L’Aller-retour sur la doyenne chapitre 6 : test de la Ferei HL 20


 

Chapitre 6

L’énorme masse des participants s’ébranle et après 3mn de piétinements, surtout passé à éviter les sacs poubelles (utilisés pour se protéger du froid), je passe sous l’arche. Je me cale sur un petit rythme d’environ 10 km/h, j’ai oublié ma montre et je fais ça au feeling, le but étant de courir sans produire d’effort. Impressionnant cette foule qui a envahi la rue et les trottoirs. Durant les 8 km jusqu’à Sorbiers je me fais doubler constamment et même si je ne vois les gens que de dos, je me rends bien compte, dans leur tenue ou leur l’allure de l’extrême diversité des participants. Des grands, des petits, des maigres, des gros (oui, oui, aussi), des (très) jeunes, des (très) vieux, certains sont carrément en tenue de sprinter avec short et tee shirt (peut être ont-ils prévu de s’arrêter à Sorbiers) alors que d’autres sont équipés comme s’ils partaient en expédition pour l’Himalaya. Ca cause, ça s’interpelle, ça se bouscule, bref c’est  une joyeuse pagaille jusqu’au carrefour de la Vaure ou la première grimpette calme un peu les ardeurs. Il est 0h48 sur mon téléphone (et non pas à ma Seiko Quartz comme un certain SAS), très correct comme temps car j’ai du me faire dépasser par au moins 3000 concurrents et je ne suis pas monté dans les tours. Je traverse le village de Sorbiers au petit trot  avant de revenir en mode marche au virage à gauche après la mairie.

Arrivé au début du chemin, je dépasse l’attroupement créé par tous ceux qui installent leurs chaînes, pour faire de même quelques mètres plus loin tranquillement. J’allume la frontale Ferei HL 20 et immédiatement je découvre la qualité et la puissance de l’éclairage. Le bouton de mise en route est facilement accessible (pas de tâtonnements pour le trouver) et la lampe est vraiment légère, on ne sent aucun poids, ni gène sur la tête. Les chaînes installées, je repars tranquillement en trottinant. Rythme que je maintiens sur le plat ou en descente et je marche dans les montées. Avec le froid, le sol n’a pas évolué depuis notre passage il y a quelques heures, il y a beaucoup de zones verglacées, malgré le passage de plusieurs milliers de coureurs. Albuzy, Fayet, retour sur la route, puis à gauche pour une nouvelle section qui passe par le hameau de La Thiollière. C’est là que je me fais doubler par un « 180 », je ne le reconnais pas, mais lui m’a repéré, alors que mon sticker s’est décollé, à ma veste Lafuma bleue fluo ! Je le laisse partir, on se reverra, j’espère à l’arrivée. Petit check up,  je n’ai ni froid, ni chaud, la lampe Ferei HL 20 m’éclaire comme en plein jour et avec les Hoka à chaînes, je suis en confiance et n’ai aucune appréhension vis à vis du terrain rencontré.

On traverse le hameau de la Thiollière, désormais, c’est plutôt moi qui double des concurrents. La course est fluide, l’allure de ceux qui m’entourent correspond plus ou moins à mon rythme et je ne suis pas gêné pas des ralentissements ou des bouchons. Tout serait parfait si ce n’est certains concurrents (es) qui s’interpellent à tout bout de champ, notamment une certaine Sylvie qui motive sa collègue Nathalie avec force hurlements. C’est clair (ou plutôt c’est sombre vu qu’il fait nuit noire, encore qu’avec ma lampe…) que l’ambiance n’a à voir avec ce qu’on a vécu durant la journée. Ceci étant je ne suis plus là pour profiter du paysage ou des échanges avec les autres participants même si c’est sympa de découvrir ce long serpentin de lucioles dans la nuit. Je reste dans ma bulle, tranquille, serein et j’avance à mon rythme en cherchant à toujours rester le plus économique. Après le passage au Col de la Gachet, c’est l’arrivée au ravito de St Christo, il est 2h30, pile poil ce que j’avais estimé !

