Courir, un sport d’équipe ?


 

Généralement, la course à pied est plutôt vue comme un sport individuel. En effet, on ne peut pas compter sur son voisin pour vous faire avancer plus vite en cas de coup de fatigue et c’est avant tout un combat contre soi-même. Malgré tout, pour égayer les sorties et se motiver, c’est bien agréable de partager son loisir ou sa passion avec un groupe d’amis, des partenaires de club, voir ses collègues de boulot. Et il n’est pas rare lors d’une course de se sentir isoler, dans sa bulle, alors que l’on est au milieu de la foule de coureurs.

Pourtant, j’ai découvert ce ceek-end une nouvelle expérience et une ambiance toute différente sur une course : l’Ekiden, une course de 42.195 km (la distance vous rappelle quelque chose peut-être…) que l’on court par équipe de 6. Vincent nous avait présenté le principe il y a quelques temps, cela m’avait intrigué. J’ai donc pu m’y essayer à l’occasion de la 1ère édition de l’ekiden des Alpes-Maritimes à Roquebrune Cap Martin. Pour faire simple, j’adhère à 100%.

Au delà du parcours le long de la grande bleue, ce genre d’épreuve permet la participation du plus grand nombre, du débutant s’essayant sur 5 km au coureur confirmé voulant faire une perf sur 10 km. Et surtout l’ambiance régnant tout au long de la course m’a semblé plus chaleureuse : il y a au moins 5 fois plus de supporters (parfois s’échauffant, parfois récupérant de l’effort) que de coureurs et on peut également compter sur les équipes « adverses » pour vous encourager. Et le parcours (une boucle de 5 km) permet de toujours voir passer les relayeurs et de suivre l’évolution du classement. Encore que, après 1h30/2h de course, les écarts sont tellement importants que l’on peut s’y perdre, les meilleurs lançant leur cinquième relayeur tandis que d’autres en sont encore au troisième relais. Mais peu importe, l’essentiel était de se faire plaisir, et le contrat a été bel et bien rempli.

En plus de l’ambiance particulière et différente des autres courses, ce qui m’a surpris fut le départ. Le départ de la course tout d’abord, car avec 64 équipes partantes, cela fait bien moins de monde qu’habituellement. Au moins, ça n’a pas du trop jouer des coudes et personne n’a mis 5 minutes à franchir la ligne de départ. Ensuite, mon départ est également étrange car d’une part on ne sait pas exactement à quelle heure on va partir. Donc il faut s’échauffer un peu en avance pour être certain d’être là au passage de relais (on ne joue pas la victoire mais quand même, cela serait dommage) et puis on attend dans la zone de transmission, en guettant au loin son coéquipier. Puis on récupère le témoin (un chouchou) et là, il faut y aller. On double d’autres coureurs, beaucoup plus lents, mais ça ne nous fait pas gagner de place au classement car ils ont un tour de retard. Puis j’entends derrière moi un concurrent revenir vite, trop vite, un rapide coup d’ oeil sur son dossard et je constate que c’est le second au classement général qui me prend un tour. Je ne le verrai pas longtemps…

Dernier détail, mais qui a son importance : l’alimentation. On parle souvent de la règle des 3 heures, pour éviter tout problème de digestion durant la course. Personnellement, je ne la respecte pas vraiment car sinon je commence à avoir faim au passage de la ligne de départ (c’est pas bon signe en général). Et donc là pour l’ekiden, avec un petit déjeuner très matinal, si vous n’êtes pas le premier ou second relayeur (mais par exemple le dernier comme moi), je vous conseille de prévoir de quoi manger et boire sur place, pendant que vous encouragez votre équipe.

Ce genre d’épreuve est encore assez rare me semble-t-il, mais si vous voyez un ékiden près de chez vous, trouvez vous 5 partenaires et foncez, ça vaut le coup et ça change des courses traditionnelles.

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