Barefoot Running / Running Minimaliste Un autre son de cloche

fredbros

27 commentaires
Le 9 juin 2010

Vu de notre beau pays, de ses bien trop creuses revues spécialisées, de ses quelques sites webs de passionnés, le barefoot running et le running minimaliste peuvent sembler d’aimables marottes pour quelques illuminés. Aux USA, la situation est radicalement différente et ces nouvelles approches de la course à pied suscitent un véritable débat d’idées, y compris dans les pages des revues spécialisées – loin d’être creuses celles-là.

Et quand je dis débat d’idées, c’est plutôt de croisades d’évangélisation dont je devrais parler, chacun se sentant investi d’une mission quasi-divine pour faire valoir son point de vue. Jusqu’à présent, tant dans mes articles généraux sur le sujet, qu’au travers de mes tests (Vibram, Terra Plana), je vous ai surtout présenté les “bons côtés” du minimalisme. Dans un souci d’équité et d’honnêteté, j’ai souhaité vous présenter aujourd’hui un point de vue différent.

Ce point de vue c’est celui d’un spécialiste en biomécanique, coureur à ses heures perdues – donc quelqu’un qui sait de quoi il parle -, fondateur du site http://www.runningbarefootisbad.com dont l’adresse URL résume à elle seule le contenu éditorial. Vous ne connaîtrez pas le nom de cette personne. Compte tenu du nombre élevé de “hate mails” qu’il – ou elle – a reçu depuis l’ouverture de son site, il – ou elle – a souhaité dorénavant garder l’anonymat le plus complet et a supprimé la possibilité de commenter ses articles. Néanmoins, pour www.wanarun.net, il ou elle a accepté de répondre à quelques questions. Je souhaitais l’en remercier.

1) La première question est évidente : pourquoi avoir créé ce site Running Barefoot is Bad ?

En tant que biomécanicien et coureur, les déclarations exagérées faites par certains membres de la communauté barefoot ont fini par m’exaspérer. On est dans une véritable phase d’évangélisation, “L’Eglise du Barefoot” en croisade. Au départ, j’ai voulu mettre en évidence, en postant des commentaires sur les blogs et forums dédiés au barefoot, que certaines interprétations des résultats de recherche étaient erronées, ou que ceux-ci étaient utilisées à mauvais escient. Quasiment aucun de mes commentaires n’a pu franchir la barrière du modérateur. Alors j’ai décidé de créer mon propre site avec dans l’idée de mettre en exergue une certaine crédulité de cette catégorie de la population qui prenait au pied de la lettre le contenu fictionnel de Born to Run, l’ouvrage de Christopher Mc Dougall.

2) Vu de France, l’intensité du “débat” qui règne aux USA sur le sujet paraît surréaliste. Diriez-vous qu’il s’agit d’une véritable guerre avec des conflits d’intérêt en jeu ? Qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je n’ai rien contre le running barefoot. Mon souci, en tant que scientifique, c’est de rétablir une certaine vérité face aux détournements qui sont faits par les fanatiques du barefoot de résultats de recherche (citations partielles, incompréhensions, approximations …). Malheureusement, il est complètement impossible d’essayer d’avoir une discussion rationnelle avec les grands prêtres du minimalisme. Dès que vous pointez du doigt que tel résultat de recherche ne s’interprète pas forcément comme ils le prétendent, leur seule réaction est de vous attaquer en tant que personne. J’ai reçu un nombre invraisemblable de mails d’insultes mais aucun de ces mails ne proposait d’échanger avec moi sur les questions posées. Cela illustre bien le fanatisme que j’évoquais précédemment.

3) Les tenants du barefoot / minimalisme évoquent comme une mantra des résultats de recherche scientifique qui abonderaient dans leur sens (par exemple l’étude Lieberman). Qu’en pensez-vous ?

