semi-marathon de Tournefeuille : photos et compte-rendu



 

Plus de 1500 au semi de Tournefeuille !

Tournefeuille, un des tout premiers jours d’automne, un des tout premiers jours d’octobre. Cette année, contrairement à l’année dernière, la nouvelle saison s’est faite attendre. Les feuilles ne tournent point encore. Il fait beau, beau et chaud. On ne s’en plaindra pas, quoique…. La température affichée dès le matin reste bien au dessus des normales saisonnières. L’été est indien. On ira… et l’on courra bien encore…

Toute la semaine fut chaude. Pas un nuage dans le ciel, pas un souffle de vent. A la dernière nuit claire, succède une nouvelle journée, tout aussi claire. Dimanche. Les rayons du soleil sont tout de suite généreux, la lumière est surabondante. Dès sept heures, le gymnase s’emplit. Les coureurs arrivent, solitaires, ou par petits groupes courir la dixième édition du dix kilomètres de Tournefeuille, ou le semi. A trois petites semaines du marathon international du Grand Toulouse, le club de la petite bourgade mitoyenne, l’athlé 632, a eu la bonne idée il y a cinq ans de rajouter aux dix kilomètres qu’elle proposait jusque là au monde de la course à pied un vrai semi-marathon. Chacun sait qu’une telle distance confère à ceux qui préparent l’épreuve marathonienne avec engagement et sérieux qu’une telle épreuve est une étape incontournable dans un plan de préparation. Un vrai semi, pour tester son allure, son envie, ses sensations… Le succès de l’édition ne vient pas seulement de là. L’organisation est hors pair et sans reproche. Si l’on ajoute la clémence des conditions météo, le charme du parcours retenu et la propension que l’homme moderne à se dépenser, plus de mille cinq cents personnes sont venues, ont répondu présentes. Après un départ donné à dix heures pétantes et sous un soleil de plus en plus chaud, toutes ont vaincu en transpirant un peu plus que d’habitude leurs objectifs personnels. Endorphine, quand tu nous tiens….

Sur les boulevards attenants au lac de la Ramée, exactement mille cinq cents soixante six coureurs, tous motivés, vêtus des tenues requises colorées les plus légères, sont partis en même temps pour l’une des deux épreuves. Face à l’engouement et au nombre de participations de plus en plus nombreuses d’année en année, les organisateurs ont du modifier l’emplacement de la ligne d’envol. Question de sécurité. La moitié est partie pour dix kilomètres, l’autre pour le semi. Peu de courses en Haute Garonne rassemblent tant de monde. Sur la quatre voies sur laquelle s’élance l’essaim, la densité du peloton rend incontournables les coups de coude. Au-delà du premier rond-point, la bande centrale, le terre-plein qui sépare les voies, la précipitation des uns bouscule le départ plus timoré des autres placés trop en avant sur la ligne. Chacun s’élance à sa cadence. Les premiers décollent comme des avions. D’autres, moins aguerris, mesurent déjà l’effort, le gèrent et sont plus prudents. Durant ces quelques secondes qui suivent les ordres du starter, entouré de tant de monde qui se meut simultanément, le coureur craint surtout la chute. Au-delà, très vite, les choses se mettent en place. Les favoris prennent les devants, sans surprise. Les allures des coureurs se règlent et le train prend sa bonne marche, s’étire. Reste à choisir le bon wagon, le plus judicieux et à se laisser porter. Ceux qui pêchent par présomption paieront trop vite leur départ trop rapide. D’autres sont moins ambitieux restent décemment en deçà de leurs possibilités, un choix plus raisonnable. Chacun se cale sur son objectif. On retrouve très vite au cœur du peloton ses amis, ceux que l’on retrouve systématiquement chaque dimanche sur les différentes épreuves du calendrier annuel. La course à pied est une grande famille, beaucoup de gens se connaissent, se reconnaissent, se lient. On se cale avec les siens, on échange, on se rassure, on s’assigne des objectifs, une vitesse de croisière, des temps de passage. Deux petits kilomètres de ligne droite sur le boulevard puis le peloton s’engage autour du lac de la Ramée. Un site privilégié, facile à cadrer, que l’organisation a logiquement retenu. Le parcours épouse les trois quarts de la rive du lac, tourne autour d’un rond point puis revient. Le dix kilomètres n’effectuera qu’un passage près du lac puis rentrera à l’arrivée, par le même boulevard qu’à l’aller. Les coureurs du semi bifurqueront et seront invités à doubler la mise. Mais si le tracé retenu reste plat et laisse théoriquement présager des performances chronométriques avenantes, les températures du jour s’avèrent bien trop clémentes. Le ciel ensoleillé, la lumière, le bombardement de photons et d’ultra-violets chauffe les tignasses. Tempête sous les crânes. Cocottes minutes. Les tempes et les maillots s’humectent. Les muscles tirent. Les gosiers se dessèchent. Il faut pourtant poursuivre.

