Jusqu’à où peut-on aller ?



 

C’est la question qui revient comme une litanie au fil des saisons. Jusqu’à où irons-nous dans le toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus difficile ? Comme je me plais à le rappeler à souhaits, il n’y a pas si longtemps un marathon était considéré comme l’épreuve extrême par bon nombre de coureurs. Qui se souvient encore de la triathlète qui finissait son iron-man en titubant ? C’était l’effort ultime, le nec plus ultra en terme de dépassement de soi. Aujourd’hui, quinze ans après tout juste, ce genre d’efforts, n’ayons pas peur des mots, passent facilement dans un plan d’entrainement hebdomadaire. « Tu fais quoi comme sortie aujourd’hui ? » « Et bien cinq heures en montagne et demain j’essaye de repartir pareil… En fait je me prépare pour l’UTMB cet été et il faut que je fasse des bornes…. »

Bref avec la multiplication des épreuves longues et dures, en France ou ailleurs, on ne sait plus guère comment adapter sa préparation et c’est bien là que le bas blesse justement. Car il n’y a pas vraiment d’entraîner spécifique trail, car il n’y a de toute façon pas de règles précises quand on parle de trails… Les petits, les grands, les durs, les faciles…Aussi quand je vois ici et là que nombreux sont les coureurs qui n’hésitent pas à programmer dans la même année, trois ou quatre grands « grands raids », entendez par là épreuves de plus de 110 kilomètres et avec au moins 5000m de D+, qu’ils envisagent de préparer avec des courses plus courtes donc entre 40 et 60 kms, je me dis qu’au bout du compte, cela fait quand même « énorme ». Alors oui, je pense qu’il faut encore et toujours se poser la question : « jusqu’à où peut-on aller ? »

Est-ce que parce que les courses difficiles et longues se multiplient, qu’il faut absolument suivre le mouvement ? Est-ce que parce que vous n’avez pas couru l’UTMB ou le Grand Raid de la Réunion que vous êtes forcément un « sous-traileur », que vous avez manqué quelque chose dans votre vie de traileur ? En tout cas, le corps a forcément ses limites, ne l’oublions pas ! Finalement avec des 333, des 555 ou des Tor des Géants, on passe dans un mode d’aventure et de découverte et on quitte celui de la course à pied…C’est ce qu’il faut se dire pour clore le débat… Jusqu’à 150 kilomètres, on en voit encore en montagne qui court tout du long. Les meilleurs en fait. Après cela, c’est un peu plus compliqué. Surtout qu’il faut aussi faire avec la gestion du sommeil. Mais me direz-vous, il n’y a bien qui courent des jours et des jours durant sans s’arrêter… Bref il n’y a donc aucune règle véritable. Faites attention à vous, à votre corps et puis courez comme bon vous semble. Il n’y a qu’une vie non ?

Un commentaire sur “Jusqu’à où peut-on aller ?”


Posté par Mathieu Le 23 février 2012 à 0:25

Je suis d’accord! L’article vise juste! Il ne faudrait pas en plus de ça que le trail en lui même devienne une référence absolue, ainsi que les ultras…. c’est vrai qu’on voudra toujours faire plus! Plus long, plus pentu, plus varié etc… Même un trail de 15 bornes, à l’intensité où il est fait, peut être très éprouvant, dur mentalement. Tout comme un 3000m piste! Donc non on n’est pas sous traileur si on ne dépasse pas les 30 bornes, et oui il n’y a pas vraiment de règles… sinon le plaisir, et faire attention à sa santé tout de même.

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