Il n’y a strictement AUCUNE évidence scientifique mettant en évidence, dans la pratique de la course à pied, les bienfaits du port de chaussures ou au contraire ceux du barefoot. Encore une fois, les partisans du barefoot ont une fâcheuse tendance à la ré-interprétation. Prenons le cas de l’étude Lieberman. Celle-ci n’avait pas pour objet de lister les bénéfices liés à la pratique du barefoot mais juste de comparer des manières de courir : barefoot ou chaussé. Qui plus est, l’échantillon étudié était peu représentatif car quantitativement pas assez nombreux et surtout avec des différences d’âge importantes entre les deux groupes. D’ailleurs, le protocole et la méthode employés ont été sévèrement critiqués voire jugés invalides par la communauté des biomécaniciens. Et pourtant, c’est sur cette étude que les promoteurs du barefoot ont bâti leurs prêchés. Il faut savoir que Lieberman, lui-même, a publié sur son site un encart précisant qu’il réfutait les interprétations faites par certains de ses recherches. Voir ici : http://www.runningbarefootisbad.com/another-study/73/
Un autre exemple de ré-interprétation est celui de l’étude Kerrigan. La communauté barefoot prétend que cette recherche affirme le lien causal entre le port de chaussures de running et l’arthrose. Mais ce n’était même pas le sujet de l’étude ! Voir l’article que j’ai rédigé sur le sujet : http://www.runningbarefootisbad.com/hook-line-and-sinker/26/

4) Pensez-vous qu’il existe une “foulée idéale” que tout le monde devrait adopter ? Et si tant est qu’elle existe, ne doit-elle pas conduite à une chaussure elle aussi “idéale” ?

Il n’y a, à ce jour, aucun élément scientifique ou technique définissant “la meilleure façon de courir”. La meilleure façon de courir pour tout un chacun est tout bêtement de courir naturellement, comme cela vient. Changer sa façon de courir nécessite beaucoup d’énergie, or qui dit dépense d’énergie supplémentaire, dit diminution de l’efficacité.
Les runners barefoot aiment à répéter que courir sur l’avant du pied supprime les conséquences des impacts sur le talon. Mais ils oublient de dire que cette façon de courir induit des charges augmentées sur l’avant du pied ainsi que dans le tendon d’Achille. D’ailleurs, aucune étude scientifique n’a prouvé un lien quelconque entre hauteur de la semelle au talon et blessures. Voir ici : http://www.runningbarefootisbad.com/where-are-all-these-impact-injuries-that-runners-are-supposed-be-getting-an-epidemic-of/152/

Il n’y a pas de chaussure “idéale”. Les coureurs ont des façons de courir et des caractéristiques du pied variées et chacune doit être prise en compte dans le choix d’une chaussure. Pour certains, cela peut signifier : pas de chaussure.

5) Les tenants du barefoot avancent comme argument massue la suppression des blessures chroniques liée à leur pratique. Qu’en pensez-vous ?

Encore une fois, AUCUNE étude scientifique n’a établi de lien entre les chaussures de running et les blessures. Contrairement aux affirmations répétées à l’envi, il n’y a strictement AUCUNE donnée sur ce sujet. Bien sûr, on se blesse en chaussure mais les barefooters se blessent aussi ! Certains, effectivement, semblent ne plus souffrir de blessures après s’être lancés dans le barefoot. Mais pour d’autres, la situation est radicalement inverse !
Zola Budd – qui a couru pieds nus aux JO – est souvent citée comme exemple mais on oublie qu’elle dut finalement porter des chaussures suite aux nombreuses blessures dont elle a souffert.

6) La pratique du barefoot / minimalisme peut-elle s’avérer dangeureuse ?

Là non plus, il n’y a pas de données permettant de répondre à cette question. Par contre, en ce qui me concerne, je pense que certaines blessures liées à la course à pied peuvent être amplifiées par la pratique du barefoot. Le principal danger du barefoot réside aussi dans l’environnement, ce sur quoi vous posez les pieds. Les runners barefoot doivent faire preuve d’une attention accrue.

