Les Dieux sont tombés sur la tête !



 

objectif-2014Il y a très, très longtemps. Les Dieux s’ennuyaient fortement au-dessus des nos têtes. Ainsi Zeus, Apollon, Poseïdon et Hermés tapaient la belote bien calés au creux de beaux nuages immaculés. Ils avaient vu la création de l’humanité, ils avaient suivi de très près son évolution et ils commençaient à ne plus trouver ça très drôle. Les hommes, de leur point de vue, tournaient en rond. Comme un vieux vinyle rayé qu’il se passait en boucle ! C’est Apollon qui se morfondait le plus et qui n’arrêtait pas de harceler les autres. « Il faudrait trouver quelque chose pour s’occuper, il faudrait trouver quelque chose pour s’occuper ! » Et comme c’était un sacré sportif et qu’il ne ménageait jamais sa peine pour faire des centaines de pompes chaque matin, c’est lui qui eut cette idée géniale. « Les gars, j’en ai marre de jouer aux cartes, je propose que l’on aligne quelques centaines d’humains sur une ligne imaginaire et que le premier qui arrive à une autre ligne placée beaucoup plus loin soit déclaré vainqueur. Les humains ont besoin de se lancer des défis, c’est bien connu… Ils ont besoin de challenge pour avancer. »

Zeus et Hermés qui étaient en train de siroter une bonne bière, faillirent s’étouffer tous les deux en même temps. Ils s’esclaffèrent. « Mais tu n’y penses pas sérieusement Apollon. Quel est le but de courir ainsi ? Il n’y a aucun objectif, aucune règle ! C’est du grand n’importe quoi, ça ne marchera jamais ! »

Et du coup ça mit Apollon en colère. « Bon moi je m’en fous, je tente le coup dans un pays de la planète. Ce sera en France… Je pense vraiment que les humains sont assez bêtes pour courir sans autre raison que celle de battre les autres…On verra bien ! »

Et il s’entêta donc. Sur Terre, les premières courses apparurent. Tout d’abord avec quelques dizaines de partants et puis la sauce pris tout de même plus rapidement que prévue. Même les autres Dieux se prirent au jeu. Finies les parties de carte sans fin, ils pouvaient désormais parier sur un coureur ou l’autre. C’était grisant. Ils arrivaient même qu’un Dieu descende sur terre sous forme humaine, évidemment, pour s’aligner au départ. Alors il gagnait à coup sûr, mais il ne fallait pas non plus mettre trop d’écart avec les autres pour ne pas trop attirer les soupçons sur lui. Ainsi Emile Zatopek, Heilé Grébéssiélassé, Carl Lewis étaient, ce que l’on pourrait appeler, des demi-dieux…

Ainsi les jeux de courses durèrent des années et des années et le calme était revenu au ciel. Tout allé pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf qu’un jour Athèna est venue mettre son grain de sable. « Bon les gars, vous vous amusez bien avec vos courses, mais qu’est-ce qu’on fait nous dans tous ça ? Vous n’avez même pas pensé à ouvrir les courses aux femmes, c’est un peu exagéré non ? »

De nouveau les Dieux faillirent mourir de rire. Si on peut dire ! Mais comme Athèna, bien épaulée par Aphrodite et Héra, ne lâchait jamais le morceau, il ne fallut pas longtemps pour que les courses soient enfin ouvertes aux femmes. Oh au début ce ne fut pas si aisée !. C’est pour cela que les courses ne comptaient que moins de 10% de féminines au départ. Mais les Déesses étaient ravies.

Enfin presque toutes car, Athèna, encore elle, toujours espiègle et en quête de nouveauté, lança tout bonnement l’idée de créer des courses exclusivement réservées aux femmes. Cela ne serait jamais venu à l’idée de tous les autres Dieux. C’est tout bonnement saugrenu, voir malsain. Il fallut tout le charme et la ténacité d’Athèna pour arriver à ses fins. Pendant quelques décennies même, on eut même le sentiment, pour le plus grand plaisir de Zeus qui ne pouvait pas la blairer, que cela ne fonctionnait pas. Les femmes n’étaient pas faites pour s’aligner ainsi à des courses exclusivement féminines. Mélangées à des hommes encore, cela, tout le monde pouvait le concevoir. Libres à elles de se faire plaisir ou pas. Mais entre elles, c’était tellement puéril. Athèna, même, pourtant « jusqu’au boutiste », était à deux doigts de laisser tomber. Elle décida pourtant de descendre sur terre et pris fait et cause pour une très grande maladie terrestre, ainsi elle put se faire entendre par tous les autres et ainsi elle put aussi rassembler plein de monde autour d’elle. Les courses féminines étaient nées. Elle avait atteint son objectif même si, pour se faire, elle avait dû employer des chemins détournés.

Bref l’humanité pouvait continuer son petit bout d’évolution. Les Dieux avaient de quoi s’amuser pendant des siècles et des siècles.

Jusqu’au jour où Artémis qui aimait aussi bien les hommes que les femmes, qui changeait d’aspect selon ses envies du moment, mi-homme mi-femme, proposa un autre genre de course… Il tenta sa chance. Mais ça, c’est une autre histoire !!

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