J’enlève les chaînes et pénètre dans la tente. L’avantage d’être en queue de peloton, c’est qu’il y a moins de monde au ravito et je ne suis pas obligé de me battre pour accéder aux tables. Un thé, quelques gâteaux et je démarre ce qui sera mon fil rouge durant toute la course, des madeleines (j’adôre). Après avoir refais le plein d’eau de ma gourde (je n’ai pas assez bu…) je repars. Je termine de manger dans la montée qui suit le ravito et reprend une allure de trot jusqu’au chemin ou je réinstalle les chaînes.

Arrivé sur la crête, la bise souffle, mais toujours bien protégé par mon équipement  je reste confortable. Je suis vraiment étonné par la puissance de la frontale Ferei. Au moment de doubler un gars, celui-ci me lance « C’est sur que c’est plus facile quand on fait la course de jour ». Des concurrents qui me « voient » arriver derrière eux, me laisse passer afin de profiter de ma lumière.La plupart du temps je reste en ½ puissance, pour passer en mode pleine puissance lors des passages plus techniques ou plus sombres. Pouvoir courir dans ces conditions avec cette de visibilité permet de progresser sans appréhension et sans trop d’efforts de concentration pour deviner les pièges ou la nature du terrain. C’est un vrai confort et question économie d’énergie autant physique que mentale c’est très intéressant. Pour en être à ma 5 ème participation sur la Saintélyon (et d’autres courses nocturnes) et avoir à peu près tout testé en matière de frontales, je peux vous affirmer que la Ferei HL 20 c’est vraiment de la bombe!

Passage au Moreau, avec un coup d’œil à l’étable qui nous a abrité en fin d’après midi avant d’attaquer la montée goudronnée. Un peu plus loin, je tombe sur les groupe de « Courir pour des Pommes »qui s’est installé sur les hauteurs de la course pour encourager les coureurs, ils ont fait un grand feu. Une photo avec « le fou qui fait la 180 » et direction  la descente de « Plein Pot » que j’aborde avec prudence vu que c’est toujours tout verglacé. Les appuis sont bons et ça passe tranquille, je double même plusieurs coureurs qui avancent à très petits pas. C’est au moment ou j’attaque la remontée du bois des Feuilles que ma lampe se met à clignoter et s’éteint brusquement! Holà! Brutal comme arrêt, même pas un petit moment à faible intensité, pour prévenir ! Certes, cela fait près de 4h que je l’utilise, et il était annoncé 2h en pleine puissance… Même si je n’ai pas toujours été au maximum de sa puissance, j’ai largement débordé, dommage que l’extinction soit si rapide. Je me sens tout perdu sans mon phare, je sors vite la Led Lenser de secours avec laquelle je vais rejoindre Ste Catherine, ou je brancherai l’autre batterie. Durant ce passage en sous bois que j’ai emprunté plusieurs fois, je sais que l’on peut courir sans risque.

 

Je parviens à la croix qui marque le retour au goudron, les 2 petites descentes (qui l’année dernière était  un vrai bourbier) avalées et me voilà à Ste Catherine. Il est 5h00 et si Paris s’éveille, ici tout le monde est déjà bien d’aplomb pour accueillir les concurrents. Je ne me souviens pas vraiment si je suis dans le timing prévu, mais je sais que je possède de la marge sur la barrière horaire. Je viens de dépasser les 100 km (105), je suis content d’être arrivé jusqu’ici en forme et sans dégât. L’année dernière j’avais arrêté ici, dégoutté, blessé… l’idée c’était de faire un assez long stop (20/30mn), mais vu que je me sens prêt à repartir on va la jouer ravito express.Bien que je sois toujours en queue de peloton (j’ai remonté environ 60 concurrents depuis St Christo) il y a encore beaucoup de monde, j’avale une soupe, bois un coca, quelques madeleines, branche la batterie double durée sur la Ferei et direction la sortie. Je ne réinstalle pas les chaînes car hier après midi (et oui déjà) le trajet Lyon – Ste Catherine était sans neige ni verglas.

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