7) Pensez-vous que le barefoot puisse être une composante intéressante d’un plan d’entraînement (sur une séance spécifique) ?

Oui, tout à fait, en guise d’exercice à inclure dans son entraînement hebdomadaire. Beaucoup de coureurs elites le font d’ailleurs mais cela reste un exercice spécifique et ils ne veulent en aucun cas être liés aux idioties proférées par les fanatiques du barefoot.
Je crois d’ailleurs qu’il faut établir une distinction précise entre ceux qui utilisent le barefoot comme outil à l’entraînement et ceux qui le professent comme une “philosophie”. Et c’est bien ceux-là avec qui, j’ai un problème.
Les coureurs élites sont des gens intelligents. Ils cherchent à utiliser au mieux tout “outil” ou méthode leur permettant d’améliorer leurs performances. Le fait qu’aucun d’entre eux ne se lancent à corps perdu dans le barefoot est quand même un signe. Si le barefoot était aussi efficace, ils devraient tous s’y mettre ! Même les Africains courent en chaussures.

8 Quelle est votre opinion sur les modèles minimalistes vendus dans notre pays (Vibram Five Fingers et Terra Plana EVO) ?

On constate un nombre grandissant de fracture de fatigue des métatarses chez les utilisateurs de Vibram Five Fingers. Il y a là matière à réfléchir voire à s’inquiéter. En fait, ce qui m’inquiète plus c’est que la réaction de la communauté barefoot face à ce début d’épidémie est de dire que ce n’est pas la chaussure qui est en cause mais un entraînement inadapté. Par contre, ce qui est intéressant de noter, c’est que lorsqu’un coureur se blesse avec des chaussures classiques, cette même communauté barefoot met en cause, non pas une éventuelle erreur commise à l’entraînement, mais uniquement la chaussure. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre en quelque sorte et cela m’énerve au plus haut point.

Merci pour ce point de vue tout à fait intéressant. J’invite tous ceux qui voudraient se lancer dans le barefoot / minimalisme à consulter tant les sites en vantant la pratique que le site de notre interlocuteur afin d’avoir une vue d’ensemble du sujet. Une autre ressource intéressante citée par notre interlocuteur : http://www.podiatry-arena.com/podiatry-forum/showthread.php?t=43282


27 commentaires sur “Barefoot Running / Running Minimaliste Un autre son de cloche”


Posté par Barefoot Running - Podiatry Portal Le 9 juin 2010 à 5:18

[...] (see Barefoot Running Debate on Podiatry Arena). The French are also getting into the debate on barefoot running. Tagged with: barefoot [...]


Posté par Barefoot Running | Podiatry UK Le 9 juin 2010 à 5:22

[...] TV has some You Tube videos on Barefoot Running. If you can read french, there is this debate on barefoot running on a french running [...]


Posté par Barefoot Running « I Lost My Mojo Le 9 juin 2010 à 5:25

[...] There have been lots of reports in the media in recent time claiming the benefits of barefoot running and they often carry reports from the Lieberman study that appeared in Nature magazine as supporting barefoot running. The authors of this study have taken the extraordinary and unprecedented step of publishing a disclaimer on their site to distance themselves from the media and barefoot running community’s interpretation of the research. It did not show barefoot running is better, all it showed was that barefoot running is different to running in shoes. That is all it showed. Yet, there are amazing claims on barefoot running websites and in the media about what the study showed. Not one study has yet shown that running in shoes or running barefoot is better that the other. For some reason the barefoot running community seem to think there is. No one has been able to find these studies that the barefoot runners claim show this. The debates are also happening in France on barefoot running. [...]


Posté par Barefoot running and its interpretation by the media | eSports Medicine Le 9 juin 2010 à 5:34

[...] claims made by the barefoot running community, there is no evidence that running shoes do any harm. There is also not any evidence yet [...]


Posté par Bidédy Le 9 juin 2010 à 5:56

Je sais pas si les anti-barefoot ont raison, mais en tout cas ce sont de bons spameurs !


