Hésitations



 

Le coureur à pied est tout de même un grand indécis. Je sais bien que l’on a déjà beaucoup parlé, que j’avais fait même un petit billet sur le sujet l’an passé, mais l’autre jour à la Saintélyon, j’en ai encore eu un bel exemple. Et pas besoin d’aller chercher bien loin, je prends mon cas personnel d’emblée.
Ainsi après avoir analysé le parcours pendant quelque temps, je vais me demander longtemps, très longtemps même s’il vaut mieux chausser les trails ou les routes. Logiquement avec autant de route sur une épreuve, le choix devrait être évident mais pourtant les conditions climatiques seront déterminantes et ce sont bien les trails qui vont sortir gagnantes… Mais si il n’avait pas neigé durant toute la semaine précédente, peut-être qu’il en aurait été autrement. Deux paires dans le sac de sport et hésitation donc jusqu’à la dernière heure. « Et t’as vu lui, il est super fort et pourtant il part en route ! C’est fou non ? Et s’il avait raison… Cela va taper pas mal les trails sur le bitume, surtout sur les dix derniers kilomètres… Ouf »
Oui je sais qu’il existe les « intermédiaires », mais bon, elles sont tout de même plutôt orientées trails… A mon avis en tout cas. Et à part d’avoir une assistante omniprésente, je ne vois pas comment faire sans prendre un « petit » risque. Il faudrait inventer la chaussure qui se transforme au gré des kilomètres !!
Ensuite, et là l’hésitation aura duré véritablement jusqu’à la dernière seconde, il y a les « couches » de vêtements. Les conditions météos étaient vraiment difficiles avec -10°C en pleine nuit et sûrement un peu moins encore dans le vent, mais deux ou trois couches ? Quatre pour certains ? C’est vrai qu’on peut toujours en enlever une en route mais comme souvent, on n’a pas envie non plus d’emmener toute sa garde-robe avec soi. Je décide au tout dernier moment d’enfiler un autre « près-du-corps » sous mon textile coupe-vent… Bien m’en a pris, j’ai eu un peu chaud durant les premiers kilomètres, mais un peu plus haut avec le coupe-vent par-dessus, ce fut juste bien…
Les hésitations viennent souvent du fait que l’on n’a pas pu tout tester dans toutes les conditions.
Emmener trop à manger alors qu’il y a plein de ravitos, emmener juste une gourde alors que le camelbag serait plus adapté, mettre du produit dans l’eau alors qu’on souffre du ventre, un bonnet trop chaud ou un buff limite… bref on hésite bien souvent pour tout et pour rien !
Et je me demande ce que cela donnerait si c’était la même chose dans notre vie quotidienne.
Déjà au réveil, mettre ces chaussures plutôt que celles-là, embrasser sa femme (ou son mari) ou pas, mettre deux sucres ou trois dans son café et ça peut continuer ainsi durant toute la journée… Vous imaginez le scénario ? Mais ça me rappelle un sketch cette histoire !

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