Dopage et course à pied…



 

Après les récentes (ou plus anciennes) affaires de dopages, il est difficile de ne pas associer le sport et le dopage. Même si la plupart d’entre vous ont une pratique amateur de la course à pied, il est important de comprendre où se situe la limite entre une pratique saine et le dopage. La limite n’est pas aussi franche que ça.

Le dopage c’est quoi ?

Il faut déjà commencer par donner une définition exacte du dopage : c’est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d’augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales. On peut se doper pour modifier la morphologie, pour augmenter la force et la puissance musculaire, pour améliorer l’oxygénation, pour accroître la concentration, pour se dépasser, pour maîtriser le rythme veille-sommeil, pour perdre du poids.

Jusqu’ici vous confirmez que vous ne vous êtes jamais doppé. Effectivement, vous n’avez jamais pris d’EPO ou même du fameux pot belge. Mais malheureusement je peux vous assurer que 100% des gens ont déjà pris des produits dopants sans même s’en rendre compte ! Et si ca se trouve vous avez même participé a des compétitions sportives en prenant un produit dopant et vous auriez pu être déclaré positif.

Si vous êtes asthmatique, vous le savez sans doute mais vous êtes dopé en quasi permanence. En effet, le salbutamol, qui est pris de manière régulière par les asmathiques, est un produit qu’on retrouve couramment chez les sprinteurs. Par exemple, au JO de 1996, 87% des sprinteurs avaient ce traitement alors que seulement de 2,7% de la population est asmathique. Il faut savoir que ce médicament améliore l’oxygénation du sang.

A l’insu de mon plein gré ?

Donc vous ne le savez pas, mais la liste des produits dopant est quasiment sans fin. Pour les sportifs de haut-niveau, c’est un veritable casse-tête pour être sûr de ne pas prendre de produits dopants. Donc si vous n’êtes pas aussi attentifs, vous avez sans doute consommé un produit dopant. Un exemple simple : c’est le début de l’hiver, vous avez un petit rhume et votre médécin vous prescrit des médicaments. Vous avez de fortes chances de vous retrouvez avec un médicament a base d’ephedrine. Ca y est vous vous êtes dopés sans même le savoir…

Bien sûr le contexte est un peu extrème, je l’avoue. Mais une autre forme de dopage est apparu depuis quelques temps : certains compléments alimentaires. Vitamines, et autres cocktails qui vous font du bien… mais voilà comment être sûr de ce qui a été mis dans ces cocktails…

Une norme antidopage

Pour régler ce problème, le ministère des sports et l’AFNOR viennent de mettre en place une norme antidopage : La nouvelle norme AFNOR, applicable depuis le 14 juin 2012, garantit aux consommateurs de compléments alimentaires et de denrées alimentaires, notamment aux sportifs, que les produits ainsi labellisés sont exempts de substances dopantes. Grâce à la présence de la mention NF V 94-001, vous saurez que, ce que vous consommez, est exempt de substances dopantes.

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne savez plus. N’hésitez pas à lire les documentations, qui sont fournis avec les médicaments que vous prenez et vous apprendrez peut être que vous avez déjà couru en étant dopé !

12 commentaires sur “Dopage et course à pied…”


Posté par SPORT Protect Le 26 juin 2012 à 20:53

Les premières références conformes à la norme afnor NF V94-001 sont certifiées par SPORT Protect, organisme tiers et indépendant : http://bit.ly/MCDnqT http://www.sport-protect.fr http://www.wall-protect.com

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Posté par Laurent BAILLY-BARTHEZ Le 26 juin 2012 à 23:27

C’est un sujet intéressant pour lequel j’ai une autre (amorce d’) analyse : je ne crois qu’il y ait une limite franche entre le dopage et le non-dopage (même s’il y a de l’autorisé et de l’interdit), mais plutôt tout un continuum d’attitudes vis à vis de deux paramètres que sont la recherche de la performance et l’acceptation de la souffrance. Et chacun d’entre nous se positionne sur ces deux axes, entrainant une plus ou moins grande tolérance à des pratiques relevant plus ou moins du dopage. Ainsi, pour moi qui suis allergique à toute forme de « soutien », l’usage d’un anti-inflammatoire quel qu’il soit ou le recours à n’importe quel complément alimentaire se situe déjà dans l’au-delà de ma position (donc, pour faire vulgaire, dans le dopage). Mais ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour d’autres, et paradoxalement, j’aurais tendance à trouver que le sport professionnel devrait être « sans dopage », qu’autrement dit tout devrait y être permis au lieu d’y tracer des limites qui ne sont là que pour être contournées. Qu’en pensez-vous ?