Posté par johan Le 9 juin 2010 à 6:22

merci pour cet entretien passionnant


Posté par RunOnline Le 9 juin 2010 à 6:32

Voilà…je crois que Bruno (alias Bidépy) parlait il y a peu d’idéologie. je crois qu’on y est très clairement. Cette discussion est passionnante et montre la difficulté à prendre du recule sur un sujet qui a quitté la sphère scientifique (mais pas sur Wanarun !) pour celle du dogme. Je trouve au final que les choses les plus intéressantes que j’ai pu lire ces dernières semaines sont celles des expériences personnelles, relatées avec du recule. En attendant de vraies études longitudinales et comparant plusieurs groupes. Justement, avez-vous une idée du protocole idéal de cette étude ?


Posté par Tom Le 9 juin 2010 à 7:24

@fredbros
Merci pour ton souci d’honnêteté et cette interview qui ajoute encore plus de crédibilité à tes articles : donner différents points de vue, c’est du bon journalisme !
Nous, en France, on attend impatiemment la suite de tes aventures minimalistes pour se faire une idée, loin de tous ces positions excessives américaines (dans un sens ou dans l’autre) qui sont le reflet d’une culture difficilement compréhensible ici.


Posté par NicolasK Le 9 juin 2010 à 7:34

Article très intéressant, et bien argumenté ! ça fait du bien de voir les différents avis.


Posté par vad1973 Le 9 juin 2010 à 8:40

C’est comme pour tout, l’excès nuit en tout. C’est bien d’avoir des avis qui replacent les choses à leur endroit.

Même Anton Krupicka, une figure de proue de la course minimaliste, ne dépasse pas la demi heure de course barefoot….

http://runningtimes.com/Article.aspx?ArticleID=19747


Posté par fredbros Le 9 juin 2010 à 8:52

@tous : je tente, personnellement, l’expérience du running minimaliste et vous en parle régulièrement au travers de mes essais Vibram Five Fingers KSO ou Terra Plana EVO et dans quelques articles généraux pour lesquels j’ai pas mal puisé sur les sites Américains dédiés au sujet.

Au fur et à mesure que je progresse, physiquement et intellectuellement, dans le domaine, je me rends compte qu’effectivement, comme c’est souvent le cas aux USA, le phénomène suscite plus qu’un simple débat, avec des positions tranchées et excessives des clans du pour et des clans du contre. A ce stade, le dialogue semble impossible, chacun s’arc-boutant derrières ses convictions plus ou moins étayées par des interprétations de recherches scientifiques.

Il ne faut pas non plus négliger les gros enjeux financiers qui sont derrière cette querelle. N’oubliez pas que lorsqu’on parle de Vibram aux USA, par exemple, on ne parle pas de 3-4 paires vendues à quelques post-babs en remplacement de leurs tongues hare krishna mais de centaines de milliers de paires annuelles. Et c’est autant de perdues pour certains équipementiers (ou fabricants de streetwear) établis.

J’ai souhaité vous faire entendre le point de vue d’une personne du clan des “contres”. Bien entendu, ce point de vue est aussi excessif que ceux des ayatollahs du barefoot. Et comme le dit Bipédy, les anti sont de bon spammers. 10 minutes après sa parution, mon article était déjà “ping-é” sur 5 sites de podologies (aux US, au Royaume Uni, en Australie), ce qui pour un article en Français n’est pas banal !

J’assume mon choix de tester le running minimaliste mais ne souhaite pas devenir un de ces extrêmistes à l’Américaine pourfendant de la semelle de mes Vibram mes opposants. Je pense que tout un chacun doit rester libre de courir comme il l’entend. Je viens de terminer un remarquable guide d’apprentissage du barefoot (j’en parlerais samedi sur wanarun) où l’auteur Jason Robillard sait garder la distance qu’il faut, rendant son propos plus crédible.

