de l’Ardéchois le 21 Avril

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche Technique de la course :

 

17 Mars 2013: 7 ème édition du Défi Vellave à Monistrol (43)

 

Trail de 10/23/50  km- départ à 9h30 pour le Monistrail (23 Km)

 

Ciel nuageux avec de fréquentes apparitions du soleil. Températures fraîches et fort vent du sud. Terrain sec et plutôt roulant avec de rares zones boueuses. Parcours à 90% sur chemins et sentiers.

 

Classement masculin 50 km

1                 GUILLON Antoine       04:37:34 (V1H)
2                 CELLE Stéphane          04:48:50 (SEH)
2 ex aequo  SAGNARD Eric            04:48:50 (V1H)

4                 TRIVEL Lionel             04:50:21 (V1H)
5                 PONTVIANNE Didier  04:54:11 (V1H)

 

Classement féminin 50 km

1 SOULAS Réjane                  06:18:19 (V1F)
2 SOULAS Nelly                    06:18:29 (SEF)
3 GIRAUD Josiane                 06:50:56 (V1F)

4 PEDROLETTI Geneviève     06:56:53 (SEF)

 

Classement masculin 23 Km

1 LACASSAGNE Guillaume   01:43:48 (SEH)

2 PROST Philippe                 01:50:56 (SEH)
3 TRIVEL Damien                 01:52:26 (V1H)

 

Classement féminin 23 Km

1 FILAIRE Joelle             02:15:51 (V2F)
2 BAYLE Pascale              02:23:59 (V1F)
3 OUTIN Céline               02:25:25 (SEF)

 

Classement masculin 10 Km

1 MAGNE Thibaut         00:42:59 (SEH)
2 LIABEUF Sébastien   00:43:28 (SEH)
3 RIVAL Mathieu          00:43:33 (SEH)

 

Classement féminin 10 Km

1 LEGAT Fabienne              00:53:55 (SEF)
2 GALLOT Anne-Laure       00:57:52 (SEF)
3 CHANDES Stéphanie      00:59:43 (SEF)

 

 

 

 

 

 

Fiche Technique Test matériel

 

 

Salomon XR Crossmax 2Sac Salomon Skin Pro 14l

 

Les plus :

Protection Très confortable

Adhérence Légèreté

Maintien Accessibilité des poches

Stabilité

 

Les moins

Amorti Sangle de poitrine qui se desserre

Confort et souplesse latérale

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