Présentation de La Petite Trotte à Léon



 

La Petite Trotte à Léon, qu’est-ce donc ? Certainement pas une petite sortie dominicale entre amis, ni même une course dans le sens où on l’entend généralement. Car première particularité, il n’y a pas de classement à l’issue de la course. Et oui, le seul fait de passer la ligne d’arrivée sera une magnifique victoire et l’aboutissement d’un effort long… très long… et collectif, car l’épreuve se dispute par équipe de 3.
Pour poser les bases, sachez que la Petite Trotte à Léon est organisée par Les Trailers du Mont Blanc, en parallèle du renommé Ultra-Trail du Mont-Blanc®. Au programme des festivités : environ 245 km pour environ 21000 mètres de dénivelé positif (oui, vous avez bien lu et ça représente plus de 2 fois l’Everest) sur un parcours 100% montagne, généralement à plus de 2500 mètres d’altitude, en autonomie complète.
La difficulté du parcours et sa dangerosité sont clairement annoncées pour mettre en garde les candidats : « les sentiers empruntés sont nettement plus difficiles que ceux de l’UTMB et peuvent présenter des dangers objectifs », « le parcours se situe souvent à plus de 2500 mètres d’altitude, loin de tout refuge et que, en cas de mauvais temps, les conditions peuvent donc être extrêmement difficiles ».

Mais qui peut bien vouloir tenter cette folle aventure ? Pour se faire une petite idée sur la réponse, je vous propose de faire la connaissance de Julien qui prendra le départ de la course dans un peu moins d’un mois. Julien, alsacien de 28 ans expatrié à Londres, est l’auteur du blog Life is an ultramarathon et il a bien voulu répondre à mes questions.

Quand et pourquoi (s’il y a une raison en particulier) as-tu commencé à courir et pourquoi t’es-tu orienté vers l’ultra ?
J’ai toujours un peu couru. Petit à petit je me suis pris au jeu de tenter des distances plus grandes. Par défi personnel, par curiosité, pour voir jusqu’où je pourrai aller. Et aussi parfois pour combler des manques passagers dans ma vie.
Le déclic à eut lieu après le marathon de Belfast, que j’ai fini sans trop de problèmes. Je pensais alors que le marathon était le défi ultime. Quand un ami à l’arrivée m’a dit que j’avais l’air bizarrement plutôt en forme, le mythe du marathon s’est effondré d’un coup et j’ai très vite ressenti le besoin d’aller plus loin, pour voir…

Jusqu’à maintenant, quelles épreuves t’ont le plus marqué (magie de la course, expérience humaine, exploration de tes limites, remise en cause…) ?
Trois courses.

UTMB 2005 : mon premier ultra et premier trail, inscrit à la dernière minute, le grand saut du marathon au trail de 155km +8500m de dénivelé en quelques mois. Le mois avant le départ, j’étais tétanisé par l’ampleur de l’évènement. Je pensais que faire la moitié serait déjà une réussite… et j’ai bouclé le tour. Je n’ai réalisé mon petit exploit que le lendemain en repartant de Chamonix. Un bonheur intense. Pendant la course, j’ai été agréablement surpris par l’ambiance et la sympathie des coureurs, organisateurs, et spectateurs. Rien à voir avec un marathon. Pour couronner le tout, des moments d’émotion, au départ sur la musique de Vangelis (Colombus 1492), ou les « serpents de lumières » des lampes torches la nuit ont marqué mon esprit comme une course magique.

Ironman Nice 2008 : mon premier triathlon. Mon entrainement n’a pas été optimal, et je suis allé vraiment chercher loin pour finir le marathon. Cette course s’est placée dans le cadre d’une ouverture dans l’exploration de mes limites. Il n’y a pas que la course à pied dans la vie 🙂 Ceci dit, je ne peux pas dire que j’ai adoré l’ambiance et il est peu probable que je retente un Ironman bientôt.

Hardmoors 110 2008 : la sensation d’atteindre une sorte de maturité dans l’ultra. Une course à la fois confidentielle et conviviale. Paradoxalement, j’ai aimé à la fois le côté social et les phases solitaires de la course. Ça permet de se retrouver soi-même, de faire sa course quand on se sent fort, mais aussi de profiter des autres coureurs et équipes d’assistance quand ça va moins bien. Globalement, le parcours m’a inspiré un sentiment de plénitude, de force tranquille, par opposition a la « violence passionnelle » des Alpes. Une gestion quasi-parfaite de la course a complété ce sentiment d’harmonie.

Qu’est ce qui t’a attiré dans la PTL : pouvoir repousser encore un peu plus tes limites, le parcours au cœur des Alpes, courir en équipe ?
Pas mal d’aspects de la course m’ont attiré. C’est un peu le genre de course que j’organiserais moi même si je devais choisir. Le côté un peu plus convivial que les 2500 coureurs de l’UTMB, les passages isolés et techniques en haute altitude… et évidemment un nouveau défi en terme d’endurance, puisque qu’elle cumule plus de deux fois le dénivelé de l’UTMB.

Sur quoi s’est basée ta préparation ? Beaucoup de sorties longues je suppose, mais aussi des entrainements en montagne, peut-être un peu de fractionné ou d’autres sports ?
De l’entrainement général de course à pied (fractionné, seuil et sorties longues) et des sorties spécifiques dures certains week-ends (parfois appelées « week-end chocs » dans le milieu de l’ultra Français). Histoire de s’entrainer dans les conditions quasi-réelles en terme de distance, terrain, materiel, navigation et équipe. En particulier sur la PTL, il s’agit de faire avec des sacs un peu lourds car tente et sac de couchage sont obligatoires, il faut naviguer hors des sentiers tracés et s’entrainer à courir en équipe.

Par ailleurs, je ne veux pas me couper des autres activités que je pratique normalement. Non seulement par goût, mais aussi parce que je pense que l’entrainement croisé limite les risques de blessure. Donc « circuits training » (cardio), natation (les bras sont utiles pour courir avec les bâtons), escalade (gainage, équilibre), randonnée (technique montagne et dénivelé) et un peu de vélo (endurance).

Ce serait quoi pour toi une Petite Trotte à Léon réussie ?
Ce serait de finir avec toute l’équipe, peu importe le temps.
Accessoirement d’être capable de marcher le lendemain 🙂

Merci et bonne chance !

Départ dans la nuit du 25 au 26 août du centre de Chamonix Mont-Blanc, le rendez-vous est pris.

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