Quant à la sience … ah, la science … Si vous avez des enfants vous connaissez sans doute LE sens idéal dans lequel il faut les coucher quand ils sont bébés. Sauf que … ce sens idéal a varié au cours du temps et de résultats divers et variés d’études “scientifiques” : un coup sur le dos, un coup sur le ventre, un coup sur le dos, un coup sur le ventre. Vous avez aussi sûrement entendu parler du Distilbène … En science, la vérité du jour peut s’avérer être l’ineptie du lendemain. Plus exactement, l’interprétation que certains – peut-être sous la pression de lobbies – en font, sans assez de recul.

Quel serait le protocole idéal de test pour trancher le débat barefoot / shod ? Très très très difficile question !
1) Que cherche-t-on à montrer ? que courir pieds nus est moins traumatisant ? que courir pieds nus est plus efficace énergétiquement parlant ? …
2) Quels paramètres va-t-on mesurer ? Le taux d’apparition de blessures ? sur quelle période ? la dépense énergétique en joule ?
3) Sur quels échantillons ? nombre, tranche d’âge, expérience du running, expérience de la blessure …
4) Sachant que la foulée barefoot est différente (plus fréquente, plus courte, buste vers l’avant), va-t-on demander à un groupe de coureurs en chaussures d’adopter cette foulée pour avoir un échantillon test qui a) court en chaussure b) court avec une foulée barefoot
5) Qui va financer cette étude ? Vibram ? Terra Plana ? Nike ? … Ce n’est pas le public car il n’y a pas d’épidémie ni de déficit de la sécu à la clé. Donc tout de suite, on sent poindre le confilt possible d’intérêt …
6) Ou alors fait-on une étude purement statistique sur la base d’interviews suite à des courses ?
Bien malin celui qui a la réponse !
Et après, même si on montre que courir bien pieds nus est la panacée, qui dit que courir mal pieds nus, n’est pas finalement plus traumatisant que courir bien en chaussures ?

Personnellement, je continue mon expérience car j’avoue aimer les nouvelles sensations qu’elle me procure et je continuerai également à vous en parler. Par contre, en tant que (pseudo puisque je n’ai pas de carte) journaliste sportif :-) je m’efforcerai toujours de raison garder et de vous présenter toutes les opinions sur le sujet.


Posté par fredbros Le 9 juin 2010 à 8:55

@Vad : quand je disais que nos revues soi-disant spécialisées étaient creuses, ce qui n’est pas le cas de leurs homologues US, ton lien en est une super illustration ! Le jour où on lire ce genre de choses sur JI …

A noter, un autre fil de discussion très intéressant sur le sujet :

http://www.sportsscientists.com/search?q=barefoot


Posté par Olivier91 Le 9 juin 2010 à 12:46

Bonjour,
Entretien intéressant en effet… mais son propos étant semble-t-il de souligner le manque d’évidence des bénéfices de la course pieds nus ou minimaliste, le fait de regrouper ses observations dans un site dont le nom affirme de manière péremptoire que cette manière de courir est mauvaise dessert son propos et le renvoie dos à dos avec les fanatiques de l’autres camps…
Quelques remarques d’ordre général à ce propos :
- Nous évoluons dans une société “chaussée”, et cela ne contribue pas au développement et à l’endurcissement des pieds : l’entraînement pieds nus devra donc s’entourer d’un luxe de précautions, c’est du simple bon sens.
- On trouvera toujours des cas particuliers pour illustrer toute chose et son contraire : en l’absence d’études fiables, pour comparer les techniques de course pieds nus (ou minimaliste) et chaussé, le mieux est me semble-t-il de les avoir expérimentées toutes les deux avant de se forger une opinion ; Est-ce son cas ?
- La science… grande vanité de l’homme, mais en fait simple état de nos pauvres connaissances “techniques” à une époque donnée, et susceptibles d’être contredites à tout moment – nullement porteur d’une quelconque “vérité” par conséquent…
A+ ;-)
Olivier


Posté par JM24 Le 9 juin 2010 à 13:13

Ce que je retiens est qu’il y a autant de solutions que de coureurs.
Chaque personne doit se faire son propre avis en…testant tout simplement.
Quel est le risque à courir sans chaussures de running pendant une heure et après se faire sa propre opinion.