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Posté par Juju33 Le 27 juin 2012 à 13:26

@Laurent, je pense qu’avec des gens comme toi on est mal… Je pense que les boisson énergétiques sont utiles au sportif surtout lors d’un effort prolongé (>4h). Elles t’apportent ce que tu perds dans la sueur + glucides… Je repense à qques « vieilles » personnes à la FFA qui déclarait que du jus d’orange le matin en trop grande quantité pouvait être assimilé à du dopage… Après t’étonnes pas si tu reviens avec des bulles des JO ! Ou alors poussons ton raisonnement jusqu’au bout et les bas de compression, t-shirt technique, chaussures avec technologies avancés, crème anti ampoules (etc.) son dopants car aident le sportif ?! Je te rejoins sur le point du dopage pour le haut-niveau ou l’hypocritie est énorme entre la NFL, NBA, NHL, Tour France (etc.) ou très peu sont cleans… Le dopage est trop sérieux pour avoir ton raisonnement un peu provoquant

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Posté par SPORT Protect Le 28 juin 2012 à 8:41

@Laurent, @Juju33, je pense qu’il faut différencier clairement la réglementation de l’attitude. Par expérience, si on traite la question du dopage de manière trop globale, on n’arrive à rien de bien constructif pour la protection des sportifs. Je vous propose ce lien ou vous pourrez trouver des précisions http://www.wall-protect.fr/sportif-info-service/questions/prendre-un-complement-alimentaire-est-ce-une-conduite-dopante Bien sportivement

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Posté par Juju33 Le 28 juin 2012 à 14:18

@SPORT Protect, Vous êtes une société et par définition, vous cherchez à gagner de l’argent ce qui est normal => je ne suis pas Mélanchon :-)… Sauf que chercher à gagner de l’argent sur la lutte antidopage n’est pas sain selon moi. Je trouve que le Ministère des Sports devraient avoir un label antidopage obligatoire pour toutes boissons qui se déclarent utiles pour l’effort. Le privé ne devrait pas intervenir dedans. Il faut également arrêter avec les produits dopants : dans les produits commercialisés par les grandes marques (Isostar, Overstims, Aptonia) ne sont pas dopants donc arrêtons d’être parano !

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Posté par SPORT Protect Le 28 juin 2012 à 15:41

@Juju33 Je pense que votre vision de l’entreprise est étroite (même si le comportement de certaines peuvent vous donner raison). Pour ma part, j’ai fondé une Jeune Entreprise Innovante qui embauche 3 salariés et qui a pour but premier de répondre à une problématique précise : la protection des sportifs. Il ne s’agit pas d’opposer les institutions aux entreprises mais au contraire d’être complémentaire. Pour information, le Ministère et AFNOR, sous notre impulsion et avec notre participation ont créé une norme antidopage (NF V94-001) qui permet aux entreprises de « montrer patte blanche ». Nous sommes à ce jour, la seule entreprise spécialisée dans ce secteur et à certifier de manière indépendante et tierce partie les industriels : http://bit.ly/MCDnqT Le Ministère ne peut pas tout faire n’y être de partout ; sa vocation est de créer des lois et d’impulser une volonté politique, ensuite il y a d’autres structures qui peuvent agir (c’est le cas pour le label AB dont la certification est essentiellement faite par la société Ecocert). Pour vous rassurer, nous sommes nous mêmes certifiés ISO 9001-2008. Quand vous dites « chercher à gagner de l’argent sur la lutte antidopage n’est pas sain », je trouve cela blessant car, d’une part, il y a tellement de société qui gagnent de l’argent AVEC le dopage, et, d’autre part des structures publiques (états, fédérations, etc) qui favorisent ou ont favorisé le dopage. De plus, je note un paradoxe dans votre réflexion car vous semblez sous entendre que les sociétés sont par nature suspectes, et, dans le même temps, vous souhaitez faire une confiance aveugle « aux grandes marques ». Il n’y a pas d’un côté les gentilles institutions super efficaces et de l’autre les méchants entrepreneurs avides d’argent… Nous, face à des problèmes concrets nous essayons d’apporter des solutions en conformité avec la loi et sans l’aide de subventions publiques. Et ça, c’est très sain, je trouve 😉 Dorian Martinez Fondateur de SPORT Protect

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Posté par Juju33 Le 29 juin 2012 à 7:54

Je pense tout simplement que ce n’est pas le privé qui doit être garant du non-dopage mais le public tout simplement. Je ne parle pas de méchante société ou autre, je dis juste que vous devez dégager un minimum d’argents pour payer vos salariés … Si vous êtes dans le rouge, vous fermez, rassurez-moi, vous n’êtes pas comme la France 🙂 Il n’y a aucun paradoxe car je vous dis que les grandes marques ne sont pas dopantes sauf si vous avez des infos à nous donner ?! Bref, c’est juste le lien société privée qui « gère » l’antidopage me blesse pour reprendre un de vos termes. En même temps, quand on remarque les marques qui achètent votre label, elles sont relativement peu connues donc quel crédit y accorder ? Je vais être un peu provoc (ne le prenez pas mal) : si votre label était si bien, pourquoi les grosses écuries citées ne collaborent pas avec vous ? Julien – un traileur, triathlète