Sur le dix kilomètres, le suspense n’aura pourtant pas duré longtemps. Dès le coup d’envoi, le nouveau licencié du team 12, Damien Bévenot, ne laisse personne penser très longtemps que la victoire pourrait échoir à un autre que lui. Le rythme emprunté dès les premières foulées laisse pantois la horde, déjà en recul, lancée à ses trousses. Le seul qui n’abdique pas tout de suite, c’est Nicolas Ansiaux. Mais Nicolas sait aussi que ses premières foulées, ses temps de passage au premier puis au deuxième kilomètres sont trop rapides, qu’il ne pourra pas tenir. Et au lac, il lâche lui aussi prise. Il saura finalement gérer sa seconde place. Seul devant, Damien poursuit, sans se retourner, sans se poser la moindre question. Certes, il cogite. Sans doute mesure-t-il l’ampleur de son retour. Damien se positionne comme un coureur de tout premier plan. Jeune, il était déjà doué pour courir vite. Mais quelques années passées dans l’armée l’ont éloigné un temps des pistes asphaltées. Depuis un an, à aujourd’hui vingt-neuf ans, il a décidé se s’y remettre, sérieusement. Régime, entraînements quotidiens doublés, amaigrissement de cinq ou six kilos, affûtage. Damien va de plus en plus vite. Son objectif, les cross prochains. Attention, il peut, il veut faire mal. A commencer par aujourd’hui.

Sur le semi, en l’absence de Jérôme Bellanca, vainqueur de la précédente édition, et de Nicolas Fernandez, vainqueur la semaine dernière du semi de Toulouse, tous deux partis disputer le semi de Carcassonne, c’est logiquement Fred Lureau, leur second, qui cherche à tirer les marrons du feu et à oublier les autres. Taillé en V, large d’épaules, moniteur de culturisme, Fred évoque peu le gabarit requis pour briller expressément en course à pied. Et pourtant. Aucun autre gaillard ne parviendra à lui emboiter le pas. Fred, lui aussi au team 12, fera lui aussi seul la course en tête. Vingt-et-un kilomètres. La chaleur et la solitude le desservent, Fred reste concentré. Il compte clore la boucle en 1h12. Il y parviendra. Chapeau. On peut tout aussi congratuler Houria Fréchou. indéboulonnable Houria. La dame s’adjuge une nouvelle victoire sur semi. 1h21, quatorzième au scratch, à bientôt cinquante-trois ans… Les ennuis de santé de son mari ne semblent plus qu’un mauvais souvenir. Houria, par solidarité pour celui qu’elle aime, n’avait pas couru du tout l’été. Patrick va mieux, Hourah. Il recourt lui aussi, trottine, envisage de nouvelles compétitions. Madame Fréchou n’a rien perdu de sa superbe, elle a même encore gagné…

Un commentaire sur “semi-marathon de Tournefeuille : photos et compte-rendu”


Posté par Julie Le 4 octobre 2011 à 18:33

wahouu il est genial ce remy, il ne s arrete jamais !

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