Posté par Aurélie Le 9 juin 2010 à 14:51

Même lorsque je cours nus pieds, je reste farouchement attachée au principe de la contradiction ! Comme à celui de la diversité d’ailleurs et autant j’aime courir nus pieds, autant les discours définitifs sur telles ou telles méthodes me hérissent. L’absence ou la faiblesse des études scientifiques ne démontre rien d’autre que la piètre qualité des débats et ne change rien au fond : lesdites études par définition insatisfaisantes selon lui, ne démontrent pas non plus que courir avec des chaussures c’est mieux… En ce qui me concerne, et comme avec les statistiques, je suis toujours dubitative sur l’interprétation que l’on fait des études scientifiques et la force quasi irréfragable que l’on leur prête. Comme JM24, je dirais qu’il y a autant de façon de courir que de coureurs, si je cours nus pieds, c’est pas par raison, ce n’est par plaisir et je suis la première convaincue que le risque de blessures inhérents à cette pratique existe : je l’ai testé personnellement… Il n’en demeure pas moins que je n’ai pas rechaussé pour autant… (et c’est décidé je vais faire un billet de mon cheminement)


Posté par Cédric Le 9 juin 2010 à 15:47

“Il ne faut pas non plus négliger les gros enjeux financiers qui sont derrière cette querelle. N’oubliez pas que lorsqu’on parle de Vibram aux USA, par exemple, on ne parle pas de 3-4 paires vendues à quelques post-babs en remplacement de leurs tongues hare krishna mais de centaines de milliers de paires annuelles. Et c’est autant de perdues pour certains équipementiers (ou fabricants de streetwear) établis.”

C’était un peu le sujet de mon billet du jour et visiblement, ça fait tout aussi causer ;-)

Merci encore Fred pour cet ensemble d’informations que tu livres sans forcément prendre parti d’un côté ou de l’autre.


Posté par JM24 Le 9 juin 2010 à 16:46

Allez pour rigoler un peu: je cours en chaussons depuis un mois maintenant et je prends vraiment mon pied (c’est le cas de la dire) sauf que hier soir je m’amusais dans les bois quand j’ai posé mon pied sur une plaque de boue et j’y ai carrément laissé mon chausson.
je me suis vautré par terre et j’ai aujourd’hui 2 énormes balafres sur la cuisse et le mollet.
Je suis rentré chez moi couvert de boue
Comme quoi courir sans chaussures de running a aussi ses limites…j’en déduit donc que sur terrain glissant, mieux vaut avoir des crampons!


Posté par stamanu Le 9 juin 2010 à 17:18

Bonjour
Cet article est une diabolisation du barefoot et prend le problème à l’envers. En effet, les chaussures de courses à pied style chamalow (semelles épaisses) n’existent que depuis une quarantaine d’années et ne serait-ce pas plutôt aux fabricants de chaussures de prouver que leurs chaussures réduisent les blessures et non l’inverse? C’est plutôt à eux de défendre leur positions avec des données scientifiques puisque c’est eux qui ont fait irruption dernièrement sur le marché. On a toujours marché ou couru pieds nus auparavant ou avec des chaussures minimalistes. On se trompe de cible! C’est aux fabricants de chaussures qu’incombe la charge de fournir les preuves!


Posté par fredbros Le 9 juin 2010 à 18:36

Etant l’auteur de l’article et coureur minimaliste (VFF et EVO – voir d’ailleurs ce que je publie demain matin sur le sujet), je réfute le terme diabolisation du barefoot.
C’est amusant d’ailleurs d’être attaqué comme cela car depuis quelques temps chaque fois que je vantais les mérites du barefoot, j’étais également attaqué …
Dans cet article, j’ai voulu, pour éviter de tomber dans le piège du dogmatisme à l’Américaine, donner la parole à un opposant de façon à ce que les lecteurs puissent se faire leur idée entre ce que moi, Fred, j’écris à titre personnel et qui reflète mes “croyances”, et ce que d’autres peuvent penser.


