5eme Marathon du grand Toulouse : Compte-rendu et photos



 

Record chez les hommes avec Patrick Korir et ses 2h11’36 », record chez les femmes avec Alice Serser et ses 2h37’06 », record de participations aussi avec plus de 3400 dossards retirés en individuels et 2100 en relais (équipe de 4), record de chaleur sur la Place du Capitole avec pas loin de 26°C en fin de mois d’octobre… bref il ne manquait juste que le titre de champion du monde de rugby pour faire exploser le compteur des spectateurs…

Kilomètre 36. Les marathoniens sont revenus dans la ville. Après le petit tour dans la banlieue toulousaine du côté de Launaguet, Castelginet et Aucamville. Patrick Korir, le Kenyan qui était resté jusque là bien calé dans le groupe de tête, choisit cet instant pour placer sa banderille. Il n’a pour le moment pas mis une seule fois « le nez à la fenêtre ». L’accélération est brutale. Un kilomètre de plus au moins sur quelques centaines de mètres. David Kiprono Langat essaye de sauter dans sa foulée. Mais lui a déjà essayer sa chance quelques kilomètres plus tôt et il n’est plus aussi frais. Il s’aperçoit bien vite qu’il ne parviendra pas à recoller. Aussi c’est Benjamin Bitok, triple vainqueur à Toulouse, tenant du titre et détenteur du record avec 2h12’37 » qui s’y colle ! Il ne semblait pas jusque là dans son assiette. Un peu en retrait, la tête légèrement enfoncée dans les épaules, faisant même quelques fois l’élastique en fin de paquet… Mais là, il a senti le danger. Il le connait bien Patrick. Car en plus d’être son compatriote, son ami, c’est aussi lui qui lui a servi de lièvre l’an passé… et il avait tenu jusqu’à la ligne. Aussi il met toutes ses forces dans la bataille. Le mano à mano dure deux kilomètres. Les deux Kenyans sont seuls au monde. Les autres ont déjà décroché. Cela va se jouer entre eux. Entre potes… Et inexorablement, à plus de 20km/h, Patrick Korir va s’en aller et ainsi aller chercher le plus beau des succès. Lui qui avait été victime d’une malaria en début d’année prend une belle revanche sur le sort. Et il l’avait bien annoncé à son manager avant la course: « moi je veux bien venir sur Toulouse cette année encore, mais ne compte pas sur moi pour faire le lièvre. Je me sens bien, je vise les 2h11′, je les ai dans les jambes… » Et il ne s’est pas trompé. Il a même choisi le moment idéal pour s’envoler, le kilomètre où tout a basculé… Car autant le dire tout de suite si le groupe de cinq qui menait la danse jusque là avait continuer sur la même cadence, peut-être que le record aurait à peine été titillé… Allez savoir !

