Pourquoi cours-je ?


 

Souvent quand je prends du recul ou que je me pose cinq minutes, ce qui revient un peu au même, je me pose cette question : pourquoi je cours ? Pourquoi depuis que j’ai 12 ans, je suis un entrainement plus ou moins régulier et quasi tous les jours, à quelques périodes près bien sûr, je rechausse inlassablement les baskets qu’il pleuve, vente, fasse froid ou chaud, le matin, le midi, le soir ou même la nuit… Cela fait près de trente que ça dure et comme une drogue douce, j’ai ce sentiment de ne pas pouvoir décrocher. Et pourtant ce n’est pas facile tous les jours… Alors qu’est-ce qui me pousse ainsi à défier les lois de la gravité et à chaque foulée réalisée aller chercher encore un peu plus loin…en avant !
Je sais que c’est un peu existentielle comme interrogation, mais bon quand on court tant et tant, avec au compteur quelque chose comme une centaine de bornes, en moyenne bien sûr, par semaine, donc en gros 4 à 5000 par an et donc pas loin de 120000 en trente ans pour rester au plus bas des estimations, je me dis que ça fait un peu « fou » comme pratique. Trois fois le
tour de la Terre… Mais je me dis que si j’avais passé tout ce temps à faire autre chose, j’aurai sans doute pu construire des tas de choses, écrire des dizaines de livres ou même apprendre des dizaines de trucs importants ! Alors pourquoi courir et courir encore. Pour me sentir bien dans ma peau ? Oui d’accord mais il y a d’autres sports qui emmènent au même résultat… Parce que quand on court, on peut s’évader, penser à autre chose, revenir à une certaine notion de liberté ? Ce n’est pas faux. Cela me plait bien et ça doit être une partie de la réponse…

Parce que je fais aussi des compétitions régulièrement et que, comme pour beaucoup, vouloir se mesurer aux autres est un jeu qui remonte à la nuit des temps et qui se retrouve surement dans les génome humain ? C’est aussi un peu de ça… Le fait de programmer des compétitions me permet de me motiver et me booste un peu plus encore… Parce que cela permet d’exister
tout simplement ? Cela me plait énormément. Sentir son corps, ses souffrances, son cœur qui s’emballe, ses tiraillements, ses relâchements… C’est cette joie que procure la course et le sport en général…

Bref j’ai essayé, mais je n’y arrive pas. J’ai essayé d’arrêter et de me dire : « Stop, ça suffit. Tu as passé l’âge, tu en as assez fait !! » J’ai donc passé une grande partie de ma vie à courir et je me dis que ce n’est pas si grave. Que courir, c’est juste marcher plus vite… et tout le monde marche non ? Alors je m’apprête à chausser de nouveau mes baskets… car la plus belle des raisons que j’ai trouvé finalement, c’est que courir, c’est ce qu’il y a de plus simple, de plus facile. Pas besoin de matériel, pas besoin de lieu particulier. Il faut juste y aller ! Juste le faire comme dirait l’autre !



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