Posté par stamanu Le 9 juin 2010 à 19:08

@Fred
J’ai bien compris que vous défendiez plutôt le barefoot mais il y a une chose que je ne comprends pas très bien : votre article est-il une traduction adaptée d’un site américain ou une réelle conversation retranscrite que vous avez eue?


Posté par Christian Gouilliard Le 9 juin 2010 à 19:27

Merci Fred pour tes articles (j’ai un peu du mal avec l’anglais pas technique même traduit par Google: burk!).
Je crois que ce n’est pas demain la veille que j’irais courir pieds nus, par contre je prends goût aux VFF car je trouve que le pied revit. Dans une chaussure classique voire agrémentée d’une semelle orthopédique ( c’est mon cas: Valgus traumatique gauche pas soigné – quel con j’ai été!) , je trouve que le pied est hyper protégé, mais les douleurs et les blessures existent dans les deux cas. Pour mon cas, mon ostéo “se régale comme un gosse avec son playmobil” à corriger tout ce que ce valgus implique comme désordre à la longue! Et là, j’ai l’impression que les doigts des VFF corrigent un tant soit peu cela; je verrais à la longue et je sens mes pieds se muscler, avoir une sensation de plus en plus précise; mais c’est évident que la vigilance est plus accrue qu’en chaussures classiques. Bon, j’y suis allé un peu fort pour les deux premières fois, les mollets ont bien souffert ainsi que les voutes plantaires sur les chemins forestiers. Je me suis calmé, je n’ai plus mal aux mollets et demain soir j’attaque 5/6 Kms en augmentant un peu chaque fois ou pas (je verrais bien), je recherche la bonne position et surtout en descente! En tout cas je suis mieux dans les postures d’équilibre en Yoga et c’est un signe bien positif… Salut Fred


Posté par fredbros Le 9 juin 2010 à 19:46

@Stamanu : l’article est une discussion directe que j’ai eue avec la personne en question. Certains de ses propos ressemblent fortement à ce qu’il ou elle a pu écrire dans ses articles mais c’est le propre des personnes qui ont un “message à passer”.

@Christian : samedi, je parlerai sur wanarun d’un guide pratique du barefoot / minimalisme. Dans celui-ci, il est recommandé de ne pas augmenter sa distance pieds nus ou en Vibram de plus de 10% chaque semaine.
En descente, il faut lever très vite tes pieds et augmenter la cadence. Ce n’est pas évident mais on finit par y arriver !


Posté par Bidédy Le 9 juin 2010 à 21:36

@fredboss,

Le problème avec l’augmentation de la distance de 10% chaque semaine c’est que partant de 0, ya peux de risque d’essayer un jour la course pieds nus :-)

Ok je sors……


Posté par RunOnline Le 9 juin 2010 à 21:37

@Fred : tu as bien raison de rappeler les enjeux commerciaux. En fait, on se trompe peut-être un peu en voulant absoluement démontrer un bénéfice qui serait universel car après tout, courir barefoot, c’est d’abord une démarche personnelle, la recherche d’une autre façon de courir, pas obligatoire avec un objectif sportif ou clinique. En relisant les premiers posts de Bruno sur Ultrawayoflife, cela m’a semblé” évident.En tout cas, je te félicite pour ce débat qui a fait émerger des points de vues et des expériences persos qu’on aurait sans doute pas eu l’occasion de lire.


Posté par shadok Le 11 juin 2010 à 7:34

@Fred : merci pour cet article vraiment intéressant et qui tente de rééquilibrer un peu le débat ! J’aime beaucoup le point de vue de ce monsieur qui ne cherche pas vraiment à défendre l’un ou l’autre, mais plutôt à souligner les mauvais arguments dans ce débat.