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Posté par SPORT Protect Le 29 juin 2012 à 22:39

Bonsoir Julien, Tout d’abord, je suis heureux de pouvoir échanger avec vous sur ce sujet, et, même si on ne partage pas le même point de vue, j’apprécie votre franchise. Je vous rassure, je ne suis pas blessé et même en pleine forme pour vous répondre 🙂 Concernant votre question sur les grandes marques qui ne collaborent pas avec nous ; j’ai quelques hypothèses : – Notre « arrivée » en 2005 a généré une levée de bouclier par quelques firmes qui ont mal compris notre positionnement. Je rappelle qu’à l’époque les institutions assimilaient le simple fait de complémenter son alimentation à du dopage. Notre souhait était notamment d’apaiser les choses sur la question des compléments alimentaires (sans les diaboliser ni les banaliser). Aussi, il faut savoir le reconnaître, peut être que nos premiers éléments de communication n’étaient pas assez clair… – Nous n’avons pas pu présenter notre travail à l’état major des grandes firmes qui, pour certaines, étaient gérés par des fonds étrangers et revendues plusieurs fois depuis. – Les grandes marques produisent des références souvent moins élaborées pour un public de masse moins sensible aux questions de dopage. – Nous nous appuyions sur un référentiel privé. Je rajouterai que notre existence a « mécaniquement » fait bouger les choses car beaucoup d’entreprises « non labellisées » ont supprimé certaines plantes ou ingrédients problématique comme le « citrus aurantium » de la composition de leurs produits (mais il en reste encore) quand on les a informé qu’ils pouvaient positiver un contrôle antidopage (à cause de l’interdiction de l’octopamine à partir du 1er janvier 2006). Quoi qu’il en soit, désormais, notre positionnement est différent puisque l’arrivée de la norme NF V94-001 est un texte officiel. Ainsi, nous ne délivrons plus un « label privé » mais une « certification tierce partie indépendante ». Nous ne prétendons pas tout gérer de l’antidopage mais simplement aider les sportifs qui le désirent à mieux se repérer par rapport à cette législation qui est très complexe. Nous avons d’ailleurs créé les applications SPORT Protect qui permettent de connaître précisément le statut des médicaments qui sont mis sur le marché. Certains d’usage courant peuvent en effet positiver un contrôle antidopage : http://www.sport-protect.fr Bien sportivement Dorian

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Posté par Juju33 Le 30 juin 2012 à 10:05

Ok donc ces firmes viendront tot ou tard sur votre label plus complet que la norme si j’ai tout compris… Par contre l’application est payante, cf ma remarque sur une société privée qui gère cela 🙂

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Posté par SPORT Protect Le 30 juin 2012 à 12:13

Julien, Pour information, nous avons investi 397.000 euros dans cette application et 3 personnes travaillent dessus à plein temps, c’est la raison pour laquelle elle est unique, mise à jour en temps réel et de grande qualité. L’accès à l’application est payant pour les clubs (pour info 20 euros / mois) ce qui leur permet de donner GRATUITEMENT un identifiant et un mot de passe à chacun de ses licenciés qu’ils soient 20 ou 1000. Donc au final, c’est gratuit pour les sportifs. Si vous faîtes parti d’un club, je peux vous envoyer de la documentation si vous voulez. Bien sportivement, Dorian

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Posté par Juju33 Le 2 juillet 2012 à 7:47

Je crois qu’on n’arrivera pas à être d’accord. Je fais parti d’un club de tri qui est très court en terme de budget donc il ne mettra pas 20€/mois dedans ce système. Sachez qu’il y a plein de sportifs (majorité ?) sur trail qui sont non licenciés. Je vois qu’une chose, vous faites payer pour accéder à l’antidopage et je confirme donc que ceci devrait être géré par le Ministère et non le privé.

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Posté par SPORT Protect Le 2 juillet 2012 à 8:37

Julien, Pas de soucis ; le Ministère fait déjà, à sa manière de la prévention. Donc si cela vous convient : c’est très bien ! Je le dis sans ironie. Nous on va un peu plus loin en créant des outils de protection qui ont un coût et qui donc sont payants. Vous savez, le « gratuit total » n’existe jamais. Tout se paye à un moment ou un autre. Pour les traiteurs non licenciés, nous avons imaginé un système « gratuit » qui va se mettre en place sur certaines courses. L’organisateur achète un abonnement et il envoie un identifiant ainsi qu’un mot de passe à chacun des participants. Ces accès sont ouverts un mois avant la course et se terminent une semaine après. Ainsi, chaque participant pourra être informé et ne pas faire de bêtise notamment avec des médicaments d’usage courant. Pour finir, je dirai que nous étudions la possibilité de collaborer en tant que « prestataire du Ministère » ; ce qui reviendrait au positionnement que vous souhaitez; c’est à dire des outils gratuits à disposition de tous et diffusés par le Ministère. Bien sportivement, Dorian

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