Patrick finit tout seul en tout cas en 2h11’36 ». Il met une minute de mieux que Benjamin l’an passé… Tout avait pourtant débuter sur les chapeaux de roue et beaucoup plus vite donc qu’en 2010. Les 5km sont atteints en 15’30 ». Nicolas Fernandez, le champion local, qui nous avait enthousiasmé avec sa belle quatrième place et son chrono à 2h24′ pour une première tentative
sur la distance, veut tenter le tout pour le tout. Il l’a annoncé un peu partout. Ca passe ou ca casse. Aussi il est le seul « blanc » encore dans le coup. Il passe même en 31′ au 10km. C’est quasiment deux minutes de mieux que l’an passé pour lui… Mais ensuite ce sera beaucoup plus dur. Il est obligé de laisse filer l’armada africaine et se retrouve tout seul pour un chemin de croix de près de 30km. Seul dans le vent d’autan qui va durcir la course et en démotiver plus d’un. Seul pour tenir et aller juqu’au bout, pour ne pas décevoir ses fans et son public. Il est encore le premier régional. Mais en 2h29′ cette fois… Il faudra donc qu’il remette ça. Surement. Le groupe de tête s’est lui libéré de ses deux lièvres attitrés. Celui du semi et celui du 30ème… Les chronos sont tenus à la seconde près. 1h05′ au semi. Le record se concrètise de plus en plus. Et puis il y a donc ce vent qui se lève. Qui se fait de plus en plus présent. Certains en feront les frais et à tous les étages du peloton. Mathieu Laporte, pourtant bien placé, en contre aux côtés de Cyrille Dos Santos, n’ira pas au bout. Tout comme Patrice Bruel, l’ultra marathonien, pas dans un bon jour… Bref à ce jeu-là, c’est une nouvelle fois ceux qui sont partis plus prudemment qui auront le dernier mot. Les féminines sont toujours les reines dans le domaine. Elles se calent sur un rythme et ne semblent guère devoir en changer. Les hommes qui arrivent à tenir leurs foulées ne sont jamais déçus. C’est bien connu… Encore faut-il réussir à tenir… Car si Jérôme Bellanca leur servira de lièvre de luxe, c’est aussi lui qui, d’une certaine manière, mettra le feu aux poudres. Il emmènera donc ses dames jusqu’au 30ème kilomètre sur les bases prévues, mais ensuite ne s’arrêtera pas là. Et trop heureux de profiter de ce parcours qui lui avait tant apporté l’an passé avec son magnifique chrono, il décide de continuer jusqu’au bout. Et dans son sillage, la Kenyane Alice Serser essaye bien de le suivre. Le groupe encore composée de quatre filles, explose aux quatres vents. Alice a un peu présumé de ses forces tout de même et même sil le record détenu depuis la première édition par Tatiana Mironova en 2h39’53 » est largement dans ses cordes, la victoire est moins certaine. Derrière elle, l’Ethiopienne Shewaye Debelu, finit commeun boulet de canon et il ne lui manquera finalement que quelques centaines de mètres pour combler l’écart… Alice s’impose donc, exténuée, en 2h37’06 ».

Record battu…

Chez les hommes, arrivés depuis un moment déjà donc, le vent aura eu raison des vélléités du groupe de tête. Et une fois les lièvres envolés, le rythme baisse peu à peu. ON arrive au 35ème juste dans les bases du record. Si cela devait continuer, ce serait juste… Et puis Patrick a donc eu la bonne idée de tout faire exploser. Il est parti tout seul pour chercher et la victoire et le record. Carton plein kenyan à Toulouse. Carton plein à tous les niveaux… On reteindra aussi que sur l’épreuve relais, partie cette année deux heures après les individuels, d’un autre endroit et sur une distance moindre aussi, c’est une nouvelle fois l’équipe du Métriel de l’Armée de Terre qui s’impose. Pour la troisième fois d’affilée donc, mais pour la première fois de justesse. D’extrême justesse même. Sous l’oeil avisé du Colonel Odeyer, chef de corps du 3ème RMAT, les Pélissier, Duranton, Bouallagui et autre Bouchard ont dû aller puiser dans leur dernière force pour finamement l’emporter. Le triathlète Benoït Bouchard étant victime d’un coup de barre, il se fera doubler dans le deuxième relais par le relayeur du SC Blagnac… La bagarre entre les deux formations fut de toute beauté. Les Lureau et autres Hobby se sont bien battus eux aussi… Chez mles féminines, nettement moins de suspense puisque l’équipe de Balma, une nouvelle fois, était au-dessus du lot. Pour être tout à fait complet, il faut noter que Julien Casoli s’impose en handisports (fauteuil) et Nicolas Bompard guidé par un certain Yannick Dupouy (champion auteur d’une superbe saison cette année) en handis non voyants… Et que Christelle Monnier, la Narbonnaise, finit première française sur le marathon en 2h49′. La perf de sa vie pour sa troisième tentative sur la distance. Son sourire faisait plaisir à voir. Il tranchait un peu avec la déception de tous les spectateurs pressés autour de la place du Capitole qui auront profité
de tous les écrans disposés sur la plupart des terrasses alentour. Il s’en est fallu de peu…

Mais bon, on ne peut pas tout avoir non? Et qui sait si 20 ou 30000 personnes de plus sur la Place, malgré le soleil éclatant, cela n’aurait pas fait désordre sur le parcours… On ne le saura jamais du coup? Et le Marathon pour sa 5ème édition a surement écrit la plus belle page de sa jeune histoire.

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