Au final d’ailleurs j’ai tendance à penser exactement comme ce monsieur : chaque pratique a ses avantage et ses inconvénients. Nous avons tous un corps différent et c’est à mon avis à chacun de tester toutes ses pratiques pour retenir celle qui lui convient le mieux ou l’utiliser de la manière qui lui parait la plus intéressante. Sinon je me demande bien pourquoi les pros ne courent pas tous avec la même foulée, la même paire de chaussure !

On va surement trouver des listes longues comme le bras de gens qui se blessent en adoptant un style et qui vont faire les choux gras de l’autre camp. Et il y aura toujours des gens pour tordre un peu des études scientifiques comme ça les arrange. Donc au final ton article rappelle bien ce qui est important : il faut savoir rester critique et se faire sa propre idée et ne pas suivre bêtement une idéologie.

Super idée que tu as eue là !!

PS : au sujet des enjeux commerciaux je ne serai pas étonné que d’ici quelques temps les deux styles cohabite parfaitement. Imaginez un peu l’opportunité que ça représente pour les fabricants : il suffit de dire que chaque coureur a son style et que ceux qui ne coure pas (ou plus) à cause de blessures en chaussures conventionnelles peuvent s’y (re)mettre grace au barefoot qui leur sera mieux adapté. Et hop ! on agrandit le marché de la chaussure puisqu’on pousse les gens qui n’achetaient pas de chaussures à en acheter. La question est : qui va tirer en premier et proposer 2 gammes en sortant tout le discours marketing ?
Pour peu qu’on sorte une étude plus ou moins financée par un fabricant pour étayer le discours (comme dans le tabac ou les telecoms) …. bon ok je sors ;)


Posté par Vincent Le 11 juin 2010 à 10:08

Bonjour et merci pour cet article.

C’est une bonne chose de présenter les deux points de vue. Je crois cependant que le débat qui se fait aux USA entre tenants et critiques du barefoot est trop tranché pour être vraiment utile aux coureurs. Pour ma part, j’aime courir pieds nus, mais je reconnais que ce n’est qu’une pratique possible – très marginale au demeurant. Je ne suis pas convaincu que c’est mieux (ou pire) pour la santé ou la performance. Ce qui m’y conduit, c’est simplement le plaisir que j’y éprouve. A titre anecdotiques, des avantages existent (dans mon cas, ça semble avoir éliminé tout symptôme de périostite), les risques aussi (dans mon cas encore: ampoules, petites coupures, douleurs aux métatarses). Essayer dans des conditions contrôlées, sur une distance courte, et décider ensuite qu’en faire, me semble une bonne idée: la plupart n’essaieront pas ou bien décideront que ce n’est pas pour eux après avoir essayé, d’autres voudront incorporer un peu de course pieds nus dans leur entraînement, d’autres deviendront accro. A ces derniers (dont je suis) de ne pas se laisser emporter dans la charge de course, au risque de se blesser, et de ne pas devenir des missionnaires du barefoot.


Posté par Bidédy Le 11 juin 2010 à 23:41

+1 pour l’approche de Vincent. La course à pied n’est pas un acte politique, c’est d’abord une pratique individuelle, que chacun aborde à sa manière.

Parfois certains américains m’exaspèrent à vouloir imposer leur idée du bon à leur congénère. Tout comme cette femme samedi dernier qui m’a interpellée en me recommandant de ne jamais courir barefoot comme je le faisais car j’allais me blesser, et qui en me traitant (gentiment) de fou s’en est allée sans même me laisser le temps de lui présenter mon point de vu .

Néanmoins nous sommes en droit de porter un discours sur l’espace publique, il ne faut pas laisser la seule voix aux départements marketing des multinationales du sport.

C’est tout l’intérêt de ce débat sur les agora modernes que sont les sites communautaires comme celui-ci.


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