Mes chères chaussures …



 

Ceux qui, comme moi, ont de grands enfants connaissent forcément les éditions PlayBac Presse et toute leur gamme d’excellent magazines d’informations quotidiens ou hebdomadaires pour les jeunes. Parmi ceux-ci, l’Actu Eco. « Chaque vendredi, l’actualité économique vite et bien ». Le rapport avec la course à pied ? J’y viens …

En couverture du N°9 de l’Actu Eco (13 au 19 novembre), le breakdown – décomposition des coûts – d’une paire de chaussures de style sportswear – mais l’exercice peut s’étendre sans problème à nos chaussures de running.

En arrondissant les chiffres, on obtient globalement la répartition suivante : Matériaux 10%, Assemblage 10%, Salaires 13%, Distribution 30%, Taxes et droits de douane 35%, le reste étant … le bénef.

Au vu de ces chiffres, on est légitimement en droit de se poser deux questions auxquelles j’avoue ne jamais avoir obtenu de réponse satisfaisante :

– Pourquoi avoir délocalisé massivement – à l’exception de New Balance – en Asie une production relativement automatisée dont la part main d’oeuvre n’est pas très significative. Il est sans doute maintenant trop tard pour faire machine arrière puisque les investissements – dont on retrouve tout ou partie de l’amortissement dans la part Assemblage – ont été réalisés là-bas.

– Pourquoi une telle différence de prix sur un même modèle entre les USA et la France ? En surfant sur les sites de vente marchands ou les sites de magasins, on constate assez souvent que le prix d’une chaussure de running est « le même » en dollars et en euros : 100 dollars (HT) pour une paire aux USA H.T. / 100 euros (TTC) chez nous pour la même paire soit un coût plus onéreux dans notre hexagone même en intégrant le différentiel de taxation, ce que ne justifient pas à eux seuls les taxes et droits de douane ! Ni d’ailleurs les frais de transport à partir de la Chine. Nos distributeurs seraient-ils beaucoup plus gourmands que leurs collègues Américains ?

Ah, si un fabricant pouvait prendre le temps de m’expliquer, que je comprenne mieux …

11 commentaires sur “Mes chères chaussures …”


Posté par mistike Le 5 janvier 2010 à 8:13

Pour la première question, certainement parce qu’avant la délocalisation, la part de salaire devait être beaucoup plus élevée (ceci dit on parle ici de salaire de la sous-traitance, pas sûre de ce que ça englobe exactement). Pour la seconde, ne pas oublier que les prix aux US sont toujours affichés hors taxes, alors qu’ils sont TTC chez nous. Ca réduit la différence, même si ça ne l’annule pas. Il faut donc comparer avec le prix HT en France. Bon, maintenant, c’est clair que les prix sont moins élevés aux US que chez nous, et pas que pour les chaussures !

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Posté par fredbros Le 5 janvier 2010 à 8:16

@mistike : je pense, après réflexion, que la part salaire correspond en fait à celle des bureaux d’étude et services « généraux » qui eux ne sont pas toujours délocalisés. Le salaire « délocalisé » est sans doute inclus dans la part assemblage …

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Posté par nicolas Le 5 janvier 2010 à 14:48

Il n’y a pas que les chaussures, il suffit de voir les produits Apple par exemple, les cd et pas qu’aux US. J’ai commandé mes Nike chez un vendeur pro anglais sur EBAY, bien moins cher qu’en France. J’ai l’impression de n’être qu’une vache à lait.

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Posté par nicolas C. Le 5 janvier 2010 à 15:58

Bonjour, En discutant l’autre jour avec le responsable d’une petite boutique running, il m’a indiqué que les marges sur les chaussures (prix de vente – prix d’achat) était de 40/45 % (sans retraitement des charges à déduire). Est ce beaucoup ?? pour un magasin, je ne pense pas, les charges sont tout de même conséquente et le nombre de produis vendus est moins élevé ! Sur internet les sites américains vendent en quantité et sur une population plus large, c’est pourquoi ils peuvent diminuer leur marge. Leur logistique, très bien organisé, leur permet d’avoir des coûts de fonctionnement peu élevé. Le constat est encore plus logique lorsque l’on voit les nombreuses gammes de produits proposés (ex : http://www.runningwarehouse.com) Ce même magasin m’a indiqué aussi qu’il lui arrivait de mettre des stocks sur ebay à très bas prix. Et tout part dans l’heure qui suit….. Baisser les prix, cela doit être possible mais il faut un structure adaptée. Je travaille actuellement sur le sujet (laissez moi un mail)

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Posté par mistike Le 5 janvier 2010 à 16:01

Sans compter que les grandes enseignes ont des volumes qui leur permettent de négocier des tarifs réduits avec les fabricants/grossistes… Mais c’est le cas aussi aux Etats-Unis.

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Posté par nicolas C. Le 5 janvier 2010 à 16:19

les gagnants, c’est les grands enseignes, ils ont des prix d’achats très faibles et des prix de reventes très élevés.

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Posté par RunOnline Le 5 janvier 2010 à 17:34

Arrêtez, c’est trop…vous allez me saper le moral juste avant les soldes. Moi qui comptait acheter deux paires de running ?! blague à part, moi aussi, j’aimerais bien entendre une marque car elles sont trop absentes de nos forum ou devrais-je dire trop silencieuses…

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Posté par jose Le 6 janvier 2010 à 12:22

C’est pareil pour l’aeromodelisme, le skateboard, les produits hi-tech et je suppose beaucoup d’autres domaines Les raisons invoquées par les détaillants c’est que ce sont les distributeurs font beaucoup de la marge, qu’il y a les taxes d’importation et qu’il faut faire tourner la boutique. Au final en gros pour un article à 300 euros en Europe ça coute 230 $ + 50 $ de frais de ports Les petites boutiques ont parfois du mal à concurencer la vpc aux USA ou en asie, vendent moins, doivent augmenter les prix pour compenser. Le risque c’est d’être obligé d’attendre 2 semaines pour recevoir ses gommes à 4 $ + 15 $ de frais de ports parce que le skateshop du coin qui les vendait 6 € a fermé ou ou de ne plus pouvoir essayer ses chaussures avant des les acheter.

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Posté par Nicolas c Le 7 janvier 2010 à 10:05

On va se mettreau discount……en France (interesse par ce projet laissez moi un message quelque soit le sport)

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Posté par Adrien Le 8 janvier 2010 à 22:26

Pour généraliser encore plus, même si cela a déjà été fait, c’est propre à tous les produits de loisir. AMHA c’est plus dû aux habitudes de consommation que de production/vente. La consommation aux USA est bien plus importantes et la concurrence également. On achète, jette et remplace pour le fun régulièrement de nombreux produits de loisir. En Europe, par contre, le consommateur est plus frileux. On gagne moins, achète moins et du coup on cherche du solide. Vu que l’achat est plus réfléchi, on compte mais on s’autorise à mettre plus dans un produit dans l’espoir qu’il soit plus solide. C’est grotesque bien sûr, mais c’est comme cela que ça fonctionne.

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Posté par Collection Printemps 2010, le comparatif selon Brooks Le 7 février 2010 à 6:02

[…] réponse “HT aux USA, TTC en France” soit suffisante. Pas pour moi en tout cas, ni pour fredbros et ni pour vous sans […]

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