Anesthésié par le bonheur


 

Préambule : ce type me fascine !

Au moment où j’écris ces quelques lignes Serge Girard court ! Depuis le 17 octobre 2009 il a débuté son nouveau défi : le tour de l’Europe en courant. Il y a quelques jours il était à Marathon en Grèce !

Il y a plusieurs mois j’avais commencé à vous faire part de mes impressions suite au visionnage du dvd (4 heures de film) retraçant les aventures de Serge Girard sur les différents continents du globe.

Après la Trans-USA je m’attaque, bien installer dans mon canapé, à la Trans-Australie.

A J-39 du départ on retrouve Serge en pleine préparation et plus précisément en train de numéroter ses 15 paires de baskets que son équipementier (Reebok à l’époque, il court désormais en Mizuno) vient de lui livrer et qui devraient lui permettre de rallier Perth à Sydney. Son nouveau défi : traverser le continent Australien d’ouest en est, défi déjà réalisé par un américain en 63 jours.

Le parcours : Perth, Coolgardio, Kalgoorlio, Cook, Tarcools, Glendambo, Port Augusta, Broken Hill, Orange, Sydney. La grande difficulté ; Nullarbor Plain, un désert aride de 1400km, sans arbres, à affronter pendant près de 20 jours.

Le départ est donnée le 24 septembre 1999. Comme lors de la Trans-USA Serge démarre sa course à une allure très/trop soutenue : les 3 premières heures sont courues à près de 12 km/h sous 35 degrés.

Après 9h18 de course le campement s’installe. Au programme : douche, massage (à l’aide de l’appareil de récupération musculaire de LPG) et repas. Son équipe est constituée de 5 personnes dont Nicolas, le fils de Serge, en charge, entre autres, de l’envoi des rapports journaliers sur internet.

Dès le matin du 2ème jour le lever est programmé à 4h30, pour un départ à 6h00 et pour une journée de 80 kilomètres. Avant le départ les pieds sont tannés au jus de citron pour renforcer leur résistance et enduits de crème anti-échauffement.

Dès les premiers jours une première alerte physique : le tendon d’Achille oblige Serge à s’arrêter quelques minutes. Serge explique que dans les courses de grandes endurances il faut gérer, il faut y aller à l’économie. C’est une notion d’humilité : il faut savoir courir doucement pour aller loin.

Avant d’attaquer le désert (sans fuel, sans eau et sans logement !), Nicolas essaie d’organiser un ravitaillement avec le chauffeur de l’Indian Pacific, un train qui traverse Nullarbor Plain.

Plus de 50 degrés : la chaleur (qui puisse dans l’organisme), le vent, la poussière, et une multitude d’insectes. Serge court en jogging et sweat-shirt, il boit 15 litres d’eau par jour et s’hydrate tous les 800 mètres. Serge aime à rappeler que le désert, cela se mérite.

Depuis le départ : une seule pause de 20 à 30 minutes vers la 6ème heure de course pour soigner les muscles et les pieds avant de repartir pour 30 kilomètres.

L’un des moments magiques de ce périple se déroule à Cook, en plein désert. La rencontre se fait avec l’Indian Pacific pour le ravitaillement comme prévu avec Nicolas. Quelques kilomètres plus loin le chauffeur dépasse Serge, stoppe le train et lui tend un baril d’eau !

Serge se lève désormais à 3 heures du matin en raison de la chaleur et le soleil montant très vite l’oblige à courir avec des gants.

Pour la troisième fois de sa vie Serge passe les 2000 kilomètres. Cette fois-ci en 24 jours 23 heures et 46 minutes soit 5 heures de mieux qu’aux USA et dans 6 kilomètres il quittera le désert. Serge n’a pas vaincu le désert c’est le désert qui lui a fait la grâce de le laisser passer !

Les 3000 kilomètres sont passés, au sprint, le 31 octobre.

Lors d’une étape un fort vent oblige Serge à faire une demi étape. Serge est furieux. Il repartira le soir pour faire encore 45 kilomètres en pleine nuit, seulement éclairé par les phares de la voiture suiveuse ! Le lendemain, la nuit a été forcément plus courte, Serge repart mais s’écroule, reste à terre longuement, il n’arrive pas à se relever. L’équipe est inquiète mais Serge repartira !

A l’approche de Sydney il y a de plus en plus de supporters au bord de la route.

Les 3 derniers jours sont rythmés par la pluie ou le soleil, les montées ou les descentes et les panneaux kilométriques qui annoncent la victoire de plus en plus proche et Serge veut réaliser cette traversée en moins de 47 jours (63 jours le précédent record).

Le 8 novembre 1999 Serge franchit la ligne d’arrivée devant le célèbre the Sydney Opera House : 3755 km en 46 jours 23 heures et 12 minutes.

Ces quelques lignes ne sauraient retracer fidèlement le fabuleux périple de Serge Girard. Je vous invite à revivre pleinement le Trans-Australia en vous procurant le DVD disponible sur le site de Serge Girard.

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