Philippe au marathon de Tokyo



 

Début février quand nous avons discuté avec Philippe du marathon de Tokyo et il m’avait promis de nous faire un récit de ce marathon mythique. Vu les circonstances actuelles,  ce récit prend une tout autre dimension.
Parler de mon expérience du marathon de Tokyo (27 février) dans le contexte dramatique que l’on sait pourra paraître futile et sans doute déplacé mais je crois que d’un autre côté, c’est rendre hommage à un peuple qui vit les heures sans doute les plus sombres de son histoire récente.

Pourquoi Tokyo? Eh bien d’abord, pour des raisons de proximité géographique (!) puisque je vis et travaille en Chine (à Canton, au fin fond du sud, tout près de Hong Kong). Ensuite, une attirance de déjà deux décennies pour ce pays a fini de me convaincre de tenter ma chance, mon premier marathon dans l’Orient le plus extrême. La réputation de précision et d’organisation du Japon n’est plus à faire et je peux vous dire qu’elle n’est pas usurpée, loin de là. Alors, bien entendu, je n’ai pas de moyen de comparaison, mais les impressions et le vécu devraient vous convaincre de cette réalité qui est quotidienne et omniprésente dans ce pays. Que l’on courre un marathon (36 000 participants, 10 000 staff sur l’ensemble du parcours et un confort en termes de service et de facilités exemplaire), que l’on prenne un train (Shinkansen ou pas), un taxi, que l’on dîne dans des endroits (que l’on perçoit comme) d’exception, tout vous invite à (re)devenir civilisé et poli dans une sérénité (re)trouvée (le fait de vivre en Chine rend sensible à telles dispositions d’esprit…). Bref, je m’égare mais c’est un voyage que je vous invite à faire, pour courir ou pas. Oui, donc le marathon: premières impressions dans le sas C, entouré en grande majorité de coureurs japonais et de quelques étrangers (expatriés résidents mais aussi des Français entendus plus tôt à la sortie -massive sortie- du métro) qui tous manifestent une belle humeur exprimée dans des costumes de super-héros pour les messieurs et de tenues très « girly » pour les dames. Le délire a toute sa place au Japon et le marathon ne fait pas exception. Départ très rapide à mon goût. Je me dis que tous ces gens ne vont pas boucler les 42.195 km en trois heures, ça se saurait si ils étaient si nombreux. Je reste donc calé sur mon allure modeste de 10.5/11 km/h et c’est ce qui me permettra sans doute de finir dans des temps là aussi modestes (4h11′), mais mon objectif était de boucler sans trop de dégâts (les bientôt 44 printemps me poussent à ménager la monture). Les 5/6 deniers km ont été durs durs avec des jambes (surtout la gauche -c’est normal Docteur?) qui semblaient ne plus répondre, ne plus s’articuler. C’est donc dans ces moments que l’on saisit la pleine portée de l’expression ‘se faire violence’… Un grand merci à Bruno Heubi et à son excellent « Courir longtemps », ma bible au cours de ces derniers mois (et ce n’est pas fini, je crois). Il y a eu des couacs dans cette période pré-marathon qui idéalement ne souffre pas trop les dysfonctionnements: vertèbres démises et remises en 3 séances grâce aux techniques chinoises. Du coup, exit les 8/9 semaines traditionnelles et bienvenues aux 7 petites semaines que j’ai agrémentées sur la fin de parcours sur trails (oui, on peut courir sur trails à Canton – je pourrai en faire un petit papier d’ailleurs) et en dénivelé, histoire de varier les plaisirs. Me voilà marathonien, un peu tokyoïte aussi désormais. Côté récupération, je ne peux que louer les produits Effinov (parvenus jusqu’en Chine par des chemins parfois très détournés) qui m’ont permis de me (res)sentir en forme en 2/3 jours. Dans la colonne des moins, les pieds! D’énormes ampoules m’ont vraiment handicapé (certainement pendant la course, ce qui a dû influer sur ma foulée, mais je ne m’en suis pas vraiment rendu compte) les jours suivants. Manque de préparation et d’attention évident.

Je me répète même si malheureusement aujourd’hui, les choses sont ce qu’elles sont: allez au Japon et courez-y même!

Prochain objectif local: à voir mais il y a en mai une course assez dingue, le marathon de la Grande muraille…

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